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Subvention de la ville de Strasbourg…

…à une Grande Mosquée de plus : c’est au statut des cultes en Alsace et Moselle qu’il faut mettre fin

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L’ensemble des associations membres du Collectif laïque national condamnent la décision de la municipalité EELV de Strasbourg de verser une subvention de 2,5 M€ pour la construction de la Grande Mosquée « Eyyub Sultan » par l’association Millî Görüş. 

Le Collectif laïque national souligne que l’association bénéficiaire, liée directement à un Etat étranger(1), incarne en France la version turque de l’islam politique – soit un séparatisme national et religieux, pour reprendre le terme du Président de la République dans son discours des Mureaux. Choisir de subventionner une telle association est une provocation – pour le moins hors de saison vis-à-vis des principes de la République.  

Il faut rappeler qu’il existe déjà à Strasbourg, outre 12 autres lieux de culte musulmans, une Grande Mosquée financée par le Maroc et l’Arabie Saoudite, et à laquelle la municipalité de gauche de l’époque a accordé en 1999 une subvention équivalant à 1,6 M€, ainsi qu’un terrain par bail emphytéotique. Les municipalités successives, de droite ou de gauche, ont accompagné la construction du bâtiment jusqu’à son inauguration en 2012. 

Au-delà de la légalité douteuse de telles subventions – le régime concordataire en vigueur en Alsace et Moselle ne pouvant être élargi à l’islam – c’est l’existence même de situations dérogatoires au principe de laïcité issu de la loi de 1905 qui constitue une tache sur le drapeau de la République. Outre l’Alsace et la Moselle, sont exclues de l’application de la loi du 9 décembre 1905 toutes les collectivités d’Outre-mer, sauf les Antilles et la Réunion. 

Le Collectif laïque national regrette qu’à l’occasion du projet de loi confortant le respect des principes de la République, le Gouvernement et sa majorité aient refusé toute remise en cause, même minime, du « statut local des cultes » anti-laïque d’Alsace et de Moselle, notamment. Il rappelle que celui-ci peut être abrogé sans que soient touchées les autres dispositions (civiles, commerciales, etc.) du « droit local » des trois départements concernés. 

Le Collectif laïque national a formulé des propositions, présentées à Strasbourg le 5 juillet 2012, pour une sortie progressive et concertée du statut local des cultes d’Alsace et de Moselle. La loi du 9 décembre 1905 doit s’appliquer sur tout le territoire de la République. 

Fait à Paris, le 07 avril 2021

Liste des signataires
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Milli Görüs: toujours plus grand…

 …toujours plus fort

La France apparaît désarmée face à l’ingérence politico-religieuse turque

Après la gigantesque mosquée de Strasbourg, la plus gigantesque encore école coranique d’Albertville…

Mais cette fois-ci, sans les subventions de la mairie. Pour sa mosquée strasbourgeoise, l’association turco-islamiste Milli Görüs avait reçu une subvention de 2,5 millions d’euros de la mairie écologiste de la ville. Le préfet, un peu choqué, a saisi la justice administrative pour s’opposer à cette singulière générosité. On attend de voir.

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Cette mosquée « fierté des musulmans » selon Milli Görüs est tout simplement un instrument de conquête. Et la conquête se poursuit avec d’autres moyens. Plus efficaces sans doute, car il s’agit d’une école !

À Albertville, Milli Görüs a vu grand. Un établissement scolaire de 4000 m², seize classes, quatre cents élèves. L’école sera hors contrat et coranique. Elle ne sera donc pas tenue de respecter les programmes de l’Éducation nationale. Des centaines de petits musulmans apprendront donc le Coran et les pensées d’Erdogan. Autant d’enfants qui seront un peu plus étrangers au pays qui les héberge.

Le maire d’Albertville(1) a tenté de s’opposer à cette honte. Mal lui en a pris. La justice administrative locale a retoqué son recours. En effet, il n’a voix qu’au chapitre de l’urbanisme. Et le projet de l’école coranique respecte scrupuleusement les règles urbanistiques…

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On n’est pas tenu de penser du bien des juges. Mais certains objectent qu’ils ne font qu’appliquer les lois. Quand les lois sont mauvaises, on les change, non 

Faut-il interdire les sorties scolaires…

 …aux «mamans voilées»?

