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Gérald Darmanin cible « le risque terroriste d’origine sunnite »

 

 

Selon le ministre de l’Intérieur, « il demeure la principale menace » pour la France.

Par Jean-Marc Leclerc

Plus de 8.000 personnes fichées pour radicalisation à caractère terroriste, prévient Gérald Darmanin

Le ministre de l’Intérieur est revenu sur l’état de la menace terroriste en France le 31 août 2020. 

« Le risque terroriste d’origine sunnite demeure la principale menace à laquelle est confronté notre pays. » Dans son discours au siège de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), ce lundi, le ministre de toutes les polices, Gérald Darmanin, n’a pas seulement pris soin de désigner l’ennemi public numéro un des Français. Il était soucieux d’apporter son soutien aux hommes et aux femmes qui œuvrent sans relâche pour empêcher de nouveaux drames.L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Gerard2.jpg.

Il s’exprimait à la veille du procès qui débute ce mercredi à Paris pour juger des attentats du 7 au 9 janvier 2015 qui visèrent d’abord la rédaction de Charlie Hebdo, puis les clients et le personnel de l’Hyper Cacher de Vincennes, sans oublier la police municipale de Montrouge, Clarissa Jean-Philippe.

Un chiffre illustre le bilan des agents de « l’ombre » : « Depuis 2013, 61 attentats ont été déjoués, dont 32 depuis 2017 ; au début de l’année encore, un projet d’ampleur a été déjoué », s’est félicité le premier flic de France. Il a aussi rappelé que « depuis 2017, ce sont dix attaques qui ont abouti, sur le territoire national, à la mort de vingt personnes ».

À l’entendre, l’État islamique avait « anticipé sa défaite, en adaptant sa structure, en assumant un retour à la clandestinité ». Cette organisation terroriste a toujours une capacité de projection. Et le ministre de citer les « tentatives d’exfiltration de ses combattants, qu’ils soient originaires de France ou tentent de s’y installer de manière irrégulière ». L’immigration clandestine reste un vecteur possible, même si « les flux migratoires se sont réduits par rapport aux années 2015-2016, et que les criblages mis en place par l’administration ont considérablement resserré ce que l’on appelle les mailles du filet », estime Darmanin.

Au parquet de Paris, un magistrat spécialisé l’assure : « L’État islamique a conservé une fortune co­lossale et n’a rien perdu de sa détermination. »Mais l’hôte de Beauvau croit plus encore à la menace « dans nos murs », celle « nourrie par la propagande des groupes terroristes, inspirée par les vétérans du djihad, mais également par l’emprise des tenants d’un islam radical s’efforçant » d’avoir la main «sur nos quartiers ».

Selon lui, « la menace représentée par des individus adeptes d’un islam radical, sensibles à la propagande, mais non nécessairement liés à un groupe constitué, devient un défi croissant pour les services de renseignement qui assurent aujourd’hui le suivi de 8 132 individus inscrits au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). »

Le défi sécuritaire est majeur pour les services de renseignement

Par ailleurs, la menace des sortants de prison n’a jamais été aussi forte. « À ce jour, 505 détenus terroristes islamistes en lien avec la mouvance islamiste » sont recensés, auxquels s’ajoutent, selon le ministre, « 702 détenus de droit commun susceptibles de radicalisation ». Il poursuit : « Le défi sécuritaire est majeur pour les services de renseignement. En 2020, les prévisions de libération sont évaluées à 45 détenus condamnés pour des faits d’association de malfaiteurs terroristes (…). Ce chiffre connaîtra une nouvelle hausse en 2021 avec la sortie prévisionnelle de 63 terroristes islamistes condamnés. »

Difficile d’être plus clair : sans la loi expérimentale sur le terrorisme votée en 2017, impossible d’être pleinement efficace. Grâce à elle, «532 périmètres de protection ont été mis en place, 7 lieux de culte ont été fermés, 312 mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance ont été notifiées, dont d’ailleurs 65 sont encore actives à ce jour » et « 170 visites domiciliaires ont été réalisées », dont plus d’un tiers ont eu des suites judiciaires, s’est réjoui Gérald Darmanin.

