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29 mai 1453, la prise de Constantinople 

Documentaire en streaming sur W0rld.tv.

Ne plus se comprendre tout en ayant irrémédiablement besoin l’un de l’autre.

Même si le sultanat ottoman était maître de la Turquie d’Europe et d’Orient depuis alors plus d’un siècle, la date a longtemps été considérée comme la césure entre les périodes médiévale et moderne. Cette rupture des temps est un aussi un partage des espaces : désormais l’Orient et l’Occident semblent ne plus se comprendre tout en ayant irrémédiablement besoin l’un de l’autre. Mais cette cassure dans l’histoire est-elle aussi évidente et définitive qu’on veut bien nous le dire ? 

Prise de Constantinople par les Turcs

Le 29 mai 1453 figure traditionnellement parmi les dates clé de l’Histoire occidentale. Ce jour-là, Constantinople tombe aux mains du sultan ottoman Mehmet II.

La ville, vestige de l’empire romain, était l’ultime dépositaire de l’Antiquité classique. Elle faisait aussi office de rempart de la chrétienté face à la poussée de l’islam.

La chute finale

La chute de Constantinople devient inéluctable lorsque des envahisseurs venus d’Asie, les Turcs ottomans, traversent le détroit du Bosphore. Ils s’emparent de la plus grande partie de la péninsule des Balkans et installent leur capitale à Andrinople, à un jet de pierre au nord de Constantinople.

Au milieu du XVe siècle, réduite à environ 40 000 habitants et dépourvue d’arrière-pays, Constantinople n’est plus qu’un petit État en relation avec les marchés d’Extrême-Orient pour le plus grand bénéfice des marchands de Venise et de Gênes qui s’yapprovisionnent en soieries chinoises. Elle ne dispose pour sa défense que de 7 000 soldats grecs et d’un détachement d’environ 700 Génois.

Cette illustration tirée d’un manuscrit français de 1455 montre le siège de Constantinople avec, à gauche, la Corne d’Or, et au fond, de gauche à droite, le détroit du Bosphore et la mer de Marmara.

Le siège de Constantinople commence en avril 1453 avec 150 000 hommes. Le basileus (empereur en grec) Constantin XI se fie aux puissantes fortifications héritées du passé pour résister aux Turcs en attendant d’hypothétiques secours. Devant ce triple cercle de murailles, le sultan Mehmet II fait appel à toutes les ressources de l’artillerie. Il dispose de pas moins de 25 à 50 grosses bombardes (canons primitifs) et de plusieurs centaines de plus petites qui vont projeter sans trêve des pierres et des boulets sur les murailles pendant plusieurs semaines d’affilée.

L’immense flotte du sultan complète le siège de la ville par le Bosphore et la mer de Marmara. Elle arrive à entrer aussi dans le chenal de la Corne d’Or.

Arrive l’aube fatale où des dizaines de milliers d’hommes ivres d’impatience entrent dans la ville. Dans la basilique Sainte-Sophie, l’empereur grec meurt, les armes à la main, au milieu de ses derniers soldats. Dès la mi-journée, le sultan peut faire son entrée dans la ville.

Les combats ont fait 4.000 morts. Selon la tradition del’époque, les vainqueurs s’offrent le droit de piller la ville, de violer et de tuer à qui mieux mieux pendant les trois jours qui suivent sa chute. Tous les habitants survivants (25 000) sont réduits en esclavage.

Le sultan Mehmet II, qui songe à faire de Constantinople sa propre capitale et veut lui conserver sa grandeur, veille à ce que les pillages ne s’éternisent pas. Il fait venir des immigrants de tout l’empire pour rendre à la cité sa splendeur antique. Il peut enfin déplacer sa capitale de la ville voisine d’Andrinople à Constantinople, bientôt rebaptisée Istamboul. Celle-ci atteindra son apogée sous le règne de Soliman II le Magnifique… Notons que jusqu’à la fin de l’empire ottoman, elle conservera une population majoritairement chrétienne.