Pour le Sénat, c’est oui

 

Bien plus courageux que le gouvernement, le Sénat a voté ces derniers jours plusieurs amendements bienvenus au projet de loi « confortant le respect des principes de la République ». L’un d’entre eux, en particulier, a suscité de nombreuses réactions. Et l’ampleur même de l’hostilité qu’il soulève parmi les islamistes et ceux que l’on appelle les islamo-gauchistes, prouve, si besoin était, qu’il est particulièrement bienvenu.

Il s’agit de l’élargissement du principe de neutralité aux parents accompagnant les sorties scolaires. En clair, et tout le monde sait que c’est ce dont il s’agit, de l’obligation faite aux « mamans voilées » d’ôter leur voile pour accompagner les sorties scolaires. Et mon titre est volontairement provocateur, puisqu’il ne s’agit évidemment à aucun moment d’interdire aux « mamans voilées » de participer aux sorties scolaires, mais simplement de leur imposer (comme d’ailleurs à tous les parents d’élèves) d’adopter lorsqu’elles y participent une tenue correcte et adaptée, ce qui n’est absolument pas la même chose.

Lydia Guirous, Fatiha Aga-Boudjahlat, Aurore Bergé favorables depuis longtemps

Défendue depuis des années par des personnalités de droite comme de gauche, au premier rang desquelles Lydia Guirous et Fatiha Aga-Boudjahlat, cette mesure a initialement été proposée à l’Assemblée par Aurore Bergé et Jean-Baptiste Moreau, malgré l’opposition de la majorité LREM à laquelle tous deux appartiennent. Le gouvernement était alors parvenu à censurer cette proposition sous des prétextes fallacieux, et on peut remercier la majorité de droite du Sénat, et en particulier Max Brisson, Bruno Retailleau, Jacqueline Eustache-Brinio et Valérie Boyer, d’avoir résolument remis la question à l’ordre du jour.

Alors que le sujet attise les passions – ce qui, redisons-le, suffit à démontrer que le voile n’est pas un « simple vêtement » – il est plus nécessaire que jamais de rappeler quelques éléments factuels, que je soumets à la réflexion de chacun.

La véritable impudicité n’est-elle pas du côté de cette soi-disant «pudeur» qui s’exhibe avec arrogance?

D’abord, il est ridicule d’évoquer un quelconque « droit de s’habiller comme on veut ». Outre évidemment l’article R645-1 du Code Pénal qui réprime « le port ou l’exhibition d’uniformes, insignes ou emblèmes rappelant ceux d’organisations ou de personnes responsables de crimes contre l’humanité », il serait (et heureusement !) inconcevable d’accompagner une sortie scolaire totalement nu à l’exception d’un string de cuir clouté et de bottes d’équitation. C’est donc que des limites, légales ou de simple bon sens, existent.

Une forme de courtoisie devrait aussi s’imposer. Serait-il légitime de prendre prétexte d’un rôle d’accompagnant pour infliger aux enfants d’autrui ses engagements militants personnels, quels qu’ils soient ? Voudrait-on voir fleurir pendant les sorties scolaires les t-shirts « Votez Mélenchon », « Le Pen, vite » ou « Tous avec Macron » ?

Naturellement, si l’Assemblée devait repousser l’amendement que nous évoquons, il sera probablement nécessaire de se faire un devoir d’accompagner les enfants en portant des vêtements ornés des plus belles caricatures de Charlie Hebdo, en particulier l’immortel « Charia Hebdo », afin d’imposer un contrepoids à l’ostentation religieuse du voile. Mais, sincèrement, ne vaudrait-il pas mieux garder le temps scolaire à l’écart de ces querelles ?

Un signe sexiste et obscurantiste

Au-delà de ces considérations générales sur la neutralité, et parce que c’est évidemment du voile islamique qu’il s’agit, et non de t-shirts politiques ou de la robe safran de moins bouddhistes, il est bon de se souvenir de certains points concernant spécifiquement ce voile, qu’il s’agisse d’un hijab, d’un simple foulard, d’un khimar, d’un jilbab ou que sais-je.

