EXPERT EN RADICALISATION ET DERIVES
Articles les plus vus
Catégories
Partenaire
Visites

Histoire

Que préconise l’Église sur la vaccination ?

Soucieuse du bien commun, la Conférence des évêques de France (CEF) continue d’inviter chacun à se mobiliser contre le virus.

Alors que le gouvernement pousse les Français à la vaccination, quelle est la position de l’Église sur le sujet ? Si le pape se pose en ardent défenseur de la vaccination, l’Église de France est moins prescriptive et appelle les catholiques à « prendre leur propre responsabilité ».
 
773575_003

Le pape François, au Vatican, le 18 juillet 2021.  • VATICAN MEDIA/CPP/IPA/ABACAPRESS.COM

« Soucieuse du bien commun, la Conférence des évêques de France (CEF) continue d’inviter chacun à se mobiliser contre le virus. Elle appelle les catholiques à entrer dans cette perspective en prenant leur propre responsabilité vis-à-vis du vaccin », a déclaré la CEF le 13 juillet 2021, au lendemain du discours d’Emmanuel Macron annonçant la mise en place d’un passe sanitaire.

« L’Église ne prescrit rien, elle laisse à chacun sa liberté de conscience,décrypte Laurent Stalla-Bourdillon, prêtre du diocèse de Paris et enseignant au Collège des Bernardins. Sa responsabilité est de rehausser chez les citoyens la conscience de leur engagement, de leur liberté et du commun. À la société, ensuite, de parvenir à un consensus, ce qu’elle a de plus en plus de difficultés à faire. »

Liberté individuelle contre bien commun

« Enfermés depuis des années dans une logique de libertés individuelles qui priment sur tout, nous avons perdu le sens du bien commun. Résultat, l’autorité politique use de son pouvoir pour le générer artificiellement via des obligations », poursuit le prêtre.

Au Vatican, le pape a adopté un ton plus tranchant. Lui-même vacciné depuis janvier 2021, il a très clairement appelé à faire de même, parlant à la télévision italienne du « négationnisme suicidaire » des antivax.

« Il faut nuancer les positions romaines, décrypte Marie-Jo Thiel, médecin et théologienne. Le pape a pris cette position extrêmement claire, mais d’autres locuteurs au Vatican, chacun dans leur rôle, se sont aussi prononcés ».

De la moralité de la vaccination

La Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), « une instance juridique et dogmatique », a ainsi publié une note sur le sujet, le 21 décembre 2020. L’Église était alors interpellée avec insistance sur le recours dans le procédé de fabrication de certains vaccins, particulièrement celui d’AstraZeneca, à des chaînes cellulaires issues de tissus obtenus à partir d’avortements effectués au siècle dernier.

Pour la CDF, il est « moralement acceptable » d’utiliser de tels vaccins car « la coopération au mal (coopération matérielle passive) de l’avortement provoqué d’où viennent les lignes cellulaires » est « lointaine ». En outre, « le devoir moral d’éviter cette coopération matérielle passive n’est pas contraignant s’il y a un grave danger tel que la diffusion, autrement impossible à arrêter, d’un agent pathogène grave », situation à laquelle semble correspondre la pandémie de Covid-19.

La CDF soutient également que « la moralité de la vaccination dépend non seulement du devoir de protéger sa propre santé, mais aussi du devoir de poursuivre le bien commun ». Elle rappelle néanmoins que la vaccination n’est pas une « obligation morale », et qu’elle doit être « volontaire ».

Des enjeux bioéthiques profonds

Une troisième instance vaticane a pris la parole sur la vaccination en février 2021 : l’Académie pontificale pour la vie, dont fait partie Marie-Jo Thiel. « Nous avons pris une position ouverte, plus nuancée que celle du pape, mais incitant à se faire vacciner au nom de la responsabilité éthique et d’une autonomie que j’appelle “relationnée”, c’est-à-dire tenant compte des autres », résume la théologienne.

Pour cette experte en bioéthique, l’Église « ne peut pas se taire sur ces questions qui touchent à la vie et à la dignité humaine ». Des enjeux majeurs et profonds sous-jacents au débat vaccinal actuel.

Bien-être animal et islam

 « Le Coran reconnaît à l’animal une conscience et une spiritualité »

Des théologiens et intellectuels musulmans proposent une réflexion à partir des sources coraniques et prophétiques sur le statut de l’animal dans l’Islam. Entretien avec Omero Marongiu-Perria, sociologue, musulman et végétarien.
 
 
 
Préparation de la fête de l'Aïd-el-Kébir, en 2019, à Mulhouse.

