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Hommage à Robert Castel,

 Humoriste, de El Gusto au Pataouete.

 
Et « Ouala », comme on disait là-bas. Il nous a quittés.

Il nous amusait. Il était un peu la mémoire « Pataouète », Robert Moyal, plus connu sous le nom de Robert Castel*.

« Pataouète », c’est quoi ? Ma foi, c’est une variante du français baragouiné de cette Algérie lorsqu’elle était française. C’est un idiome inventé, truffé de mots issus de l’arabe, de l’espagnol, de l’italien, du kabyle, de l’occitan, du corse et de bien d’autres, déformés par l’usage local.

Le Prince du calambour lourd parfois, mais plein de générosité, a rendu célèbre, avec ses deux complices de l’époque : Anne Berger et Lucette Sahuquet, la fameuse pièce La Famille Hernandez, composé de scènes de la vie quotidienne d’une famille de pieds-noirs.

Belle rencontre entre ces deux femmes, déjà sur les planches à Alger en 1957, et Robert Castel. Conquis par le jeu des deux actrices, il fit des pieds et des mains pour être intégré à leur équipe, qui pourtant au départ n’avait pas conçu de rôle pour lui. L’histoire retiendra la phrase de Lucette Sahuquet : « On va donner à Robert le rôle d’un bègue comme cela la pièce durera plus longtemps ».

Et c’est le succès immédiat qui va dépasser le cadre de l’Algérie française de l’époque, pour atteindre des sommets, avec des représentations à travers le monde entre 1957 et 1959. C’est avec sympathie, beaucoup d’humour et de dérision que l’on découvre ainsi la vie d’une famille pied noir de Bab-el-oued. Quartier truculent et populaire d’Alger, dans cette Algérie de l’après guerre, où les conflits religieux sont loin derrière et où le bon vivre ensemble est à la mode pour ne pas dire de rigueur.

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, puisque Robert Castel épouse Lucette Sahuquet, pied noir comme lui, mais catholique. Elle mourra en 1987. Albert Camus ne disait-il pas en parlant de la famille Hernandez « Je reconnais mes fils et mes frères à ce rire d’amitié qui me prend devant eux ».

Bien que cantonnés dans les seconds rôles, on le verra dans de nombreuses comédies telles le Grand blondavec une chaussure noire ou Je suis timide mais je me soigne, s’aventurant aussi dans des projets moins burlesques à l’image de l’insoumis ou deux hommes dans la ville. Il fera aussi partie des Grosses têtes de Philippe Bouvard sur RTL.

Mais il n’oubliera jamais qu’il commença sa carrière comme musicien, à l’image de son père, Elie Moyal,plus connu sous le pseudonyme Lili Labassi, chantre du répertoire des musiques andalouse de l’Algérie. D’ailleurs il ne reprendra le violon de son père qu’à l’âge de 57 ans.

Pour ma part j’ai eu l’occasion de connaître et de rencontrer Robert Castel en 2012. Alors que j’étais président de l’association MORIAL, mémoire et traditions des juifs d’Algérie, nous avions décidé de faire un grand colloque, en collaboration avec le centre communautaire de Paris de la rue Lafayette, à  l’occasion des 50 ans de notre départ d’Algérie. Nous avions organisé, sur 4 jours, une série de conférences, films, débats, musique, que nous avions intitulé « 2 000 ans d’histoire juive en Algérie : 50 ans après ». Le point d’orgue clôturant cette grande manifestation était la diffusion du film El Gusto, en présence de la réalisatrice Safinez Bousbia et de Robert Castel.

El gusto, réalisé en 2012, c’était l’histoire d’un groupe de musiciens nés en Algérie, juifs et musulmans, séparés par l’Histoire depuis 50 ans et qui subitement, sous l’inspiration de Safinez Bousbia, se réunissaient à nouveau  en 2012 pour partager leur passion commune : la musique Chaabi.

