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Le groupe sanguin O, moins vulnérable face au virus

Cette hypothèse avancée est renforcée par deux nouvelles études

Les personnes de groupe sanguin O ont-elles moins de risques d’être infectées par le virus Sars-CoV-2? Cette hypothèse avancée il y a déjà plusieurs mois est renforcée par deux nouvelles études publiées ce mois-ci dans la revue Blood Advances de la Société américaine d’hématologie. Les groupes sanguins joueraient même un rôle à plusieurs niveaux dans la vulnérabilité face au Covid-19, et à chaque fois les «O» s’en sortiraient mieux. Les groupes sanguins joueraient un rôle dans le risque d’infection. Par

 
Cette résistance à géométrie variable est probablement due aux anticorps.
Cette résistance à géométrie variable est probablement due aux anticorps. Khaletski Siarheigoffkein.pro/Goffkein – stock.adobe.com

La première étude, danoise, se penche sur le risque d’être infecté par le virus. Selon ses résultats, portant sur plus de 470.000 personnes, 38,4 % des testées positives étaient de groupe sanguin O alors que ce dernier représente 41,7 % de la population danoise. Ce n’est pas la première fois que la corrélation entre groupe sanguin et coronavirus est observée: des chercheurs hongkongais l’avaient déjà constatée pour le Sras il y a quinze ans. Jacques Le Pendu, directeur de recherche à l’Inserm-Université de Nantes, a d’ailleurs recensé pas moins de 29 publications étudiant ce lien depuis le début de la crise sanitaire actuelle: «Un consensus se dégage indéniablement, à savoir que les gens de groupe O auraient environ 20 % de risque en moins de contracter le virus, et ceux de groupe A et AB un risque plutôt plus élevé.»

Une histoire d’anticorps

Comment expliquer cette résistance à géométrie variable? Elle est en fait probablement due aux anticorps, ces défenses naturelles utilisées par le système immunitaire pour débusquer puis neutraliser les agents pathogènes. Une personne de groupe sanguin A possède des antigènes A mais développe dès les premiers mois de sa vie des anticorps anti-B ; celle de groupe sanguin B, des anticorps anti-A ; celle de groupe O, à la fois des anticorps anti-A et anti-B, et celle de groupe AB, aucun anticorps.

Or ces antigènes et anticorps, contrairement à ce qu’on pourrait penser, ne sont pas seulement exprimés dans le sang mais aussi dans les cellules spécifiquement ciblées par le virus, comme celles qui se trouvent sur la paroi du poumon ou de l’intestin (les cellules épithéliales). Le virus qui va aller s’accrocher à ces cellules va être répliqué par ces dernières et donc porter la même étiquette. Autrement dit, si la cellule porte le marqueur «groupe sanguin A», le virus va aussi le porter. «Le virus qui vient d’une personne de groupe sanguin A ou B, s’il croise une personne groupe O, va ainsi rencontrer des anticorps anti-A et anti-B qui vont le neutraliser», et donc l’empêcher d’infecter la cellule cible, explique Jacques Le Pendu.

Les personnes de groupe sanguin O sont donc en quelque sorte vaccinées naturellement par leurs anticorps anti-A et B… sauf si, bien sûr, elles sont contaminées par une autre personne du groupe O. Les A sont en revanche moins protégés car ils n’ont que des anticorps anti-B, or les personnes de groupe sanguin B ne sont pas très nombreuses. En France en effet, 44 % des gens sont de groupe A, 42 % sont O, 10 % sont B, et 4 % sont AB, selon l’Établissement français du sang.

«Attention, prévient toutefois le chercheur à l’Inserm: cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas être contaminé si on est de groupe O. Il ne faut pas changer de comportement et oublier les gestes barrières. Mais à l’échelle de la population, cela permet une certaine protection, un peu de la même façon que l’immunité collective.»

La seconde étude publiée dans Blood Advances, canadienne cette fois, explore quant à elle le lien entre groupe sanguin et sévérité de la maladie. Portant sur un petit échantillon de 95 patients hospitalisés et gravement malades à Vancouver, elle suggère que les groupes O et B ont moins de chances de voir leur état empirer que les groupes A et AB. Ils sont notamment moins susceptibles d’avoir besoin d’une ventilation mécanique (61 % contre 84 %), de souffrir d’insuffisance rénale (9 % contre 32 %) ou de mourir (14 % contre 24 %). Les auteurs de l’étude restent toutefois prudents: l’échantillon considéré reste petit et le lien avec le groupe sanguin pourrait n’être qu’une partie de l’équation.