Fin du Moyen Âge

Les historiens datent de cet événement la fin de la longue période historique appelée faute de mieux Moyen Âge. La Renaissance qui lui succède doit beaucoup aux savants et artistes byzantins qui, réfugiés en Italie, ont contribué à la redécouverte de la culture antique par les Occidentaux.

 

Défense de la laïcité ne peut se passer du respect de la loi

 

Nous devons assurer à chacun sa liberté de croire ou de ne pas croire et de pratiquer le culte de son choix. 

Ces derniers jours, deux étudiantes de confession musulmane ont été victimes d’attaques en raison de leur tenue vestimentaire, relançant l’interminable débat sur le voile. Par Mohammed Moussaoui, Président Du CFCM*

 

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Moussaoui.png.*Mohammed Moussaoui, président du Conseil Français du Culte Musulman; président de l’Union des mosquées de France

La première, Imane Boun, étudiante en communication, a lancé un compte Instagram pour proposer des idées de recettes faciles pour les étudiants. Le 11 septembre 2020, une vidéo de BFM TV présentant le site @recettes.echelon7 de l’étudiante qui portait un foulard sur la tête a été postée sur le site Internet ainsi que sur le compte Twitter de la chaîne.

Une journaliste a re-tweeté la vidéo en mentionnant « 11 septembre », faisant allusion au jour anniversaire de l’attentat des Tours Jumelles du World Trade Center à New York en 2001. Cet amalgame a suscité différentes réactions. Certaines défendant l’étudiante, d’autres relayant le message de la journaliste qui serait depuis victime d’insultes et de menaces de mort.

Vouloir établir un lien entre la tenue vestimentaire de la jeune étudiante et un attentat terroriste abject ayant fait plus de 3 000 victimes n’est pas acceptable. De même, les insultes et les menaces de mort à l’encontre de la journaliste doivent être vigoureusement condamnées et leurs auteurs poursuivis.

 

La seconde, Maryam Pougetoux, est vice-présidente en charge des questions universitaires et des questions de jeunesse du syndicat étudiant  UNEF. A l’occasion de son audition, jeudi 17 septembre 2020, par une commission parlementaire d’enquête sur la crise du Covid-19, avant même qu’elle ne prenne la parole, des députés invoquant le principe de laïcité ont quitté l’audition en raison du foulard que l’étudiante portait sur la tête.

Dans le cas d’Imane Boun, nous pourrons invoquer un manque de lucidité et de discernement de la part d’une journaliste à l’égard d’une jeune femme qui n’aspirait qu’à rendre service à ses camarades dans la gestion de leur modeste budget. Vouloir établir un lien entre la tenue vestimentaire de la jeune étudiante et un attentat terroriste abject ayant fait plus de 3 000 victimes n’est pas acceptable. De même, les insultes et les menaces de mort à l’encontre de la journaliste doivent être vigoureusement condamnées et leurs auteurs poursuivis.

Le cas de Maryam Pougetoux nous rappelle la réaction virulente des élus du Rassemblement national au Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté, le 11 octobre 2019, face à la présence d’une maman voilée accompagnatrice d’un groupe d’enfants de Belfort. Une situation qui avait alors obligé la présidente de la Région à faire un rappel à la loi : « La loi interdit les signes de discrimination dans le milieu scolaire. Elle n’interdit pas les signes de distinction dans l’espace public. »

Si nous remontons un peu plus loin, cette ignorance des lois qui régissent la laïcité, souvent doublée pour certains d’une volonté de faire disparaître le voile de l’espace public, avait aussi touché Latifa Ibn Ziaten lors d’un colloque en décembre 2015 à l’Assemblée nationale. La mère de Imad Ibn Ziaten parachutiste de l’armée française assassiné en 2012 par le terroriste de Toulouse et Montauban, avait été huée puis agressée à la sortie d’une salle de conférences par des personnes aux cris de : « Vous n’êtes pas Française (…) vous ne pouvez pas parler de la laïcité alors que vous portez un foulard, vous faites honte à la France.». Peut-on soupçonner un seul instant Mme Ibn Ziaten de soumise ou de militante au service d’une idéologie à combattre ?