El gusto rappelait cette musique populaire inventée au milieu des années 1920 au cœur de la Casbah d’Alger. Robert Castel et ses vieux camarades, juifs et musulmans, retrouvèrent, l’histoire d’un moment, cette belle amitié et cet amour commun qu’ils avaient eus pour ces mélodies qui avaient bercé leur jeunesse « là-bas » au sein du même orchestre.

Ce fut un moment fort et de fraternité pour moi et MORIAL ce jeudi 22 novembre 2012 lors de la projection de ce film El gusto, au milieu de ces gens qui se retrouvaient comme s’ils s’étaient vus la veille avec malheureusement beaucoup de cheveux blancs cette fois-ci.

 

Didier Nebot

* Né le 21 mai 1933 à Bab El Oued, Robert Moyal, de son vrai nom, s’était fait connaître avec la pièce de théâtre « La famille Hernandez », montée en 1957 avec les comédiennes Lucette Sahuquet et Marthe Villalonga. Le comédien, humoriste et musicien Robert Castel est connu comme le père de l’humour « pied-noir ».

 

Brexit, les secrets d’une négociations de la dernière chance…

 pour que tout change sans que rien ne bouge vraiment !

© Paul Grover / POOL / AFP/ QUEL TALENT CE BORIS JOHNSON !
 
Tout ça pour ça ! Plus de quatre années de psychodrames pour aboutir à un accord qui va sauver l’essentiel pour les Européens, mais qui met les Britanniques en risque de perdre beaucoup. Ils voulaient l’indépendance, le beurre et l’argent du beurre, ils n’auront rien que des « emmerdes »… Avec Jean-Marc Sylvestre
 
Quel gâchis, en effet, que les quatre années passées à essayer d’extorquer une indépendance totale à l‘égard de l’Union européenne. Les hommes et femmes politiques britanniques, partisans du Brexit, ont commis trois erreurs :

La première, c’est d’avoir en permanence tenu l’Union européenne comme responsable de leurs difficultés économiques et sociales et d’avoir fait croire qu‘en sortant de l’union, tout irait mieux.

La deuxième erreur a été de croire ou de faire croire à la population qu’ils trouveraient des alliés et des partenaires dans le monde capables de remplacer les Européens pour faire du business.

La troisième erreur est d’avoir cru, enfin, que l’Union européenne accepterait de conserver les avantages du grand marché sans avoir à respecter les règles de conduite auxquelles ils voulaient absolument se soustraire. Les plus radicaux des Brexiters espéraient même que l’Union européenne ne subsisterait pas à ce divorce et se disloquerait.

Aucune de ces prédictions qui étaient autant de promesses électorales ne s’est réalisée. L‘Union européenne ne s’est pas disloquée face au dossier britannique. Elle est restée unie sur ce dossier et les 27 pays ont soutenu sans trembler le négociateur européen Michel Barnier. La Grande Bretagne n‘a pas trouvé dans le monde les partenaires commerciaux qui auraient pu remplacer les Européens, qui vont rester pour l’instant, leur premier fournisseur et leur plus gros débouché.

Le projet le plus cynique des Brexiters était de trouver dans ce divorce le moyen de garder tous les avantages de l’appartenance à l’Union européenne, sans les inconvénients de respecter des règles qui fixent la vie commune. Ils ont échoué contraints et forcés de céder au dernier moment devant le mur de difficultés que les milieux d’affaires n’ont pas cessé de mettre en lumière dans l’hypothèse de plonger dans le grand bain d’un no-deal.

Boris Johnson a donc accepté in-extremis de revêtir les gilets de sauvetage que proposait l’Union européenne. Le dossier sur la pêche composait le dernier verrou à l’accord global fixant la future relation commerciale ; il a sauté.

