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La terrible guerre des Grecs pour se libérer des Turcs.

 

Cinq siècles de révoltes, de guerres, de carnages entre les deux peuples

Après quatre cents ans de domination ottomane, les Grecs menèrent, au long du XIXe siècle, une longue guerre de libération nationale. Exprimée par Victor Hugo et lord Byron, la solidarité avec le peuple grec fut la grande cause du romantisme. Par Pierre Feydel

POURQUOI ON EN PARLE ?

Delacroix Eugène 1798–1863. “Scènes des massacres de Scio”, 1824. Paris, Musée du Louvre.

Erdogan sait entretenir les haines. L’islamisation de la basilique Sainte-Sophie, au cœur d’Istanbul, et celle de l’église Saint-Sauveur, dans ses faubourgs, sont autant de camouflets pour les Grecs. Un rappel de la prise de Constantinople, l’ancienne Byzance, capitale d’un empire dont la langue officielle était le grec. Des humiliations bien plus insupportables que la revendication des gisements sous-marins de pétrole ou de gaz en mer Égée par Ankara, alors qu’Athènes les estime dans ses eaux. Cinq siècles de révoltes, de guerres, de carnages entre les deux peuples semblent n’avoir jamais suffi.Le dernier massacre n’est pas si loin. Le 5 septembre 1955, à Salonique, une bombe explose au consulat turc, lieu de naissance de Mustafa Kemal Atatürk. Une provocation des services spéciaux de l’armée turque que dénonce la police grecque. En vain. Le lendemain, le quartier grec d’Istanbul est investi par des émeutiers qui pillent, violent, ou rouent de coups les Grecs et incendient les maisons et leurs commerces. Ce pogrom n’épargne ni les Arméniens, ni les juifs. On relève une cinquantaine de morts. La communauté grecque de la cité compte alors 135 000 membres. Cinquante ans plus tard, il en reste à peine plus de 2 000.

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Victor Hugo est encore un jeune homme blond, imberbe. Il a deux passions, Adèle, une amie d’enfance, et la poésie pour laquelle il commence à être apprécié. C’est alors un royaliste convaincu. Il a à peine 20 ans lorsque se produit, en 1822, le massacre de Chio, qui bouleverse l’Europe. Quelques années plus tard, il publie les Orientales un recueil d’œuvres où les drames grecs sont évoqués : « Les Turcs sont passés là. Tout est ruine et deuil./ Chio, l’île des vins n’est plus qu’un sombre écueil. » En mer Égée, cette terre d’à peine 842 km2n’est pas très loin des côtes turques. Un endroit prospère. Les Grecs se sont révoltés contre le sultan en mars 1821. Un an plus tard, ils tentent de gagner l’île à leur cause. Les notables hésitent à s’engager.

Pour leur forcer la main, 2 000 partisans grecs débarquent. Kara-Ali, l’amiral de la flotte ottomane, organise la contre-offensive. L’accompagnent 30 000 volontaires appâtés par le butin. Les troupes grecques se retirent. Aussitôt le massacre commence. Sur un peu plus de 100 000 habitants, 25 000 sont tués, 45 000 emmenés en esclavage. Trois mois plus tard, le capitaine Constantin Kanaris lance un brûlot qui coule le vaisseau de l’amiral ottoman. Kara-Ali et 2 000 marins turcs perdent la vie dans le naufrage. Un nouveau héros grec est né. Et la vengeance, cet impératif moral balkanique, satisfaite. Mais rien n’est fini. Tout commence dans ce conflit sauvage.

« Ami, dit l’enfant grec, dit l’enfant aux yeux bleus, je veux de la poudre et des balles. » L’enfant du poème de Victor Hugo va rallier toute l’opinion publique européenne à sa cause. Sans doute parce que les massacres ottomans révulsent l’opinion, mais aussi parce que cette rébellion est celle de la liberté des peuples, du réveil de ces nationalités qui secouent tout au long du XIXe siècle le vieux continent, jusqu’à provoquer la Première Guerre mondiale.