À ce niveau-là, «les anticorps n’ont plus aucun rôle à jouer», note en tout cas Jacques Le Pendu, qui avance un élément de réponse: «On sait depuis une vingtaine d’années que les groupes sanguins ont un effet sur la coagulation du sang: le groupe O est ainsi connu pour avoir moins de protéines responsables du contrôle des saignements. Dans la vie normale, cela ne change rien. Mais dans certaines situations pathologiques, on voit l’effet apparaître. Ce n’est pas directement prouvé, mais pour les formes sévères du Covid-19, les O possèdent donc un peu moins de ces facteurs de coagulation et sont donc moins susceptibles de faire des thromboses (obstructions d’un vaisseau sanguin).»

Le coronavirus est-il devenu plus dangereux suite à une mutation ?
 
 

« La guerre culturelle est déclarée »

Je pensais que ça arriverait, mais pas aussi vite !

La Grande Déraison paraît en français ces jours-ci, mais l’édition originale dans laquelle vous recensez les méthodes par lesquelles la gauche radicale a instrumentalisé les causes des femmes, des LGBT et des minorités ethniques, a déjà un an. Bref, l’actualité a prouvé la validité de votre propos. Pressentiez-vous la vague d’hystérie collective que nous connaissons depuis quelques mois ? Entretien avec Douglas Murray, par, Jeremy Stubbs

Douglas Murray. Je pensais que ça arriverait, mais pas aussi vite ! Notre problème fondamental est ce que j’appelle la « surcompensation ». Nous pouvons tous convenir que, historiquement, les personnes LGBT, comme les femmes et les personnes de couleur, ont subi des préjugés et des discriminations. La réponse actuelle est la politique de la réaction excessive temporaire. On peut comparer ce qui nous arrive au mouvement d’un pendule. Il y a un an, j’ai eu le pressentiment que, au lieu de revenir vers un équilibre, nous allions pencher encore plus dans le sens des groupes revendicateurs – et ce n’est pas fini.

Je cite dans le livre un certain nombre de penseurs, essentiellement néo-marxistes, dont les réflexions très explicites remontent aux années 1980.

La majorité de nos concitoyens, de droite comme de gauche, approuve la proposition suivante : toute personne doit pouvoir atteindre ce que lui permettent ses compétences et son ambition, indépendamment de son sexe, de sa sexualité ou de la couleur de sa peau. Mais à gauche, on prétend que des groupes importants œuvrent à empêcher ces personnes de devenir médecins, avocats ou politiciens. La gauche prétend aussi que la droite est raciste, sexiste et homophobe, qu’elle rêve d’un monde où les femmes seraient soumises aux hommes, l’homosexualité illégale et les Noirs des citoyens de troisième classe. Il s’agit donc de compenser, et même de surcompenser, par des quotas et de la discrimination positive, notamment à l’embauche, les torts faits aux minorités. À droite, nous devons montrer que cette approche ne fera qu’exacerber les divisions et l’angoisse générale. Malheureusement, nous avons laissé s’installer l’impression que le débat oppose une gauche antiraciste et une droite raciste.

Il n’y a aucune raison pour que l’assassinat de George Floyd par un policier du Minnesota, provoque des pillages à Stockholm ou des émeutes à Bruxelles

Comment ces extrémistes sont-ils arrivés à prendre en otage nos institutions, nos médias et nos politiciens ?

En jouant sur un malaise général face aux différences ! Face aux réelles différences qui existent entre les personnes, deux attitudes sont possibles : on peut tendre à leur effacement, ou on peut les attiser. L’ambition des libéraux, c’est d’éradiquer la différence ou, du moins, de la rendre sans importance. Mais des acteurs malhonnêtes cherchent aujourd’hui à exacerber, manipuler et dénaturer les divisions. Les nouvelles féministes, bien plus que leurs prédécesseurs, attisent délibérément les tensions entre les hommes et les femmes. Même chose avec les nouveaux antiracistes. Bref, qu’il s’agisse de race ou de genre, nous sommes entourés de faux pompiers qui sont de vrais pyromanes.

Le mouvement #BLM, qu’on ne trouve ni en Afrique ni en Asie, est un produit de l’Occident libéral, du capitalisme tardif, globalisé. C’est le produit d’un monde – pour retourner contre les progressistes un de leurs mots fétiches – « privilégié ». Il y a, paradoxalement, un certain génie dans cette stratégie qui consiste à se focaliser sur des questions qui inquiètent les citoyens ordinaires. Que ce soit en France ou au Royaume-Uni, la plupart d’entre nous savent que tout dans le passé de notre nation n’est pas parfait. Et loin de nous dire, très raisonnablement, que nous ne sommes pas comptables des turpitudes de nos ancêtres, nous écoutons plutôt la voix de notre culpabilité présumée. Cela nous rend vulnérables. La gauche sait qu’elle parle à un public intimidé, prêt à endosser n’importe quelle accusation outrancière. Et elle en profite.

