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Une nouvelle vidéo d’Al-Qaïda.

Elle menace la France, les préfets appelés à la « vigilance ».

Dans une vidéo diffusé le 15 juillet, l’organisation terroriste islamiste Al-Qaïda a condamné une nouvelle fois « le blasphème incarné par les caricatures de Mahomet ». Dans cette courte vidéo, la France est « vilipendée », a écrit Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur dans une note datée de mercredi et consultée par l’AFP.

Cette semaine, face à la menace terroriste, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin s’est adressé aux préfets pour les appeler à rester « vigilant ». Les mesures de sécurité devront être maintenu à un « haut niveau » durant les grandes vacances scolaire, spécifiquement en juillet et août, a demandé Darmanin.

Le président de la République et le ministre de l’Intérieur sont “explicitement visés et cités”

Cette demande fait notamment suite à la vidéo qui vise explicitement Gérald Darmanin et Emmanuel Macron, président de la République. La demande a également été formulée en « prévision de l’ouverture en septembre, à Paris, du procès des attentats du 13 Novembre 2015 » rapporte le média Nice Matin. En effet, le procès des attentats du Bataclan, du stade de France et des terrasses des 10e et 11e arrondissements est prévu du 8 septembre au 25 mai 2022. Or, les autorités craignent qu’une nouvelle attaque ait lieu, comme ce fut le cas en plein procès des attentats de Charlie Hebdo.

Pour rappel, en septembre dernier deux journalistes avaient été grièvement blessées à l’arme blanche à Paris, près des anciens locaux du journal Charlie Hebdo. Les faits s’étaient déroulé le vendredi 25 septembre 2020, dans la rue Nicolas-Appert, dans le 11ème arrondissement. Il s’agit de l’endroit où avait eu lieu l’attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. 

Ainsi, pour s’assurer qu’un nouveau drame ne se produise pas, des nouvelles consignes de sécurité vont être transmises aux préfets à la rentrée, nous informe Ouest France.

Sources : AFP Ouest-France

Une femme condamnée pour avoir planifié un attentat islamophobe

En Allemagne, une quinquagénaire a été condamnée pour avoir planifié un attentat à la bombe incendiaire visant la communauté musulmane. 

En Allemagne, une quinquagénaire a été condamnée, vendredi 30 juillet, à six ans de prison par un tribunal de Munich pour avoir adressé une série des menaces à des responsables politiques bavarois entre décembre 2019 et mars 2020, et pour avoir planifié un attentat à la bombe incendiaire visant la communauté musulmane. 

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La femme âgée de 55 ans, praticienne en médecine alternative, décrite comme « fermement déterminée »à commettre un attentat islamophobe selon le président du tribunal Richter Michael Hohne, s’était procurée du matériel pour fabriquer une bombe incendiaire, rapporte Daily Sabah. Elle avait été inculpée en janvier dernier, quelques mois après son arrestation en septembre 2020. 

Selon le juge, il ne faisait aucun doute qu’elle agissait sur la base d’idées néo-nazies, soulignant ses contacts avec des partisans – condamnés – du National Socialist Underground (NSU), un groupuscule allemand d’extrême droite à l’origine de plusieurs attentats et crimes racistes dans les années 2000 en Allemagne.

Lire aussi : 
L’Islamkolleg inauguré, pour des imams « made in Germany »
Allemagne : une mosquée vandalisée deux fois en moins de deux semaines
Allemagne : un projet d’attentat contre les musulmans sur le triste modèle de Christchurch déjoué

Rédigé par Lina Farelli | Samedi 31 Juillet 2021 à 10:45

 

Sarah El Haïry, une ministre face au “New York Times”

Le grand moment d’incompréhension, voire d’hostilité, que vous avez connu à Poitiers

Sarah El Haïry, une ministre face au "New York Times"

“À aucun moment, le NYT ne tente de discuter du fond de ma position. Ils ont simplement cherché ce qui décrédibiliserait ma réponse”.  © D.R.
Propos recueillis par

Dans un article publié la semaine dernière, le quotidien américain est revenu sur le débat houleux qui avait opposé, en octobre 2020 à Poitiers, Sarah El Haïry à des jeunes réfractaires au principe de laïcité. Le « NYT » prend leur parti et décrit une France « laïque et daltonienne ». Dans « Marianne », la secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et de l’Engagement auprès de Jean-Michel Blanquer pourfend cette « lecture binaire » du « New York Times ».