Les Turcs ont envahi la Grèce dès le XVe siècle. Ils n’ont pas cherché à convertir les orthodoxes. Même si les chrétiens n’ont pas tout à fait les mêmes droits que les musulmans. Ils y ont donc installé une administration qui a, au fil du temps, perdu de son efficacité, laissé des potentats locaux abuser de leur pouvoir, augmenter la pression fiscale et s’avérer incapables de garantir la sécurité. À cette déliquescence s’est ajoutée la propagation des idées de la Révolution française, qui font leur chemin dans la bourgeoisie grecque.

« LA LIBERTÉ OU LA MORT »

Officiellement, la guerre d’indépendance grecque commence le 25 mars 1821. Au monastère d’Aghia Lavra, à Kalavryta, au nord du Péloponnèse, lorsque l’archevêque orthodoxe de Patras et 5 000 paysans font fuir les cavaliers turcs venus arrêter le métropolite. Voilà l’indépendance grecque proclamée.

En réalité, les membres de la société secrète révolutionnaire l’Hétairie, d’inspiration carbonariste (du nom de cette organisation clandestine, née en Italie, libérale, républicaine et anticléricale) ont déjà provoqué des troubles sur la côte nord du Péloponnèse. En janvier 1822, à Épidaure l’indépendance est proclamée par 59 représentants des régions soulevées. Le drapeau à croix blanche et à bandes bleues et blanches est arboré ; la devise du futur État grec proclamée : Elefthería í thánatos « La liberté ou la mort ».

Les insurgés remportent quelques succès dès les premiers mois et exécutent des Turcs. À Tripolizza, en plein Péloponnèse, 12 000 musulmans sont massacrés. En riposte, des Grecs sont tués à Istanbul, à Salonique, à Smyrne et dans d’autres cités. Le patriarche de Constantinople, Grégoire V chef de l’Église orthodoxe grecque, sera pendu. Son corps est exposé trois jours, puis livré à la foule. La guerre d’indépendance prend aussi des allures de guerre sainte.La réaction ottomane ne s’est pas fait attendre. Les troupes du sultan Mahmoud IIréoccupent le nord de la péninsule. Ce qui n’empêche pas les rebelles de poursuivre leurs opérations, d’où le drame de Chio.

La férocité de la répression turque révulse. La Grande-Bretagne menace de rompre ses relations diplomatiques avec la Sublime Porte. En Russie, le prince Golitsyne réunit des fonds pour aider les victimes, racheter des esclaves. En 1824, le roi Charles X achète pour le Louvre la toile d’Eugène Delacroix Scènes des massacres de Scio. Et le mouvement philhellène de soutien aux Grecs se propage à travers toute l’Europe. On y retrouve des libéraux qui seront en France sur les barricades de 1830 et plus tard animeront en Europe les révolutions de 1848. Mais aussi des chrétiens solidaires des orthodoxes martyrisés, d’anciens soldats de Napoléon qui veulent prendre leur part aux luttes pour la liberté, des intellectuels, des artistes, des figures du romantisme.

 

CIVILISATION CONTRE BARBARIE

Pour autant, les puissances ne veulent pas bouger. Après la chute de Napoléon, la Sainte-Alliance et ses congrès ont gelé les frontières des États européens et la nature de leur régime. Le but est simple : empêcher toute guerre, mais aussi toute révolution. Le prince Metternich, gendarme de l’Europe, est très attaché à cette chape de plomb qui écrase la liberté des peuples. Avec un stupéfiant mépris, le chancelier de l’Empire austro-hongrois lance un jour : « Les Turcs sont de fort bonnes gens. Ils égorgent les Grecs. Les Grecs leur coupent la tête. La révolution grecque est une question hors de civilisation. Que cela se passe là-bas ou à Saint-Domingue, c’est la même chose. » Mais ce que n’a pas prévu l’éminent diplomate, c’est que l’ampleur des tueries ottomanes créée une violente émotion qui va servir de catalyseur. Les comités philhellènes jaillissent partout en Europe.