Ne prêtez-vous pas à ces mouvements un machiavélisme dont ils sont incapables ?

Je cite dans le livre un certain nombre de penseurs, essentiellement néomarxistes, dont les réflexions très explicites remontent aux années 1980. À cette époque, même les gauchistes les plus arriérés ont compris que la révolution ne va pas se faire sur la seule base de la lutte des classes. Certains théorisent la substitution des minorités discriminées au prolétariat. Pour Ernesto Laclau et Chantal Mouffe, il fallait créer une alliance incorporant les minorités sexuelles et raciales ainsi que les femmes qui, quoique non minoritaires, sont sous-représentées dans la société(1). À leurs yeux, la classe ouvrière, raciste et sexiste, était méprisable. C’est très révélateur. La pensée « intersectionnaliste », qui domine la gauche aujourd’hui et qui met l’accent sur l’appartenance à des groupes minoritaires, ne prend pas du tout en compte la classe sociale. La raison en est que les questions socioéconomiques sont transversales par rapport aux catégories que cette pensée met au centre de sa stratégie révolutionnaire. On peut très bien appartenir à une minorité et être privilégié sur le plan social. Si la gauche prenait au sérieux la question de l’inégalité, elle s’occuperait de toutes ses manifestations, y compris celles liées à la beauté physique. Toutes les études le montrent : les gens très beaux s’en sortent beaucoup mieux dans la vie, quel que soit leur choix de carrière.

 

La laïcité, un outil contre les religions en France ?

C’est le thème du septième épisode de la série « La Casa del Hikma ».

La laïcité, tout le monde en parle. Et vous qu’en savez-vous ? C’est le thème du septième épisode de la série « La Casa del Hikma ».

Vidéo – La Casa del Hikma : la laïcité, un outil contre les religions en France ?
 
La laïcité est régulièrement l’objet – et, à bien d’occasions, un prétexte – de débats houleux et à des polémiques ces dernières années en France.

Ces débats, qui viennent agiter l’actualité, naissent parfois d’incompréhensions mais aussi, beaucoup, d’une instrumentalisation à des fins politiques ou idéologiques de ce qu’est la laïcité dans ses fondements ; débats qui, à leur tour et dès lors qu’ils ne sont pas entourés de sérénité, appuient des idées reçues au sein de la société. Celles opposant laïcité, religions et liberté religieuse sont parmi les plus tenaces.

La laïcité est-elle une arme contre les religions de nos jours ? Est-ce un principe qui érige l’athéisme comme « la » bonne religion en France ? 

La laïcité empêche-t-elle la liberté de culte ? Est-elle un outil agissant contre la visibilité religieuse ? Faut-il garder sa foi en privé, ne pas l’exposer dans l’espace public, pour être une personne respectueuse de la laïcité ?

C’est autour du tryptique républicain – Liberté, Égalité, Fraternité – que doit s’articuler la laïcité dans sa pratique, plaide Jean-Louis Bianco. « Parce qu’être laïque, ça veut dire qu’on a des convictions et qu’on respecte celles des autres », note le président de l’Observatoire de la laïcité.

 


Hommage à l’enseignant décapité, Samuel Paty.

 

Toutes mes pensées à la famille de Samuel Paty

Père de famille, âgé de 47 ans et professeur au collège du Bois d’Aulne dans les Yvelines, il était très investi et enseignait la liberté d’expression à ses élèves en cours d’éducation civique. Il a été tué ce vendredi 16 octobre à la sortie de son collège.

Ses élèves se souviennent de lui comme étant un professeur « à fond dans son métier », « qu’il aimait beaucoup ». Samuel Paty, enseignant d’histoire-géographie au collège du Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) est mort, décapité à la sortie de son établissement par un jeune radicalisé de 18 ans. 

En tant que référent des aumôniers musulmans des hôpitaux de Chambéry – Aix les Bains et de Bassens j’exprime mon horreur face à cet assassinat et adresse mes pensées à ses proches, ses collègues, ses élèves, sa famille. La douleur de perdre un proche, un professeur, un collègue est insupportable, particulièrement dans de telles conditions. 
Dès l’annonce d’une telle conflagration, on tempête toujours la sempiternelle remarque : « les musulmans ne font rien! »

Samuel Paty, professeur de 47 ans assassiné vendredi à la sortie du collège où il exerçait était fortement investi dans sa mission de transmettre la liberté d’expression à ses élèves.

