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Comment Sefrioui, radicalisé notoire, catalyse les haines sur le sol français

Il est un des acteurs clés du drame

Suivi par les services de renseignement depuis des années, cet islamiste radical, imam autoproclamé, est un des acteurs clés du drame qui a conduit à la décapitation de Samuel Paty.

Abdelhakim Sefrioui derrière le portrait du Cheikh Yassine, le 9 août 2014, à Paris, lors d’une manifestation anti-israélienne. 

Quel que soit son sort judi-ciaire à l’issue de sa garde à vue, Abdelhakim Sefrioui est un des ac-teurs clés du drame d’Éragny. C’est lui qui, soutenant le père d’une des élèves du collège où enseignait Samuel Paty, a diffusé des messages vindicatifs. Dénonçant un acte «abject», il y demande «la suspension immédiate de ce voyou (Samuel Paty)», dénonce le comportement «irresponsable et agressif» du professeur, conséquence selon lui de «l’appel du président de la République à haïr les musulmans». «Ça fait cinq-six ans, explique-t-il, que des enfants de 12-13 ans, des musulmans, sont choqués, sont agressés, sont humiliés devant leurs camarades.» Par

Prononcé au nom d’un «Conseil des imams de France», organe confidentiel qui tient à prendre ses distances avec Sefrioui, ces diatribes ne risquaient pas de passer inaperçues. Né en 1959 au Maroc, devenu Français après son mariage avec une convertie qui milite avec lui, l’homme est un vieux briscard de l’islamisme. Il est fiché S, inscrit au FSPRT – le fichier des radicalisés – et sa «carrière» d’extrémiste est impressionnante: imam autoproclamé, responsable d’une librairie islamique, activiste antisioniste aux franges de l’antisémitisme. Un palmarès qui lui a valu d’être ciblé par les services de police et de renseignement. Sans qu’ils aient jamais pu réussir, visiblement, à le déchoir de sa nationalité française ou à le mettre en cause dans une procédure judiciaire.

L’homme se fait connaître dès les années 2000. Il est alors président de l’Association culturelle des musulmans des Ulis (Essonne) et commence à suivre une stratégie qu’il n’abandonnera jamais. En 2004-2005, il mobilise dans la rue pour un agrandissement de la mosquée des Ulis mais il est aussi actif dans le 18e arrondissement de Paris autour de la mosquée de la rue Jean-Pierre-Timbaud, alors estampillée radicale par les renseignements généraux et surveillée comme telle. En 2004, il fonde le collectif Cheikh-Yassine (le fondateur du Hamas tué par l’armée israélienne la même année). Il y développe une thématique anti-israélienne, antisioniste, avec de forts relents antisémites. À la même époque, il prend pour cible l’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, jugé trop proche de la communauté juive, et vise aussi le recteur de la grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur. Il continuera à s’en prendre à ces deux responsables dans les années suivantes. En 2010, il est placé en garde à vue alors qu’il harcèle l’imam Chalghoumi une nouvelle fois pour ses liens avec la communauté juive mais aussi pour son soutien à la loi contre le voile intégral. Il tente en réalité de déstabiliser le religieux et de l’évincer de Drancy. Ce qu’il ne parviendra pas à faire. En revanche, il en profite pour mobiliser contre la loi de 2010, à laquelle il est bien sûr farouchement opposé, comme d’ailleurs à la loi sur le voile à l’école de 2004.

En 2006, l’activisme antisioniste de ce religieux autoproclamé le conduit à soutenir la candidature avortée de Dieudonné à la présidentielle. En 2009 puis en 2014, le collectif Cheikh-Yassine se distingue dans les manifestations anti-israéliennes organisées en France. En 2009, il est brièvement interpellé à Paris dans le cadre d’une manifestation non autorisée. Cinq ans plus tard, il participe aux défilés parisiens au cours desquels des appels clairement antisémites sont entendus. Mais le collectif Cheikh-Yassine, groupuscule réunissant quelques dizaines de militants, peut toutefois continuer ses activités sans plus de problème. Au fil des ans, Abdelhakim Sefrioui est ainsi devenu une petite figure de l’islam radical. Il a pris des airs d’électron libre de cette tendance, élargissant son influence par son antisionisme apprécié à l’extrême gauche et restant à l’affût de toute cause lui permettant de défendre sa thèse d’une France persécutant les musulmans. C’est par ce biais qu’il en vient à soutenir Brahim Chnina et à relayer la «colère» de ce parent d’élève contre le «voyou» Samuel Paty.