Dans le cas de Maryam Pougetoux, la présidente de la commission d’enquête, Sandrine Mörch, a dû rappeler, elle aussi, le droit : « Aucune règle n’interdit le port de signes religieux pour une personne auditionnée au sein d’une commission. » Avant de poursuivre : « On vous remercie de quitter la salle, on va continuer nos entretiens sans vous, ce sera plus constructif. »

Au-delà des règlements des différentes institutions, la jurisprudence nationale et européenne en matière de laïcité a rappelé à maintes reprises que le principe de neutralité s’applique aux fonctionnaires qui incarnent l’État dans l’exercice de leurs fonctions et non aux usagers du service public. La limitation de la liberté individuelle n’est admissible qu’à condition d’être inscrite dans une base légale.  Cette limitation doit être proportionnelle aux impératifs de l’ordre public. La représentante du syndicat étudiant n’avait donc pas enfreint la loi.

De ce point de vue, les députés qui ont quitté bruyamment la salle pourraient être poursuivis pour discrimination à l’égard d’une personne en raison de sa confession, de sa tenue vestimentaire ou de ses opinions.

L’ignorance de la Loi ne saurait être une excuse valable pour des représentants de la Nation qui participent à son élaboration. Le respect de leur devoir d’exemplarité est essentiel pour notre démocratie.

Aux arguments du député Chabert qui proposait en juin 1905 une loi interdisant le port de la soutane dans l’espace public, Aristide Briand, rapporteur de la loi de décembre 1905, avait répondu :

« Au risque d’étonner l’honorable M. Chabert, je lui dirai que le silence du projet de loi (de 1905) au sujet du costume ecclésiastique qui paraît le préoccuper si fort, n’a pas été le résultat d’une omission mais bien celui d’une délibération mûrement réfléchie. Il a paru à la commission que ce serait encourir, pour un résultat plus que problématique, le reproche d’intolérance et même s’exposer à un danger plus grave encore, le ridicule que de vouloir, par une loi qui se donne pour but d’instaurer dans ce pays un régime de liberté au point de vue confessionnel, imposer aux ministres des cultes de modifier la coupe de leurs vêtements. »

Vouloir réduire l’espace de la liberté religieuse à la stricte sphère intime est contraire à la loi 1905, renforcerait le sentiment d’exclusion et doperait les rangs des radicaux.

L’arsenal juridique pour lutter contre le prosélytisme est très complet. Il faut juste l’appliquer et faire confiance aux valeurs qui animent l’immense majorité de nos concitoyens. Il convient de rappeler que selon le Conseil d’État, le port du foulard ne constitue pas, par lui-même, en l’absence de toute autre circonstance, un acte de pression ou de prosélytisme (CE, 27 novembre 1996, n° 170209, publié au recueil Lebon).

Les femmes qui ne portent pas le voile sont libres de leurs choix. Celles qui souhaitent le porter doivent pouvoir le faire en toute liberté, sans limites autres que celles prévues par la loi de la République et les impératifs de l’ordre public.

Comment les communistes ont pris le pouvoir en Chine

L’histoire mouvementée de la Chine au XXe siècle.

Née en 1912 sur les ruines d’un régime impérial séculaire, la République de Chine sombra dans le chaos dès ses premières années. Anarchie suscitée par les seigneurs de la guerre, émergence du Kuomintang et de ses chefs Sun Yat-Sen puis Tchang Kaï-chek, guerre contre le Japon, guerre civile et victoire du Parti communiste : 

Le Figaro Histoire revient sur l’histoire mouvementée de la Chine au XXe siècle.