Notre groupe a développé des thèses sur le plan Informations/Prévention sur les dérives sectaires de l’islamisme et créé des outils de formation à la laïcité et au Fait Religieux (Panneaux et diaporamas). Cette islam violent irrigue quotidiennement les associations et les personnes qui gravitent dans la nébuleuse des Frères musulmans qui, eux, prônent un islam politique, intégral et favorisent le fondamentalisme avec le Wahhabisme, le Salafisme et le Tabligh… 

Les djihadistes n’ont plus de territoires actuellement, mais ils gardent un patrimoine de haine intacte. On parle de plusieurs milliers de cellules dormantes qui pourraient constituer une menace pendant des décennies dans notre société française ! 

Depuis trente ans, les dérives islamistes s’attaquent insidieusement aux valeurs de la République, amenant la société à piétiner ses principes, notamment la laïcité et l’égalité hommes-femmes. 

Il s’agit aussi de financer des mosquées/centres culturels, lieux de vie pour une partie de la communauté musulmane conformément aux préceptes d’Hassan Al-Banna, le fondateur de la confrérie des Frères musulmans.

L’objectif des islamistes, serait-il  « de salafiser » les musulmans qui y vivent et aussi  « d’islamiser » les populations non musulmanes ? C’est ce qu’ils prétendent et parfois, clament, comme ils l’ont fait à Molenbeek en Belgique, d’où sont partis les tueurs du Bataclan ! 

Encore une fois, la prévention et la lutte contre les dérives sectaires nécessitent une action soutenue et protégée. 

Madame Taubira, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, entourée de trois collaboratrices, lors de la réception à Paris le 6 janvier 2015 et le lendemain, nous avons subi le massacre de Charlie Hebdo…une prémonition ?! Non, ils n’ont aucun obstacle, le bon sens indique ainsi à tous les profanes, que la violence va arriver, et qu’il n’y a pas de raison pour qu’ils s’arrêtent. C’est comme si on les y encourage. 

« Dès qu’il s’agit de radicalisationon nous demande de prêter attention aux signaux faibles et de remonter toutes les informations, mais rien n’est fait »

Les islamistes ont déjà noyauté le service public, sur le terrain hospitalier, une présence plus importante du religieux chez le personnel soignant. « Les religieux ont, à présent, clairement infiltré l’univers de la santé,

Il faut aussi s’intéresser aux chiffres : 40 % des musulmans placent les valeurs religieuses au-dessus de celles de la République et 21 % des moins de 25 ans ne condamnent pas les tueries. Il y a un grand travail à faire sur la plan civique et civil. Le musulman à peur d’être moins musulman, or, il ne s’agit que de le conforter dans sa croyance, mais dans le cadre strictement personnel. On n’interdit pas aux musulmans de croire, par contre, on interdit l’islam politique, fondamentaliste, wahhabite, salafiste…tout cela enrobé par les fameux frères musulmans…qui conduisent à la violence. 

Notre pays fait face à cette croisade d’infiltration et de violence, menée de l’intérieur depuis près de trente ans.

« On ne peut pas renoncer, et là, il ne faut pas lâcher. Ces territoires ont besoin de colonnes vertébrales républicaines pour les accompagner et les sortir de l’influence islamiste présente dans ces quartiers et nous nous devons d’être un rempart contre l’islamisme.» Mais les autorités et le gouvernement sont trop frileux et hésitent encore à agir. Sur ces questions, il faut être ferme sans craindre les procès en discrimination.  » Aujourd’hui, il y a péril en la demeure.»

Il s’agit de s’attaquer à l’entrisme islamiste avec fermeté. Nous sommes confrontés à des gens qui refusent le mode d’organisation de notre pays et si notre République n’est pas capable de mettre des limites, il faudra s’en prendre qu’à nous même, parce qu’on aura, dangereusement, bâtit un grand risque d’affrontement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cinq voies d’influence de la religion sur la politique

C’est souvent pour des raisons « politiques » que les religions émergent à la surface de l’actualité.

Plusieurs exemples significatifs l’illustrent cette semaine : au Mali, en France, aux États-Unis, en Chine, au Liban. Ce qui pose la question plus générale de l’influence de la religion en politique.Religions, laïcité, spiritualité, par Jean-Marie Guénois.

