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Croyances et laïcité

Le fait religieux à l’école.

Membre du GAIC, de la Fraternité d’Abraham, de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix (CMRP), toutes les 3 associations à Paris, et Président à Chambéry de : « L’Union Des  Enfants d’Abraham – (U.D.E.A.) » d’une structure sur le processus de la radicalisation,  l’ASPRA, de l’aumônerie pénitentaire et hospitalière, l’UFCM, et en introduction à un diaporama le « Fait religieux » pour la conférence à l’Université St Martin d’Hères.

par Foudil Benabadji

L’introduction dans les programmes scolaires d’un enseignement des faits religieux ne semble plus poser de problème. Mais c’est un sujet dont on parle peu. La transmission des données relatives à la pratique religieuse doit demeurer aussi neutre que possible. C’est à ces recommandations que les enseignants doivent en principe se conformer à l’égard de leurs élèves des classes de CE2 jusqu’à la seconde depuis qu’un décret publié en 2006 par le ministère de l’Education nationale définit un « socle commun des connaissances et compétences ». Le choix d’intégrer le fait religieux dans ce socle commun (et non dans un enseignement distinct) est une spécificité française, qui est respectée.

L’inscription dans les textes d’un enseignement des faits religieux est l’aboutissement d’une réflexion, lancée à la fin des années 1980. Elle fut initiée par la Ligue de l’Enseignement face au constat d’une perte inquiétante de références culturelles relatives aux religions, entravant une compréhension de l’histoire, de la littérature, des arts, aussi bien que de la marche du monde moderne.

 Notons au passage que la ligue de l’Enseignement constatait à cette occasion chez les élèves de graves lacunes en Culture générale, et pas seulement a propos des faits religieux. Cette institution peu suspecte de complaisance cléricale, nous engage donc à promouvoir une « laïcité » fondée sur le « respect de toutes les croyances » plutôt que sur une stricte indifférence de l’école à l’égard de ces dernières.

Deux ministres de l’éducation nationale furent ensuite à l’origine des principales réflexions initiées sur le sujet. Lionel Jospin qui en 1989 demanda au recteur Joutard une réflexion sur l’évolution du collège. Parmi d’autres conclusions, ce rapport soulignait que« l’ignorance du religieux risque d’empêcher les esprits contemporains d’accéder aux œuvres majeures de notre patrimoine artistique, littéraire et philosophique ».

A l’époque, on jugea urgent de ne rien faire. Ainsi, treize années s’écoulèrent avant que Jack Lang ne demande un rapport spécifique sur le fait religieux à l’école à l’écrivain Régis Debray. Ce dernier y dénonce notamment « l’aplatissement, l’affadissement du quotidien environnant… » Considérant que, « la faculté d’accéder à la globalité de l’expérience humaine, inhérente à tous les individus doués de raison, implique chemin faisant la lutte contre l’analphabétisme religieux et l’étude des systèmes de croyances », le rapport Debray formulait une douzaine de recommandations concernant notamment la formation des maîtres. Il proposait donc la création d’une structure destinée à pallier les carences en la matière.

C’est donc à partir des propositions de Régis Debray qu’a vu le jour en 2002 l’Institut Européen des Sciences des Religions, institution adossée à la section des sciences religieuses de l’Ecole pratique  des hautes études. Son but :   « Rapprocher les démarches pédagogiques et la recherche scientifique » pour aboutir à l’intégration des données en sciences des religions dans les programmes scolaires. Dès le départ, la démarche fut claire : il n’était pas question de créer une nouvelle matière d’enseignement mais d’inclure des données relatives au fait religieux dans les programmes et plus particulièrement dans ceux de français et d’histoire-géographie.

Cependant la terminologie adoptée : « fait religieux », ne va pas de soi. Certes, chacun aura compris que ce terme dénote une volonté de présenter  les religions de manière aussi objective que possible. Mais l’expression est assez réductrice qui recouvre non seulement des religions évoluant dans des univers culturels très différents, mais implique aussi des démarches très éloignées selon que l’on se place du point de vue du croyant ou de l’incroyant : science n’est pas foi ! Observer les religions en termes d’objet d’étude susceptible de se voir appliquer les méthodes du raisonnement scientifique n’est pas neutre car revient à considérer, sous couvert de tolérance et de laïcité, que celui-ci relève  davantage de la sociologie et de l’anthropologie que de la foi.

 

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