Pour les négociateurs européens, cette dernière année a été terrifiante. « Ce jour est donc un jour de soulagement, dit Michel Barnier, mais teinté de tristesse quand on compare ce qu’il y avait avant et ce qui nous attend maintenant. »

L’accord signé n’est pas le copier-coller du régime matrimonial précédent ;

il y aura des vrais changements pour beaucoup de citoyens et d’entreprises, conséquences de ce Brexit. Du coup, beaucoup se demandent désormais comment et pourquoi la politique a pu engendrer un tel « être juridique aussi pervers et sans doute assez instable ».

Il y a beaucoup de moments politiques certes, mais qui se résument à des luttes de pouvoir et à des querelles d’egos surdimensionnés.

Ce qui compte, au final, c’est qu’en dépit de toute l’histoire, les intérêts économiques et sociaux du plus grand nombre sont en partie préservés. Ce qui prouve une fois de plus que le poids des pouvoirs économiques, la manifestation des intérêts des vrais gens, leur bon sens, leur emploi, leur standard de vie l’emportent au final sur les forces idéologiques et strictement politiques.

Alors ça demande du temps, ça provoque des dégâts, mais toute crise finit par rendre intelligente la démocratie. C’est le poids des opinions qui a démoli le mur de Berlin, dernière grande aberration du 20e siècle, c’est le poids des opinions publiques qui a empêché les dirigeants de provoquer un Brexit dur et qui les a obligés à tricoter un compromis qui n‘insultera pas l’avenir.

Dans la dernière ligne droite de cette négociation, les Anglais avaient choisi le dossier de la pêche pour faire tout éclater. En gros, il s’agissait d’interdire les zones de pêche britanniques, qui sont immenses et particulièrement fertiles, aux pécheurs de l’Union européenne. Bruxelles ne pouvait pas accepter cet oukase, sauf à condamner l’industrie de la pêche en France, en Espagne et dans toute l’Europe du nord (Pays-Bas et Allemagne).

Les Européens sont donc restés sur une ligne dure en menaçant les Anglais de fermer les marchés du continent aux pêcheurs britanniques. En tenant cette position, les Anglais ont bien été obligés de céder, pour pouvoir continuer de vendre leur cabillaud à Rungis et ailleurs.

Le rôle de Boris Johnson dans cette dernière ligne droite méritera d’être clarifié. Parce que la fermeture des frontières du Royaume-Uni pendant 48 heures la semaine dernière, à la suite de la découverte d’une forme nouvelle du virus, a déclenché une telle panique en Grande Bretagne qu‘elle n’a pas été sans effet sur les négociateurs. En prenant une telle décision, Boris Johnson a eu un aperçu de la situation qui prévaudrait au 31 décembre en cas de No-deal. Il aurait donc cédé pour éviter le pire. D’autant que la crise sanitaire a évidemment obscurci les perspectives économiques. Bref, il aurait été peu judicieux de rajouter une crise Brexit à la crise sanitaire, économique et sociale.

Si on regarde la vie politique britannique d’un œil particulièrement cynique, on pourra dire que le virus a permis au Premier ministre britannique de ne pas perdre la face dans cette affaire du Brexit qui a empoisonné la vie politique pendant presque 5 ans.

Avec le compromis sur la pêche, la Grande Bretagne va pouvoir appliquer un deal qui globalement ne va pas déranger beaucoup d’habitudes.

1e point : Le point essentiel du deal qui régit l‘après-Brexit est d’encadrer les échanges commerciaux entre l‘UE et le Royaume-Uni qui représente près de 800 milliards d’euros par an. Le deal stipule qu’il n’y aura ni droits de douanes, ni quotas. Donc on reconduit le statut antérieur. Les Anglais peuvent dire qu’ils ont gagné. Sauf que cette liberté d’échanger est conditionnée par le respect des normes sociales, fiscales, environnementales et sanitaires… Lesquelles normes seront fixées par Bruxelles comme aujourd’hui, sauf que les Anglais n’y participeront plus. Les Européens peuvent dire qu‘ils ont préservé l’essentiel, puisqu’en cas de non-respect des normes, les marchandises seront taxées ou interdites.