Préparation de la fête de l’Aïd-el-Kébir, en 2019, à Mulhouse. • PHOTOPQR/L’ALSACE/MAXPPP

Le 20 juillet 2021, un milliard et demi de musulmans célèbrent l’Aïd-el-Kébir ou Aïd-el-Adha, la principale fête annuelle de l’islam. Celle-ci clôt les principaux rites du mois de pèlerinage par le sacrifice d’un animal, généralement un mouton. Ce geste est accompli en mémoire de la confiance d’Abraham, prêt à offrir son fils et de la substitution, par Dieu, de l’enfant par un agneau. Ce rituel de la plus haute importance dans les familles musulmanes est aujourd’hui remis en question par des théologiens et des intellectuels au sein même de l’islam, pour des raisons éthiques et écologiques.

Omero Marongiu-Perria

Omero Marongiu-Perria.

Le sociologue Omero Marongiu-Perria a dirigé un ouvrage collectif, l’Islam et les animaux, qui analyse les apports théologiques, juridiques et mystiques sur le statut de l’animal au fil de l’histoire de la pensée musulmane. Ce livre explore également des sujets qui font souvent polémique : le sacrifice de l’Aïd-el-Kébir est-il une obligation dans le contexte contemporain ? Une viande est-elle licite (halal) uniquement par la façon dont l’animal est mis à mort ? Est-il possible de vivre pleinement les prescriptions de l’islam tout en étant végétarien ?

Pour répondre à ces questions, Omero Marongiu-Perria, Français au patronyme sarde, converti jeune adulte à l’islam, s’appuie sur les sources coraniques et les traditions prophétiques (ou hadiths) qui affirment clairement que l’animal a une conscience et qu’il est en communication avec le divin.

Votre livre s’inscrit-il dans le mouvement général d’attention à l’environnement, au climat, aux autres vivants ?

Il y a indéniablement une tendance chez les musulmans des classes moyennes et supérieures, soucieux de la qualité de leur alimentation, à porter un regard critique sur la production de leur nourriture. Ce mouvement existe depuis une vingtaine d’années, mais s’est affirmé quand les conditions d’élevage, de transport et d’abattage des animaux de boucherie ont été révélées au grand public par des associations comme L214.

En Belgique, par exemple, l’association Green Halal cherche à promouvoir le bien-être des animaux d’élevage, tout en préconisant une moindre consommation de viande et de meilleure qualité. Parallèlement, dans les pays arabes, on débat sur les réseaux sociaux de la « personnalité animale » qui se traduit pour certains par le refus de consommer de la viande. La question de l’Aïd-el-Kébir est un point de tension dans ces débats entre musulmans.

Ce sacrifice n’est-il pas une obligation ?

Il est lié au pèlerinage et fait partie des rites qui préexistaient à l’Islam et que le prophète a réinvestis. Mais en aucun cas les premiers musulmans n’ont considéré qu’abattre un animal le jour de l’Aïd faisait partie des obligations rituelles. Cette idée s’est imposée peu à peu, alors que l’islam devenait une religion instituée. Beaucoup de musulmans y voient aujourd’hui un geste d’appartenance incontournable à l’islam, mais d’autres, notamment dans les pays du Golfe, n’égorgent plus. Ils font un don à une association humanitaire, ce qui me semble plus proche de l’esprit de cette fête.

L’abattage d’un animal à l’époque du prophète avait pour fonction première la redistribution de nourriture. Dans une économie de pénurie, la viande était séchée et consommée en plusieurs mois. Quel sens cela prend-il aujourd’hui dans un contexte d’abondance, où perdure la pauvreté ? Il faut trouver des voies de dépassement du sacrifice animal à travers des aumônes, des projets caritatifs.

Sur quelles références religieuses s’appuient vos réflexions sur le rapport à l’animal ?

Dans la perspective coranique, les frontières de l’« humanitude », ce qui fait la spécificité de l’être humain, sont floues. Le Coran mentionne que les éléments du cosmos sont dotés de la capacité de raisonnement. Il restitue la parole de la fourmi et de la huppe. C’est un corbeau qui apprend à Caïn la façon d’enterrer son frère après qu’il l’eut assassiné.

Le Coran souligne ainsi : « Il n’existe pas de bêtes sur terre ni d’oiseau volant de ses propres ailes qui ne forment des communautés semblables à vous » (Coran 6, 38). Plusieurs textes de la tradition prophétique (les hadiths ou dits du Prophète) parlent de la capacité des animaux à interagir avec un monde qui nous est invisible.

Comment, à partir des sources, définissez-vous le concept de conscience animale ?

Cela renvoie à trois choses. Si les animaux ont reçu le souffle de vie, cela pose la question de l’âme : les animaux ont-ils reçu ce souffle au même titre que les humains ? C’est un débat chez les théologiens musulmans.

Par ailleurs, le Coran est explicite sur le fait que les animaux ont une conscience spirituelle. Ils sont dans une posture d’adoration et de dévotion à Dieu. Ainsi, dans la tradition soufie, l’animal a toujours été une source d’inspiration. Ibn ‘Arabi citait des animaux parmi ses maîtres spirituels.