La puissance de la foi dans l’espace politique peut être évidemment une illusion. Tapie aux creux des sociétés, l’imprégnation religieuse peut cependant irriguer une culture à la façon d’une nappe phréatique. Ou se diffuser à l’air libre, à l’image d’un « soft power » ce pouvoir souple et constant, finalement contagieux. La religion peut être également instrumentalisée comme un faire-valoir électoral pour des politiques en manque d’influence. Quand ce n’est pas une religion en mal de reconnaissance qui utilise le politique comme faire-valoir…

Sur nos téléphones portables fonctionnent des applications en mode « par défaut », souvent à notre insu. La comparaison est indigente mais les religions agissent souvent « par défaut » dans les sociétés. Qu’elles soient mises de côté, ignorées, méprisées ou respectées, adulées, récupérées, elles appartiennent à ces rares réalités sociales et métaphysiques marquées par la constance, le temps long qui transcendent les humeurs du moment.

Incontournables, les religions demeurent sur le devant de la scène ou en coulisse, visibles ou invisibles. Mais à quelle place ? C’est toute la question « politique ».

L’actualité de ces jours inspire cinq modèles que vous sont livrés sans prétention de cerner une réalité évolutive et foisonnante. 

1)  Au Mali et au Liban : L’influence directe de la religion sur la politique

Le président libanais Michel Aoun – / AFP

Notre confrère Tanguy Berthemet est à Bamako au Mali. Il raconte comment l’imam salafiste le plus puissant du pays, Mahmoud Dicko,est devenu, depuis sa mosquée, le grand arbitre politique du pays. On comprend que cet homme fort intelligent, cultivé et avisé, n’est pas tombé de la dernière pluie et que son influence est aussi liée à la qualité de sa personne et à ses talents, mais il n’empêche, voilà un religieux qui tire toutes les ficelles d’un pays en crise. Et où la France est directement impliquée.

Au Liban, le facteur religieux, institutionnalisé avec une répartition des postes de pouvoir attribuées aux confessions religieuses est actuellement l’un des facteurs qui retarde la conclusion d’un accord. Notre confrère Georges Malbrunot l’explique très bien ici.

2) Débat sur le « séparatisme islamiste » en France : L’influence indirecte de la religion

La Mecque, point de mire de la prière des musulmans BANDAR AL-DANDANI / AFP

Nous nous sommes longuement étendus sur le sujet dans la lettre précédente, mais le débat continue sa course. Elle sera longue puisque le texte de loi sur le « séparatisme », s’il était voté, ne le serait pas avant la fin… 2021. Soit quelques mois avant les élections présidentielles du 8 avril 2022.

On en saura vraiment plus le vendredi 2 octobre quand le président de la République annoncera les grandes lignesde son projet de loi. Sur le plan technique, le ministère de l’intérieur, chargé de rédiger une première mouture du texte de loi, commence ses consultations ce samedi 26 septembre. Nous avons aussi publié une très intéressante interview de Gilles Kepel.

J’ai fait le tour des fédérations religieuses musulmanes pour prendre la température. Voici le résultat. Il est intéressant de noter que « les musulmans » à qui l’on prête ici un plan préétabli de conquête religieuse de la France sont une minorité à fomenter une telle illusion. Il y a peu de secrets dans l’islam de France. Sinon les réseaux secrets salafistes ou terroristes qui se gardent évidemment de fréquenter les mosquées officielles.

Tout cela pour dire que « l’influence » politique de l’islam en France est pour l’heure indirecte. Plutôt majoritairement à gauche, cet électorat ne compte pas ou peu dans les élections sinon dans certains quartiers. « Je connais beaucoup de musulmans qui votent aujourd’hui à l’extrême droite, me confiait dépité, cette semaine, un haut responsable musulman, parce qu’ils en ont marre de l’insécurité dans leurs quartiers devenus des plates-formes du trafic de drogue. »

La réalité est que personne aujourd’hui ne « contrôle » l’islam de France à commencer par lui-même. C’est plutôt l’effet de masse, concentré dans des quartiers spécifiques, qui donne ce pouvoir indirect à la communauté musulmane sur le champ politique français. Ce pouvoir indirect est renforcé par l’effet de la terreur qui a été semée par les attentats et qui perdure avec une menace potentielle.