La différence avec le régime précédent est qu‘il faudra rétablir la douane qui vérifiera que la marchandise exportée est effectivement conforme aux normes. Les déclarations douanières ne sont pas insurmontables.

Ce qui gêne les Anglais, c’est qu’ils ne pourront pas se livrer au dumping social, fiscal ou environnemental. Les aides publiques aux entreprises britanniques seront elles aussi dans le collimateur.

2e point : ce qui change n’est pas marginal mais gérable et adaptable.

La question irlandaise ne se pose plus, mais les Européens n’ont pas cédé sur la question du passeport financier. La City ne pourra plus vendre ses produits financiers partout en Europe. Les banques et les fonds vont être obligés de monter des filiales en Europe continentale, ce qu’elles ont commencé à faire.

La libre circulation des Européens au Royaume-Uni se termine au 1er janvier, les Européens qui désirent travailler en Grande-Bretagne vont devoir obtenir un permis de travail. Les 4 à 5 millions d’Européens qui sont déjà installés en Grande Bretagne pourront y rester en conservant leurs droits. La réciproque est vraie aussi.

Pour les étudiants, Erasmus va disparaître en Grande Bretagne et les droits universitaires vont augmenter. Les étudiants actuels pourront aller au terme de leur études avec les anciennes conditions.

La circulation des touristes sera plus compliquée. Il n’y aura pas de visas, mais les permis de conduire nationaux ne seront pas reconnus, les assurances seront différentes et plus chères. L’assurance maladie européenne ne sera plus reconnue en Grande Bretagne. Il faudra donc en souscrire une nouvelle.

Difficile d’anticiper un bilan de ce qui gênera véritablement les uns comme les autres. Mais à partir du moment où 60 % du PIB britannique dépend de l’Union européenne, alors que pour l’Union européenne, la dépendance est beaucoup plus faible (moins de 10 % pour l’ensemble des 27), toute complication et tout frein aux échanges va handicaper plus les Anglais que les Européens.

C’est cette situation et ces chiffres, très simples, qui ont motivé les milieux d’affaires britanniques à s’opposer au Brexit et plus tard, à en limiter l’impact en plaidant pour un deal de Brexit soft. Ce qu’ils ont finalement obtenu.

Alors maintenant, tout va dépendre de comment les rapports de force vont évoluer. La Grande Bretagne est libre de ses mouvements au niveau international. Elle peut chercher des accords avec des pays tiers en sachant que si ces accords ne sont pas conformes avec les codes et les normes de l’Europe, ils perdront des débouchés.

C’est d’ailleurs ce qui va se passer dans le secteur financier. La City a remarquablement profité de son passeport financier… Elle pouvait accueillir n’importe quelle institution étrangère qui s’installait à Londres pour pénétrer le marché européen. Cette liberté-là n’étant pas reconduite, la City va perdre de son attrait.

Perdant globalement certains de ses avantages, la livre sterling va baisser. Le gouvernement ne s’en inquiète pas officiellement, il explique même que ça va faciliter son activité à l’étranger. Sauf que les importations (60%) vont coûter plus chères et les prix intérieurs vont donc augmenter. Les prochaines élections sont encore loin !

2020, année la plus meurtrière de l’Histoire des États-Unis.

Et en France ?

MORTALITÉ
Avec près de 400.000 morts supplémentaires par rapport à 2019, les Etats-Unis connaitront cette année un record de mortalité. En France, la situation est plus contrastée. Avec Laurent Chalard
 