Seulement voilà : ce texte valable jusqu’au 31 décembre, fait l’objet d’une prolongation d’un semestre qui n’a pas encore été votée par le Sénat. Il devra de toute façon être évalué passé ce délai ultime. Or le Conseil constitutionnel ne plaisante pas avec les mesures privatives de liberté. La proposition de loi instaurant des mesures de sûreté pour les détenus islamistes sortant de prison en a fait les frais le 7 août. Le système de sécurité nationale aimerait éviter un nouveau revers.

Gérald Darmanin: «702 détenus de droit commun sont susceptibles de radicalisation»

Le ministre de l’Intérieur a tenu une conférence de presse le lundi 31 août sur la menace terroriste. Dans les prisons, «505 détenus terroristes islamistes en lien avec la mouvance islamiste TIS sont actuellement recensés» en France, a-t-il affirmé.

29 mai 1453, la prise de Constantinople 

Documentaire en streaming sur W0rld.tv.

Ne plus se comprendre tout en ayant irrémédiablement besoin l’un de l’autre.

Même si le sultanat ottoman était maître de la Turquie d’Europe et d’Orient depuis alors plus d’un siècle, la date a longtemps été considérée comme la césure entre les périodes médiévale et moderne. Cette rupture des temps est un aussi un partage des espaces : désormais l’Orient et l’Occident semblent ne plus se comprendre tout en ayant irrémédiablement besoin l’un de l’autre. Mais cette cassure dans l’histoire est-elle aussi évidente et définitive qu’on veut bien nous le dire ? 

Prise de Constantinople par les Turcs

Le 29 mai 1453 figure traditionnellement parmi les dates clé de l’Histoire occidentale. Ce jour-là, Constantinople tombe aux mains du sultan ottoman Mehmet II.

La ville, vestige de l’empire romain, était l’ultime dépositaire de l’Antiquité classique. Elle faisait aussi office de rempart de la chrétienté face à la poussée de l’islam.

La chute finale

La chute de Constantinople devient inéluctable lorsque des envahisseurs venus d’Asie, les Turcs ottomans, traversent le détroit du Bosphore. Ils s’emparent de la plus grande partie de la péninsule des Balkans et installent leur capitale à Andrinople, à un jet de pierre au nord de Constantinople.

Au milieu du XVe siècle, réduite à environ 40 000 habitants et dépourvue d’arrière-pays, Constantinople n’est plus qu’un petit État en relation avec les marchés d’Extrême-Orient pour le plus grand bénéfice des marchands de Venise et de Gênes qui s’yapprovisionnent en soieries chinoises. Elle ne dispose pour sa défense que de 7 000 soldats grecs et d’un détachement d’environ 700 Génois.

Cette illustration tirée d’un manuscrit français de 1455 montre le siège de Constantinople avec, à gauche, la Corne d’Or, et au fond, de gauche à droite, le détroit du Bosphore et la mer de Marmara.

Le siège de Constantinople commence en avril 1453 avec 150 000 hommes. Le basileus (empereur en grec) Constantin XI se fie aux puissantes fortifications héritées du passé pour résister aux Turcs en attendant d’hypothétiques secours. Devant ce triple cercle de murailles, le sultan Mehmet II fait appel à toutes les ressources de l’artillerie. Il dispose de pas moins de 25 à 50 grosses bombardes (canons primitifs) et de plusieurs centaines de plus petites qui vont projeter sans trêve des pierres et des boulets sur les murailles pendant plusieurs semaines d’affilée.

L’immense flotte du sultan complète le siège de la ville par le Bosphore et la mer de Marmara. Elle arrive à entrer aussi dans le chenal de la Corne d’Or.

Arrive l’aube fatale où des dizaines de milliers d’hommes ivres d’impatience entrent dans la ville. Dans la basilique Sainte-Sophie, l’empereur grec meurt, les armes à la main, au milieu de ses derniers soldats. Dès la mi-journée, le sultan peut faire son entrée dans la ville.