3) USA, Vatican, Chine : L’influence prêtée à la religion

Le président américain en pleine campagne électorale TOM BRENNER / REUTERS

Les relations entre la présidence Trump et le pontificat du pape François sont tumultueuses : avant l’élection du tonitruant président américain, pendant son mandat et à l’occasion de cette campagne électorale. Le pape François ne s’est d’ailleurs jamais privé d’une occasion pour critiquer cette présidence, notamment sur la question des migrations. Donald Trump a souvent répondu, parfois vertement mais il fut reçu par le pape au Vatican en mai 2017.

L’épisode de cette semaine est une attaque du Secrétaire d’État américain Michael Pompeo. Le 18 septembre, il a publié une chronique dans la revue conservatrice américaine, « first things » pour critiquer la perspective de renouvellement d’un accord toujours tenu secret et passé il y a deux ans, entre le Vatican et Pékin, portant sur la nomination commune des évêques catholiques. Le secrétaire d’État américain estimant que loin de « protéger » les catholiques chinois cet accord a semé une « confusion » considérable et dommageable à l’Église catholique. C’est une « ingérence » a rétorqué le Vatican, plutôt irrité, par ses voix officieuses. Mike Pompéo doit venir à Rome le 29 septembre, il aura l’occasion de s’en expliquer directement. Il donnera d’ailleurs une conférence sur « la liberté religieuse ».

En attendant, c’est un cas typique d’instrumentalisation de la religion par le politique. Bien sûr les catholiques chinois sont une préoccupation de l’administration américaine mais cette déclaration a surtout une autre finalité. Elle est un caillou de plus, lancé dans le jardin chinois, dans la guerre d’influence à laquelle se livrent les deux puissances.

Elle est surtout un message politique adressé aux catholiques américains qui sont majoritairement de tradition démocrate mais qui s’interrogent sur la ligne du pape François et qui pourraient se laisser séduire, si ce n’est déjà fait, par un nouveau mandat du président Trump pour promouvoir la défense des valeurs traditionnelles dans le monde que même la papauté ne défendrait plus.

Des exemples similaires abondent dans les pays où les catholiques ont encore un poids électoral certain. Mais les politiques prêtent souvent une influence aux religions qu’elles n’ont pas.

4) Loi sur la bioéthique en France : L’illusion de l’influence du catholicisme sur la politique

Splendeur gothique de la cathédrale de Strasbourg monkographic – stock.adobe.com

Les lois de bioéthiques reviennent dans le débat et l’Église catholique se prépare à pousser un grand cri, début octobre, contre cette évolution législative. Pour la première fois la conférence des évêques a enfin daigné rencontrer officiellement les organisateurs de la manifestation du 10 octobre, un collectif « marchons enfants »notamment animé par « la manif pour tous ». Il était temps.

Les évêques devraient, cette fois, donner de la voix et montrer franchement l’opposition de l’Église catholique à la voie ouverte vers une forme d’eugénisme où l’on finira par choisir les caractéristiques de son enfant sur catalogue et sur fichier également qui porterait ce nouveau né. Mais il est trop tard pour peser. Ce qui ne veut pas dire pour les évêques qu’il faille cesser de se battre.

Mais jusque-là, les évêques, collectivement, – et pas individuellement -, n’avaient pas eu le courage d’une telle rencontre officielle avec ceux qui osaient descendre dans la rue pour dire non. Il ne fallait «diviser» les catholiques en se rapprochant de ceux qui, trop à droite, ou plutôt, pas assez à gauche, défiaient ouvertement le gouvernement avec leurs pancartes contre le mariage homosexuel par exemple puis contre les lois de bioéthiques ensuite. Une aubaine pour le gouvernement qui pouvait balader les évêques à son gré. Ainsi que l’a démontrée l’opération de séduction d’Emmanuel Macron au Bernardins, ouvrant d’un semblant de débat pour mieux foncer, sans dévier, vers les réformes prévues.

Le pouvoir ne recule que s’il se sent menacé. Les catholiques en France, divisés, infantilisés par le cléricalisme, et peu stimulés – jusque-là – par un épiscopat hanté par la peur d’intervenir dans le débat public, ne sont pas dangereux. Vu de l’Élysée, ils n’ont d’ailleurs aucun poids, sinon, à gauche, comme une variable électorale éventuellement utile entre les deux tours de la présidentielle. Or, des religions comme le protestantisme ou le judaïsme, encore plus minoritaires – et dans le même contexte de laïcité – savent, elles, se faire entendre. Cherchons l’erreur.

5) Un livre capital sur l’influence séculaire du christianisme.