L’année 2020 est la plus meurtrière. Tout simplement parce que les Etats-Unis connaissent une croissance démographique conséquente, continue depuis l’arrivée des premiers habitants. Cela sous entend qu’il y a une augmentation des décès continue quasiment chaque année aux Etats-Unis, parce qu’on a plus d’habitants tous les ans. Mécaniquement, plus de gens meurent. Mais ça ne veut pas dire que les gens vivent moins longtemps. Dans les années 1930, il y avait à peu près 1,4 millions de décès. L’année dernière, c’était à peu près 2,8 millions, c’est à dire deux fois plus. Mais entre-temps la population est passé de 130 millions d’habitants a plus de 300 millions d’habitants, l’augmentation du nombre de décès aux Etats-Unis est logique et traduit simplement l’augmentation de la population en général. Donc mécaniquement, Covid ou non, l’année 2020 allait être la plus meurtrière. Ce qu’il faut regarder ce n’est pas tant ça, mais plutôt : est-ce que la hausse est beaucoup plus importante que celle qui se constate chaque année. Traditionnellement, le nombre de décès augmente de quelques dizaines de milliers par an mais on se rend effectivement compte qu’en 2020 ça va être quelques centaines de milliers. On pense environ 400.000, c’est-à-dire environ dix fois plus que l’augmentation attendue. Il y a une vraie surmortalité Covid aux Etats-Unis, mais la surmortalité constatée est supérieure au nombre de décès Covid, comme dans la plupart des pays, à l’exception notable de la France. L’effet Covid exagère le record de mortalité de 2020. Ce qui va être intéressant de surveiller c’est l’espérance de vie. Aux Etats-Unis, depuis quelques années, elle stagnait voire diminuait légèrement du fait de la crise des opioïdes. Avec cette mortalité conséquence, on va avoir une baisse de l’espérance de vie qui va s’accentuer par rapport aux années précédentes.

En France, va-t-on avoir une année particulièrement meurtrière ou la plus meurtrière de l’histoire, comme aux Etats-Unis ?

La France est dans une situation différente des Etats-Unis car la France n’a pas connu de croissance démographique très importante durant le XXe siècle, la fécondité diminue et le pays a connu des crises de mortalité très fortes liées aux guerres mondiales. On est monté à près de 800.000 décès lors de certaines années. Les records de mortalité liés aux guerres ne seront pas battus. En France il y a un phénomène structurel, depuis une quinzaine d’années, de montée des décès. En 2004, on a eu 509.429 décès et en 2019, 599.408 donc une augmentation de près de 100.000. Cela s’explique par l’arrivée progressive des générations très nombreuses du baby-boom à un âge avancé. Depuis 2015, le nombre de décès est à son maximum depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. En 2020, il y avait une hausse prévisible pour des raisons structurelles mais la crise du Covid va accentuer cette hausse. On va avoir environ 40.000 à 50.000 décès supplémentaires, même si on n’a pas encore les chiffres exacts. On va donc avoir un record autour de 640.000 décès, soit un chiffre assez proche des données de 1945. On avait eu 643.899 décès et on peut penser qu’on sera autour de ce chiffre. La tendance structurelle est donc fortement accentuée par la surmortalité due au Covid. Ce qui devrait conduire à une baisse de l’espérance de vie.

L’espérance de vie va donc baisser en 2020 ?

Oui, c’est sûr. Je ne sais pas exactement de combien, peut être d’une demi-année. Ces dernières années elle continuait de progresser. On avait gagné environ deux ans chez les hommes ces dix dernières années, un peu moins chez les femmes. Cette espérance de vie devrait réduire plus fortement chez les hommes apparemment, puisqu’ils ont été plus touchés par les cas graves de Covid.

Y-a-t-il un risque que ces tendances conjoncturelles aient des effets de long-terme ?

Le premier effet c’est que les gens qui sont décédé cette année à cause du Covid et qui n’auraient pas dû décéder, par définition, ne décéderont pas l’année prochaine ou dans deux ans. Si le Covid venait à ne plus être mortel, on pourrait s’attendre à ce qu’il y ait une sous-mortalité dans les prochaines années, plutôt en 2022. Cela n’est vrai que si l’on parvient à stopper la pandémie. Tant qu’elle sera là, on aura une surmortalité plus ou moins importante. Toutefois, le Covid a tué des personnes qui seraient décédées dans les dix-huit mois qui suivaient, même sans la pandémie, mais il tue aussi des gens qui ne seraient peut-être décédés que dix ans plus tard donc on peut penser que même si la situation améliore, ce pic restera et ne sera pas entièrement lissé. Il sera peut-être atténué en partie.