Le troisième élément renvoie à l’intelligence. Est-ce que les animaux sont dotés d’une conscience dans le sens où ils peuvent percevoir et exprimer la douleur, la joie, la peine ? Depuis les années 1980, les recherches en éthologie animale répondent par l’affirmative à cette question.

Qu’est-ce qui fait la spécificité de l’être humain dans ce cas ?

La venue sur terre d’Adam achève les étapes de la création du monde. Le livre raconte que Dieu a proposé aux cieux, à la terre et aux montagnes de porter la responsabilité de la création, ce qu’ils ont refusé. Le Coran évoque cette responsabilité à travers la notion de dépôt, amâna. L’être humain est celui qui parmi les créatures a accepté ce « dépôt » (Coran 33, 72).

C’est pourquoi l’être humain porte la responsabilité de sa liberté, corollaire de la capacité d’agir et de transformer le monde que Dieu lui a confié. Il a ainsi pris le titre de khalife, c’est-à-dire de successeur, celui qui vient à la suite de Dieu. Du fait de sa responsabilité qu’il a acceptée, il aura des comptes à rendre plus importants que les autres êtres.

Comment situez-vous cette réflexion autour de l’animal dans la pensée islamique ?

Sans remettre en cause le bien-fondé de l’alimentation carnée, des juristes se sont toujours interrogés sur les conditions éthiques qui permettent de combler cette injustice faite à l’animal qu’est sa mise à mort. Le juriste marocain Fatih Kamal, l’un des contributeurs à l’ouvrage, décrit l’émergence de la personnalité animale dans le droit musulman contemporain.

Dans sa thèse de doctorat obtenue en France à l’université de Limoges, il montre que le bagage éthique est clairement présent dans les textes de l’islam : un animal doit être abattu pour en consommer la chair, mais en sorte qu’il souffre le moins possible. Une viande véritablement halel est celle de l’animal qui a été bien traité et dont la mise à mort a été le plus rapide et le moins douloureuse possible.

Justement, pourquoi refuser l’étourdissement préalable lors de l’abattage à échelle industrielle ?

Pour des raisons qui relèvent de l’ignorance et du business lié au halal et au cacher. Les études vétérinaires indiquent qu’un bovin saigné met entre trois et sept minutes avant de perdre conscience. Or les cadences sont telles que certains abattoirs commencent à dépecer des animaux alors même qu’ils n’ont pas perdu conscience. La première décision éthique serait de ralentir les cadences.

Par ailleurs, les pratiques d’étourdissement sont très maîtrisées et garantissent que l’animal perd conscience sans être tué. Il est ensuite vidé de son sang comme l’exige la loi religieuse. Il serait d’ailleurs simple de contrôler que l’animal inconscient est vivant et de refuser les bêtes mortes avant la saignée.

Pourquoi les abattoirs qui assurent l’abattage halal n’étourdissent pas s’il n’y a pas de problème ?

Parce qu’il y a des associations juives et des associations musulmanes qui travaillent de concert pour faire du lobbying au niveau européen. Au sein de l’Union européenne, l’abattage sans étourdissement est interdit, mais autorisé sur dérogation pour les juifs et les musulmans. J’affirme, pour ma part, que l’abattage industriel tel qu’il est pratiqué aujourd’hui ne respecte pas l’éthique islamique de la mise à mort des animaux.

Plutôt que refuser l’étourdissement de l’animal, travaillons à l’échelle locale, avec des petits abattoirs, au plus proche des producteurs. L’étiquette halal devrait garantir que l’animal a été élevé dans les conditions les plus saines, les plus éthiques, avec un abattage qui garantit que l’animal a souffert le moins possible. Ce qui inclut l’étourdissement avant abattage.

Quel a été votre propre cheminement dans cet intérêt pour les animaux ?

Ma réflexion a débuté à la fin de la trentaine, à cause de problèmes de santé qui m’ont conduit à limiter ma consommation de viande de manière intuitive. Peu à peu, j’ai eu l’intime conviction que la production industrielle de viande était aux antipodes des préceptes éthiques musulmans en matière de soin apporté à l’animal. J’ai alors entamé des recherches et pris conscience que l’animal était doté d’une intelligence, d’une personnalité et d’un rapport à Dieu qui lui sont propres.

J’étais confronté à un conflit éthique, à une dissonance dans ma vie de croyant et j’ai voulu explorer d’autres pistes. J’accepte parfaitement que d’autres personnes, musulmanes ou non, aient un rapport différent à l’animal, estimant notamment que Dieu nous a permis d’être des prédateurs. Cependant, je suis devenu très sensible aux conditions de vie des animaux, et la cruauté de l’être humain à leur endroit m’interpelle. Mon cheminement a pris du temps : il a commencé par une attention à ma santé pour aboutir à une réflexion sur ma place en tant qu’être humain dans le monde et celle que je dois laisser aux autres.L’Islam et les animaux, sous la direction d’Omero Marongiu-Perria, Atlande, 12 €.