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Avant tout, convenons que la signification d’un symbole dans l’espace public de dépend pas des intentions de la personne qui arbore ce symbole, mais du sens qui lui est collectivement attribué. Elle est définie par une histoire, un contexte, et son usage dans le cadre général. Ainsi, si deux spécialistes de la Rome antique se rencontrent dans la rue et se saluent à la romaine, on leur reprochera ce que tout le monde prendra pour un salut nazi, et ce reproche sera parfaitement justifié. Dans le cas du voile, la question n’est donc pas de spéculer sur les raisons pour lesquelles telle ou telle femme le porte, mais de savoir si oui ou non il s’agit d’un symbole, s’il a une signification dans l’espace public, et si oui, laquelle. Ensuite, et ensuite seulement, il sera possible de débattre de l’attitude à adopter.

On me rétorquera que nous ne sommes pas en Iran: nous ne sommes pas non plus un monde à part, sans lien avec le reste de la planète

L’histoire du voile est évidemment à prendre en compte, et sur ce point je renvoie d’une part à la conférence de Souâd Ayada sur le sujet, mais aussi à la prise de position pleine d’humour du président Nasser. On connaît ces photos des années 60, qui montrent que les universités du Caire ou de Téhéran accueillaient de nombreuses étudiantes, dont aucune ou presque n’était voilée. On sait que dans la foule iranienne qui pourtant acclamait Khomeiny à sa prise de pouvoir, il n’y avait pas de femmes voilées. Et on sait, ou en tout cas toute personne s’exprimant sur le sujet du voile devrait savoir, que dès que ce symbole fut rendu obligatoire par la république islamique, des Iraniennes descendirent courageusement dans la rue par milliers pour protester. Rappelons enfin que, selon les sondages, deux tiers des musulmanes vivant aujourd’hui en France ne portent pas le voile, et on en trouve même bon nombre qui sont les premières à s’y opposer !

L’équation simpliste musulmane = femme voilée est donc radicalement fausse. La critique même virulente de ce symbole, que le musulman et islamologue Ghaleb Bencheikh a qualifié « d’atteinte à la dignité humaine dans sa composante féminine », ne saurait donc être considérée comme un rejet des musulmanes en général. C’est même plutôt sa défense qui est très souvent une tentative d’invisibiliser les musulmanes non voilées !

En France, c’est le voile qui est impudique!

D’ailleurs, cette défense du voile s’accompagne systématiquement de la dévalorisation des femmes qui ne le portent pas, toutes les campagnes de promotion du hijab le prouvent. Ainsi, on se souvient de Hani Ramadan, déclarant « la femme sans voile est comme une pièce de deux euros, elle passe d’une main à l’autre. » On se souvient aussi des campagnes d’affichage comparant la femme voilée à une sucette emballée, et la femme non voilée à une sucette sans papier recouverte de mouches. Méprisant pour les femmes, et révélateur d’une certaine vision des hommes considérés comme incapables de respecter les femmes. « Un homme, ça s’empêche. Voilà ce qu’est un homme »écrivait Camus. Manifestement pas pour les défenseurs du voile. Intéressant aveu de ce qu’ils pensent d’eux-mêmes, de ce qu’ils pensent que leurs convictions ont fait d’eux.

Quant au terme désormais généralisé dans le monde anglo-saxon de « modest fashion » pour désigner la mode islamique, en français « mode pudique », il est une injure puisqu’il sous-entend que les femmes qui ne se plient pas à ses diktats seraient « immodestes », impudiques – diront-ils bientôt ouvertement « impures » ? Et au passage, la véritable impudicité n’est-elle pas du côté de cette soi-disant « pudeur » qui s’exhibe avec arrogance ? « Regardez-moi comme je me dissimule bien ! » « Regardez-moi comme je suis bien pudique ! » Profonde hypocrisie : il ne peut pas y avoir de pudeur ostentatoire.

A lire aussi, Alexandre Bertolini: Mennel retire le voile : «Il y avait des gens qui me suivaient sur les réseaux sociaux pour une image : j’étais le reflet de leur propre guerre»

Conséquence évidente, partout où le voile devient la norme, les femmes qui ne le portent pas voient leurs droits bafoués. Le cas de l’Iran est à cet égard emblématique, et on ne dira jamais assez le courage admirable des femmes qui s’opposent à ce vêtement devenu le symbole de la dictature totalitaire islamiste. On me rétorquera que nous ne sommes pas en Iran : nous ne sommes pas non plus un monde à part, sans lien avec le reste de la planète. Prétendre qu’il n’y aurait aucun rapport est, de la part de celles qui défendent ici le port du voile, d’un incroyable égoïsme. Comme le dit l’égyptienne Mona Eltahawy : « Les femmes du monde occidental portant un voile contribuent à asservir les femmes ailleurs dans le monde pour lesquelles le port du voile est une contrainte. »