Ce sont d’abord des comités suisses et allemands qui donnent le ton. Puis le centre de gravité du philhellénisme gagne Londres, Paris. Les amis des Grecs s’organisent partout, aux Pays-Bas, en Italie, en Scandinavie, en Prusse. Le choix est simple : la civilisation contre la barbarie. D’ailleurs, la Grèce n’est-elle pas le creuset de la culture européenne. Chateaubriand s’indigne : « Notre siècle verra-t-il des hordes de sauvages étouffer la renaissance d’un peuple qui a civilisé la terre… » Shelley, un des plus grands poètes britanniques, insiste : « Nous sommes tous des Grecs. Nos lois, notre littérature, notre religion, nos arts prennent tous leurs racines en Grèce. »

Donc, c’est dit, au nom d’une forme de gratitude civilisationnelle, l’Europe, l’Occident, la chrétienté n’a pas un droit mais un devoir d’ingérence en Grèce. Le colonel Baleste, d’origine corse, débarque en Crète. Il forme une unité sur le modèle européen, le Tacticon. Une quarantaine d’officiers italiens des guerres napoléoniennes encadrent la nouvelle formation. Lorsque Baleste est tué, c’est le piémontais Tarella qui le remplace. Un Wurtembourgeois, le général comte Karl von Normann-Ehrenfels rejoint à Péta, en Épire, le Tacticon et des volontaires philhellènes qui forment le carré pour résister aux Turcs. Ils sont finalement vaincus, leurs bataillons massacrés. Mais la gloire est acquise.

Le colonel Charles Nicolas Fabvier un artilleur de Napoléon, flanqué du chef d’escadron Auguste Regnaud de Saint-Jean d’Angély, hussard et ex-ordonnance de l’Empereur qui finira maréchal de France, réorganise le Tacticon. Le capitaine d’artillerie Pauzé met sur pied une école centrale militaire. Arrivent plus tard un afflux de volontaires allemands et suisses sous les ordres d’un général bavarois, Carl Wilhelm von Heideck. Les bataillons philhellènes compteront jusqu’à 4 000 hommes. Ils vont s’illustrer lors de la prise d’Athènes par les Turcs en sauvant la garnison de l’Acropole.

Depuis 1824, les affaires des insurgés grecs vont assez mal. Le sultan a reçu l’aide de son vassal, le pacha d’Égypte Méhémet-Ali, qui lui envoie Ibrahim Pacha, son fils. Ce dernier envahit la Morée avec une armée équipée et entraînée qui ravage le pays. En 1826, il met le siège devant Missolonghi, un endroit stratégique à l’entrée du golfe de Corinthe. La ville a déjà été plusieurs fois assiégée par les Turcs, jusque-là repoussés.

Un personnage flamboyant y a débarqué le 5 janvier 1824 : George Gordon Byron, sixième baron Byron de Rochdale, une véritable star du romantisme. Un poète exalté, mais aussi un personnage sulfureux. Ce « libertin effronté », comme il se qualifie lui-même, est aussi un ardent partisan de la liberté. Lorsqu’il débarque en uniforme rouge dans Missolonghi, il est accueilli avec chaleur par Aléxandros Mavrokordátos une des grandes figures de l’indépendance grecque et qui sera plusieurs fois Premier ministre de son pays libéré. Byron ouvre sa bourse, paie des soldes, tente de créer et d’armer une troupe. Saisi par les fièvres de cette ville marécageuse, il meurt le 19 avril 1824. Pour les Grecs, il est quasiment mort au combat. Le voilà en tout cas honoré comme un héros de l’indépendance. L’Europe romantique est en deuil.