Les combats ont fait 4.000 morts. Selon la tradition del’époque, les vainqueurs s’offrent le droit de piller la ville, de violer et de tuer à qui mieux mieux pendant les trois jours qui suivent sa chute. Tous les habitants survivants (25 000) sont réduits en esclavage.

Le sultan Mehmet II, qui songe à faire de Constantinople sa propre capitale et veut lui conserver sa grandeur, veille à ce que les pillages ne s’éternisent pas. Il fait venir des immigrants de tout l’empire pour rendre à la cité sa splendeur antique. Il peut enfin déplacer sa capitale de la ville voisine d’Andrinople à Constantinople, bientôt rebaptisée Istamboul. Celle-ci atteindra son apogée sous le règne de Soliman II le Magnifique… Notons que jusqu’à la fin de l’empire ottoman, elle conservera une population majoritairement chrétienne.

Fin du Moyen Âge

Les historiens datent de cet événement la fin de la longue période historique appelée faute de mieux Moyen Âge. La Renaissance qui lui succède doit beaucoup aux savants et artistes byzantins qui, réfugiés en Italie, ont contribué à la redécouverte de la culture antique par les Occidentaux.

 

Défense de la laïcité ne peut se passer du respect de la loi

 

Nous devons assurer à chacun sa liberté de croire ou de ne pas croire et de pratiquer le culte de son choix. 

Ces derniers jours, deux étudiantes de confession musulmane ont été victimes d’attaques en raison de leur tenue vestimentaire, relançant l’interminable débat sur le voile. Par Mohammed Moussaoui, Président Du CFCM*

 

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Moussaoui.png.*Mohammed Moussaoui, président du Conseil Français du Culte Musulman; président de l’Union des mosquées de France

La première, Imane Boun, étudiante en communication, a lancé un compte Instagram pour proposer des idées de recettes faciles pour les étudiants. Le 11 septembre 2020, une vidéo de BFM TV présentant le site @recettes.echelon7 de l’étudiante qui portait un foulard sur la tête a été postée sur le site Internet ainsi que sur le compte Twitter de la chaîne.

Une journaliste a re-tweeté la vidéo en mentionnant « 11 septembre », faisant allusion au jour anniversaire de l’attentat des Tours Jumelles du World Trade Center à New York en 2001. Cet amalgame a suscité différentes réactions. Certaines défendant l’étudiante, d’autres relayant le message de la journaliste qui serait depuis victime d’insultes et de menaces de mort.

Vouloir établir un lien entre la tenue vestimentaire de la jeune étudiante et un attentat terroriste abject ayant fait plus de 3 000 victimes n’est pas acceptable. De même, les insultes et les menaces de mort à l’encontre de la journaliste doivent être vigoureusement condamnées et leurs auteurs poursuivis.

 

La seconde, Maryam Pougetoux, est vice-présidente en charge des questions universitaires et des questions de jeunesse du syndicat étudiant  UNEF. A l’occasion de son audition, jeudi 17 septembre 2020, par une commission parlementaire d’enquête sur la crise du Covid-19, avant même qu’elle ne prenne la parole, des députés invoquant le principe de laïcité ont quitté l’audition en raison du foulard que l’étudiante portait sur la tête.

Dans le cas d’Imane Boun, nous pourrons invoquer un manque de lucidité et de discernement de la part d’une journaliste à l’égard d’une jeune femme qui n’aspirait qu’à rendre service à ses camarades dans la gestion de leur modeste budget. Vouloir établir un lien entre la tenue vestimentaire de la jeune étudiante et un attentat terroriste abject ayant fait plus de 3 000 victimes n’est pas acceptable. De même, les insultes et les menaces de mort à l’encontre de la journaliste doivent être vigoureusement condamnées et leurs auteurs poursuivis.

