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5 – La radicalisation violente et son processus

Une abjection islamiste au XXIe siècle.

5ème chapitre du prochain ouvrage qui devrait être édité

A près l’AVANT-PROPOS, l’INTRODUCTIONNAISSANCE DE DAESH, L’HOMME QUI A «INVENTE» LE DJIHADISME EST MORT IL Y A 50 ANS, QUI SONT-ILS, ET POURQUOI ILS DETESTENT LA FRANCE, EN PARTICULIER ?

QUI SONT-ILS, ET POURQUOI ILS DETESTENT LA FRANCE, EN PARTICULIER ?

DAESH est l’acronyme arabe signifiant : « Etat Islamique ». Terme réfuté, en fait, car il ne s’agit pas d’un état en tant que tel, mais d’un groupe, né en 2003, suite à l’intervention des américains en Irak. Le 11 septembre, les Etats Unis sont la proie d’attaques aériennes. Le Pentagone et la Maison Blanche sont visés. Les tours du World Trade Center se désagrègent. Le monde découvre, avec effroi, le terrorisme. Les troupes américaines chassent, à l’époque, Oussama Ben Laden, Al Qaïda et s’attaquent à Saddam Hussein … puis ils quittent le pays, l’Irak en décembre 2001. La genèse de la fondation de Daesh nous éclaire sur ce que l’Occident nous cache.

Les Chiites sont à la tête du pays et la minorité sunnite subit la pression. La colère gronde et des hommes exploitent cette oppression d’une partie du peuple irakien. En particulier, les officiers de l’armée irakienne fidèle à l’ancien chef d’état Saddam Hussein et tous les opposants. Dans les prisons, celui qui a pris le nom d’Abou Bakr Al Baghdadi, se radicalise. Proche des frères musulmans, il glisse vers le salafisme et la radicalisation quand il entre en contact, en prison, avec les officiers de Saddam. Il déclare, alors, la guerre aux américains et aux chiites qui l’ont enfermé et présente, allégeance à Al Qaïda, dès sa libération.

Lorsque les forces américaines quittent le territoire américain, en décembre 2011, les armées irakiennes prennent le relai et utilisent le matériel de guerre laissé par les Etats Unis. Al Qaïda est, à l’époque, rayé de la carte et Ben Laden est mort. Profitant de l’oppression que subissent les sunnites d’Irak, forts de quelques milliers de sympathisants, les fondations de l’E.I. avec 17 des 25 dignitaires rencontrés dans les prisons américaines en Irak, fondent Daesh.

La guerre sainte est lancée. La ville de Rakka, en Syrie, devient le quartier général de Daesh. Brutalement, Daesh s’est imposé à nous dans l’actualité. Aux origines, les tensions entre chiites et Sunnites (46%-54%) ces derniers persécutés (exécutés par centaines) se tournent vers Daesh qui attaquent les prisons du régime chiite irakien. La population soutient, désormais, le groupe commandé par Al Baghdadi. Cette organisation dite djihadiste, a été créée en 2006 mais ce n’est que le 29 juin 2014 qu’elle proclame le califat sur le territoire à cheval entre l’Irak et la Syrie.

Les guerres, dans ces deux pays ont déstabilisé les gouvernements locaux et ont permis, à ces groupes rebelles, de se former sans être réprimés, sur un territoire de près de 7.000.000 habitants. On impute à l’E.I. des crimes de guerre, des crimes contre l’Humanité et même des génocides. Daesh est une entité bien organisée. Tous se battent pour faire régner le califat, pour conquérir les terres saintes, pour restaurer la charia, la loi islamique. Puissamment armé et doté de moyens financiers considérables, c’est une véritable troupe d’invasion que doivent contrer les forces de la coalisation internationale engagées en Syrie.

Regroupant six organisations terroristes dont la branche irakienne d’Al Qaïda, Daesh prend racine sur les restes du régime de Bagdad. Daesh veut restaurer le califat. D’abord simple branche d’Al Qaïda, cette organisation a, peu à peu, gagné son indépendance et renforcé ses positions. Cette appellation, califat, puise ses sources dans l’histoire de la domination abbasside et sous-entend une volonté de renouer avec la puissance d’un état religieux pur.

C’est une organisation politique et religieuse instituée à la mort du prophète Mohammed pour maintenir et perpétuer l’état islamique et désigner un successeur au prophète. Le califat a connu son apogée sous le règne des Abbassides entre 750 et 1258. Le pouvoir califal était chargé de protéger les territoires musulmans, de préserver la religion telle que fixée par le prophète Mohammed. Or, depuis 1258 et la prise de Bagdad par les mongols, les arabes sunnites subissent une déchéance aussi bien politique que religieuse. On parle même d’humiliation et c’est justement cette humiliation que Daesh cherche à venger en retrouvant la grandeur passée du califat. Il faut retracer les frontières et créer un Etat : « l’assise territoriale d’un Etat n’a de valeur que si elle porte une population, ce que Daesh a bien compris. Cette question, la délimitation des frontières est particulièrement délicate dans cette région.