Par ailleurs, le nombre de décès se rapproche dangereusement du solde de naissance, ça a un impact sur le solde naturel. La croissance démographique de la France est tirée par l’excédent des croissances sur les décès. Un pic de mortalité, parallèlement à une baisse des naissances, sous-entend que la croissance démographique sera en berne en 2020. Toutefois, pour les prochaines années, la tendance à la baisse de la natalité est moins assurée que la hausse des décès, parce que les enfants des années 2000 vont commencer à avoir des enfants. Mais la hausse des décès est portée par les baby-boomers car ils n’ont pas encore atteint l’âge moyen des décès, à 80 ans. On devrait approcher 700.000 bientôt. 2020 va nous paraître exceptionnel en terme de nombre de décès, mais ce nombre sera courant d’ici une dizaine d’années.

L’Algérie à couteaux tirés contre l’accord Maroc-Israël

Normalisation Maroc-Israël : des heureux, des mécontents et des déçus

Au cœur du rétablissement des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël, la question du Sahara côtoie désormais la question palestinienne. Par 

C’est une décision qui « chamboule durablement la donne géopolitique dans la région nord-ouest africaine », de l’aveu du site d’informations marocain Le 360. Ce jeudi 10 décembre, en quelques tweets, le président américain Donald Trump « a fini par franchir le Rubicon en reconnaissant, sans équivoque, la souveraineté du Royaume du Maroc sur le Sahara atlantique ». Une reconnaissance américaine négociée en échange de la normalisation des relations entre l’État hébreu et le Royaume chérifien.

Au Québec, la loi sur la laïcité attaquée en justice

Le texte est attaqué devant la Cour supérieure du Québec à Montréal.

Au Québec, la loi sur la laïcité attaquée en justice
Manifestation au Québec contre la loi sur la laïcité.

Un an après la mise en application de la loi sur la laïcité au Québec, le texte est attaqué devant la Cour supérieure du Québec à Montréal.

C’est une première dans le pays. L’année dernière, le Québec se dotait d’une loi sur la laïcité de l’Etat, s’attirant ainsi les foudres des adeptes du multiculturalisme. Par

Désormais au Québec, les signes religieux sont interdits aux fonctionnaires engagés en position d’autorité tels que les policiers, les juges ou les enseignants. Selon un sondage effectué en mars 2019 au moment du projet de loi, 74 % des Québécois francophones déclaraient y être favorable contre 43% des Québécois parlant une autre langue. « », observe l’historien québécois Frédéric Bastien. « Il s’agit presque d’une polarisation linguistique », résume l’historien. Près de 80% des Québécois sont francophones.

UNE LOI TIMIDE

Certains Québécois estiment même que le gouvernement s’est montré quelque peu frileux avec cette loi. Il faut dire que le texte apparaît particulièrement modéré – pour ne pas dire timide – notamment pour les européens, et plus particulièrement les Français. Ainsi, la « clause grand-père », incluse dans la loi, garantit les droits acquis, et empêche donc tout effet rétroactif. En d’autres termes, les fonctionnaires engagés avant l’application de la loi peuvent continuer à porter, s’ils le souhaitent, voile, kippa ou turban.

La loi ne concerne que certaines catégories de fonctionnaires, ceux que l’on considère en position d’autorité. Ainsi, le personnel dans les écoles assurant l’encadrement des enfants le midi ou le soir par exemple, n’est pas soumis à la loi. Les crèches ne sont pas concernées non plus. A cela s’ajoute l’absence de sanction.