Le cas de Maryam Pougetoux nous rappelle la réaction virulente des élus du Rassemblement national au Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté, le 11 octobre 2019, face à la présence d’une maman voilée accompagnatrice d’un groupe d’enfants de Belfort. Une situation qui avait alors obligé la présidente de la Région à faire un rappel à la loi : « La loi interdit les signes de discrimination dans le milieu scolaire. Elle n’interdit pas les signes de distinction dans l’espace public. »

Si nous remontons un peu plus loin, cette ignorance des lois qui régissent la laïcité, souvent doublée pour certains d’une volonté de faire disparaître le voile de l’espace public, avait aussi touché Latifa Ibn Ziaten lors d’un colloque en décembre 2015 à l’Assemblée nationale. La mère de Imad Ibn Ziaten parachutiste de l’armée française assassiné en 2012 par le terroriste de Toulouse et Montauban, avait été huée puis agressée à la sortie d’une salle de conférences par des personnes aux cris de : « Vous n’êtes pas Française (…) vous ne pouvez pas parler de la laïcité alors que vous portez un foulard, vous faites honte à la France.». Peut-on soupçonner un seul instant Mme Ibn Ziaten de soumise ou de militante au service d’une idéologie à combattre ?

Dans le cas de Maryam Pougetoux, la présidente de la commission d’enquête, Sandrine Mörch, a dû rappeler, elle aussi, le droit : « Aucune règle n’interdit le port de signes religieux pour une personne auditionnée au sein d’une commission. » Avant de poursuivre : « On vous remercie de quitter la salle, on va continuer nos entretiens sans vous, ce sera plus constructif. »

Au-delà des règlements des différentes institutions, la jurisprudence nationale et européenne en matière de laïcité a rappelé à maintes reprises que le principe de neutralité s’applique aux fonctionnaires qui incarnent l’État dans l’exercice de leurs fonctions et non aux usagers du service public. La limitation de la liberté individuelle n’est admissible qu’à condition d’être inscrite dans une base légale.  Cette limitation doit être proportionnelle aux impératifs de l’ordre public. La représentante du syndicat étudiant n’avait donc pas enfreint la loi.

De ce point de vue, les députés qui ont quitté bruyamment la salle pourraient être poursuivis pour discrimination à l’égard d’une personne en raison de sa confession, de sa tenue vestimentaire ou de ses opinions.

L’ignorance de la Loi ne saurait être une excuse valable pour des représentants de la Nation qui participent à son élaboration. Le respect de leur devoir d’exemplarité est essentiel pour notre démocratie.

Aux arguments du député Chabert qui proposait en juin 1905 une loi interdisant le port de la soutane dans l’espace public, Aristide Briand, rapporteur de la loi de décembre 1905, avait répondu :

« Au risque d’étonner l’honorable M. Chabert, je lui dirai que le silence du projet de loi (de 1905) au sujet du costume ecclésiastique qui paraît le préoccuper si fort, n’a pas été le résultat d’une omission mais bien celui d’une délibération mûrement réfléchie. Il a paru à la commission que ce serait encourir, pour un résultat plus que problématique, le reproche d’intolérance et même s’exposer à un danger plus grave encore, le ridicule que de vouloir, par une loi qui se donne pour but d’instaurer dans ce pays un régime de liberté au point de vue confessionnel, imposer aux ministres des cultes de modifier la coupe de leurs vêtements. »

Vouloir réduire l’espace de la liberté religieuse à la stricte sphère intime est contraire à la loi 1905, renforcerait le sentiment d’exclusion et doperait les rangs des radicaux.

L’arsenal juridique pour lutter contre le prosélytisme est très complet. Il faut juste l’appliquer et faire confiance aux valeurs qui animent l’immense majorité de nos concitoyens. Il convient de rappeler que selon le Conseil d’État, le port du foulard ne constitue pas, par lui-même, en l’absence de toute autre circonstance, un acte de pression ou de prosélytisme (CE, 27 novembre 1996, n° 170209, publié au recueil Lebon).

Les femmes qui ne portent pas le voile sont libres de leurs choix. Celles qui souhaitent le porter doivent pouvoir le faire en toute liberté, sans limites autres que celles prévues par la loi de la République et les impératifs de l’ordre public.

Comment les communistes ont pris le pouvoir en Chine

L’histoire mouvementée de la Chine au XXe siècle.