Comment, sans même évoquer sa responsabilité présumée, directe ou indirecte, dans le drame, un individu aussi identifié a-t-il pu continuer à agir des années durant? D’abord parce que son statut de fiché S et d’inscrit au FSPRT n’entraîne pas une surveillance permanente. Même si ses vidéos et ses propos ne sont pas passés inaperçus pour les services de renseignement. Ensuite parce que les velléités de l’État de s’en prendre à lui, en engageant une procédure de déchéance de nationalité, en interdisant les activités du collectif Cheikh-Yassine, n’ont pas abouti faute de fondements juridiques ou de volontés politiques. Avec une question à la clé: que se passera-t-il si, demain, Abdelhakim Sefrioui est libéré sans qu’aucune charge soit retenue contre lui? Une hypothèse que n’écarte pas un expert qui ajoute que, dans le cadre du projet de loi sur le séparatisme, des solutions juridiques, comme une modification de l’association de malfaiteurs, pourraient être apportées à une telle situation. «Dans ce cas précis, note un haut fonctionnaire, la liberté d’opinion sur les réseaux sociaux, liberté dévoyée, a abouti à une décapitation. Et il faut en tirer les conclusions.» En attendant, il est probable qu’Abdelhakim Sefrioui puisse poursuivre ses activités.

Ce site est destiné à être, rapidement, privé.

Le service fonctionnera à l’identique des journaux.

Ce site : https://education-citoyenneteetderives.fr est visité par 205 000 personnes, à la date du 15 août 2020. Le 18 octobre 2020, nous avons enregistré 237 035 personnes (à midi).

Du 15 aout 2020 au 18 octobre 2020 soit 64 jours nous avons enregistré :    237 035 – 205 000 = 32 035 personnes soit : 32 035 : 64 = 500,5 par jour

Une seule personne s’est fait connaitre mais avec un nom d’emprunt. Dans un proche avenir, nous n’écrirons plus pour des personnes que nous ne connaissons pas. Ce site  deviendra privé.

Pour les personnes intéressées, le service fonctionnera à l’identique des journaux.

Toute demande particulière sera étudiée.

Nous tiendrons compte de toutes les réactions : benabadji@orange.fr 

 

 

 

 

 

Hommage à l’enseignant décapité, Samuel Paty.

 

Toutes mes pensées à la famille de Samuel Paty

Père de famille, âgé de 47 ans et professeur au collège du Bois d’Aulne dans les Yvelines, il était très investi et enseignait la liberté d’expression à ses élèves en cours d’éducation civique. Il a été tué ce vendredi 16 octobre à la sortie de son collège.

Ses élèves se souviennent de lui comme étant un professeur « à fond dans son métier », « qu’il aimait beaucoup ». Samuel Paty, enseignant d’histoire-géographie au collège du Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) est mort, décapité à la sortie de son établissement par un jeune radicalisé de 18 ans. 

En tant que référent des aumôniers musulmans des hôpitaux de Chambéry – Aix les Bains et de Bassens j’exprime mon horreur face à cet assassinat et adresse mes pensées à ses proches, ses collègues, ses élèves, sa famille. La douleur de perdre un proche, un professeur, un collègue est insupportable, particulièrement dans de telles conditions. 
Dès l’annonce d’une telle conflagration, on tempête toujours la sempiternelle remarque : « les musulmans ne font rien! »

Samuel Paty, professeur de 47 ans assassiné vendredi à la sortie du collège où il exerçait était fortement investi dans sa mission de transmettre la liberté d’expression à ses élèves.

Notre groupe a développé des thèses sur le plan Informations/Prévention sur les dérives sectaires de l’islamisme et créé des outils de formation à la laïcité et au Fait Religieux (Panneaux et diaporamas). Cette islam violent irrigue quotidiennement les associations et les personnes qui gravitent dans la nébuleuse des Frères musulmans qui, eux, prônent un islam politique, intégral et favorisent le fondamentalisme avec le Wahhabisme, le Salafisme et le Tabligh… 

Les djihadistes n’ont plus de territoires actuellement, mais ils gardent un patrimoine de haine intacte. On parle de plusieurs milliers de cellules dormantes qui pourraient constituer une menace pendant des décennies dans notre société française ! 

