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Avec Trëmma, Emmaüs veut concurrencer

…Vinted et Leboncoin

 
Emmaüs
Le mouvement caritatif Emmaüs vient d’ouvrir sa plate-forme numérique de vente de seconde main (Illustration) © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
« Trëmma », c’est le nom du nouveau site de vente de seconde main entre particuliers lancé par le mouvement caritatif Emmaüs, pour tenter de séduire la jeunesse connectée et la sensibiliser au don. Car avec cette plateforme, les bénéfices des vendeurs sont investis dans des projets solidaires plutôt que de leur être remis.
Le mouvement caritatif Emmaüs vient de lancer « Trëmma », sa nouvelle plateforme de vente de seconde main entre particuliers. Le principe est simple : à la manière des autres sites, il suffit de poster une annonce avec votre lampe, votre table de chevet ou votre chemisier. Sauf qu’avec « Trëmma » le vendeur ne perçoit pas le montant de la vente, qui est investi dans un projet solidaire. L’objectif est d’encourager le don des habitués aux petites annonces en ligne. 

« La composante solidarité en plus »

« C’est un beau blazer que j’ai mis deux ou trois fois et qui est au fond de mon placard », explique Laure, 24 ans, qui souhaite s’en séparer. Et pour une fois, ce sera pour une bonne action : « Là, ce ne sera pas Vinted cette année, ce sera Trëmma ! ».

C’est le nouveau principe lancé par Emmaüs, qui consiste à donner des vêtements sans en tirer de bénéfice. L’argent de la vente servira en effet au financement d’un projet solidaire qu’elle a choisi. « C’est une ferme de réinsertion pour les femmes qui étaient incarcérées. Il y a vraiment la composante solidarité en plus, qui est essentielle pour moi, et qui est encore plus forte actuellement », souligne la jeune femme.

 

Une baisse de la qualité des dons 

Surfer sur le business de la seconde main, mais avec un objectif responsable, devenait une nécessité pour Maud Sarda, qui dirige cette plateforme à Emmaüs. « Depuis une dizaine d’années, il y a une telle explosion des sites de vente entre particuliers, que la qualité a baissé dans ce que les Français donnent à Emmaüs, parce qu’ils peuvent vendre. Du coup, il y a moins ce réflexe du don », observe-t-elle. 

D’ici trois ans, Emmaüs espère réunir au moins 500.000 euros à réinvestir dans des projets solidaires.

« Le peuple français est généreux »

Comme l’explique le comédien engagé Philippe Torreton, invité d’Europe Matin jeudi, l’avantage de cette plateforme « Trëmma » est justement, à la manière du Bon Coin, de pouvoir réaliser facilement ce type de transactions, mais à des fins solidaires. « Souvent on s’acharne à vendre quelque chose pour quelques euros, et pour beaucoup de Français – pas tous – on se demande si on a vraiment besoin de ces deux euros qu’on va tirer d’un pull, d’une vieille chaise…Et là, on a la possibilité de les donner à une action caritative ».

Une initiative saluée donc par celui qui est aussi parrain de la fondation Abbé Pierre depuis de nombreuses années maintenant. « C’est un concept innovant et je pense qu’il faut justement multiplier toutes les possibilités d’être généreux. Parce que les gens sont généreux, le peuple français est généreux. On le voit à chaque fois que l’on fait les bilans de fin d’année, quand on fait le point sur ce qui a été légué, donné. »

Par Jean-Gabriel Bourgeois, édité par Manon Fossat