Née en 1912 sur les ruines d’un régime impérial séculaire, la République de Chine sombra dans le chaos dès ses premières années. Anarchie suscitée par les seigneurs de la guerre, émergence du Kuomintang et de ses chefs Sun Yat-Sen puis Tchang Kaï-chek, guerre contre le Japon, guerre civile et victoire du Parti communiste : 

Le Figaro Histoire revient sur l’histoire mouvementée de la Chine au XXe siècle.

Aidé des meilleurs spécialistes, il décrypte les mécanismes par lesquels Mao Zedong hissa au pouvoir le Parti communiste et dresse le bilan du maoïsme et de ses millions de victimes, du Grand Bond en avant à la Révolution culturelle.

Alors que les relations entre la Grèce et le Turquie ont connu un regain de tension en Méditerranée orientale, Le Figaro Histoire éclaire l’inimitié séculaire entre les deux voisins et l’attitude va-t-en guerre du président Erdogan, qui vient de retransformer Sainte-Sophie en mosquée. Côté reportage, il vous emmène visiter la stupéfiante saline d’Arc-et-Senans, conçue comme une cité utopique par l’architecte Ledoux, et vous explique les raisons du succès phénoménal des youtubeurs d’histoire, dont les chaînes inventives fleurissent sur internet.

Faudra-t-il changer de smartphone à cause de la 5G?

La nouvelle génération de téléphonie mobile va-t-elle contraindre les consommateurs à jeter leur mobile au rebut ?

Par Elsa Bembaron

Le nouveau réseau mobile 5G sera lancé en France en 2020. Mais, faut-il changer de smartphone pour profiter de l’Internet mobile en 5G ?

Les fabricants, comme Samsung, commencent à commercialiser leurs premiers terminaux 5G. Samsung / Christophe RUIZ

Le nouveau réseau mobile sera commercialisé en France en juillet 2020. Quatre opérateurs commencent déployer des antennes 5G. Ils devront suivre la feuille du route fixée par le gouvernement.

Alors que les opérateurs télécoms français vont bientôt déployer la 5G, de plus en plus de voix se font entendre pour critiquer cette nouvelle technologie. Selon ses détracteurs, la 5G va «obliger les Français à changer de smartphone». Un renouvellement massif du parc de mobiles aurait un impact désastreux sur l’environnement. Au nom de la lutte contre l’obsolescence programmée, il faudrait donc s’opposer à la 5G. Ce raisonnement tient-il vraiment ?La quasi-totalité des smart-phones actuel-lement utilisés en France ne sont pas compatibles avec la 5G. Pour autant, cela ne signifie pas qu’il faudra les jeter à la poubelle dès que le service sera lancé, bien au contraire.Rappelons tout d’abord qu’il existe une vingtaine de modèles compatibles avec la 5G actuellement commercialisés en France. Parmi les constructeurs les plus connus proposant des téléphones 5G figurent Samsung et Xiaomi. Apple ne commercialise pas encore d’iPhone 5G. Mais que signifie qu’un smartphone est 5G ?

 À chaque génération de téléphonie mobile correspondent des bandes de fréquences. La 5G fonctionnera – dans un premier temps – dans la bande dite des 3,5 GigaHertz (GHz). Un smartphone 5G est tout simplement un appareil équipé d’un modem capable de capter les ondes émises dans cette fréquence. Mais pas que… Un smartphone 5G est aussi 4G. Il est même 3G et 2G ! En fonction des réseaux disponibles, les appareils s’adaptent et vont chercher le signal.

«Lorsque nous allumerons la 5G, nous allons maintenir notre réseau 4G et même le réseau 3G», explique Fabienne Dulac, présidente d’Orange France. D’ailleurs, les quatre opérateurs mobiles français offrent un service en 3G. Autrement dit, la 4G n’a pas tué la 3G, pas plus que la 2G. Et de la même façon, la 5G ne tuera pas la 4G. «Nous estimons qu’environ 30% de nos clients utilisent encore des terminaux 3G. Pas question de les priver de nos services» ajoute Fabienne Dulac. Donc, nul besoin de jeter aux orties les smartphones actuels sous prétexte que la 5G arrive bientôt Au contraire, ils ont encore de beaux jours devant eux.