 

INTERVENTIONS EUROPÉENNES

Ibrahim Pacha finira deux ans plus tard par s’emparer de ce symbole de l’héroïsme grec. Cernés, affamés, épuisés, les derniers défenseurs de la cité tentent une ultime sortie. Trois colonnes se jettent sur les Turcs. En première ligne, 2 000 combattants, derrière eux, 5 000 vieillards, femmes et enfants, armés eux aussi. Les Turcs les massacrent, mais 1 800 d’entre eux parviennent à s’échapper. Lorsque les Ottomans pénètrent dans la ville, les survivants se font exploser dans leurs poudrières. Les prisonniers sont exécutés ou vendus comme esclaves. Sur les remparts, les vainqueurs disposent 3 000 têtes tranchées. Cette fois, c’est trop. L’héroïsme grec est d’autant sublimé par la fureur sanglante des Ottomans. Le philhellénisme est au comble de l’exaltation. Rossini, directeur du théâtre des Italiens, à Paris, organise un concert en hommage aux assiégés. Les étudiants se précipitent aux Tuileries pour convaincre le roi Charles X d’aider les Grecs. Eugène Delacroix connaît avec son tableau la Grèce sur les ruines de Missolonghi un triomphe. Jean-Gabriel Eynard, financier et diplomate suisse, et le roi Louis Ier de Bavière dépensent des fortunes pour racheter des femmes et des enfants de Missolonghi vendus comme esclaves en Égypte. Pouchkine plaide en Russie pour la Grèce.

Metternich a perdu. La France, la Grande-Bretagne et la Russie, par le traité de Londres, reconnaissent l’autonomie de la Grèce et décident d’intervenir. Le 20 octobre 1827, une flotte anglo-française détruit, pratiquement à l’ancre, 60 navires turcs et égyptiens dans la baie de Navarin, à l’ouest du Péloponnèse. En 1828, 15 000 soldats français sous les ordres du lieutenant général Nicolas-Joseph Maison débarquent en Grèce. Ils s’emparent de toutes les places fortes de la Morée en un mois. Les troupes régulières grecques prennent le relais. Missolonghi est repris. La même année, les soldats du tsar envahissent la Turquie et conquièrent la Géorgie. Le sultan cède. Le traité de Constantinople, le 21 juillet 1832, consacre l’indépendance grecque après dix ans d’effroyables combats. Une petite Grèce réduite au Péloponnèse et à quelques îles des Cyclades voit le jour. Et les puissances affublent le jeune état d’un roi d’origine bavaroise. Othon Ierse révèle un homme autoritaire qui refuse tout projet de Constitution. Il sera renversé en 1862. La marche des Grecs vers leur liberté sera encore longue.

La laïcité, un outil contre les religions en France ?

C’est le thème du septième épisode de la série « La Casa del Hikma ».

La laïcité, tout le monde en parle. Et vous qu’en savez-vous ? C’est le thème du septième épisode de la série « La Casa del Hikma ».

Vidéo – La Casa del Hikma : la laïcité, un outil contre les religions en France ?
 
La laïcité est régulièrement l’objet – et, à bien d’occasions, un prétexte – de débats houleux et à des polémiques ces dernières années en France.

Ces débats, qui viennent agiter l’actualité, naissent parfois d’incompréhensions mais aussi, beaucoup, d’une instrumentalisation à des fins politiques ou idéologiques de ce qu’est la laïcité dans ses fondements ; débats qui, à leur tour et dès lors qu’ils ne sont pas entourés de sérénité, appuient des idées reçues au sein de la société. Celles opposant laïcité, religions et liberté religieuse sont parmi les plus tenaces.

La laïcité est-elle une arme contre les religions de nos jours ? Est-ce un principe qui érige l’athéisme comme « la » bonne religion en France ? 

La laïcité empêche-t-elle la liberté de culte ? Est-elle un outil agissant contre la visibilité religieuse ? Faut-il garder sa foi en privé, ne pas l’exposer dans l’espace public, pour être une personne respectueuse de la laïcité ?

C’est autour du tryptique républicain – Liberté, Égalité, Fraternité – que doit s’articuler la laïcité dans sa pratique, plaide Jean-Louis Bianco. « Parce qu’être laïque, ça veut dire qu’on a des convictions et qu’on respecte celles des autres », note le président de l’Observatoire de la laïcité.