Même en France, on observe la justesse de la formule de Waleed Al-Husseini : « le port du hijab est un choix, jusqu’à ce que vous l’enleviez. » Les tombereaux d’insultes que les réseaux sociaux déversent sur les femmes décidant d’ôter le voile le prouvent presque chaque jour, le cas de Mennel Ibtissem l’illustre bien. Harcèlement qui, hélas, ne se cantonne pas au monde virtuel : il faut entendre les nombreux témoignages comme celui-ci.

Les «mamans voilées» ne peuvent feindre d’ignorer le contexte

Se pose aussi la question cruciale de la réciprocité. Celles qui militent pour le port du voile militent-elles pour le droit de l’enlever ? Après l’attentat abominable de Christchurch, on a vu nombre de non-musulmanes porter un voile en signe de solidarité. Mais a-t-on déjà vu des musulmanes voilées enlever leur voile en signe de solidarité avec les victimes non-musulmanes des attentats islamistes ? Ou avec les femmes qui sont emprisonnées parce qu’elles refusent de porter cette tenue ? Jamais. Et cela ne suffit-il pas à nous dire tout ce que nous avons besoin de savoir sur le voile ?

Qu’on le veuille ou non, l’idéal islamique auquel se réfère le voile est sexiste, et méprisant envers les non-musulmans. Je ne dis pas que la situation des femmes dans les pays occidentaux serait parfaite : elle est cependant bien meilleure que dans les pays musulmans ! Chez nous, l’égalité des droits civiques entre femmes et hommes est garantie, alors que l’islam appelle à une radicale inégalité en droit (partage de l’héritage, valeur du témoignage, etc) qui concrétise une tout aussi radicale inégalité ontologique (la polygamie, même si elle peut être minoritaire, est autorisée, au contraire de la polyandrie, et le Coran normalise totalement les violences conjugales – sourate 4 verset 34 – ainsi que l’esclavage sexuel des prisonnières de guerre – sourate 4 versets 3, 23 et 24, sourate 23 verset 6, etc). Quant au mépris envers les non-musulmans, et plus profondément envers la liberté de conscience, il n’est qu’à constater la criminalisation de l’apostasie dans la quasi-totalité des pays musulmans pour s’en convaincre, sans oublier la légitimité doctrinale de la mise à mort des apostats.

A lire aussi: Renaud Camus: « La liberté d’expression dans la France de 2020 n’est pas menacée: elle n’existe pas »

Une tenue que les islamistes cherchent systématiquement à imposer ne saurait être considérée comme un simple vêtement : c’est un étendard, l’affichage ostentatoire de l’adhésion à une idéologie sexiste et totalitaire. Et même si celles qui le portent ne soutiennent pas tous les aspects de cette idéologie, elles en font néanmoins la promotion. C’est la situation du colleur d’affiche en période de campagne électorale : même s’il ne partage pas toutes les idées du parti qu’il soutient, en œuvrant à la victoire de ce parti il participe à la mise en œuvre de la totalité de son programme, y compris les points de ce programme avec lesquels il serait en désaccord.

Encore une fois, toutes les femmes voilées ne sont pas des islamistes. Mais aucune ne peut prétendre décider seule de la signification du symbole qu’elle porte, ni prétendre ignorer le contexte que je viens d’évoquer. Il se trouve que je connais une dame d’un certain âge, militante communiste, absolument adorable, chaleureuse, le cœur sur la main, prête à se mettre en danger pour défendre la liberté d’autrui. Est-ce une raison pour nier la réalité des goulags ? Est-ce une raison pour ne pas voir ce qui, dans l’idéologie communiste, a rendu les goulags non seulement possibles mais légitimes, pour ne pas dire inévitables ? Est-ce une raison pour autoriser des parents à participer à des sorties scolaires en arborant de la propagande stalinienne ?

Il en va de même du voile islamique.

Pauvre Houellebecq!