Professeur de droit public à l’Université Laval, Patrick Taillon a témoigné au tribunal en tant qu’expert, proposant une analyse de droit comparé avec ce qui se fait en Europe en matière de laïcité : « Avec cette loi, le Québec veut être plus européen que canadien. La loi 21 est assez proche de ce qui se fait aux Pays-Bas, mais à des années-lumières de ce que la France applique. »

DE VIOLENTES ATTAQUES

Mais pour les partisans du multiculturalisme canadien, la loi 21, aussi légère soit-elle, demeure une offense. Plusieurs associations, conseillées par une vingtaine d’avocats, attaquent, depuis novembre, des dispositions du texte devant le tribunal de Montréal.

L’organisation Amnistie Internationale Canada francophone ne fait pas partie des requérants mais s’est mobilisée contre le texte. « Nous ne sommes pas opposés à la laïcité qui n’est pas un droit fondamental mais un choix de société. On s’oppose à des articles de la loi qui entravent le droit à l’expression religieuse, et qui touchent notamment les femmes musulmanes », estime la directrice de la section canadienne francophone de l’ONG, France-Isabelle Langlois, attachée aux libertés individuelles.

Avocat de la Coalition Inclusive Québec opposée au texte, Maître Azim Hussain n’a pas hésité à convoquer l’Histoire afin d’expliquer la dangerosité de cette loi, établissant un parallèle entre le texte et la ségrégation raciale américaine. Il atteignait très vite, et avec aisance, le point Godwin, laissant entendre que les dispositions de la loi sur la laïcité de l’Etat pouvaient entrainer un régime de discrimination semblable… aux lois du IIIème Reich. Contactée, la Coalition Inclusive Québec n’a pas souhaité répondre à nos questions. Maître Rémi Bourget, avocat de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), plaidant contre la loi 21, a pour sa part utilisé l’argument français de « l’infréquentabilité » en tentant un parallèle entre la loi relative à la laïcité et Marine Le Pen pour justifier de la xénophobie du texte. Pour ces avocats, certainement meilleurs en droit qu’en histoire, toute forme de reductio ad hitlerium est acceptable dès lors qu’il s’agit d’obtenir l’invalidation de la loi 21.

Des excès qui ne surprennent pas les observateurs : « On note une dramatisation dans les échanges, tout est hypertrophié. Ce procès reflète les excès de notre époque auquel le Québec n’échappe pas », relève Patrick Taillon. Pour ce juriste, aucun avocat en faveur de la loi n’aurait pu tenter un équivalent sans provoquer un scandale chez les opposants au texte : « Un double standard s’est mis en place. Les excès de langage les plus vifs qu’utilisent les requérants ne choquent pas car ils portent préjudice au « camp des méchants ». » Depuis le début du procès, les tensions ne faiblissent pas, bien au contraire.

« Quelle que soit la décision prise par le juge, la partie qui aura perdu portera la cause en appel », précise France-Isabelle Langlois. Fin du premier round dans quelques semaines.

  • Eclairage : juge et partie ?

« Je m’attends à ce genre de débordement sur les réseaux sociaux, mais certainement pas dans un tribunal », réagit l’historien Frédéric Bastien face aux comparaisons historiques outrancières des avocats opposés à la loi 21. Il a donc déposé une plainte devant le Conseil canadien de la magistrature contre le juge Marc-André Blanchard. « Le code de déontologie permet pourtant au juge d’intervenir. Il ne l’a pas fait », souligne l’historien qui envisage de déposer une autre plainte au syndic du Barreau du Québec contre l’avocat Azim Hussain ayant établi un parallèle entre le texte et les lois nazies.

Les partisans de la loi 21 n’ont pas oublié la position du juge Marc-André Blanchard, en 2018. Le Conseil national des musulmans, l’Association canadienne des libertés civiles et la citoyenne québécoise portant le niqab Marie-Michelle Lacoste contestaient devant le tribunal l’obligation, contenue dans la « loi 62 », de découvrir son visage pour donner ou recevoir un service public. Le juge Blanchard avait alors suspendu l’application de cette disposition. Comme bien d’autres juges, Marc-André Blanchard a été nommé par le gouvernement fédéral de Justin Trudeau. Le même Trudeau, qui, en 2019, estimait que le projet de loi 21 légitimait « la discrimination contre les citoyens. »