Aidé des meilleurs spécialistes, il décrypte les mécanismes par lesquels Mao Zedong hissa au pouvoir le Parti communiste et dresse le bilan du maoïsme et de ses millions de victimes, du Grand Bond en avant à la Révolution culturelle.

Alors que les relations entre la Grèce et le Turquie ont connu un regain de tension en Méditerranée orientale, Le Figaro Histoire éclaire l’inimitié séculaire entre les deux voisins et l’attitude va-t-en guerre du président Erdogan, qui vient de retransformer Sainte-Sophie en mosquée. Côté reportage, il vous emmène visiter la stupéfiante saline d’Arc-et-Senans, conçue comme une cité utopique par l’architecte Ledoux, et vous explique les raisons du succès phénoménal des youtubeurs d’histoire, dont les chaînes inventives fleurissent sur internet.

Faudra-t-il changer de smartphone à cause de la 5G?

La nouvelle génération de téléphonie mobile va-t-elle contraindre les consommateurs à jeter leur mobile au rebut ?

Par Elsa Bembaron

Le nouveau réseau mobile 5G sera lancé en France en 2020. Mais, faut-il changer de smartphone pour profiter de l’Internet mobile en 5G ?

Les fabricants, comme Samsung, commencent à commercialiser leurs premiers terminaux 5G. Samsung / Christophe RUIZ

Le nouveau réseau mobile sera commercialisé en France en juillet 2020. Quatre opérateurs commencent déployer des antennes 5G. Ils devront suivre la feuille du route fixée par le gouvernement.

Alors que les opérateurs télécoms français vont bientôt déployer la 5G, de plus en plus de voix se font entendre pour critiquer cette nouvelle technologie. Selon ses détracteurs, la 5G va «obliger les Français à changer de smartphone». Un renouvellement massif du parc de mobiles aurait un impact désastreux sur l’environnement. Au nom de la lutte contre l’obsolescence programmée, il faudrait donc s’opposer à la 5G. Ce raisonnement tient-il vraiment ?La quasi-totalité des smart-phones actuel-lement utilisés en France ne sont pas compatibles avec la 5G. Pour autant, cela ne signifie pas qu’il faudra les jeter à la poubelle dès que le service sera lancé, bien au contraire.Rappelons tout d’abord qu’il existe une vingtaine de modèles compatibles avec la 5G actuellement commercialisés en France. Parmi les constructeurs les plus connus proposant des téléphones 5G figurent Samsung et Xiaomi. Apple ne commercialise pas encore d’iPhone 5G. Mais que signifie qu’un smartphone est 5G ?

 À chaque génération de téléphonie mobile correspondent des bandes de fréquences. La 5G fonctionnera – dans un premier temps – dans la bande dite des 3,5 GigaHertz (GHz). Un smartphone 5G est tout simplement un appareil équipé d’un modem capable de capter les ondes émises dans cette fréquence. Mais pas que… Un smartphone 5G est aussi 4G. Il est même 3G et 2G ! En fonction des réseaux disponibles, les appareils s’adaptent et vont chercher le signal.

«Lorsque nous allumerons la 5G, nous allons maintenir notre réseau 4G et même le réseau 3G», explique Fabienne Dulac, présidente d’Orange France. D’ailleurs, les quatre opérateurs mobiles français offrent un service en 3G. Autrement dit, la 4G n’a pas tué la 3G, pas plus que la 2G. Et de la même façon, la 5G ne tuera pas la 4G. «Nous estimons qu’environ 30% de nos clients utilisent encore des terminaux 3G. Pas question de les priver de nos services» ajoute Fabienne Dulac. Donc, nul besoin de jeter aux orties les smartphones actuels sous prétexte que la 5G arrive bientôt Au contraire, ils ont encore de beaux jours devant eux.