Marianne : Le « New York Times » décrit une France « laïque et daltonienne ». Que répondez-vous ?

Sarah El Haïry : C’est une lecture extrêmement basique qui nie notre histoire et notre identité. « Daltonien », cela veut dire qu’il n’y a aucune nuance, aucune complexité, aucune diversité. Et c’est l’extrême opposé de l’universalisme. La lecture que fait le New York Times de notre pays, de notre société, est binaire. Soit vous êtes intersectionnel pro-woke, soit vous êtes juste un réac’ républicain. Alors que si l’on prend notre histoire, elle est faite de beaux moments et d’autres plus compliqués. Elle est faite de victoires et de défaites. Elle est surtout faite d’un commun et donc d’une lecture qui ne repose pas sur la différence ou sur la communauté à laquelle on se rattache, à la différence des Américains. Aujourd’hui, malheureusement, certains ont décidé de chausser des lunettes américaines pour observer notre société, alors que nous n’avons ni la même histoire, ni le même héritage.

Le grand moment d’incompréhension, voire d’hostilité, que vous avez connu à Poitiers est donc lié selon vous à une américanisation des esprits ?

À ce moment-là, c’était moins le prisme américain, la cancel culture, qui pousse à déboulonner nos statues, à changer les titres des livres, à regarder le passé avec les lunettes d’aujourd’hui, une vision du monde qui va chercher la somme des différences pour opposer et fragmenter au lieu d’unir. À Poitiers, c’était plutôt le pan de la victimisation, qui est un syndrome ayant au fond les mêmes racines : « Je suis victime de discriminations et je vais prendre comme étendard exclusif la cause que je défends », alors que la promesse universaliste, la promesse française, c’est de lutter contre les discriminations, car nous faisons corps, nous faisons Nation, car notre destin est lié.

« Nous ne pouvons pas nous définir par notre propre discrimination. »

Parce que nous sommes une grande Nation, parce que nous sommes les héritiers de Félix Éboué, de tellement de grands hommes quelle que soit leur couleur ou leur histoire, celui qui discrimine est celui qui attaque toute la communauté nationale, et notre réponse ne peut être que commune. Cela n’empêche en rien de lutter avec fermeté contre les discriminations, comme nous le faisons par exemple à travers la plate-forme de signalement dédiée souhaitée par le président de la République et qui a été mise en place en février dernier. En revanche, nous ne pouvons pas nous définir par notre propre discrimination mais au contraire par la force du collectif auquel nous appartenons, la France.

Vous seriez face à un double front : celui des jeunes qui se définissent comme offensés et la vision communautariste américaine qui s’y superpose. Comment démêle-t-on cet écheveau ?

Il faut que ces jeunes prennent conscience que ces discours victimaires les condamnent. Quand vous avez 14-15 ans et que la seule énergie que vous avez est de vous dire que vous êtes une multivictime de multidiscriminations parce que vous vivez en France, c’est ne plus avoir d’énergie pour entreprendre, pour croire en son avenir, pour étudier. Je me considère comme antiraciste, et ce n’est pas pour autant que je suis pro- « réunions non mixtes racialistes ». Ce nouveau racialisme est le racisme d’aujourd’hui.