Depuis trente ans, les dérives islamistes s’attaquent insidieusement aux valeurs de la République, amenant la société à piétiner ses principes, notamment la laïcité et l’égalité hommes-femmes. 

Il s’agit aussi de financer des mosquées/centres culturels, lieux de vie pour une partie de la communauté musulmane conformément aux préceptes d’Hassan Al-Banna, le fondateur de la confrérie des Frères musulmans.

L’objectif des islamistes, serait-il  « de salafiser » les musulmans qui y vivent et aussi  « d’islamiser » les populations non musulmanes ? C’est ce qu’ils prétendent et parfois, clament, comme ils l’ont fait à Molenbeek en Belgique, d’où sont partis les tueurs du Bataclan ! 

Encore une fois, la prévention et la lutte contre les dérives sectaires nécessitent une action soutenue et protégée. 

Madame Taubira, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, entourée de trois collaboratrices, lors de la réception à Paris le 6 janvier 2015 et le lendemain, nous avons subi le massacre de Charlie Hebdo…une prémonition ?! Non, ils n’ont aucun obstacle, le bon sens indique ainsi à tous les profanes, que la violence va arriver, et qu’il n’y a pas de raison pour qu’ils s’arrêtent. C’est comme si on les y encourage. 

« Dès qu’il s’agit de radicalisationon nous demande de prêter attention aux signaux faibles et de remonter toutes les informations, mais rien n’est fait »

Les islamistes ont déjà noyauté le service public, sur le terrain hospitalier, une présence plus importante du religieux chez le personnel soignant. « Les religieux ont, à présent, clairement infiltré l’univers de la santé,

Il faut aussi s’intéresser aux chiffres : 40 % des musulmans placent les valeurs religieuses au-dessus de celles de la République et 21 % des moins de 25 ans ne condamnent pas les tueries. Il y a un grand travail à faire sur la plan civique et civil. Le musulman à peur d’être moins musulman, or, il ne s’agit que de le conforter dans sa croyance, mais dans le cadre strictement personnel. On n’interdit pas aux musulmans de croire, par contre, on interdit l’islam politique, fondamentaliste, wahhabite, salafiste…tout cela enrobé par les fameux frères musulmans…qui conduisent à la violence. 

Notre pays fait face à cette croisade d’infiltration et de violence, menée de l’intérieur depuis près de trente ans.

« On ne peut pas renoncer, et là, il ne faut pas lâcher. Ces territoires ont besoin de colonnes vertébrales républicaines pour les accompagner et les sortir de l’influence islamiste présente dans ces quartiers et nous nous devons d’être un rempart contre l’islamisme.» Mais les autorités et le gouvernement sont trop frileux et hésitent encore à agir. Sur ces questions, il faut être ferme sans craindre les procès en discrimination.  » Aujourd’hui, il y a péril en la demeure.»

Il s’agit de s’attaquer à l’entrisme islamiste avec fermeté. Nous sommes confrontés à des gens qui refusent le mode d’organisation de notre pays et si notre République n’est pas capable de mettre des limites, il faudra s’en prendre qu’à nous même, parce qu’on aura, dangereusement, bâtit un grand risque d’affrontement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Adrien Candiard : « Il faut prendre au sérieux le discours fanatique »

C’est très précisément ce qu’on appelle l’idolâtrie.

Dans son nouvel essai, ce frère dominicain, islamologue reconnu, explore les racines du fanatisme religieux, en particulier musulman. Propos recueillis par Jérôme Cordelier

Ce trentenaire est sans doute l’essayiste catholique le plus vif de notre époque. Le dominicain Adrien Candiard vit et travaille à l’Institut dominicain des études orientales (Ideo), fondé au Caire par les frères en 1928, d’où il nous fait parvenir à intervalles très réguliers des textes spirituels qui éclairent nos problématiques contemporaines. Depuis plusieurs années, Adrien Candiard étudie les manuscrits de l’islam médiéval, en particulier les écrits d’Ibn Taymiyya, penseur du XIVe siècle auquel se réfèrent de nos jours encore les musulmans radicaux.  