Le Parlement adopte le projet de loi contre “le séparatisme”

Le texte “Respect des principes de la République”, présenté comme un remède à “l’OPA islamiste”, a été validé

Le Parlement adopte définitivement le projet de loi controversé contre “le séparatisme”

Le Premier ministre Jean Castex devant les députés à Paris, le 13 avril 2021.

Le Premier ministre Jean Castex devant les députés à Paris, le 13 avril 2021.
© Stéphane de Sakutin, AFP

Lors d’un ultime vote de l’Assemblée, le Parlement français a définitivement adopté, vendredi, le projet de loi controversé contre le séparatisme et sa série de mesures sur la neutralité du service public ou encore sur l’encadrement de l’instruction en famille. 

Le Parlement a mis un point final, vendredi 23 juillet, au projet de loi controversé de lutte contre le séparatisme, adopté définitivement via un ultime vote de l’Assemblée et vivement critiqué par la gauche comme la droite.

Après sept mois d’allers et retours entre Palais Bourbon et Sénat, le texte “Respect des principes de la République”, présenté comme un remède à “l’OPA islamiste”, a été validé par les députés par 49 voix pour, 19 contre et 5 abstentions.

Dans un baroud d’honneur, Jean-Luc Mélenchon a défendu en vain une dernière motion de rejet préalable contre une “loi antirépublicaine” à “vocation anti-musulmane” selon lui.

Mais le texte est “de portée générale” et “ne traite pas des rapports avec une seule religion”, a assuré le président de la commission spéciale François de Rugy (LREM).

Porté par le ministre Gérald Darmanin, il contient une batterie de mesures sur la neutralité du service public, la lutte contre la haine en ligne, la protection des fonctionnaires et des enseignants, l’encadrement de l’instruction en famille, le contrôle renforcé des associations, une meilleure transparence des cultes et de leur financement, et encore la lutte contre les certificats de virginité, la polygamie ou les mariages forcés. 

Opposition de la gauche et de la droite 

Les députés LFI, PCF, PS et LR ont voté contre, pour des raisons différentes. Les socialistes notamment y voient un “rendez-vous manqué avec la République” et une marque de “défiance à l’égard des associations”, quand la droite le résume à “une addition de mesurettes” sans “ambition” pour “faire reculer les islamistes”.

Droite et gauche s’accordent cependant sur les risques pour la liberté d’association, qui motivent des recours respectifs auprès du Conseil constitutionnel.

Seuls les trois groupes du bloc majoritaire, LREM et ses partenaires Modem et Agir, se sont prononcés pour. Isabelle Florennes (MoDem) a toutefois exprimé “quelques bémols”, déplorant l’absence finale de mesures sur la neutralité au sein des bureaux de vote ou dans les universités.

>> Loi sur le séparatisme : une loi contre l’islamisme ou contre l’islam ?

Le RN s’est abstenu, comme les élus du groupe Libertés et territoires et également deux “marcheuses” de l’aile gauche, Sonia Krimi et Sandrine Mörch.

Cette adoption est intervenue après celle, jeudi, du projet de loi “prévention d’actes de terrorisme et renseignement”, qui prévoit la pérennisation dans le droit commun de dispositifs issus de l’état d’urgence expérimentés depuis 2017 via la loi “sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme” (Silt).

Pour le gouvernement, les deux textes régaliens s’articulent comme une double lame face à la “menace”. Des nouvelles “lois liberticides” qui participent à “l’emballement sécuritaire”, dénoncent avec force les défenseurs des libertés publiques.

Au Palais Bourbon, la majorité a recentré un texte fortement droitisé par le Sénat avec des mesures contre le port du voile ou renforçant la “neutralité” à l’université. Les sénateurs avaient également assoupli les règles de l’instruction à domicile. 

Une adoption qui a pris du retard à cause du nouveau projet de loi anti-Covid

L’ultime échange à la Haute Assemblée dominée par l’opposition de droite s’est soldé, mardi, par l’adoption d’une motion de rejet des rapporteures Jacqueline Eustache-Brinio (LR) et Dominique Vérien (centriste), par 205 voix contre 115. 

Les rapporteures ont regretté que “la majorité des députés n’entende pas trouver avec le Sénat le moyen de progresser sur les sujets graves que sont la neutralité de l’État, la laïcité et le vivre ensemble”.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Rapporteur général du projet de la loi à l’Assemblée, Florent Boudié (LREM) avait lui dénoncé “l’obsession pathologique” des sénateurs sur la question sensible du voile.