À LIRE AUSSI : “Chez les jeunes professeurs, on constate une vision minimaliste de la laïcité”

On ne regarde plus le combat citoyen des Français contre ces discriminations mais la couleur de peau pour savoir si celui qui parle est légitime ou non. Moi-même, je me définis bien entendu comme française. Mais, dans le regard de ces racialistes-là, je suis une traîtresse, parce que je suis la fille d’une première génération avec deux parents nés à l’étranger. Avec mes gènes, ils ne comprennent pas comment je peux tenir un discours aussi universaliste. Eux sont en train de créer une nouvelle génération d’offensés, de victimes.

Le « New York Times » vous renvoie à la question sociale. Vous auriez cette position idéologique car vos parents s’en sortaient bien…

À aucun moment ils ne tentent de discuter du fond de ma position. Ils ont simplement cherché ce qui décrédibiliserait ma réponse. Ils ignorent que, dans ma vie familiale, nous avons eu des moments difficiles et suffisamment difficiles pour avoir besoin d’aides sociales. Je suis issue d’une famille monoparentale avec les difficultés économiques et sociales que cela comporte. C’est l’école de la République qui m’a permis de me construire, c’est aussi un État protecteur qui ne fait pas la différence entre ses enfants, qui soigne, qui loge. Et fait bouclier.

Certains jeunes interrogés estiment que la police peut-être à la fois républicaine et raciste. Ils font référence aux contrôles au faciès.

C’est le strict opposé. Une institution telle qu’elle est construite, par essence, on ne peut pas la qualifier de raciste. On voit bien la suite de leur propos : l’État est raciste, la France est raciste. Il y a effectivement eu des États racistes, dans le monde et dans l’histoire. Un État raciste est un État qui fonde une différence sur la couleur de peau ou sur une religion, qui donne le droit ou pas d’entrer dans un endroit, d’accéder à certains métiers. Est-ce qu’il y a des discriminations dans notre société ? Oui et elles sont multiples : racistes, antisémites, misogynes, homophobes, transphobes… Toutes ces discriminations méritent de faire bloc.

« Aujourd’hui, on s’est tellement endormi sur ces sujets que l’on n’ose plus aller au combat. La génération woke, ce serait notre avenir, le visage de notre pays dans les 10-15 prochaines années ! »

C’est pour cela que l’on forme nos forces de l’ordre à recueillir la parole, que nos forces de l’ordre ont des caméras. Mais il faut rappeler que ces femmes et ces hommes qui s’engagent, s’engagent pour protéger, font le choix de servir. Ce n’est pas en ciblant des remparts, ceux qui défendent les plus en difficulté, qu’on s’en sort. Notre société n’est pas parfaite mais, institutionnellement, elle est juste. Parce qu’elle est Républicaine, elle ne fait pas de différence ni dans ses lois ni dans ses textes entre les Hommes.

La pénétration des thèses anglo-saxonnes chez les jeunes, comme l’avait montré notre sondage Ifop pour Marianne l’automne dernier, est réelle. Que répond-on à des adolescents ou des jeunes adultes pour qui « le privilège blanc » est un présupposé ?

On repose des repères, on les refait vivre ensemble, on recrée de la fierté en leur redonnant des cadres historiques. On l’a vu avec le Service national universel. On réunit 15 000 jeunes qui viennent de toute la France, de différents milieux sociaux : iI n’y a plus de commun. Il faut leur apprendre pourquoi on est fier d’être Français, leur rappeler que le président du Sénat a été un homme noir, comment les combats à mener sont des combats pour l’égalité et pas d’opposition entre les communautés.

Aujourd’hui, on s’est tellement endormi sur ces sujets que l’on n’ose plus aller au combat. La génération woke, ce serait notre avenir, le visage de notre pays dans les 10-15 prochaines années ! Où va-t-on si on ne transmet pas l’esprit critique et la capacité à défendre les grands héritages, la liberté d’expression et la liberté de conscience ? Quand, à Poitiers, certaines jeunes affirment qu’il faut interdire à des journalistes de parler d’islam car ils seraient pro-israéliens, cela m’inquiète. Quand ils expliquent qu’ils veulent le retour des signes religieux dans les établissements scolaires, cela m’inquiète.