Le fanatisme trahit la religion qu’il prétend servir, analyse Adrien Candiard. Selon l’islamologue et frère dominicain, l’approche psychologique ou sociologique du fanatisme est incomplète sans une lecture théologique, qui considère le fanatisme comme une «maladie de la religion».

Dominicain vivant au couvent du Caire, Adrien Candiard est notamment l’auteur de Veilleur, où en est la nuit?, Comprendre l’islam, ou plutôt: pourquoi on n’y comprend rien, et Quand tu étais sous le figuier. Il vient de publier Du fanatisme, Quand la religion est malade (Ed du Cerf).

On pensait ouvrir un essai sur le terrorisme religieux et l’on referme en réalité un petit traité de théologie, s’achevant même sur un plaidoyer en faveur de la prière. Y a-t-il duperie sur la marchandise?

La duperie supposerait une intention machiavélique, alors qu’en un sens, j’ai été le premier surpris d’en arriver là! Mon intention était de comprendre, avec mes ressources qui sont à la fois celle d’un chrétien et d’un islamologue, un phénomène assez perturbant pour tous les croyants: comment la croyance en Dieu, qui devrait nous rendre meilleurs, pousse-t-elle certains à des actions condamnables, voire terrifiantes?

Or il me semble qu’il faut parfois jeter un coup d’œil religieux aux problèmes religieux. C’est ce que j’ai essayé de faire ici.

En traitant la question du fanatisme sous son aspect théologique, vous le décrivez comme une «maladie de la religion». Cette hypothèse rend-elle inopérantes les explications culturelles, psychologiques, sociologiques… qui cherchent à rendre compte du fanatisme?

Le fanatisme est un phénomène complexe et multiforme, dont je ne prétends pas faire le tour en un livre de cent pages. Les approches psychologiques ou sociologiques de ces phénomènes me semblent à la fois utiles et, à elles seules, incomplètes, parce qu’elles refusent par méthode de prendre en compte le discours religieux du fanatique, et singulièrement ce qu’il dit de Dieu. Or c’est justement dans ce discours sur Dieu que se trouve, à mon sens, une clef essentielle du phénomène.

Le fanatisme religieux procède selon vous d’une «théologie dont Dieu est absent». N’est-ce pas paradoxal, alors que le principal indice permettant de penser qu’un attentat a été commis par un fanatique est que celui-ci ait hurlé, en commettant son crime, le nom de Dieu?

Le fanatisme prend des formes très différentes, et ne saurait se résumer au seul terrorisme. Qu’ont de commun un Philippin qui se fait crucifier le vendredi saint et un taliban qui planifie un attentat? Il me semble que ce qui fonde toujours le fanatisme, c’est toujours une forme d’idolâtrie, où Dieu (qu’on prétend bien sûr toujours adorer) est remplacé par autre chose. Dans le cas du fanatisme religieux, on remplace Dieu par quelque chose qui touche à Dieu, qui vient de lui: ses commandements, sa révélation, la liturgie…

Et quand le fanatisme se sécularise, on le remplace par la race, la classe, la nation, le progrès. La version religieuse est plus subtile, parce que le fanatique a Dieu plein la bouche, mais en réalité, il adore autre chose. Il considère comme absolu quelque chose qui, n’étant pas Dieu, est nécessairement relatif. C’est très précisément ce qu’on appelle l’idolâtrie.

En dénonçant l’idolâtrie des fanatiques, vous dites que l’on peut confondre Dieu avec sa Parole, ses commandements, le culte qui lui est dû… Toutes choses qui, pourtant, sont des modes par lesquels Dieu se fait connaître et se laisse toucher par les hommes! Si l’on retire de Dieu tout ce qui nous est perceptible, tout ce qui nous parle de Lui, que reste-t-il de Dieu?

Catholique, religieux, prêtre, je crois plus que quiconque à la nécessité des médiations. Je crois que Dieu nous a donné la Bible, les sacrements, l’Église, par exemple, comme moyens d’aller vers lui. Comme moyens, ils sont excellents ; mais l’idolâtrie consiste à prendre pour Dieu les moyens d’aller vers Dieu.