La 4G et la 3G continueront de fonctionner

À terme, il est vrai que les opérateurs pourraient couper la 3G, mais on est encore loin du compte. Quant à l’extinction de la 4G, le sujet n’est même pas abordé ! D’autant que la 5G est une technologie avant tout tournée vers des usages professionnels, voire industriels. Le grand public en bénéficiera aussi, mais ce n’est pas le premier concerné par cette technologie. Autrement dit, quand les opérateurs français lanceront la 5G, les consommateurs pourront encore utiliser leur ancien smartphone pendant de longues années.

Alors, pas besoin de changer de smartphone pour profiter de la 5G ? Si! Pour profiter de la 5G, il faudra acheter un téléphone 5G. Mais encore faut-il le vouloir. Il n’y a aucune obligation à cela. En outre, les consommateurs français changent de smartphone tous les 32 mois selon Orange. Le cycle «naturel» de renouvellement de ces appareils se traduira par un glissement progressif du parc installé vers des terminaux compatibles avec la 5G. Cela peut prendre plusieurs années. D’autant plus que les consommateurs prennent de plus en plus conscience de la nécessité de conserver plus longtemps leurs équipements électroniques. D’une part, pour des raisons économiques et d’autre part, écologiques. Ainsi «faire durer nos équipements numériques constitue le geste le plus efficace pour diminuer leurs impacts : passer de 2 à 4 ans d’usage pour une tablette ou un ordinateur améliore de 50 % son bilan environnemental», affirme l’Agence de la transition écologique (Ademe).

Il y a même une petite subtilité supplémentaire: peut-être avez-vous dans votre poche un smartphone qui est compatible avec la 5G… sans le savoir. En effet, la 5G va utiliser de nouvelles bandes de fréquences, mais elle pourra aussi s’appuyer sur des fréquences déjà employées pour la 4G et particulièrement les fréquences 700 MHz.L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 5g-carte-.jpg.

Bouygues Telecom a commencé à déployer des antennes 5G à Bordeaux et à Lyon. La 5G Orange est testée en conditions réelles à Paris, Lille, Marseille, Montpellier et Nantes. SFR est notamment présent à Nantes et à Toulouse. Dernier opérateur à se lancer dans la course à la 5G, Free se contente d’une présence à Paris. Sans trop s’avancer, on peut penser que c’est dans ces mêmes villes que la 5G sera déployée en premier.

Notons par ailleurs, que les opérateurs télécoms font des efforts croissants pour favoriser la reprise des anciens appareils. Ceux qui sont en bon état peuvent être reconditionnés, c’est-à-dire réparés pour être réutilisés. Les autres sont recyclés.

Agnès Pannier-Runacher s’appuie sur 28.000 études pour assurer que la 5G n’a «pas d’impact sur la santé»

On ne vous conseillerait pas d’en acheter un tout de suite, juste pour pouvoir utiliser le réseau 5G. D’abord, parce que ces terminaux plus perfectionnés sont logiquement plus chers que les appareils fonctionnant uniquement en 4G. Un coût qui n’est pas compatible avec tous les budgets, pour un gain limité en termes d’usages. En effet, pour le grand public, le seul véritable intérêt de la 5G, à son lancement, sera de pouvoir bénéficier de débits très conséquents, pouvant aller jusqu’à 1 Gb/s. Mais les quelques centaines de Mb/s de la 4G+ suffisent en pratique à faire face à la grande majorité des besoins des utilisateurs.

Cela risque néanmoins de se dégrader avec le temps en raison de la saturation attendue du réseau 4G dans les prochaines années. La 5G doit ainsi permettre de désengorger le réseau progressivement, à mesure qu’elle se déploie, essentiellement dans les grandes villes dans un premier temps. En attendant, inutile, donc, de se précipiter sur les smartphones 5G quand les opérateurs mobiles activeront le nouveau réseau sera activé, fin 2020 ou début 2021.. 

 

V. Benaïm à F. Corleone : « Tu n’es qu’une m.rde »

Quand on touche à un noir, un juif ou à musulman, on touche à l’Humanité !