Mais nous y arriverons en faisant front. Jean-Michel Blanquer le fait depuis 2017 et il a été l’un des rares à assumer cette bataille. C’est pour cela que je suis fière d’être à ses côtés. Depuis Poitiers, nous travaillons sur le renforcement des modules « principes de la République » pour le BAFA pour tous ces jeunes qui encadrent nos enfants. On a sorti un vade-mecum de la laïcité dans les accueils collectifs de mineurs. Il faut une réponse culturelle et universitaire. Il ne faut pas vouloir éviter ce nécessaire combat. À Poitiers, comme je cherchais du commun, j’ai chanté la Marseillaise.

Vous ne l’avez pas trouvé, ce commun…

Pas là. Mais les messages ont été passés et ce n’est pas pour autant que je renonce.

 “La politique de la ville doit être un outil privilégié de fabrication du creuset républicain”

Maroc. « Comment j’ai été tracé à Vienne par Pegasus »

Hicham Mansouri, journaliste marocain réfugié en France et membre de la rédaction d’Orient XXI, fait partie des cibles de Pegasus.

Témoignage · Hicham Mansouri, journaliste marocain réfugié en France et membre de la rédaction d’Orient XXI, fait partie des cibles de Pegasus. Il raconte pour la première fois comment au cours d’un séjour privé en Autriche, il a été repéré grâce au logiciel espion et suivi par de probables barbouzes marocains.

Hicham Mansouri aux assises du journalisme à Tours.
© Mathilde ERRARD

Journaliste marocain, membre du comité de rédaction d’Orient XXI, Hicham Mansouri qui travaille également à la Maison des journalistes de Paris fait partie des centaines de journalistes qui ont été espionnés par le logiciel Pegasus, produit par le groupe israélien NSO. Effectué par le Security Lab, laboratoire numérique hyper-performant d’Amnesty International, l’analyse de son téléphone a révélé qu’il avait été infecté plus d’une vingtaine de fois par le logiciel espion sur une période de trois mois, de février à avril 2021. Hicham Mansouri a quitté son pays en 2016 après avoir passé près d’un an en prison, sous des accusations évidemment bidon d’adultère. Au cours d’un second procès pour « atteinte à la sûreté interne de l’État », il a été condamné par contumace à un an de prison ferme.

Cofondateur avec Maati Monjib de l’Association marocaine pour le journalisme d’investigation (AMJI) – qui lui aussi a été espionné par Pegasus, comme plusieurs autres journalistes marocains actuellement détenus, Omar Radi (qui a été condamné le 19 juillet à 6 ans de prison), Taoufik Bouachrine et Soulaiman Raissouni, – Hicham Mansouri prépare un ouvrage sur son séjour en détention, à paraître cet hiver dans la collection Orient XXI chez Libertalia.

Si l’enquête de Forbidden Stories a mis à jour une surveillance très récente de son téléphone par Pegasus, ce n’est cependant pas une première pour notre collègue. « J’ai été espionné sur mon nouveau téléphone au printemps 2021. Mais quand j’avais rédigé un article pour Orient XXI sur le Sahara occidental en novembre 2020, j’avais alors appelé un responsable du Polisario. Je n’ai pas utilisé ses propos dans le papier publié, mais juste après un site marocain lié aux services secrets, Chouf TV, m’a accusé de comploter avec le Polisario en citant le nom de mon interlocuteur et le mien. J’étais alors sûr que soit moi soit lui étions sur écoute ».

