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« Soulage-toi de la vérité, le mal est fait », lui demande un ami

Nazim, qui a exhorté celui qu’il considérait comme un grand frère à parler.

Procès de Nordahl Lelandais : "Soulage-toi de la vérité, le mal est fait", lui demande un ami

JUSTICE – Le troisième jour du procès de Nordahl Lelandais, jugé pour le meurtre d’Arthur Noyer, a été marqué par deux témoignages forts de la part d’amis de l’accusé. Parmi eux, celui de Nazim, qui a exhorté celui qu’il considérait comme un grand frère à parler.

 

« Nordahl était un ami très proche. J’ai appris à l’aimer comme il était, comme un ami. On a partagé que des moments agréables. Et puis maintenant on se retrouve là. » La troisième journée du procès de Nordahl Lelandais pour le meurtre d’Arthur Noyer s’est achevée mercredi 5 mai avec le témoignage poignant de Nazim B., 38 ans, ami de l’accusé depuis des années. 

À la barre, Nazim, un père de famille chef d’entreprise, fait d’abord part de son incompréhension. Il décrit Nordahl comme « un ami qui est là, qui vous rend toujours service« . « Il avait toujours l’attention. ‘Je t’aide à faire ceci, je t’aide à mettre la table’. Quand on faisait des barbecues, il faisait attention, que les enfants ne jouent pas trop près de la route. Je n’arrive pas à comprendre qu’une personne puisse faire un tel grand écart. » Nazim, ému, s’exprime posément, prend son temps : « On a tous nos secrets mais pas des secrets comme ça« , dit-il.

L’INQUIÉTANT NORDAHL LELANDAIS

« Il connaissait ma femme, il connaissait ma sœur, il connaissait ma fille, il connaissait ma mère. Vous ne faites pas rentrer dans ce cercle-là des gens en qui vous n’avez pas confiance« , poursuit Nazim. « C’était Nono le rigolo. Je n’ai pas un seul mauvais souvenir avec lui. Tous les moments passés avec lui étaient agréables. »

Dans la salle d’audience, Nazim raconte qu’il parlait parfois à Nordahl Lelandais comme s’il était « son grand frère« , qu’il l’encourageait à trouver un travail stable. Puis Nazim en vient à ce jour où tout a basculé : « Le jour où il y a eu cette preuve suivie des aveux dans l’affaire Maëlys, j’ai appelé sa mère pour lui dire que c’était fini. Elle, c’est sa maman, elle a pas le choix. Moi je suis son ami. Je ne pouvais plus l’être. » Le témoignage est fort : des larmes coulent sur les joues des avocats de la défense.

« Il s’est bousillé lui-même »

Comme l’a fait plus tôt dans la journée Alexandra, une autre amie de Nordahl Lelandais, Nazim finit par s’adresser directement à l’accusé, qui depuis le début maintient sa version d’une bagarre déclenchée par Arthur Noyer : « Soulage-toi de la vérité, lui dit-il. Soulage ton mal. Le mal est fait. Vis ce qui te reste à vivre plus léger. Accident, préméditation. Il n’y a que toi qui le sait. » Il enchaîne : « Mais il faut bien se rendre compte d’une chose : ce sont les dommages collatéraux. À côté des parents d’Arthur, je suis un petit dommage collatéral. Mais tout ceci me fait énormément souffrir. Alors il faut arrêter ce cinéma. » 

« Beaucoup de nos amis ont de la haine en pensant à Nordahl. Moi je n’en ai pas« , confie aussi  Nazim. « Parce qu’il y a des dommages collatéraux, et lui, il est son propre dommage collatéral. Il s’est bousillé lui-même. »

« Merci d’avoir été mon ami »

Très ému, l’avocat de l’accusé s’exprime brièvement après cette prise de parole : « Je ne veux pas gâcher ce moment par des questions. Juste vous dire merci pour ce moment d’humanité dans cette audience qui en avait tant besoin« , dit-il.

Les derniers mots reviennent à Nordahl Lelandais, qui se lève. « Tu étais comme mon grand frère, dit-il à Nazim. Je ne sais pas quoi te dire tellement j’ai honte. La vérité, j’ai commencé à l’expliquer. Peut-être que je l’ai mal exprimée. Je trouve pas forcément les bons mots, les bonnes phrases. La vérité j’essaye de la dire depuis le début. Tout le monde me dit toujours ‘non c’est pas vrai, non c’est pas comme ça’. » Il n’en dira pas plus ce mercredi, si ce n’est, avant de se rasseoir : « Merci Nazim d’avoir été mon ami. »

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