La 4G et la 3G continueront de fonctionner

À terme, il est vrai que les opérateurs pourraient couper la 3G, mais on est encore loin du compte. Quant à l’extinction de la 4G, le sujet n’est même pas abordé ! D’autant que la 5G est une technologie avant tout tournée vers des usages professionnels, voire industriels. Le grand public en bénéficiera aussi, mais ce n’est pas le premier concerné par cette technologie. Autrement dit, quand les opérateurs français lanceront la 5G, les consommateurs pourront encore utiliser leur ancien smartphone pendant de longues années.

Alors, pas besoin de changer de smartphone pour profiter de la 5G ? Si! Pour profiter de la 5G, il faudra acheter un téléphone 5G. Mais encore faut-il le vouloir. Il n’y a aucune obligation à cela. En outre, les consommateurs français changent de smartphone tous les 32 mois selon Orange. Le cycle «naturel» de renouvellement de ces appareils se traduira par un glissement progressif du parc installé vers des terminaux compatibles avec la 5G. Cela peut prendre plusieurs années. D’autant plus que les consommateurs prennent de plus en plus conscience de la nécessité de conserver plus longtemps leurs équipements électroniques. D’une part, pour des raisons économiques et d’autre part, écologiques. Ainsi «faire durer nos équipements numériques constitue le geste le plus efficace pour diminuer leurs impacts : passer de 2 à 4 ans d’usage pour une tablette ou un ordinateur améliore de 50 % son bilan environnemental», affirme l’Agence de la transition écologique (Ademe).

Il y a même une petite subtilité supplémentaire: peut-être avez-vous dans votre poche un smartphone qui est compatible avec la 5G… sans le savoir. En effet, la 5G va utiliser de nouvelles bandes de fréquences, mais elle pourra aussi s’appuyer sur des fréquences déjà employées pour la 4G et particulièrement les fréquences 700 MHz.L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 5g-carte-.jpg.

Bouygues Telecom a commencé à déployer des antennes 5G à Bordeaux et à Lyon. La 5G Orange est testée en conditions réelles à Paris, Lille, Marseille, Montpellier et Nantes. SFR est notamment présent à Nantes et à Toulouse. Dernier opérateur à se lancer dans la course à la 5G, Free se contente d’une présence à Paris. Sans trop s’avancer, on peut penser que c’est dans ces mêmes villes que la 5G sera déployée en premier.

Notons par ailleurs, que les opérateurs télécoms font des efforts croissants pour favoriser la reprise des anciens appareils. Ceux qui sont en bon état peuvent être reconditionnés, c’est-à-dire réparés pour être réutilisés. Les autres sont recyclés.

Agnès Pannier-Runacher s’appuie sur 28.000 études pour assurer que la 5G n’a «pas d’impact sur la santé»

On ne vous conseillerait pas d’en acheter un tout de suite, juste pour pouvoir utiliser le réseau 5G. D’abord, parce que ces terminaux plus perfectionnés sont logiquement plus chers que les appareils fonctionnant uniquement en 4G. Un coût qui n’est pas compatible avec tous les budgets, pour un gain limité en termes d’usages. En effet, pour le grand public, le seul véritable intérêt de la 5G, à son lancement, sera de pouvoir bénéficier de débits très conséquents, pouvant aller jusqu’à 1 Gb/s. Mais les quelques centaines de Mb/s de la 4G+ suffisent en pratique à faire face à la grande majorité des besoins des utilisateurs.

Cela risque néanmoins de se dégrader avec le temps en raison de la saturation attendue du réseau 4G dans les prochaines années. La 5G doit ainsi permettre de désengorger le réseau progressivement, à mesure qu’elle se déploie, essentiellement dans les grandes villes dans un premier temps. En attendant, inutile, donc, de se précipiter sur les smartphones 5G quand les opérateurs mobiles activeront le nouveau réseau sera activé, fin 2020 ou début 2021.. 