UNE FILATURE SANS FIN DANS LES RUES DE VIENNE

Mais l’utilisation probable de Pegasus par les services marocains pour tracer Hicham Mansouri a montré l’ampleur de ses possibilités à l’occasion d’un séjour à Vienne du journaliste et de sa compagne. Il nous raconte comment il a été tracé au cours de son escapade privée. « La situation la plus emblématique pour moi remonte à mars 2019. Je venais d’obtenir en France un titre de voyage français de réfugié. On a décidé d’aller à Vienne du 1er au 5 mars avec ma compagne ». Mais le séjour a priori sans histoires va tourner au cauchemar :

Le matin du 3 mars, vers neuf heures, à la sortie de l’hôtel Wombat’s où nous séjournions, je remarque deux types avec des lunettes de soleil, à l’allure typique des barbouzes marocains. Dès que nous commençons à marcher, ils nous suivent. Pour vérifier qu’il s’agit bien d’une filature, on change d’itinéraire, on s’arrête, on s’installe dans un café et on attend un peu. On sort et on continue notre route, on les retrouve un peu plus loin. Mais il nous est impossible de les semer, les deux hommes nous suivent à la trace.

Hicham et sa compagne décident alors d’éteindre leurs téléphones, ignorant que même coupé un portable reste traçable par un logiciel comme Pegasus :

On change d’itinéraire plusieurs fois, raconte Hicham. On finit par s’installer dans un café car on est sûr de les avoir semés mais ils nous retrouvent. Cela a duré toute la journée ! On a fini par aller dans le parc du château de Schönbrunn, et on les a même photographiés au milieu de la foule dans la cour du château alors qu’eux-mêmes nous photographiaient.

Photo prise par Hicham Mansouri à Vienne. Le cercle rouge entoure les deux barbouzes qui se prennent en photo du château de Schönbrunn.

Dans ce grand parc du centre de la capitale autrichienne se trouve un poste de police. « Quand on l’a vu, on y est allés et on a raconté ce que nous subissions depuis le matin. Les policiers nous disent ne rien pouvoir faire mais qu’on peut les appeler si on les revoit et ils nous donnent un numéro de téléphone ». Mais plutôt qu’une contre-filature discrète, Hicham et sa compagne qui ont accepté de reprendre leur promenade malgré l’angoisse voient à nouveau leurs suiveurs sur une colline du parc. Ils appellent alors la police et sont rejoint par une voiture de la police autrichienne dont sortent plusieurs policiers :

Ils nous ont posé les mêmes questions que leurs collègues du poste, ils pensaient qu’on avait peut-être affaire à des racketteurs de touristes. J’explique ma situation, ma nationalité, mon statut de réfugié. Et là direct, les policiers me disent qu’ils vont vérifier tout cela sur Interpol. De victime, je deviens suspect. Ils prennent nos passeports, et on passe quinze minutes difficiles. Ils n’ont rien trouvé, m’expliquent que la loi autrichienne n’interdit pas les filatures, bref qu’ils ne vont rien faire. Ils ont uniquement proposé de contrôler leur identité mais nos suiveurs avaient alors disparu.

Hicham et sa compagne pensent alors que l’alerte est passée :

On quitte les policiers et le parc de Schönbrunn et on prend le métro, on change plusieurs fois de ligne et on finit par sortir pour aller boire un café et se remettre de nos émotions. Nos téléphones sont bien sûr toujours éteints. Et là on croise à nouveau nos suiveurs au centre-ville ! On les voit sur un banc et ils nous font un signe d’au revoir de la main et miment l’envoi d’un baiser à l’adresse de ma compagne.

La filature avait commencé à 9h du matin et il est alors 16h. « Cela a pourri notre voyage, même si ensuite on ne les a plus revus ».

PLUSIEURS JOURNALISTES EN PRISON

Comme Hicham Mansouri, au moins 35 journalistes de 4 pays – dont la France – ont été ciblés par le Maroc et tracés par Pegasus, selon l’enquête de Forbidden Stories relayée par de nombreux titres de la presse internationale. Trois d’entre eux, Omar Radi, Taoufik Bouachrine et Soulaiman Raissouni, sont actuellement détenus au Maroc sous des chefs d’accusation considérés par les organisations de défense des droits humains comme fallacieux. Taoufik Bouachrine, ancien rédacteur en chef d’Akhbar al-Youm, a été arrêté en février 2018 et accusé notamment de viols et d’agressions sexuelles. Plusieurs de ses supposées victimes l’ont pourtant innocenté au cours de son procès. L’enquête de Forbidden Storiesrévèle qu’au moins deux des femmes impliquées dans cette affaire ont été ciblés par Pegasus, et peut-être victimes de chantage.