Le billet du vaurien

 

Michel Houellebecq n’hésite pas à écrire dans Le Figaro du 6 avril qu’une civilisation qui légalise l’euthanasie perd tout droit au respect ! On peut avoir du respect pour ses proches, voire pour soi-même, mais pour une civilisation… Admettons que Houllebecq ait une forme de génie qui lui permet d’embrasser les civilisations les plus diverses et de leur accorder de bons ou de mauvais points. Évidemment, si la civilisation européenne perdait la considération que Michel Houllebecq daigne lui accorder dans ses bons jours, nous en serions terrassés. Déjà que nous n’en menons pas large: l’islam a juré notre perte et même ce cher Tariq Ramadan pousse la chansonnette pour que les damnés de la terre prennent leur revanche sur les innombrables affronts que l’homme blanc leur a infligés.

Un nouveau billet mortel signé Jaccard

Je suppose que Houllebecq devait éprouver un sentiment de honte lorsque le droit à l’avortement a été admis. Et voici maintenant le coup fatal : la légalisation de l’euthanasie. Peut-être pourrions-nous rappeler à notre illustre romancier ce mot de Benjamin Constant : « Le suicide est un moyen d’indépendance et, à cet égard, tous les pouvoirs le haïssent. » Et pourquoi seuls les médecins et les chimistes auraient-ils accès en France à la technologie pharmaceutique du suicide ? Pourquoi chacun n’aurait-il pas le même « droit » de se tuer facilement, sans souffrance et sûrement ? Houllebecq serait-il devenu élitiste ? Ou ne parvient-il pas à comprendre que si certains considèrent le désir de vivre comme une aspiration légitime, d’autres tiennent à abréger la nuit qu’ils ont à passer dans une mauvaise auberge, pour citer sainte Thérèse d’Avila.

A lire aussi, Céline Pina: Tariq Ramadan se relance avec… un slam indigéniste

Est- il bien nécessaire d’interner dans des hôpitaux psychiatriques ceux qui ont une prédilection pour la mort, de leur donner des électrochocs et des sédatifs pour leur enlever cette fâcheuse idée que les menus plaisirs de l’existence méritent qu’on en jouisse ad nauseam, comme le préconise Houllebecq, dérobant par là-même à l’être humain la seule valeur spirituelle dont il a besoin pour vivre une vie pleine de sens ou pour mourir d’une mort pleine de sens, elle aussi: le respect de ses propres décisions ?

La soif de vivre paradoxale de Houllebecq

Quant à la légalisation de l’euthanasie qui est plutôt à l’honneur d’une civilisation, il est étrange que des pays aussi divers par leur culture ou leur religion que l’Espagne, la Belgique ou la Suisse l’aient adopté sans s’effondrer aussitôt. Certes, ils ont perdu le respect de Houllebecq et c’est terriblement fâcheux. Notre romancier préfère sans doute que des brigades de gendarmes traquent les trafiquants de Nembutal en France et punissent les contrevenants – des retraités en général – d’amendes salées, voire d’une peine de prison.

Félicitations à Houllebecq de défendre une conception aussi limitée de la liberté et, en dépit de la noirceur de ses romans, d’avoir un appétit de vivre que rien ne semble devoir entamer.

« Séparatisme », non « communautarisme »

Emmanuel Macron a substitué le terme de « séparatisme » à celui de « communautarisme » lors de sa visite à Mulhouse. 

Jean-François Badias/AP/SIPA

Pourquoi Emmanuel Macron parle désormais de « séparatisme » et plus de « communautarisme »  

Par Hadrien Mathoux

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Le président a cessé de parler de « communautarisme » depuis février et s’emploie désormais à utiliser « séparatisme » pour dénoncer les groupes agissant afin de « se séparer de la République ». Un virage lexical pas dénué de signification politique, qui ne parvient pas à combler les faiblesses et ambiguïtés contenues dans la notion de communautarisme.

C’est un glissement sémantique remarqué et discuté. Alors que le terme de « communautarisme » semblait s’être imposé dans le langage commun, Emmanuel Macron et son gouvernement lui ont trouvé un substitut, celui de « séparatisme. Ce mot habille la loi devant être présentée en conseil des ministres cet automne, qui devrait notamment exiger de toutes les associations qu’elles signent un pacte d’engagement sur la laïcité. Pourtant, en octobre 2019, le président annonçait encore sa détermination dans « la lutte contre le communautarisme, se disant prêt à mettre en place des mesures musclées, afin d’interdire « certaines pratiques qui se sont installées et qui ne sont pas conformes aux lois de la République. Pourquoi cette évolution de vocabulaire ?