Cette purification progressive, qui demande forcément du temps, c’est justement ce qu’on appelle la vie spirituelle: c’est elle qui, en mettant chaque chose à sa place, nous permet d’aimer Dieu pour lui-même, sans nous arrêter en route. Il ne s’agit pas de se priver de Dieu, mais au contraire d’aller vraiment vers lui!

Une société laïque doit-elle s’intéresser au discours théologique qui motive le fanatisme religieux? Après tout, la foi des terroristes ne l’intéresse pas, si?

La laïcité des institutions n’implique pas nécessairement l’aveuglement collectif sur les sujets religieux! Je crains au contraire qu’en faisant sortir les questions religieuses de la raison commune, en les considérant comme des sujets dont on ne peut discuter, on ne favorise au contraire les formes religieuses les plus bêtes ou les plus dangereuses — qui sont souvent les mêmes.

L’imaginaire de l’islam des origines (semble) offrir plus de disponibilité à un usage violent que les textes et l’imaginaire du christianisme primitif

Le défi de notre société n’est pas de masquer les différences religieuses, mais de permettre à des citoyens aux convictions religieuses très différentes de se parler sans se déchirer.

Vous traitez de tous les fanatismes et pas seulement du salafisme qui motive le terrorisme islamiste auquel nous faisons face. Sont-ils tous comparables? L’humoriste Gaspard Proust avait eu ce bon mot: «Un chrétien intégriste qui applique le Nouveau Testament à la lettre, c’est un mec qui se met à embrasser tout le monde dans la rue»… En d’autres termes, l’islam et le Coran n’offrent-ils pas davantage de prises à une lecture fanatique que les autres religions?

Les textes et surtout l’imaginaire de l’islam des origines me paraissent effectivement offrir plus de disponibilité à un usage violent que les textes et l’imaginaire du christianisme primitif. Il n’en est que plus frappant de constater que, dans l’histoire, des chrétiens ont pu s’en réclamer pour justifier des comportements fanatiques violents — à commencer par les guerres de religion du XVIe siècle européen, d’une férocité inouïe.

Cela nous montre qu’il y a une grande naïveté à penser que les comportements religieux ne sont que la conséquence mécanique des textes fondateurs. C’est un peu plus complexe, et un peu plus intéressant.

Pour qu’une lecture théologique s’impose sur une autre, et fasse échec en particulier aux dérives fanatiques, il faut que ce discours fasse autorité. Avez-vous bon espoir que le fanatisme musulman qui aujourd’hui ensanglante chaque semaine un peu plus l’actualité connaisse un reflux? Comment cela se pourra-t-il, et à quelles conditions?

La crise que traverse l’islam contemporain, et dont les actes terroristes que nous connaissons sont l’expression la plus visible, n’a pas une cause unique, et je ne me risquerai pas à faire des prophéties sur son évolution. L’histoire nous enseigne cependant deux choses.

D’une part, cette crise correspond à un moment historique donné, et ne se déduit pas d’une quelconque «essence de l’islam», ce qui serait désespérant. Et d’autre part, les événements spirituels — comme ceux qui pourraient permettre de sortir de cette crise — sont toujours imprévisibles.

Mais je connais assez de musulmans conscients des enjeux, et d’une spiritualité authentique et profonde, pour avoir des raisons d’espérer!

 

Le fanatisme religieux, marque de l’absence de Dieu

Religieux et islamologue, le frère Adrien Candiard se penche sur la question délicate de la violence commise au nom de Dieu. 

Il existe mille façons d’esquiver la question complexe, douloureuse même pour un croyant, de la violence commise au nom de Dieu. Invité début janvier à donner une conférence chez ses frères dominicains de Lyon, le frère Adrien Candiard a au contraire choisi de s’y confronter : ce petit livre offre une version enrichie du texte de sa réflexion. Anne-Bénédicte Hoffner,

Il n’est, certes, pas le seul à reconnaître une certaine « urgence » au sujet : les journaux, y compris La Croix, sont les témoins plus que réguliers des exactions commises aux quatre coins de la planète par des croyants dévoués, ou qui du moins se considèrent comme tels. Mais ce jeune dominicain, déjà auteur du précieux Comprendre l’islam. Ou plutôt : pourquoi on n’y comprend rien (Flammarion, 2016) et de la pièce Pierre et Mohamed (Cerf et Tallandier, 2018), a le mérite de tenter d’en cerner les contours, les racines, les motivations. Acceptant même, pour une fois, de faire dialoguer en lui « le religieux et l’islamologue ».