L’Europe face à l’Islam,

 l’histoire croisée de deux civilisations, par Olivier Hanne

Rédigé par Saphirnews
 

L'Europe face à l'Islam, l'histoire croisée de deux civilisations, par Olivier Hanne

Présentation de l’éditeur

Qu’est-ce que la civilisation musulmane et ses valeurs ? En quoi peut-on les comparer à l’héritage européen ? Quels réflexes mentaux l’histoire de l’Islam a-t-elle enracinés chez ses fidèles ? Sont-ils en contradiction profonde avec l’esprit de « l’homme européen » ? Celui-ci existe-t-il d’ailleurs au-delà des slogans politiques ?

Une incompréhension culturelle autant que religieuse semble imprégner les rapports entre l’Europe et le monde musulman, qui seraient incompatibles et hostiles. Pourtant, il existe entre eux de nombreux parallèles – mystiques, éthiques ou philosophiques –, souvent méconnus.

À travers l’histoire croisée de l’Europe et de l’Islam, puisant dans les grands textes religieux, littéraires et politiques qui ont construit les deux civilisations, Olivier Hanne peint le tableau de la naissance et de la croissance de deux sentiments d’appartenance, montre leurs antagonismes profonds, tout en soulignant ce qu’ils ont pu avoir en commun dans le passé, afin de préparer l’avenir.

L’auteur

Olivier Hanne, agrégé et docteur en histoire (HDR), est chercheur associé à l’université de Poitiers. Il est l’auteur de plus d’une trentaine d’ouvrages sur le Moyen Âge et l’Islam, dont L’Alcoran. Comment l’Europe a découvert l’islam.

Olivier Hanne, L’Europe face à l’Islam, Histoire croisée de deux civilisations, VIIè – XXe siècle, Tallandier, mars 2021, 432 pages, 22,90 €

Pour une renaissance de l’organisation du culte musulman en France

Création d’un nouvel organisme de représentation appelé “La Coordination”

Rédigé par Assani Fassassi, Chems-Eddine Hafiz, Mohsen Ngazou et Anouar Kbibech

Pour une renaissance de l’organisation du culte musulman en France
 
 
Le 17 mars 2021, nos quatre fédérations historiques du Conseil français du culte musulman (CFCM) quittaient son bureau exécutif.* Ce départ n’était pas le fruit de l’orgueil ou d’une querelle passagère. Il était une réponse aux impasses dans lesquelles s’était conduite l’institution censée représenter et organiser le culte musulman dans notre pays.

Dernier révélateur en date, le rejet de la « Charte des principes pour l’islam de France », par une autre partie des fédérations constituant le CFCM, a mis en exergue de lourdes incapacités fonctionnelles. Plus grave, ce refus a révélé à quel point le Conseil préférait ménager les intérêts particuliers plutôt que d’unifier autour des principes fondamentaux de la charte que nous défendions et défendons toujours, au moins pour les deux raisons suivantes.

Conscients des expressions multiples de l’islam à travers le monde et l’histoire, nous voulions d’abord qu’il puisse être vécu en France avec un référentiel de valeurs propres à notre pays.

Conscients des dangers qui guettent dès lors que le spirituel se retire dans l’ombre des jeux de pouvoirs terrestres, nous voulions également tracer une ligne claire entre la représentation du culte musulman et son instrumentalisation à des fins politiques.

Lire aussi : Ce que proclame la Charte, le texte dans son intégralité

Le CFCM s’est montré incapable d’œuvrer pour ces principes essentiels. Nous avons donc créé un nouvel organe de représentation que nous avons appelé La Coordination.
 