Mais le 18 février, lors de son déplacement à Mulhouse, le chef de l’État a viré sa cuti lexicale. « Je ne suis pas à l’aise avec le mot de « communautarisme, a-t-il avoué, justifiant qu’il puisse exister « des communautés dans la République » à condition que celles-ci ne vaillent jamais « soustraction à la République. Cette évolution avait été saluée par le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, dans Le Figaro : « [Le terme de séparatisme] ne fustige pas la communauté musulmane qui défend certes ses intérêts, comme d’autres communautés, mais sans repli sur elle-même. C’est que le mot « communautarisme » est souvent contesté pour son caractère jugé à la fois vague et polémique. Dans sa contribution aux Cahiers du Cevipof en 2005, l’universitaire Pierre-André Taguieff avait ainsi souligné que la notion constituait « une figure pathologique composite qui, lorsqu’elle fait l’objet de passions intellectualisées, est construite par les anti-communautaristes déclarés avec les attributs d’intolérance, de fermeture sur soi, d’ethnocentrisme, voire de xénophobie.

Dans ce schéma, il serait en effet aisé pour des idéologues prônant l’exclusion de certains groupes de dénigrer comme « communautarisme » tout comportement qui dévierait un tant soit peu de la norme du groupe majoritaire. Certains estiment en outre que le communautarisme est devenu à la fois un cache-sexe et un fourre-tout : cache-sexe, car il sert pour la grande majorité de ceux qui l’invoquent à parler d’islamisme sans le nommer directement ; fourre-tout, car il est bien difficile de désigner clairement quelle gamme de comportements sont désignés par l’infamante expression. « Sur le terrain, les habitants des quartiers ne se reconnaissent pas dans le terme ‘communautarisme’, c’est un mot politique et médiatique, estime auprès du Monde le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, chargé d’une mission sur le sujet lorsqu’il était secrétaire d’État.

COMPROMIS SÉMANTIQUE

Le choix du mot « séparatisme » doit pour Emmanuel Macron servir à gagner en précision et éviter tout risque de stigmatisation. Le président a ainsi reconnu l’existence d’appartenances communautaires liées au « pays d’où on vient » ou à la religion, mais tracé la limite : ces identités sont « compatibles avec la République » mais le problème se pose « quant au nom d’une religion ou d’une appartenance, on veut se séparer de la République. Ce faisant, le chef de l’État cherche à se démarquer d’un républicanisme assimilationniste qu’il critiquait abondamment avant son élection à la présidence, accusé de vouloir gommer toutes les appartenances particulières des Français pour les fondre dans le corps national.

Le « séparatisme » répond-il cependant à tous les écueils posés par l’usage de « communautarisme » ? De part et d’autre des opposants au président, cette évolution de lexique est critiquée. Danièle Obono, de la France insoumise, avait ainsi jugé que l’évocation du « séparatisme islamiste » par le ministre Jean-Michel Blanquer était une preuve de l’existence d’un « racisme d’État. Le site Mediapart écrit que « les musulmans [pouvaient] se sentir – à juste titre – ciblés par une politique populiste et discriminatoire » avec la loi sur le séparatisme. Le maire Les Républicains du Touquet, Daniel Fasquelle, a lui plutôt dénoncé le fait qu’Emmanuel Macron « n’ose même pas prononcer le mot ‘laïcité’« , jugeant que le terme de séparatisme n’avait « pas de sens« .

Pas de sens, mais une histoire, puisque Charles de Gaulle l’a abondamment employé juste après la Seconde guerre Mondiale pour alerter contre la menace… communiste. Comme le relate Mediapart, le général dénonçait à Rennes le 27 juillet 1947 « le séparatisme communiste, oeuvre « d’un groupement d’hommes, dont ceux qui les mènent placent au-dessus de tout le service d’un État étranger. Par la suite, le « séparatisme » a surtout servi à qualifier les divers mouvements régionalistes, voire indépendantistes, qu’ils viennent du Pays basque, de Bretagne ou de Corse. Illustration de l’ambiguïté latente, Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté, a défini le séparatisme comme « l’action de constituer un groupe qui a pour but de s’organiser en marge de la République, souvent de façon violente« , avant d’appeler à… « laisser les Corses tranquilles« , pour se focaliser sur « l’islam politique« mais plus généralement sur « les groupes organisés de manière hostile et violente vis-à-vis de la République » qui pourraient également inclure les sectes ainsi que les groupuscules politiques extrémistes.

