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L’islam et la République Française.

L’ISLAM 2ème RELIGION DE FRANCE.

L’islam, présenté comme la 2ème religion de France occupe souvent, depuis quelques années, le terrain médiatique. Suspecté d’être incompatible avec la laïcité républicaine, l’islam est régulièrement sommé de faire allégeance aux principes de la République.

La République française, ne l’oublions pas, a un rapport déjà ancien avec l’islam. Alors que ce dernier était absent du territoire métropolitain, lors de la loi de séparation de 1905, la République gérait l’islam de manière directe dans les territoires colonisés et tout particulièrement en Algérie. Outre la non application de la laïcité dans les départements d’Alsace-Moselle, pour des raisons historiques, il y eut également l’exception coloniale, et ce, jusqu’en 1962. Cette mémoire coloniale a été fortement occultée, au point que la France ne semble découvrir l’islam que dans les années 80, c’est-à-dire à l’époque où l’immigration s’étant interrompue pour raison de crise économique, la République autorise les regroupements familiaux.

La conscience collective française découvre des musulmans là où elle ne voyait quelques années auparavant que des travailleurs immigrés. Sans en tirer immédiatement la leçon, les autorités politiques françaises les considèrent pendant longtemps comme des ressortissants des puissances étrangères, momentanément en France. Après une gestion diplomatique de l’islam en France, ce n’est que tout récemment que l’Etat s’est efforcé d’organiser une représentation nationale de cette communauté religieuse définitivement fixée sur le sol national. Il a fallu environ quinze ans pour mettre en place en 2003 le Conseil Français du Culte Musulman – CFCM

La République a désormais officiellement un interlocuteur musulman en France, et de leur côté, les musulmans peuvent à la fois, mieux s’organiser et surtout être reconnu comme intégrés dans la République. La gestion de la crise des otages français d’Irak constitue une étape importante dans l’évolution des comportements et des représentations réciproques, d’une religion réputée étrangère et irrecevable en France, on est passé à une perception de musulmans totalement partie intégrante de la nation française.

AUMÔNERIE MUSULMANE

« Après la prière je me sens léger, plus calme », me disent les détenus. La religion reste très «apaisante en milieu carcéral». L’aumônier musulman n’oublie jamais l’essentiel : le ressourcement religieux, que nul autre ne peut faire à sa place : « J’étais en prison, et vous m’avez visité », les Chrétiens dans ce verset font référence à St Vincent de Paul, …Pour les Chrétiens, il est l’ami des détenus. Certains détenus admettent le repentir : « Je prends la prison comme une bénédiction. C’est ici que j’ai appris, pour la première fois, les vraies valeurs de la religion ; dans mon quartier ce n’était plus possible. La seule solution pour moi c’était l’éloignement ou la prison…. La religion m’a sauvée ».

Sourate al Kafirûn, 109, verset 6 : « Nous cherchons cette vérité pour nous mêmes. Nous ne voulons convaincre personne. Notre souci est avant tout un souci de soi. Pourquoi croyons-nous le Coran révélation divine ? Comment en étions-nous arrivés à cette conviction ? Nous ne livrons pas combat à nos détracteurs, nous leur répétons, ce que nous apprend notre Coran : A vous votre religion, à moi la mienne ». Un seul Dieu pour tous les hommes.

L’IMPACT DE LA FOI EN ISLAM.

L’homme est assailli de questions qui demandent à être résolues : mais d’où je viens ? Et dans quel but ? Qu’est ce que la mort ? Qui a-t-il donc après la mort ? Pourquoi sommes-nous sur terre ? Les limites angoissantes de notre Univers…Ces questions sont nos angoisses. Or, la religion est capable d’annihiler ces peurs ou interrogations. En plus d’apporter des réponses métaphysiques salvatrices aux questionnements de l’homme, la religion est éducatrice. Elle inculque des valeurs morales indispensables à la vie en communauté