Religieuses asiatiques cette semaine sur la place Saint-Pierre FILIPPO MONTEFORTE / AFP

Je viens de lire le livre de Jean-Robert Pitte, ce grand géographe, sur la « planète catholique »publiée chez Tallandier. Je vous le recommande. On comprend comment l’Église a irrigué des sociétés des cultures, une civilisation. Le match catho-protestant, si vous permettez cette expression y est rendu passionnant à travers des faits qui pourraient paraître futiles, le vin par exemple ! J’ai reçu Jean-Robert Pitte dans l’émission que j’anime chaque mois sur KTO, l’Esprit des Lettres, ainsi qu’Étienne de Montéty, directeur du Figaro Littéraire qui présentait son livre sur le drame de l’assassinat du Père Hamel, « La grande épreuve » (Stock) et François Esperet, un ancien catho, père de famille, devenu diacre orthodoxe pour un livre d’une rare profondeur « Ne restons pas ce que nous sommes » (Robert Laffont). Bref, où l’on saisit que l’influence des religions sur les sociétés et la politique utilise des voies inattendues mais qu’elle est certaine. Et qu’elle ne dépend pas forcément du nombre des fidèles.

Certains voudraient tourner la page du professeur Raoult. Ils ont tort.

Cet homme n’est pas un populiste. C’est un optimiste.

Il publie un livre sur l’histoire des découvertes médicales. Par

Ce livre a été écrit bien avant le Covid, mais nombre de considérations éclairent l’approche raoulitienne. CHRISTOPHE LEPETIT/Le Figaro Magazine

Didier Raoult est le Cassius Clay du ring médical. Il défie l’adversaire les yeux dans les yeux. Il crie qu’il est le plus grand, le meilleur, le dieu du stade. Son meilleur coup de poing: la provocation par l’optimisme. Cela fait de lui une cible facile pour les censeurs ombrageux d’une morale médicale du risque zéro. Mais ce serait une erreur de penser que Didier Raoult est cloué au pilori à cause de son pari sur l’hydroxychloroquine. Cette polémique est l’arbre qui cache la forêt. La vraie faute de Raoult, aux yeux de ses ennemis, n’est pas celle-là. C’est d’être un optimiste au pays des pessimistes, et un empiriste au pays des moralistes de la précaution. «Mon pragmatisme me vaut beaucoup d’hostilité. Il y a des gens qui ont le goût du désastre. Ils ne veulent pas entendre le porteur de bonnes nouvelles», nous dit-il au téléphone depuis Marseille quand nous l’appelons pour parler de son livre, La science est un sport de combat.

La bonne nouvelle qu’il tente de diffuser depuis le début est que le Covid-19 n’est pas un grand tueur. «Nous n’avons plus de hiérarchie dans le risque. Cette messe des morts, ce comptage funèbre et solennel quand tant d’autres maladies existent reste un sujet de sidération. Or il n’y a pas de surmortalité en Europe. Pour le moment notre perte d’espérance de vie est moindre qu’en 2015 – 0,2 an.» Tel est l’objet du scandale: la perception des ordres de grandeur. À partir de combien de morts une pandémie menace-t-elle une population mondiale de 7 milliards d’habitants? Pour Raoult – et de nombreux médecins – il faudrait au moins que son rythme s’accélère au point de dépasser les 2,6 millions de décès dans le monde, ce qui est la moyenne des victimes d’une maladie respiratoire chaque année, comme il nous le disait au mois d’avril dans le Figaro Magazine .

Est-il raisonnable de mettre l’économie mondiale par terre à cause de ces morts? Non. Or il n’y a, pour le dire, pas beaucoup de monde. Excepté quelques philosophes. Dans nos colonnes, François Julien s’y est risqué avec talent. Bernard-Henri Lévy l’a fait avec conviction, André Comte-Sponville aussi. Évidemment, ceux qui défendent cette thèse sont immédiatement rattrapés par la «reductio ad Bolsonarum»,ce nouveau point Godwin des hygiénistes. On peut pourtant prendre au sérieux le Covid-19 – gestes barrières, protection des populations fragiles – sans la confondre avec la peste, le typhus et le choléra.

J’ai eu du mal à vendre certains de mes livres parce qu’ils n’allaient pas dans le sens du scénario hollywoodien de la grande catastrophe. Didier Raoult

Ce livre a été écrit bien avant le Covid, mais nombre de considérations éclairent l’approche raoulitienne. Il cite Bacon, Nietzsche, beaucoup, et même Derrida. Indulgent, il impute notre état de panique pandémique à nos réflexes d’homo sapiens, marqué par sa hantise d’antiques épidémies ; on peut comprendre qu’elle surréagisse. Son avant-dernier livre, Épidémies, vrais dangers et fausses alertes, décrivait déjà de nombreuses paniques exagérées. Didier Raoult est un anti-catastrophiste. «J’ai eu du mal à vendre certains de mes livres parce qu’ils n’allaient pas dans le sens du scénario hollywoodien de la grande catastrophe», dit-il.