 


La France ne comprend pas la guérilla djihadiste menée

Boualem Sansal exhorte la France à agir pour éviter une “guerre totale”

L’auteur algérien estime que “la France ne comprend toujours pas la réalité à laquelle elle est confrontée” alors que les attaques islamistes se multiplient.

Khaled Kelkal (1971-1995), en bas à droite : le premier d’une histoire sans fin? 

Un attentat, puis les mots indignés, les pleurs. Et ensuite ? La même inaction, la même routine. C’est, en substance, ce que dénonce le romancier algérien Boualem Sansal dans les colonnes de L’Express dimanche 18 octobre, après la décapitation du professeur Samuel Paty dans les Yvelines, vendredi.

« La France est plus fortement touchée »

« On condamne en rivalisant d’émotion et de formules, on affirme son soutien à la famille de la victime, on rassure le corps enseignant et les parents d’élèves, on appelle à des mesures fortes, on promet la fermeté. Voilà ce qu’on entend sur les ondes. On fait son devoir, on a la conscience tranquille… jusqu’à la prochaine horreur, la prochaine barbarie », pointe l’auteur dans sa tribune. Pour ce dernier, « tout cela montre que la France ne comprend toujours pas la réalité à laquelle elle est confrontée. Elle se croit frappée par des terroristes, des jeunes fichés S ou pas, alors qu’elle subit une guérilla qui peu à peu prend son élan pour un jour atteindre les dimensions d’une guerre totale ».

Boualem Sansal écrit aussi que « l’islamisme est un Etat souverain, un Etat qui n’a pas de territoire propre, pas de frontières, pas de capitale ». Dès lors, face à la « guerre » entamée, « la France est plus fortement touchée en raison de son histoire propre (la colonisation, son soutien aux dictatures arabes, la présence sur son sol d’une émigration nombreuse mal intégrée qui peu à peu s’est détachée de la communauté nationale) ». Le romancier poursuit, estimant que « c’est à cela qu’a obéi le jeune Tchétchène de Conflans-Sainte-Honorine. Pour les Français, c’est un assassin, pour les islamistes il s’est comporté en musulman sincère et courageux ». « Il est plus que temps que la France regarde ces choses dans leur réalité nue, et se convainc qu’à la guerre on répond par des actes décisifs et non par des discours émus », conclut enfin le texte.L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Kelkal-2.png.La France ou plutot ceux qui la dirigent, politiques et haut fonction-naires sont responsables, et coupable de ce qui se passe dans ce pays, il faut y ajouter un nombre de Juges complices et d’Avocats bien rémunérés…Ils sont tous collaborateurs des islamistes…probablement qu’un certain nombre au plus haut niveau a-t-il été corrompu par les pétro-dollars…Il faut aussi tacher de comprendre pourquoi nos autorités sont les complices de l’immigration financée par Georges Soros ! Pour assainir la France il y a du boulot et il semble que les français soient trops individualistes et ne sont pas suffisamment patriotes et nationalistes. Nous devrions prendre exemple sur la Russie de la Chine où d’Israël ! Mais c’est dans l’immédiat la part du rêve où du cauchemard !

Ce qui poussent les musulmans wahhabisés de l’Occident à rejoindre Daech

Le wahhabisme considère plusieurs catégories de musulmans comme étant des apostats

Il s’agit d’une des raisons qui pousse les musulmans «wahhabisés» de l’Occident à rejoindre Daech et qui montre l’importance de l’apport du wahhabisme saoudien – qui est prêché dans les mosquées de France depuis plusieurs décennies, grâce à la bénédiction et à la générosité des plus hautes autorités saoudiennes [1] – pour l’idéologie de Daesh. PAR