De son côté, le politologue spécialiste de l’islam Olivier Roy a relevé auprès du « Huffington Post » une autre confusion possible, en soulignant que la stratégie d’une des forces majeures de l’islam politique, les Frères musulmans, n’était pas séparatiste puisque leur objectif en France est « que la République reconnaisse en son sein une minorité ethno-religieuse« . Le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), association très active liée à l’idéologie frériste, a d’ailleurs publié un texte le 22 août estimant « urgent pour la France de reconnaître la communauté musulmane comme une des minorités vivant sur son territoire.« 

Enfin, Charles Coutel, vice-président du Comité Laïcité République et directeur de l’Institut d’études des faits religieux (IEFR), pointe un autre glissement sémantique potentiel : si le séparatisme « désigne bien une volonté de certaines communautés à vivre et à se développer en dehors des lois de la République, la confusion se développe si l’on oublie que l’idée de séparation peut aussi renvoyer à une volonté de se développer librement, quand un individu entend rompre avec sa communauté de départ« . La loi de 1905, pilier de la laïcité française, n’a-t-elle d’ailleurs pas institué la séparation du religieux et du politique ? Et Charles Coutel de citer l’écrivain suisse Denis de Rougement : « L’individu libre, c’est l’homme qui s’arrache au sacré sombre, à la terreur de la tribu, en profanant les tabous par un acte de raison antisocial. Dans ce sens très précis, « la séparation voulue peut rompre avec le séparatisme subi : il faut soutenir les ruptures individuelles au sein des communautés repliées sur elles-mêmes, estime l’universitaire.

Depuis Strasbourg, la contre-offensive…

 …des opposants à la charte de l’islam de France

Rédigé par Lina Farelli 

Les trois fédérations non-signataires de la charte des principes pour l’islam de France ont signé, mardi 6 avril, une déclaration de principe dans laquelle elles réaffirment leur adhésion aux valeurs et aux principes fondamentaux de la République. Pour ces acteurs réunis à Strasbourg, il s’agit de faire œuvre de clarté quant à leur attachement aux principes républicains face aux multiples « amalgames » et attaques à leur encontre depuis janvier.

Depuis Strasbourg, la contre-offensive des opposants à la charte de l'islam de France
 
« Nous sommes prêts à reprendre les négociations mais nous dire de signer un texte en l’état ou rien, je dis clairement aujourd’hui, c’est rien et nous en assumons les conséquences. Nous ne sommes pas et ne serons jamais les otages des agendas des uns et des autres », a lancé Hamadi Hamami, président de Foi & Pratique. A ses côtés, se trouvaient les représentants du Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF) et de la Confédération islamique Milli Görüs (CIMG) depuis Strasbourg.

Ensemble, les trois fédérations, qui refusent de signer la charte des principes de l’islam de France, ont réaffirmé leur adhésion aux principes de la République et à la laïcité, de même que leur rejet de l’instrumentalisation de l’islam à des fins politiques et de l’influence des États étrangers dans une déclaration de principe (voir encadré) qui a été présentée, mardi 6 avril, lors d’une conférence de presse organisée en présence d’Eyüp Sahin, président de la mosquée Eyyub Sultan.

Depuis plusieurs jours, les responsables de ce lieu de culte en construction, affilié à la CIMG, sont en effet dans la tourmente en raison de la promesse de subvention à hauteur de 2,5 millions d’euros faite par la mairie de Strasbourg à laquelle s’oppose catégoriquement le ministère de l’Intérieur.

Dénonçant des accusations « infondées » et stigmatisantes à leur encontre, Eyüp Sahin a martelé que sa mosquée – de même que la CIMG – n’a pas à être « comptable de ce qui se passe dans (son) pays d’origine », en référence à la Turquie. Une décision sur l’octroi de la subvention ou non sera prise « courant avril », a fait savoir, de son côté, la mairie, qui s’est récemment accordée avec Europe Ecologie-Les Verts pour déposer plainte contre Gérald Darmanin.