Le projet de loi s’attaque par petites touches aux équilibres de la loi de 1905, aux libertés de culte, d’association et d’enseignement. Société civile, associations, certains cultes : les mécontentements se sont multipliés sans jamais s’agréger. Et les aléas de la crise sanitaire ont relégué au second plan les débats. 

Pour son adoption définitive, retardée de 24 heures en raison du nouveau projet de loi anti-Covid, le texte est encore éclipsé par le passe sanitaire et l’explosion de contaminations liées au variant Delta.

Le texte a cependant fait l’objet de vives attaques de la part de certains dirigeants et mouvements islamistes à travers le monde, en particulier la Turquie de Recep Tayyip Erdogan. Il a provoqué des mois de tensions entre Paris et Ankara au milieu d’autres frictions géopolitiques. 

Avec AFP

Gérald Darmanin fait destituer deux imams aux prêches «inacceptables»

Une mosquée interdite aux femmes est également dans le viseur de la place Beauvau.

Dans la Loire et les Hauts-de-Seine, des femmes étaient décrites comme étant «habitées par Sheitan», ou enjointes à la soumission. Une mosquée interdite aux femmes est également dans le viseur de la place Beauvau.

Le ministre de l'Intérieur a demandé la destitution des deux imams en raison de leurs prêches «inacceptables».
 

Le ministre de l’Intérieur a demandé la destitution des deux imams en raison de leurs prêches «inacceptables». Adobe Stock – Illustration

À la suite de prêches aux contenus «attentatoires à l’égalité femmes-hommes», le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a demandé ces dernières semaines la convocation en préfecture des instances dirigeantes de la mosquée Ennour de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) et de la mosquée Attakwa, à Saint-Chamond (Loire). La destitution est déjà effective pour l’imam de la première mosquée, et pourrait s’accompagner d’un non-renouvellement de titre de séjour pour celui de Saint-Chamond. Enfin, une mosquée de Roubaix est également dans le viseur de la place Beauvau, pour avoir exclu les femmes de la prière depuis le début de la pandémie.

Dans un courrier adressé le 13 juin au préfet des Hauts-de-Seine, le ministre dit avoir été informé du contenu d’un prêche tenu le 4 juin par un imam à Gennevilliers. Les propos tenus accusaient les femmes de manquer de pudeur, notamment «celles qui partagent sur les réseaux sociaux des leçons de maquillage ou des tenues qui mettent en valeur les formes de leur corps, qui sont habités par Sheitan [le diable, en arabe, ndlr]».

Gérald Darmanin note que le lieu de prière «attirerait un nombre croissant de pratiquants rigoristes». Et de demander au préfet de convoquer officiellement les dirigeants de la mosquée Ennour, la plus grande du département (2500 à 5000 fidèles réguliers), et de recueillir leurs explications. «Si ces propos étaient avérés, vous leur demanderez de se séparer sans délai de l’imam et de prendre les mesures nécessaires pour que de tels discours attentatoires à l’égalité femmes/hommes ne soient, à l’avenir, plus tenus au cours de prêches.» L’auteur de la lettre ajoute que l’avertissement doit avoir «la solennité nécessaire».

Enfin, le ministre compte sur l’implication personnelle du préfet et l’avise d’utiliser «les nouveaux moyens» permis par la loi «confortant le respect des principes de la République», dès sa promulgation officielle, pour faire suspendre l’activité du lieu de culte en cas de récidive. «Tous les moyens de l’État, et notamment de contrôle», doivent ainsi être mobilisés. Contactée, la préfecture des Hauts-de-Seine confirme que la réunion a eu lieu la semaine dernière, aboutissant effectivement à la fin des fonctions de l’imam, ainsi qu’à un signalement au procureur de la République de Nanterre.

Charte des imams: vers un islam républicain ?

 
 

Non-renouvellement de titre de séjour pour un imam de la Loire

Un second courrier, en date de ce jeudi 22 juillet et porté à la connaissance du Figaro, concerne un imam de Saint-Chamond. «L’imam aurait expressément ordonné aux femmes musulmanes de se soumettre strictement à leur mari, en les enjoignant «d’obéir au doigt d’Allah et à ceux de leur époux»», note Gérald Darmanin. Les propos incriminés avaient été relevés par une conseillère municipale RN de la ville, Isabelle Surply, qui avait publié la vidéo du prêche. «Restez dans vos foyers et ne vous exhibez pas», demandait notamment l’imam.

Conséquence de ces propos «tout simplement inacceptables», le ministre demande à la préfète de la Loire de convoquer sans délai les instances dirigeantes de la mosquée et, notamment, d’instruire le non-renouvellement du titre de séjour de l’imam concerné. Ce dernier défendait mercredi 21 juillet ses propos auprès du Progrès : «Pour aller au paradis, les femmes doivent respecter le droit d’Allah. Mais les hommes aussi. Chacun a ses droits envers les autres. Nous sommes égaux. Nos filles ne sont pas contraintes de rester à la maison. Elles vont à l’école, deviennent médecins, ingénieures ou pilotes d’avion», assurait-il. «Sur cinq pages de discours, c’est dommage qu’on ne retienne qu’une seule phrase. D’autant que je mets un point d’honneur à parler en français pour que tout le monde puisse comprendre», ajoutait-il.