À l’écoute des discours contemporains

Pour entamer sa réflexion, Adrien Candiard se met à l’écoute des discours contemporains sur le sujet, sur ces « fous de Dieu » dont le procès des assassins de Charlie Hebdo nous offre ces jours-ci un glaçant témoignage. Pas à pas, il remonte le fil de ces qualificatifs puisés dans le registre médical, voire psychiatrique : une approche utile, à ses yeux, mais insuffisante.

« Le comportement fanatique n’est pas seulement le produit de traumas psychologiques ou de la relégation sociale : le fanatisme est aussi le fruit, parfois assez direct, de certaines théologies, de certaines conceptions de Dieu et de notre capacité à le connaître », affirme-t-il, laissant la place au croyant et au théologien en lui pour ouvrir une autre piste : celle de l’« idolâtrie ».

Remettre Dieu à sa place

« Le fanatisme n’est pas la conséquence d’une présence excessive de Dieu mais au contraire la marque de son absence », avance le dominicain. « La place laissée vide par cette absence n’est pas laissée vacante bien longtemps : elle est vite occupée par autre chose. » Selon leur religion (ou le courant à l’intérieur de celle-ci), certains remplaceront Dieu par ses « commandements », sa « Loi ». D’autres par des versets bibliques, par la liturgie, d’autres encore par des figures charismatiques érigées en « saints », une confusion dont « nous connaissons désormais les conséquences terrifiantes », écrit Adrien Candiard.

À chacun de trouver le moyen – accompagnement spirituel, formation théologique, prière, dialogue interreligieux – de remettre Dieu à la place qui lui revient, et à lui seul. La dédicace de ce petit livre – adressée aux membres chrétiens et musulmans du groupe Théologie en dialogue – dit magnifiquement ce que nous pouvons gagner à faire ce chemin à plusieurs.

Greta Thunberg appelle à voter Joe Biden le 3 novembre

L’appel de la militante suédoise n’est pas très surprenant.

«Votez Biden.» La militante suédoise Greta Thunberg, figure du mouvement international de jeunes pour le climat «Fridays for Future», a appelé samedi 10 octobre les Américains à voter pour le candidat démocrate Joe Biden face à Donald Trump le 3 novembre. «Je ne m’engage jamais dans la politique des partis. Mais la prochaine élection américaine est au-dessus et au-delà de tout ça», a écrit l’adolescente de 17 ans sur son compte Twitter.

Greta Thunberg à Denver. (Le 11 octobre 2019.) Marc Piscotty / AFP

«Du point de vue du climat c’est loin d’être suffisant et beaucoup d’entre vous défendiez bien sûr d’autres candi-dats. Mais enfin… vous savez… bon sang ! Organisez-vous juste et faites que tout le monde vote #Biden.»

Au vu des positions climatosceptiques du président américain, l’appel de la militante suédoise n’est pas très surprenant. Mi-septembre, alors que la Californie était en proie à des incendies historiques, Donald Trump affirmait à propos du changement climatique : «Ça finira par se refroidir.» Des propos aussitôt condamnés par Joe Biden qui avait qualifié le locataire de la Maison-Blanche de «pyromane du climat».

En vidéo, Greta Thunberg, l’activiste écolo qui inspire des milliers de jeunes

 
Greta Thunberg, l’activiste écolo qui inspire des milliers de jeunes

Greta Thunberg manifeste devant le Parlement suédois. (Stockholm, le 9 octobre 2020.) Jonathan Nackstrand / AFP

 

De son côté, Joe Biden a eu lui des mots élogieux sur Greta Thunberg, figure de proue de la «génération climat». En avril, le candidat démocrate avait salué son action, assurant écouter les aspirations de la jeunesse en matière d’écologie.

Le mois dernier, la publication scientifique américaine Scientific American a elle aussi appelé à voter pour Joe Biden le 3 novembre. Une première prise de position partisane en près de deux siècles d’histoire, éreintant Donald Trump pour son rejet de la science et son «déni» du changement climatique. Un appel renouvelé vendredi dans un nouvel éditorial, relayé par Greta Thunberg dans son tweet.