Cela est d’autant plus évident si l’on constate les conséquences d’un monde sans religion. Pour étayer ce dernier point, on peut évoquer l’exemple de l’Europe où le manque de religion qui à induit l’apparition de religions de substitutions, appelées courants d’idées ou idéologie. On aboutit souvent à l’individualisme, à l’agnosticisme. L’individualisme est un phénomène qui incite à l’indifférence, à s’éloigner des problèmes de la société et donc par conséquence, à devenir de plus en plus incivique. Ainsi, la porte est ouverte à l’anarchie morale, à l’incroyance, à l’hérésie. Avec l’affaiblissement du fait religieux, nous constatons une augmentation des croyances perverses et de nombreuses superstitions apparaissent. La religion perd son garde fou contre les sectes et les idolâtries. Confrontées à la modernité, ces difficultés favorisent le matérialisme. C’est là une autre des perversités qui instaure un mode de pensée nouveau

Quatre « Ecoles juridiques « leurs particularités.

La compatibilité, l’incompatibilité avec la laïcité.

L’apparition récente du Wahhabisme saoudien puissant et actif sur la scène politique, produit une image tronquée et peu modérée de « l’islam ». Difficilement compatible avec les mœurs françaises, le Wahhabisme ne l’est pas moins avec l’islam maghrébin.

On cite souvent le « Tabligh », ce mouvement national, né au Pakistan, représenté en France par l’association « Foi et Pratique » déclarée en 1972.

Les « Salafistes », sous l’impulsion de Mohamed Ibn Abdel Waheb, décédé en 1791, a restauré en Arabie le culte et le dogme islamique dans la pureté originelle.

Une association politico religieuse, les « frères musulmans, » né en 1929, à l’initiative d’un instituteur égyptien, Hassan al-Banna. Il veut fonder une société islamique dont le Coran serait la Loi. Les frères musulmans veulent surtout détruire toute influence occidentale, source d’athéisme et de corruption.

CONCLUSION :

Un travail permanent de prise en compte est à faire sur la laïcité en France et la pensée islamique avec les intellectuels musulmans et ceux de confessions monothéistes.

L’école Jules Ferry  a été une institution remarquable en son temps, mais l’école dont la société a besoin n’est plus la même. L’école de demain devra s’ouvrir sur le monde, apprendre à vivre avec l’autre s’inscrit dans une culture différente.

Après la naissance d’un islam autochtone, il faut l’insérer dans la grande famille des religions installée en France. Faute de quoi le pays s’expose à devoir lutter contre un islam imposé.

Le respect de l’ordre public républicain doit opérer avec une force toute particulière, lorsque le prosélytisme ou la mise en cause du contenu de l’enseignement ou des rythmes scolaires est au bout de la revendication identitaire.

Appelés à respecter les lois de la république, les musulmans de France sont obligés de réintroduire ce concept laïc, qui n’est autre que « l’interprétation des lois islamiques averroïstes », théoriquement possible, comme nous l’avons vu précédemment.

La connaissance est mère de la tolérance : elle s’inscrit dans une longue tradition de rapprochement entre l’Islam et le monde chrétien, renoue les riches expériences humanistes du VIII e siècle avec Kairouan, Fès, Bagdad, Tlemcen, mais aussi les universités d’Oxford, Bologne et la Sorbonne.

La France doit se doter, logiquement, d’une école de pensée et publier en français ses propres interprétations théologiques.

Celle de la « déclaration des droits de l’hommes », doit s’imposer. L’état doit exiger le respect à tous, y compris aux étrangers admis à résider sur le sol français. Nous verrions alors les intellectuels et les savants musulmans renouer avec la tradition interrompue depuis dix siècles, avec « l’interprétation, l’analyse et la critique scientifique », pour le grand bien de l’Islam. Réinterprétation qu’appelaient de ses vœux Jacques Bergues lui-même et de nombreux exégètes de l’islam contemporains, des islamologues nombreux en France et en Europe.

C’est aussi la seule voie possible pour les musulmans, qui ne sauraient trouver dans l’intégrisme que la faillite et le désespoir.

Parfois la critique, il est vrai, détruit la croyance religieuse. Mais le pourrait-elle, dans le cas de la foi vraie, authentique ? Et si l’esprit critique détruit la foi des uns, il fortifie celles des autres. Ce qui fait la valeur d’une croyance, c’est la « conviction personnelle».