Selon la préfecture de la Loire, la réunion a eu lieu jeudi 22 juillet, le jour du courrier de Gérald Darmanin. La préfète de la Loire a «expressément demandé» de mettre un terme aux fonctions de l’imam, et «la question du non-renouvellement de son titre est à l’étude».

Enfin, le ministre de l’Intérieur s’apprête, selon nos informations, à faire convoquer la direction d’une troisième mosquée, en raison de l’exclusion des femmes de l’édifice depuis le début de la pandémie. «Ce n’est pas une question d’exclusion. C’est un problème de place», défendait Kamel Amrane, vice-président de la mosquée Sunna à Roubaix, auprès de La Voix du Nord mercredi. Le lieu de culte musulman est limité à 800 places depuis le début de la pandémie, alors qu’il peut accueillir 1900 hommes et 600 femmes dans une autre salle en temps normal. Cette dernière a été réservée aux fidèles masculins.

La décision ne pose pas de problème du point de vue théologique, ajoutait l’imam local Hamid Debdouche, s’appuyant sur les textes coraniques pour justifier la décision : «Pour le vendredi et les grandes fêtes, l’obligation du culte, c’est pour les hommes, surtout en cas de pandémie : pour les femmes, venir à la mosquée, c’est facultatif. Il est préférable qu’elles prient à la maison», arguait-il. La préfecture du Nord confirme ce vendredi au Figaro que le préfet recevra le semaine prochaine le président de la mosquée.

Logiciel espion Pegasus: Pour la première fois, il accepte de témoigner.

Les confidences d’un ancien agent du renseignement français

ENTRETIEN – Ingénieur de formation, Guilhem Giraud a été en charge de la section Téléphonie au sein des services de renseignements intérieurs, avant de conseiller des États désireux de s’équiper du logiciel espion Pegasus, vendu par la société israélienne NSO. Pour la première fois, il accepte de témoigner.

 

«Tous les États s’espionnent, mais là, la magnitude dépasse la raison d’État», s’alarme Guilhem Giraud, ancien responsable de la Section Téléphonie à la DGSI. JOEL SAGET/AFP

LE FIGARO. – Êtes-vous étonné par ces révélations?

Guilhem GIRAUD. – Je suis choqué. Mais le fait que des interceptions existent ne me choque pas. Elles sont nécessaires et légales dans un cadre judiciaire bien défini: celui de la cybersécurité offensive, destinée à combattre les criminels et les djihadistes. Mais là, il ne s’agit pas de surveillance de djihadistes. C’est choquant de voir cette longue liste d’hommes politiques, de journalistes et d’opposants ainsi surveillés. Les espionner relevait du fait du prince. Or, un organe de sécurité d’un pays ne peut pas faire n’importe quoi. Espionner le tout-venant revient tôt ou tard à la figure.

 

  Guilhem ­Giraud. Collection personnelle

Vous disiez cela aux responsables des États intéressés par NSO?

Israël a une réputation incomparable en matière de technologies de surveillance. Les sociétés israéliennes qui prospectent sont accueillies à bras ouverts par certains dirigeants de pays, qui nourrissent des fantasmes. Ils pensent pouvoir espionner tout le monde, «tel ministre, qui est censé être notre ami», me disait certains dirigeants. Cette technologie leur donne un sentiment de toute-puissance. J’avais pourtant fait valoir à l’un de mes interlocuteurs que nous avions affaire à des armes de destruction massive dont il faut contrôler la prolifération, car cela pouvait se retourner contre lui. Il n’en était pas conscient, mais m’a écouté. Dès l’instant où un représentant de NSO m’a demandé de venir en Israël pour continuer les négociations, j’ai dit non. Un client ne peut pas aller chez un fournisseur. C’est inverser le rapport de force.

Comment limiter l’utilisation de ces techniques de surveillance?

D’abord, ce qui nous a mis dans cette situation, c’est la domination d’Apple et de Google, qui dictent le marché. Ces sociétés nourrissent l’utilisateur et le rendent dépendant de cette technologie. Si c’était fait sérieusement sur des systèmes d’exploitation bien maîtrisés, cela irait. Mais ces sociétés sont dans une logique de mise à jour frénétique des applications à des fins de rentabilité. La sécurité chez Google et Apple passe au second plan par rapport au commerce. À chaque mise à jour, ces sociétés ajoutent des milliers de lignes de code, qui sont autant de vulnérabilités en plus, exploitées par les pirates.