Le corps médical était d’ailleurs d’accord avec lui au début de l’année. Instruits par les errements de 2009, les médecins ne voulaient pas exagérer la gravité de ce qui se préparait. Sauf que Didier Raoult est resté sur cette ligne en préconisant une approche à la coréenne ou à la suédoise. Raoult choque les esprits chagrins, mais ces mêmes esprits ne s’indignent pas à l’égard du professeur Jérôme Salomon, chargé des stratégies de lutte contre les risques pandémiques depuis 2017. Il faut lire à son sujet le livre du Pr Christian Perronne (Y a-t-il une erreur qu’ils n’ont pas commise?, Albin Michel), qui, bien sûr, n’a pas été invité lors des auditions de la commission de l’Assemblée nationale et du Sénat.

À lire ce livre, on comprend mieux l’obstination de Raoult à défendre ses prédictions sur l’hydroxychloroquine. Il cite la première recherche qu’il fit, en tant qu’interne, sur une des nombreuses variantes du typhus. L’une d’elles contredisait la théorie dominante. Elle fut écartée par le médecin qui supervisait son travail. «Cela a changé mon destin de chercheur, car j’ai compris à quel point ce qui était rapporté dans la littérature scientifique pouvait être à la fois conforme et faux», écrit-il. Il en déduisit alors une règle simple: «Si ce qu’on écrit ne choque pas, c’est probablement que son importance est marginale, et c’est ce que j’enseigne aux étudiants chercheurs: soyez des renégats!» Raoult n’innove pas en disant cela. Il s’appuie sur deux classiques de l’épistémologie, Paul Feyerabend et Thomas Kuhn, dont les analyses très fines ont popularisé l’idée que la science est une activité disruptive – pas seulement face aux préjugés de la société, cela va de soi, mais face aux préjugés de la science elle-même. «Je trouve ça exaltant», écrit-il.

Il n’y a pas de grand chercheur qui ne soit un lutte. Didier Raoult

Ainsi multiplie-t-il les exemples de batailles d’idées qui sont aussi des luttes d’ego. Ses découvertes sur le typhus – sa grande spécialité – mais aussi celles des autres. Celle de Jean-Antoine Villemin, qui a trouvé en 1865 le bacille de la tuberculose, soit une quinzaine d’années avant Robert Koch, qui aura finalement attaché son nom au fameux bacille. Villemin est tombé dans l’oubli après avoir été violemment combattu par les sommités de l’Académie de médecine. C’est cette «persévérance dans la destruction des innovateurs en France» que relève Raoult à plusieurs reprises.

Tout cela ne nous dit pas quel sera le bilan final de l’hydroxychloroquine dans la bataille contre le Covid. Mais on comprend mieux pourquoi le professeur ne lâche pas l’affaire. À cela s’ajoute une autre conviction: soigner, c’est aussi essayer ce qui peut marcher, et aider le patient à y croire. Le fameux effet placebo. «Je suis naïf, sans doute, mais je pense qu’il vaut mieux donner de faux espoirs que de faux désespoirs. Un docteur qui vous fait peur est un mauvais docteur.» Aujourd’hui ce genre de phrase est suspecte. Elle touche pourtant au cœur de la vocation médicale.

«Il n’y a pas de grand chercheur qui ne soit un lutteur», conclut-il. Cette lutte, promet-il, il ne l’étendra pas jusqu’au ring de la politique. «Je reste à ma place et je pense que je suis plus utile en y restant et en faisant bien ce que je sais faire qu’en faisant de la politique. Pour certaines personnes, la politique est le sommet des activités possibles, ce n’est pas mon cas», nous répond-il. Que dirait-il d’un film sur lui? «J’ai entendu qu’il en était question, mais je n’ai pas le temps de m’occuper d’un biopic», jure-t-il. Il ne boudera pas son plaisir si Depardieu ou Luchini enfilent la blouse blanche. Ce sont deux acteurs qui ont le génie de défier les moutons de Panurge. Et aujourd’hui Panurge nous dit que le monde doit tourner au ralenti à cause du Covid-19.

Didier Raoult, Ed. HumenSciences, 451 p, 22 €.
Didier Raoult, Ed. HumenSciences, 451 p, 22 €. Crédit : Editions HumenSciences

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