 

L’État face au défi des mosquées radicales

La fermeture d’un lieu de culte nécessite de longs mois d’investigations et des preuves irréfutables.   

Par Christophe Cornevin

Tout en essayant de contenir la montée en puissance de «l’imam Google» et d’éradiquer la salafisation rampante des esprits sur les réseaux sociaux, l’État continue à cibler les mosquées qui diffusent des messages de haine et appellent à faire sécession avec la République.

Prière de rue, en avril 2019 à Marseille, dans le quartier des Oliviers, après la fermeture de la mosquée par les autorités. Sébastien LEBAN/Sébastien Leban pour Le Point

Mais le combat est âpre. Selon un dernier bilan porté à notre con-naissance, pas moins de 250 structures répandant l’«idéologie séparatiste» ont été fermées depuis 2018. Parmi elles, ne figurent que quinze lieux de culte, dont deux au titre de la loi sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme (Silt) «aux seules fins de prévenir la commission d’un acte de terrorisme». Outre douze associations «culturelles», huit structures accueillant des mineurs en dehors de tout contrôle et quatre écoles, le reste des dossiers (210) a surtout visé des débits de boissons, en particulier les bars à chicha, ou des restaurants «kebab».

 Si l’écrasante majorité des 2600 lieux de culte pratique un islam modéré et compatible avec les valeurs de la France, les services de renseignement répertoriaient, il y a deux ans déjà, environ 130 mosquées et quelque 300 salles de prières «rigoristes», tenues par des «piétistes», adeptes du «tabligh», ou par des prosélytes Frères musulmans qui rêvent de transplanter les lois de l’islam au cœur de la société. Dans les radars, ces lieux déviants ne peuvent être interdits qu’au terme de plusieurs semaines d’une enquête fouillée, d’un dossier nourri sous l’autorité des préfets et d’une transmission au ministère de l’Intérieur qui «consolide» la procédure en évaluant les possibilités de recours. Les risques d’échecs ne sont pas négligeables. «L’exercice est d’autant plus complexe que tout le monde sait désormais que les imams radicaux ont appris à tenir leur langue et que leurs prêches posent de moins en moins de problèmes en surface», concède un conseiller de haut rang qui rappelle que l’État appuie sur tous les leviers, en particulier «le non-respect des règles sur les établissements recevant du public (ERP)».

Prêches radicaux

Soucieux d’aller plus loin dans la riposte, les architectes du projet de loi sur «les séparatismes» planchent sur l’hypothèse de fermer des salles de prières, voire des pages de réseaux sociaux pour le seul fait d’abriter des prêches radicaux contraires aux valeurs de la République. Cette disposition n’est pas sans rappeler l’article 8 de la loi sur l’état d’urgence qui permettait au ministre de l’Intérieur et au préfet «d’ordonner la fermeture de lieux de réunion de toute nature (…) au sein desquels sont tenus des propos constituant une provocation à la haine ou à la violence ou une provocation à la commission d’acte de terrorisme».

À l’heure où le projet de loi est encore en plein arbitrage à l’Élysée, une source très informée, prudente, préfère parler d’une simple «piste de réflexion». «Un certain nombre de dispositions, étudiées sérieusement, font actuellement l’objet d’une importante tâche d’analyse juridique», avant d’insister sur l’impérieux «travail d’équilibre» entre entrave de l’islam radical et défense des libertés individuelles. «À chaque fois, nous serons obligés de monter des dossiers, avec toutes les difficultés qu’il y a à établir des preuves.»

Sur le terrain, les plans de lutte contre la radicalisation (PLR-Q) continuent à porter leurs fruits. Lancés en février 2018 de façon expérimentale dans 15 quartiers d’où sont partis des djihadistes, ils ont permis de mener 163 contrôles antifraudes visant les établissements communautaires. Mais aussi de redresser 5 millions d’euros pour la Caisse d’allocations familiales (CAF) ainsi que 15 millions d’euros pour l’Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (Urssaf). Comme pour les voyous, une des meilleures façons de combattre l’islamisme est de le frapper au portefeuille.