17 SEPTEMBRE 2020 À 21H25

Ce 17 septembre, sur le plateau de TPMP, les chroniqueurs de Cyril Hanouna ont réagi à l’affaire Freeze Corleone. Particulièrement émue, Valérie Bénaïm s’est directement adressée au rappeur.

 

Ce jeudi 17 septembre, le rappeur Freeze Corleone est visé par une enquête pour « provocation à la haine raciale » et « injure à caractère raciste » dans ses clips et ses textes. Tandis que Gérald Darmanin, ministre de l’intérieur l’a accusé « d’apologie du nazisme et d’antisémitisme« , pendant ce temps, sur le plateau de Touche pas à mon poste, c’est Valérie Bénaïm qui a souhaité prendre la parole, pour répondre à « ces immondices ».

« Tu n’es qu’une merde »

Elle qui a lu les déclarations de Freeze Corleone –  « Killu à vie, fuck un Rothschild, fuck un Rockefeller. Moi j’arrive déterminé comme Adolf dans les années 30 », « Gros comme des banquiers suisses. Tout pour la famille, pour que mes enfants vivent comme des rentiers juifs » « On arrive dans des Allemandes comme des SS », « Tous les jours RAF de la Shoah », « Killu à vie, Seigneur de guerre comme le mollah Omar » – était très émue, ce jeudi soir.

Elle a expliqué aux fanzouzes : « Je vais essayer d’être très calme et de poser mon propos parce que moi les textes de ce garçon me touchent au coeur parce que je suis juive, donc il parle de ma communauté« . Et d’ajouter que tout le monde était concerné par cet acte odieux : « parce que quand on touche à un noir, à un juif, à un musulman, on touche à l’humanité » dit-elle

Face à l’hostilité et l’obsession du rappeur, Valérie Bénaïm a répliqué : « je pense que ce type là est abjecte. Je lui dis dans les yeux, tu n’es qu’une merde. Pardon parce que je suis un peu émue » dit-elle aussi.

Valérie Bénaïm appelle à ne « pas céder à l’émotion »

En réponse à la polémique, la chroniqueuse et animatrice de C8 a toutefois estimé qu’il ne fallait « pas céder à l’émotion ». Elle s’est déclarée contre la censure avant de rappeler aussi que dans le cas de Freeze Corleone, il ne s’agit pas d’une pensée mais bien d’un délit. En effet, selon la loi no 90-615 du 13 juillet 1990,  tout acte raciste, antisémite ou xénophobe est réprimé en ce sens.

Avant d’être applaudie par le public et les chroniqueurs, Valérie Bénaïm a conclu en appelant la justice à faire son travail. Elle a assuré :  « Moi je veux qu’on soit dans un état de droit, qu’on soit dans une République ».

 

La radicalisation djihadiste est-elle une «dérive sectaire» ?

Les phénomènes d’emprise et de manipulation mentale ne sont pas spécifiques à l’islamisme. 

Si le djihadisme est une dérive meurtrière de l’islam, l’étude des processus de radicalisation décrit aussi des phénomènes d’emprise, d’isolement et de manipulation mentale qui ne sont pas spécifiques à l’islamisme et existent de tout temps dans les grandes sectes religieuses.

 «Comment vous sentez-vous à l’idée que vous partagez avec les suspects arrêtés par le FBI la même foi?», demanda un journaliste, après les attentats du 11-Septembre, au boxeur américain Cassius Clay, converti à l’islam sous le nom de Mohamed Ali.

«Et vous,rétorqua-t-il, comment vous sentez-vous à l’idée qu’Hitler partageait la vôtre?»

Réponse lapidaire et scandaleuse. Mais elle revient à l’esprit face à l’injonction de justification qui pèse à nouveau, depuis les attentats du 13 novembre, sur les musulmans dits «modérés», sommés de s’expliquer, de prendre la parole et de condamner leurs correligionnaires «radicaux». A tort ou à raison, le musulman «modéré» se sent tenu pour coresponsable d’actes commis et de discours prononcés au nom de l’islam par tous ceux qui, sur la planète, se revendiquent de cette religion. Son silence est diagnostiqué au mieux comme irresponsable, au pire comme complice. 