Cette raison est basée sur la conception d’Al-Hijra (= l’immigration, le déplacement ) des musulmans vivant chez les «mécréants» vers les terres de l’islam, introduite par Mohammed Ibn Abd al-Wahhab (1703-1792, le père-fondateur du wahhabisme, l’idéologie politico-religieuse de la monarchie saoudienne qu’il partage avec Daech) et instrumentalisée par ce dernier dans ses propagandes médiatiques en ligne ou autres pour inciter les musulmans des pays non-musulmans à le rejoindre, instrumentalisée en arabe, en français, par l’intermédiaire de son magazine Dar Al-Islam (=Terre d’islam), et en anglais par l’intermédiaire de son magazine Dabiq, par référence à Dabiq, ville du nord de la Syrie qui, dans l’eschatologie daechienne, sera pour les forces anti-islamiques l’équivalent de Waterloo [2]. Il est à noter que Mohammed Ibn Abd al-Wahhab et le wahhabisme en général considèrent plusieurs catégories de musulmans comme étant des apostats – ce qui implique, selon eux, l’obligation de les combattre jusqu’à la mort – parmi lesquelles on peut citer les chiites et les soufis. Ce qui explique les massacres odieux et barbares récurrents des chiites – où qu’ils se trouvent dans le monde, y compris en Arabie saoudite – par Daech et l’animosité permanente de la monarchie saoudienne envers l’Iran. Il est à noter aussi que, dans les publications médiatiques produites par Daech pour sa propagande, tous supports confondus, le nom de Mohammed Ibn Abd al-Wahhab est le nom le plus usité après celui d’Allah et du Prophète, avec la formule «Cheikh Mohammed Ibn Abd al-Wahhab a dit…».

Nous reproduisons ci-dessous un extrait, concernant Al-Hijra, du livre Al-ousoul ath-thalaatha (= Les trois principes fondamentaux) de Mohammed Ibn Abd al-Wahhab, publié régulièrement par Daech sur internet dans le cadre de sa propagande et dont la publication fut réitérée récemment [3]; ce qui montre l’importance que revêt ce rite wahhabite – qui n’a absolument rien d’islamique et que les musulmans wahhabisés de l’Occident prennent pour argent comptant, surtout les moins cultivés cultuellement parmi eux – je disais donc, ce qui montre l’importance que revêt ce rite wahhabite dans la stratégie de Daech pour enrôler les jeunes musulman-e-s de l’Occident sous ses bannières, les endoctriner et en faire des combattant-e-s :

« L’immigration : C’est le déplacement des musulmans vivant dans les pays de la mécréance  [littéralement, les pays des associateurs] vers les pays de l’islam, et cette immigration des pays de la mécréance vers les pays de l’islam est une obligation pour cette oumma [= la communauté de tous les musulmans] et le demeurera jusqu’à la fin des temps».

 

 

Ce site est destiné à être, rapidement, privé.

Le service fonctionnera à l’identique des journaux.

Ce site : https://education-citoyenneteetderives.fr est visité par 205 000 personnes, à la date du 15 août 2020. Le 18 octobre 2020, nous avons enregistré 237 035 personnes (à midi).

Du 15 aout 2020 au 18 octobre 2020 soit 64 jours nous avons enregistré :    237 035 – 205 000 = 32 035 personnes soit : 32 035 : 64 = 500,5 par jour

Une seule personne s’est fait connaitre mais avec un nom d’emprunt. Dans un proche avenir, nous n’écrirons plus pour des personnes que nous ne connaissons pas. Ce site  deviendra privé.

Pour les personnes intéressées, le service fonctionnera à l’identique des journaux.

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Nous tiendrons compte de toutes les réactions : benabadji@orange.fr 

 

 

 

 

 

Adrien Candiard : « Il faut prendre au sérieux le discours fanatique »

C’est très précisément ce qu’on appelle l’idolâtrie.