En effet, le découpage du Proche Orient résulte des accords de Sykes-Picot, conclu secrètement par la France et la Grande Bretagne en 1916, révisés à la fin de la première guerre mondiale puis entérinés par la Société des Nations Unies, à San Remo, en 1920. Les frontières ont été décidées par les autorités occidentales. Ces frontières sont le souvenir d’une domination occidentale au début du XXe siècle et la marque des trahisons de ces puissances, qui avaient promis la reconnaissance de l’existence de la nation arabe et la création d’un état arabe. Contre ces frontières impérialistes, Daesh entend imposer sa propre conception de l’Etat, qui « récuse tout ordre politique, qui ne procède ni se fonde sur le divin. »

Prétendre à la qualité d’Etat donne la possibilité au califat de prendre en charge l’organisation politique et administrative et le droit de battre la monnaie. Le califat veut donc un état totalitaire, indépendant du reste du monde en imposant une idéologie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réception des acteurs musulmans de la société civile.

La Commission pour les Relations avec les Musulmans a reçu Foudil BENABADJI.

 

La Commission pour les relations avec les Musulmans a reçu, le 16 octobre Monsieur Foudil Benabadji. Cette réunion était la première de la saison 2018-2019, où seront principalement reçus des acteurs musulmans de la société civile.

Foudil Benabadji est membre du Comité Directeur de la Fraternité d’Abraham. Profondément engagé dans le dialogue interreligieux, il a fondé en Savoie l’association « Les Enfants d’Abraham ». Il a en particulier réalisé avec des partenaires juif et chrétiens une série de 43 panneaux, permettant une présentation didactique des différentes religions monothéistes et qui ont été présentés à travers la France. Dans un autre domaine, il a 

Jean Corcos au centre en cravatte sombre, Foudil Benabadji à sa droite.avec à ses côtés Peggy Frankston (déléguée en France de l’United States Holocaust Memorial Muséum), A G/ André Derhy, (président de la Fédération Séfarade de France), Jean-François Lévy, (Fraternité d’Abraham), Maurice Ghozlan (La Licra).

créé « l’Union des Familles de culture musulmane », association laïque soutenue au départ par l’Etat mais qui n’est active actuellement que dans trois villes.

Son parcours a dépassé largement le domaine du dialogue intercommunautaire, puisqu’en plus de cinquante ans, sa carrière l’a mis en première ligne des fractures sociales dans notre pays. Né en Algérie, il s’est installé tout jeune en France, en 1954. Ayant reçu une formation dans le domaine de l’éducation des mineurs, il a vite côtoyé des délinquants et a appris à leur parler. Plus tard, il est devenu aumônier musulman des prisons, où il a exercé pendant 26 ans. Il a été également formé à Vaucresson, école de la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse) et a été de nombreuses fois directeur d’établissement de la Sauvegarde de l’Enfance et l’adolescence.

Sur la question particulière du domaine carcéral, il nous a confirmé le pourcentage de 60% environ de population musulmane, ce qui n’était pas le cas il y a quelques décennies.  Les jeunes concernés aujourd’hui sont beaucoup plus en situation de rejet et de revendication que leurs parents, et les difficultés liées au chômage n’y sont pas étrangères accentué par une importante  crispation sociale ; il y a en effet toujours de la discrimination à l’embauche. En ce qui concerne le phénomène de la radicalisation en prison, notre invité pense qu’on ne peut pas généraliser : certains ont basculé avant d’y entrer, d’autres ont été « contaminés » lors de leur incarcération ; cependant, il est clair que le grand banditisme croise souvent le radicalisme islamiste. En fait, certains condamnés trafiquants de drogue, se donnent une bonne conscience en jouant les prédicateurs religieux et ils deviennent ainsi « reconnus ».  Face à cela, les aumôniers ne peuvent venir qu’un temps limité, deux ou trois fois par semaine ce qui est très insuffisant. Notre invité a ainsi connu des jeunes radicalisés – 500 sont recensés en prison – et certains des partis en Syrie, où des centaines sont morts.

Foudil Benabadji a également eu une activité extrêmement dense dans l’action sociale et comme éducateur. Il est actuellement référent des aumôniers des hôpitaux en Savoie. Il a accompagné à plusieurs reprises des lycéens à Auschwitz pour des voyages éducatifs, la connaissance de la Shoah, l’extermination des Juifs par les nazis durant le Seconde Guerre mondiale, étant pour lui un pilier de la formation civique. Conscient de l’importance de l’enseignement du fait religieux, il a contribué à la rédaction d’un Décret-Loi sur ce sujet, menée par une trentaine de Députés : proposition de loi n° 2515, commission des Affaires Culturelles de janvier 2015. Un second Décret-Loi le 31 juillet 2017 pour la formation Civique et Civile des aumôniers et des imams, qui se feront à l’Université Savoie Mont Blanc à Chambéry, en Savoie. Il a organisé, par ailleurs, des voyages croisés de jeunes entre la France et le Maghreb. Enfin, il est l’auteur de nombreux ouvrages, aussi bien de propositions pour l’Islam de France que sur son pays natal, l’Algérie et en particulier sur Tlemcen.

Jean Corcos, Président délégué de la Commission

Sources CRIF.ORG

Conférence à Paris, enregistrée le 17 juin 2018

Texte de Foudil Benabadji, commenté par Pierre Labadie, Secrétaire Général de la Fraternité d’Abraham à Paris.

Ecoutez le discours en streaming.

 

Lien La Fraternité d’Abraham