Lire aussi : Exclure des assises de l’islam de France les non-signataires de la charte ? « Ce sera ingérable »
 
Déclaration de principe

Nous les fédérations CCMTF, CIMG France, Foi et Pratique, réaffirmons que notre foi et nos convictions religieuses nous amènent naturellement à honorer fidèlement nos obligations citoyennes. Nous proclamons solennellement notre adhésion aux valeurs et principes fondamentaux de la République.

A travers cette déclaration, nous souhaitons rappeler notre attachement à la Constitution Française, aux lois et valeurs de laïcité, instaurant des rapports apaisés et confiants au sein de la communauté nationale dans sa diversité et sa pluralité.

1) Adhésion aux principes de la République

La vie religieuse musulmane, façonnée autour de ses principes propres, se déroule dans le cadre de la Constitution, et de la société françaises.

Notre Constitution et notamment son préambule garantit aux musulmans vivant en France la possibilité de pratiquer librement leur religion, d’exercer leurs droits de citoyens ainsi que le vivre-ensemble des différentes religions et cultures.

Notre Constitution nous impose également des responsabilités pour la paix, le bien-être et la sérénité de la société.

Nous considérons toutes les responsabilités et tous les droits inscrits dans la Constitution comme garants de la coexistence pacifique et égalitaire de toutes les religions et cultures différentes en France.

Ce cadre constitutionnel, que nous défendons fermement, offre aux musulmans de France la possibilité de pratiquer librement leur religion dans le respect de la Constitution, des lois, et des principes républicains.

2) La Liberté et la Laïcité

Nous exerçons nos activités dans le cadre des principes et des lois de la République, qui fondent l’unité et la cohésion de notre pays et sont le garant du pacte social.

En tant que fédérations françaises, nous nous inscrivons dans les lois de la République qui protège la liberté de pensée, laquelle englobe la liberté de croyance.

Comme toutes les religions, nous savons distinguer clairement le droit interne des religions du droit positif. A cet égard nos pratiques n’ont jamais contrevenu et ne sauraient en aucun cas contrevenir aux libertés publiques et à l’ordre public, qui s’imposent à tous. Chacun est libre de croire ou de ne pas croire. L’un des principes majeurs de l’ordre constitutionnel français est la laïcité.

Celle-ci se comprend d’une part comme la neutralité de l’Etat vis-à-vis des communautés religieuses, et d’autre part, par la neutralité de ces communautés envers l’Etat.

Les organes législatifs, exécutifs et judiciaires du gouvernement tirent leur légitimité de la nation qui s’exprime par le suffrage universel.

Les communautés religieuses ont le droit de vivre, de pratiquer et d’enseigner librement leur religion dans le cadre de la liberté de conscience dans un état de droit démocratique et laïc.

Cette norme constitutionnelle, que nous défendons fermement, offre aux musulmans de France la possibilité de pratiquer librement leur religion.

3) L’Egalité et La Fraternité

Les signataires de cette déclaration de principes s’inscrivent pleinement dans le respect de l’article 1 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : « Tous les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit. »

Agir avec le sentiment de fraternité est requis par notre religion. Notre religion rejette toutes discrimination.

Elle prescrit une approche égalitaire, sans distinction de religion, de langue, de sexe, d’appartenance ethnique, de différences sociales, physiques ou autres.

Les pensées et les opinions, quelles qu’elles soient, ne peuvent être imposées à autrui.

Les signataires s’inscrivent pleinement dans le respect des lois de la République et s’engagent à consolider la cohésion nationale, à œuvrer pour la paix civile, et à lutter contre toute forme de haine et de violence.

4) Rejet de l’instrumentalisation de l’islam à des fins politiques ainsi que de l’influence des États étrangers

Rappelant que l’ordre du politique demeure séparé de l’ordre du religieux, nous condamnons et dénonçons toute instrumentalisation de la religion à des fins politiques ou de la politique à des fins religieuses.

Nous refusons tout courant politique ou idéologique qui viserait à diffuser une doctrine politique au sein de nos mosquées contraire à la Constitution ou à la Loi et contestant directement ou indirectement les principes fondamentaux énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

Nous sommes contre toutes les tendances qui tentent de nuire à l’ordre constitutionnel français ou au pacte social. Dans la gestion de nos mosquées et les missions de nos imams, nous réaffirmons notre totale liberté et indépendance à l’égard des États et gouvernements étrangers, et notre volonté d’être, au service des musulmans de France dans leur ensemble.