Sans doute faut-il se réjouir des condamnations, plus fermes et plus fréquentes, entendues chez les responsables musulmans modérés, depuis les exactions de Daech en Syrie et en Irak et les premiers attentats de Paris en janvier 2015. Mais on ne manquera pas de s’étonner aussi devant le paradoxe suivant: ce sont souvent les mêmes qui accusent l’islam de «communautarisme» et exigent des musulmans qu’ils se présentent et s’expriment tous comme une collectivité unique. C’est la reproduction du stéréotype qui présente les «musulmans» comme une totalité homogène. Un stéréotype qui est un déni de la réalité de l’islam, qui ne rend pas compte de la variété de ses courants, de ses écoles, de ses racines, de ses cultures. L’islam est beaucoup plus divers que la construction qu’en proposent souvent les médias.

Pour combattre cette pensée unique sur l’islam, de plus en plus d’observateurs s’emploient aujourd’hui à démontrer que si le djihadisme relève d’un appareil idéologique et politique bien identifié à l’islam sur les champs de bataille du Moyen-Orient, il ressemble aussi aux dérives de type «sectaire», de celles qui, dans les années 1970-1990, avaient défrayé la chronique. Des dérives bien connues, étudiées par la justice et les pouvoirs publics depuis les grandes tragédies de l’Ordre du temple solaire (avec sa vague de suicides en France en 1994) ou les multiples scandales de l’Eglise de scientologie.

Ainsi, une anthropologue comme Dounia Bouzar, qui a fondé en 2014 un Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam, écrit dans un livre intitulé Ces dérives qui défigurent l’islam(L’Atelier, 2014) que «la seule façon d’affaiblir les radicaux consiste à leur ôter leur justification qui est l’islam». Pour cette scientifique musulmane, loin d’être un retour à l’islam authentique, les sectes djihadistes sont en rupture avec l’islam. Elles appartiennent à un courant religieux spécifique, indépendant d’une grande tradition religieuse. Il faut cesser de penser, dit-elle, que même si ce sont de «mauvais» musulmans, ce sont des musulmans quand même!

Le sociologue relève aussi que ce n’est pas une connaissance effective de l’islam qui conduit au djihadisme. C’est au contraire une inculture profonde qui y mène.

Une application qui remonte au 11-Septembre. L’application au djihadisme de ce modèle de la «dérive sectaire», bien connu des spécialistes critiques des «nouveaux mouvements religieux» et autres organisations de lutte contre les sectes, remonte aux attentats du 11-Septembre aux Etats-Unis. Depuis, l’analogie n’a fait que progresser. Ainsi dit-on de plus en plus souvent que l’organisation terroriste fonctionne «comme une secte».

Et, en effet, dans tous les processus de radicalisation islamique étudiés par les spécialistes, on retrouve des mécanismes bien connus en dehors du champ de l’islam, identifiés et dénoncés depuis trente ans dans l’analyse des mouvements sectaires: manipulation mentale; lavage de cerveau; rupture avec l’environnement scolaire, familial, amical; endoctrinement par internet; embrigadement de jeunes et d’enfants; discours antisocial; troubles à l’ordre public; lourd passé judiciaire; mise en place de grosses sommes d’argent; détournement de circuits économiques; tentatives d’infiltration, etc.

Dans un livre paru sous le titre Radicalisation (La Maison des sciences de l’Homme, 2014), le sociologue Farhad Khosrokhavar, spécialiste de l’islam des prisons, décrit en détail la «dérive sectaire»des groupuscules djihadistes. Ils possèdent en commun, dit-il, «une identité forte opposée à celle de la société globale», ainsi qu’une identification à une communauté imaginaire qui est la «néo-oumma chaleureuse et mythiquement homogène». L’individu, qui se perçoit comme «humilié», «victimisé», devient l’ennemi de la société au nom de la «religion des opprimés». Peu importe la part de la réalité et celle de l’imaginaire, les perceptions priment et cette construction justifie la radicalisation.