Pour une nouvelle instance collégiale, fraternelle et ouverte
Dès le printemps 2021, La Coordination s’est mise au travail. Forte de l’expérience de ses membres et de leur connaissance concrète du terrain, elle a construit un projet de refondation de la représentation du culte musulman en France et l’a présenté lors de l’Assemblée générale extraordinaire du CFCM en juillet dernier.

Dans un document distribué ce jour-là, nous avons en effet proposé un ensemble de directions structurant la future instance représentative du culte musulman qui devra, selon nous, être :

– une instance inclusive à caractère consultatif et non exécutif ;

– une instance inclusive sans compétition électorale malsaine – qui a transformé les lieux de culte en théâtre de concurrences entre les fédérations ;

– une instance fraternelle débarrassée de tout enjeu de pouvoir ;

– une instance basée sur et ouvertes à tous les lieux de culte musulman ;

– une instance ouverte aux compétences au-delà des lieux de culte ;

– une instance basée sur une doctrine et un référentiel communs de valeurs.

Une telle instance, collégiale, fraternelle et ouverte, est le souhait de l’immense majorité des musulmans de France.

Elle est tout ce que n’est plus le CFCM actuel. Et elle est tout l’opposé d’un autre projet de « réforme » avancé par l’actuelle présidence du Conseil, contre lequel la dernière Assemblée générale de juillet a d’ailleurs voté et qu’elle a clairement rejeté.
 

Pour une renaissance de l’organisation du culte musulman en France

Eriger de nouvelles références

L’autre projet de réforme défendu par la présidence du CFCM, faussement présenté çà et là comme un moyen de donner de l’importance aux acteurs locaux de nos mosquées, recycle en réalité une même recette basée encore une fois sur la logique arithmétique des « élections » et du principe inique du dominant.

Nous refusons que l’organe de représentation nationale du culte musulman soit sclérosé par les appétits hégémoniques et les courses au pouvoir entre fédérations ou personnalités. Nous refusons que cette instance soit aux mains de son président, sans aucun équilibre et sans aucune retenue, un instrument utile à des objectifs politiques – qui n’ont rien à voir avec la vie religieuse de nos concitoyens musulmans et, pire, leur portent gravement préjudice.

C’est aller contre la « Charte des principes pour l’islam de France ». C’est surtout aller contre l’éthique islamique qui nous enseigne si profondément l’égalité et la fraternité des hommes, nous exhortant à bâtir en commun.

Face aux dérives du CFCM actuel et de sa présidence, nous, responsables des quatre fédérations qui forment La Coordination, sommes soudés autour d’une même quête : l’épanouissement spirituel de chaque musulmane et de chaque musulman en France.

Pour elle, pour ériger de nouvelles références et de nouvelles structures vertueuses, nous avons entamé un vaste chantier de réflexion et d’action. Dès la rentrée de septembre, des journées de travail seront ouvertes à toutes les bonnes volontés.

Que celles et ceux qui ont au cœur un islam de paix, de fraternité et de proximité, vibrant pleinement dans la société française, débarrassé des basses manœuvres politiques, nous rejoignent et dessinent avec nous l’avenir.

*****
Assani Fassassi, pour la Fédération française des associations islamiques d’Afrique, des Comores et des Antilles (FFAIACA), Chems-Eddine Hafiz, pour la Grande Mosquée de Paris, Mohsen Ngazou, pour Musulmans de France (MF), et Anouar Kbibech, pour le Rassemblement des musulmans de France (RMF).

*NDLR : Telles sont les quatre fédérations, membres de La Coordination, évoquées au début de la tribune. A noter que le RMF n’est pas formellement membre du bureau du CFCM, bien qu’elle soit parvenue en deuxième position aux élections de 2020. Pour en savoir plus.

Lire aussi :
Une réforme des statuts du CFCM balayée, une crise de la représentation de l’islam de France qui perdure
Mohammed Moussaoui : « Le CFCM des fédérations est arrivé à son terme »