 

Israël-Iran : la cyber-guerre est déclarée

 

Israël-Iran : la cyber-guerre est déclarée
Une cyber guerre entre Israël et Iran
 

Les deux ennemis semblent décidés à se livrer à une escalade sans précédent

Une attaque informatique contre une compagnie d’assurances israélienne vient de faire prendre conscience à Tel Aviv de l’ampleur du cauchemar que pourrait provoquer un conflit ouvert avec Téhéran. Les deux ennemis semblent décidés à se livrer à une escalade sans précédent et dangereuse dans les cyber-attaques.

Par

Des clients de la compagnie d’assurances israélienne Shirbit ont eu la mauvaise surprise au début du mois de voir leurs cartes d’identité, leurs permis de conduire, les numéros de leur carte de crédit, et leurs certificats médicaux diffusés à tous vents. Cette compagnie a ainsi été punie pour avoir refusé de payer une rançon de plusieurs millions d’euros pour empêcher la publication de ces données personnelles. « Cette attaque n’a pas qu’un aspect financier, il s’agit d’une tentative de semer le chaos », explique Ygal Unna, le patron du Cyber Directorat israélien, un organisme officiel spécialisé dans la protection contre les agressions informatiques dans le secteur public, le système bancaire, la sécurité et l’énergie.

En un mois, ce ne sont pas moins d’une quarantaine d’autres entreprises qui ont été visées par des attaques pour les espionner, mettre la main sur leurs données ou saboter leur fonctionnement. Parmi les cibles figurent notamment une filiale israélienne d’Intel le numéro mondial des semi-conducteurs.

UN EMPOISONNEMENT AU CHLORE ÉVITÉ

En mai dernier, une très sérieuse alarme s’était produite lorsque le système informatique de la compagnie des eaux israélienne avait été la victime d’une agression qui aurait pu provoquer l’empoisonnement au chlore. « Cette attaque (N.D.L.R. attribuée par Israël à l’Iran) marque un tournant historique dans la cyberguerre moderne. En s’en prenant à une infrastructure aussi essentielle, elle a risqué de priver la population d’eau potable en pleine période de Covid » affirme Ygal Unna et d’ajouter sur un ton alarmiste : « Les cyberarmes peuvent être comparées à l’arme nucléaire du point de vue de leurs capacités de destruction, mais la facilité avec laquelle elles peuvent être accessibles les assimile plutôt à l’arc et la flèche ».

Pour tenter de parer à tous ses dangers, Israël met les bouchées doubles. En quelques années, ce pays a acquis le statut de superpuissance de la cybersécurité. Quelques chiffres : plus d’un quart des investissements mondiaux dans ce secteur devenu stratégique ont lieu en Israël où l’on dénombre plusieurs centaines d’entreprises spécialisées. Cette hyperactivité est centrée en premier lieu sur la mise au point de parades contre les agressions menées par des États ou des organisations criminelles de hackers.

L’IRAN ÉGALEMENT CIBLÉ PAR DES ATTAQUES

Mais les Israéliens ne se contentent pas d’élever ainsi une sorte de ligne Maginot contre des incursions hostiles, ils sont également passés à l’offensive. En représailles à l’agression contre le réseau de distribution d’eau, quelques jours plus tard, un mystérieux virus informatique a provoqué la paralysie pendant plusieurs jours d’un terminal du plus grand port iranien de Badar Abbas. L’opération n’a pas été revendiquée, mais pour tous les spécialistes elle porte la marque d’Israël.

Auparavant, l’État hébreu, associé avec les États-Unis, avait déjà frappé un grand coup en sabotant à l’aide d’un ver informatique surnommé Stuxnet des centaines de centrifugeuses utilisées pour la production d’uranium enrichi, installées dans le site nucléaire iranien de Natanz. Le stratagème avait fonctionné pendant cinq ans avant d’être découvert en 2010.