Le sociologue relève aussi que ce n’est pas une connaissance effective de l’islam qui conduit au djihadisme. C’est au contraire une inculture profonde qui y mène. Il raconte l’histoire de ces apprentis djihadistes de Birmingham qui, pour se préparer à leur départ en Syrie, avaient téléchargé des textes djihadistes en ligne, mais aussi acheté L’islam pour les nulsou Le Coran pour les nuls! Pour Fahrad Khosrokhavar, ce sont le plus souvent des frustrations non religieuses qui se traduisent dans un répertoire religieux. Pour ceux qui ont suivi des parcours de délinquants avant d’embrasser le djihadisme, un islam ainsi mythifié «autorise la généralisation de la violence à la société entière». Une violence qui devient «la voie royale de la réalisation de soi, en tant que chevalier de la foi contre un monde impie».

 

Spécialiste des sectes, le Suisse Jean-François Mayer note aussi, dans son blog Religioscope, que le conflit en Syrie, accompagné du départ de volontaires étrangers, souvent très jeunes, pour combattre avec des groupes djihadistes, confirme le modèle explicatif des dérives sectaires. La radicalisation est très rapide et les familles sont sous le choc, écrit-il. Il établit un parallèle avec la stupéfaction des parents et proches des jeunes adhérents d’une secte dans les années 1970 et 1980. «Il n’est pas étonnant,écrit Jean-François Mayer, qu’une grille explicative déjà disponible se trouve reprise et appliquée à ces conversions au djihadisme, qui peuvent être le fait de jeunes issus de milieux musulmans, mais aussi de personnes sans arrière-plan musulman, et embrassant à la fois l’islam et, peu de temps après, le djihadisme. Une nouvelle génération d’aspirants djihadistes émerge, parmi lesquels se trouvent de potentielles recrues très jeunes et pour lesquels les réseaux sociaux jouent un rôle crucial.»

Distinguer religion et secte

Mais l’amalgame entre le terrorisme djihadiste et les dérives sectaires n’est pas complètement pertinent. «On risque de tout embrouiller si l’on ne considère pas séparément les sectes et le grand terrorisme international, et ceci, bien que des modes de fonctionnement puissent être identiques», dit la principale organisation française de lutte contre les sectes, l’Union de défense de la famille et de l’individu. Tout en ajoutant qu’au nom du respect des libertés, les États ont trop peu réagi, dans le passé, aux dérives qui se justifiaient par des prétextes religieux et que cela a fait le jeu des grandes sectes internationales autant que du terrorisme islamique.

Pour le Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam qu’elle a créé, Dounia Bouzar reprend une démarche proche de celle qu’avaient adoptée les familles éprouvées par l’adhésion de leurs proches à des sectes: prévention, accompagnement des proches de victimes et formation d’intervenants sociaux. «Notre posture repose sur une approche psychosociale qui consiste,dit-elle,à interroger les mécanismes d’emprise mentale et les conditions environnementales dans lesquelles cette emprise a pu s’opérer pour faire basculer le jeune dans l’islam radical.»

Elle a raison de distinguer entre «religion» et «secte». C’est ce qu’a toujours tendu aussi à faire la critique des sectes. «Secte» vient du mot «couper». «Religion» vient de «relier, accueillir». Pour ma part, disait Dounia Bouzar dans une interview à Saphir News de mars 2014, «je regarde l’effet du discours religieux: dès qu’il permet de mettre en place une relation avec Dieu qui lui permet de trouver son chemin et de vivre dans un espace avec les autres, c’est de la religion. Si l’effet du discours mène, au contraire, la personne à s’autoexclure et à exclure tous ceux qui ne sont pas exactement comme elle, on est dans l’effet sectaire». C’est une bonne clé de lecture des péhnomènes récents de radicalisation religieuse.   Henri Tincq