Dans son nouvel essai, ce frère dominicain, islamologue reconnu, explore les racines du fanatisme religieux, en particulier musulman. Propos recueillis par Jérôme Cordelier

Ce trentenaire est sans doute l’essayiste catholique le plus vif de notre époque. Le dominicain Adrien Candiard vit et travaille à l’Institut dominicain des études orientales (Ideo), fondé au Caire par les frères en 1928, d’où il nous fait parvenir à intervalles très réguliers des textes spirituels qui éclairent nos problématiques contemporaines. Depuis plusieurs années, Adrien Candiard étudie les manuscrits de l’islam médiéval, en particulier les écrits d’Ibn Taymiyya, penseur du XIVe siècle auquel se réfèrent de nos jours encore les musulmans radicaux.  

Le fanatisme trahit la religion qu’il prétend servir, analyse Adrien Candiard. Selon l’islamologue et frère dominicain, l’approche psychologique ou sociologique du fanatisme est incomplète sans une lecture théologique, qui considère le fanatisme comme une «maladie de la religion».

Dominicain vivant au couvent du Caire, Adrien Candiard est notamment l’auteur de Veilleur, où en est la nuit?, Comprendre l’islam, ou plutôt: pourquoi on n’y comprend rien, et Quand tu étais sous le figuier. Il vient de publier Du fanatisme, Quand la religion est malade (Ed du Cerf).

On pensait ouvrir un essai sur le terrorisme religieux et l’on referme en réalité un petit traité de théologie, s’achevant même sur un plaidoyer en faveur de la prière. Y a-t-il duperie sur la marchandise?

La duperie supposerait une intention machiavélique, alors qu’en un sens, j’ai été le premier surpris d’en arriver là! Mon intention était de comprendre, avec mes ressources qui sont à la fois celle d’un chrétien et d’un islamologue, un phénomène assez perturbant pour tous les croyants: comment la croyance en Dieu, qui devrait nous rendre meilleurs, pousse-t-elle certains à des actions condamnables, voire terrifiantes?

Or il me semble qu’il faut parfois jeter un coup d’œil religieux aux problèmes religieux. C’est ce que j’ai essayé de faire ici.

En traitant la question du fanatisme sous son aspect théologique, vous le décrivez comme une «maladie de la religion». Cette hypothèse rend-elle inopérantes les explications culturelles, psychologiques, sociologiques… qui cherchent à rendre compte du fanatisme?

Le fanatisme est un phénomène complexe et multiforme, dont je ne prétends pas faire le tour en un livre de cent pages. Les approches psychologiques ou sociologiques de ces phénomènes me semblent à la fois utiles et, à elles seules, incomplètes, parce qu’elles refusent par méthode de prendre en compte le discours religieux du fanatique, et singulièrement ce qu’il dit de Dieu. Or c’est justement dans ce discours sur Dieu que se trouve, à mon sens, une clef essentielle du phénomène.

Le fanatisme religieux procède selon vous d’une «théologie dont Dieu est absent». N’est-ce pas paradoxal, alors que le principal indice permettant de penser qu’un attentat a été commis par un fanatique est que celui-ci ait hurlé, en commettant son crime, le nom de Dieu?

Le fanatisme prend des formes très différentes, et ne saurait se résumer au seul terrorisme. Qu’ont de commun un Philippin qui se fait crucifier le vendredi saint et un taliban qui planifie un attentat? Il me semble que ce qui fonde toujours le fanatisme, c’est toujours une forme d’idolâtrie, où Dieu (qu’on prétend bien sûr toujours adorer) est remplacé par autre chose. Dans le cas du fanatisme religieux, on remplace Dieu par quelque chose qui touche à Dieu, qui vient de lui: ses commandements, sa révélation, la liturgie…

Et quand le fanatisme se sécularise, on le remplace par la race, la classe, la nation, le progrès. La version religieuse est plus subtile, parce que le fanatique a Dieu plein la bouche, mais en réalité, il adore autre chose. Il considère comme absolu quelque chose qui, n’étant pas Dieu, est nécessairement relatif. C’est très précisément ce qu’on appelle l’idolâtrie.