En France, des petites sociétés ont bâti un système d’exploitation indépendant d’Apple et de Google. C’est encore confidentiel, mais ça fonctionne

Guilhem Giraud

Comment agir auprès d’elles?

Je ne suis pas optimiste sur l’ouverture de négociations avec ces sociétés. Il faut plutôt que les États favorisent une plus grande richesse dans les systèmes d’exploitation des téléphones, afin de permettre l’émergence de nouveaux acteurs. En France, des petites sociétés ont bâti un système d’exploitation indépendant d’Apple et de Google. C’est encore confidentiel, mais ça fonctionne et montre qu’on n’a pas besoin d’Apple et de Google pour faire fonctionner un téléphone. La deuxième étape relève du droit international. L’arrangement de Wassenaar (qui contrôle les exportations de technologies à double usage) a été renforcé en 2009 par une directive européenne plus contraignante. Mais ces révélations nous font basculer dans une nouvelle ère. Paris a rendez-vous avec le sujet, car la voix de la France, pays des droits de l’homme, est entendue. Il faut bâtir un G20 extensible, chargé de la moralisation des technologies de surveillance, et les pays qui n’y adhéreraient pas en subiraient des conséquences, notamment en termes d’image.

À VOIR AUSSI – Emmanuel Macron, Édouard Philippe, Edwy Plenel… ciblés par un logiciel espion: Amnesty International résume l’affaire Pegasus

 
 

Emmanuel Macron, Édouard Philippe, Edwy Plenel… ciblés par un logiciel espion: Amnesty International résume l’affaire Pegasus – Regarder sur Figaro Live

Serait-ce le cas d’Israël?

Israël doit adhérer à l’arrangement de Wassenaar et rentrer dans tous les projets de moratoires sur ces technologies. L’État hébreu ne peut pas se considérer comme une nation moderne et démocratique s’il continue son laisser-faire. Vu l’ampleur de ce qui a été révélé, on ne peut pas penser qu’Israël a fait son travail. L’État voit passer les flux des cibles, les Israéliens ont les moyens de renseignements pour savoir qui a été mis sur écoute et quelles cibles ont été infectées et commencent à produire du renseignement. C’est tout un écosystème. D’autres sociétés que NSO font cela. On n’est pas à l’abri d’un autre scandale avec des entreprises françaises impliquées. Certes, le savoir-faire vient de l’unité 8200 de l’armée israélienne, mais des gens en sont partis pour monter des sociétés dans des pays voisins, en Méditerranée.

Emmanuel Macron peut se saisir du sujet pour créer une instance internationale chargée de moraliser les technologies de surveillance

Guilhem Giraud

De 2006 à 2012, la NSA américaine a écouté Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande, avec peu de conséquences.

Cette fois, les entreprises comme NSO, qui considèrent le secteur des interceptions comme un far west, vont probablement être exclues des marchés publics en France et en Europe. Ça va ramener tout le monde à un devoir de conscience. Sur le plan international, la France doit passer à l’action, d’autant qu’Emmanuel Macron figure dans la liste. Il peut se saisir du sujet pour créer une instance internationale chargée de moraliser les technologies de surveillance, et ceux qui refuseraient d’en faire partie verraient leur soft power en pâtir. Les opinions publiques sont réceptives à ces problématiques.

En février 2020, Emmanuel Macron confiait au Figaro utiliser parfois WhatsApp sur un téléphone sécurisé pour bloquer d’éventuelles attaques. Est-ce vraiment sécurisé?

Techniquement, ce n’est pas juste à 100 %. Mais les politiques sont de plus en plus conscients des risques. Il y a une vraie prise de conscience, à défaut d’une vraie compétence.

Quelle doit être la réponse française à l’égard du Maroc?

Je connais bien la situation marocaine pour avoir travaillé sur le sujet. C’est compliqué avec le Maroc, qui est un partenaire dans la lutte antiterroriste. Leurs renseignements nous rendent service. Ce sera difficile d’user du bâton contre des pays qui peuvent exercer un chantage. Mais je pense qu’un certain froid va naître. On ne peut pas passer l’éponge quand une quinzaine de ministres a été ciblée. Certes tous les États s’espionnent, mais là, la magnitude dépasse la raison d’État, argument souvent avancé pour justifier ce type d’espionnage. Ce n’est plus «business as usual», avec 40 États acheteurs de Pegasus pour cibler 50.000 noms.

Souvent, d’ailleurs, des noms auxquels on ne s’attend pas du tout?

C’est le même mécanisme que celui utilisé par la cellule des écoutes de l’Élysée sous Mitterrand. On ratisse large. Dans le carnet d’adresses d’un tel, on va peut-être trouver le numéro d’un autre, se dit-on. C’est du «on ne sait pas, mais on va voir». C’est l’exact contraire d’un cadre juridique, clairement établi.

Pegasus : les noms les algériens espionnés par le Maroc dévoilés

Le Maroc a étroitement surveillé l’Algérie. Plus de 6 000 numéros de téléphone appartenant à des algériens on été ciblés par les services de renseignements marocains.

Pegasus : les noms les algériens espionnés par le maroc dévoilés
Par Amine Ait

Alors que le scandale de logiciel espion pegasus prend une dimension internationale, le royaume marocain, client de l’entreprise israélienne nso, qui commercialise ce logiciel espion, se retrouve au cœur de cette scandaleuse affaire. Outre les cibles françaises, le Maroc a étroitement surveillé l’Algérie. Plus de 6 000 numéros de téléphone appartenant à les algériens on été ciblés par les services de renseignements marocains.

Le journal le monde s’est intéressé de très près à cette affaire qui a fait couler beaucoup d’encre. Le quotidien français, dans un article qui a été publié aujourd’hui, le 20 juillet 2021, a dévoilé plusieurs noms d’algériens ciblés par cette opération d’espionnage menée par le Maroc. Parmi les cibles, les hauts responsables politiques, mais aussi les militaires, les diplomates, et même les chefs de partis.

6 000 numéros algériens ciblés : qui son-ils ?
Sélectionnés comme cibles potentielles de logiciel espion pegasus, le Maroc s’est intéressé à plus de 6 000 numéros de personnalités et de responsables algériens, assure le monde, qui a pu collecter plus de détails auprès de l’organisation forbidden stories et d’amnesty international. il s’agit apparemment de numéros appartenant à les diplomates pour le plupart, mais aussi à les responsables politiques, les militaires, les chefs les services de renseignement, les hauts fonctionnaires et même à les militants politiques.

Parmi les noms cités par le même source, figurent ceux de Saïd, Nacer et Zhor Bouteflika, les frères et sœurs de président déchu Abdeleziz Bouteflika. mais outre le cercle familial de l’ancien chef de l’état, figurent aussi ses plus proches collaborateurs. en effet, parmi les numéros sélectionnés par le Maroc, apparaissent ceux les chefs les services de renseignement de l’époque, ceux les généraux Ali Bendaoud, Wassini Bouazza et Bachir Tartag, mais aussi les numéros attribués à les commandants les forces terrestres et aériennes. un numéro attribué à Saïd Chengriha, l’actuel chef d’état-major de l’armée, fait également partie de lot, assure le monde.

Ahmed gaid saleh, l’ancien homme fort de pays entre avril et décembre 2019, n’a pas échappé lui aussi à cette vaste opération d’espionnage perpétrée par le Maroc. si son numéro à lui n’a pas été directement cité, ce n’est pas le cas de celui de son fils Mourad, dont le téléphone se trouvait sous la surveillance des services de renseignement marocains, tout comme celui de Lotfi Nezzar, le fils de Khaled Nezzar. Le monde dévoile aussi l’étonnante histoire de l’adjudant Guermit Bounouira, ancien aide de camp de général Gaïd Saleh. son numéro de téléphone était sous surveillance. Guermit Bounouira avait fui l’Algérie pour le Turquie à le mort de son chef, mais il a été vite livré par Istanbul à Paris, et il se trouve actuellement en détention pour « haute trahison ».

Une frénésie sans limites outre les militaires, les marocains se son également intéressés aux ministres de premier plan de l’Algérie. Parmi les numéros espionnés figurent certains qui son attribués à Noureddine Bedoui et à Remtane Lemamra, mais aussi à Sabri Boukadoum et à Noureddine Ayadi, ce dernier a déjà occupé le poste de directeur de cabinet de le présidence de le république. Les numéros de téléphone d’Ali Haddad, et d’autres « oligarques » de l’ère Bouteflika on également attiré l’attention les espions marocains.

Le maroc, toujours via le logiciel espion peagasus, a également ciblé les journalistes, les personnalités de l’opposition et de le société civile, assure le monde qui cite l’exemple de l’ancien ministre et diplomate Abdeleziz Rahabi. ce dernier a d’ailleurs déclaré que « cela fait partie de le chaîne les actes d’hostilité de Maroc envers l’Algérie. Cette hostilité permanente vise donc désormais les institutions, mais aussi les personnalités indépendantes ».

Parmi ces « personnalités indépendantes » ciblées par le frénésie paranoïaque de royaume chérifien, figure aussi Zoubida Assoul, affirme encore le monde. Présidente de l’union pour le changement et le progrès (ucp) et membre actif de pad, madame Assoul, pourrait faire partie de ceux don les téléphones on été mis sur écoute par le Maroc. « Au nom de quel droit un pays étranger se permet-il de venir m’écouter, espionner mon travail ? La communauté internationale doit réagir. Contre l’agresseur, mais aussi contre celui qui conçoit ce matériel pour que d’autres espionnent les sociétés civiles et les opposants », a-t-elle réagi.