En dénonçant l’idolâtrie des fanatiques, vous dites que l’on peut confondre Dieu avec sa Parole, ses commandements, le culte qui lui est dû… Toutes choses qui, pourtant, sont des modes par lesquels Dieu se fait connaître et se laisse toucher par les hommes! Si l’on retire de Dieu tout ce qui nous est perceptible, tout ce qui nous parle de Lui, que reste-t-il de Dieu?

Catholique, religieux, prêtre, je crois plus que quiconque à la nécessité des médiations. Je crois que Dieu nous a donné la Bible, les sacrements, l’Église, par exemple, comme moyens d’aller vers lui. Comme moyens, ils sont excellents ; mais l’idolâtrie consiste à prendre pour Dieu les moyens d’aller vers Dieu.

Cette purification progressive, qui demande forcément du temps, c’est justement ce qu’on appelle la vie spirituelle: c’est elle qui, en mettant chaque chose à sa place, nous permet d’aimer Dieu pour lui-même, sans nous arrêter en route. Il ne s’agit pas de se priver de Dieu, mais au contraire d’aller vraiment vers lui!

Une société laïque doit-elle s’intéresser au discours théologique qui motive le fanatisme religieux? Après tout, la foi des terroristes ne l’intéresse pas, si?

La laïcité des institutions n’implique pas nécessairement l’aveuglement collectif sur les sujets religieux! Je crains au contraire qu’en faisant sortir les questions religieuses de la raison commune, en les considérant comme des sujets dont on ne peut discuter, on ne favorise au contraire les formes religieuses les plus bêtes ou les plus dangereuses — qui sont souvent les mêmes.

L’imaginaire de l’islam des origines (semble) offrir plus de disponibilité à un usage violent que les textes et l’imaginaire du christianisme primitif

Le défi de notre société n’est pas de masquer les différences religieuses, mais de permettre à des citoyens aux convictions religieuses très différentes de se parler sans se déchirer.

Vous traitez de tous les fanatismes et pas seulement du salafisme qui motive le terrorisme islamiste auquel nous faisons face. Sont-ils tous comparables? L’humoriste Gaspard Proust avait eu ce bon mot: «Un chrétien intégriste qui applique le Nouveau Testament à la lettre, c’est un mec qui se met à embrasser tout le monde dans la rue»… En d’autres termes, l’islam et le Coran n’offrent-ils pas davantage de prises à une lecture fanatique que les autres religions?

Les textes et surtout l’imaginaire de l’islam des origines me paraissent effectivement offrir plus de disponibilité à un usage violent que les textes et l’imaginaire du christianisme primitif. Il n’en est que plus frappant de constater que, dans l’histoire, des chrétiens ont pu s’en réclamer pour justifier des comportements fanatiques violents — à commencer par les guerres de religion du XVIe siècle européen, d’une férocité inouïe.

Cela nous montre qu’il y a une grande naïveté à penser que les comportements religieux ne sont que la conséquence mécanique des textes fondateurs. C’est un peu plus complexe, et un peu plus intéressant.

Pour qu’une lecture théologique s’impose sur une autre, et fasse échec en particulier aux dérives fanatiques, il faut que ce discours fasse autorité. Avez-vous bon espoir que le fanatisme musulman qui aujourd’hui ensanglante chaque semaine un peu plus l’actualité connaisse un reflux? Comment cela se pourra-t-il, et à quelles conditions?

La crise que traverse l’islam contemporain, et dont les actes terroristes que nous connaissons sont l’expression la plus visible, n’a pas une cause unique, et je ne me risquerai pas à faire des prophéties sur son évolution. L’histoire nous enseigne cependant deux choses.

D’une part, cette crise correspond à un moment historique donné, et ne se déduit pas d’une quelconque «essence de l’islam», ce qui serait désespérant. Et d’autre part, les événements spirituels — comme ceux qui pourraient permettre de sortir de cette crise — sont toujours imprévisibles.

Mais je connais assez de musulmans conscients des enjeux, et d’une spiritualité authentique et profonde, pour avoir des raisons d’espérer!