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Examinons la laïcité d’un peu plus près !

Nous sommes tellement libre de ne pas être d’accord que ce serait dommage de ne pas l’user, cette liberté.

C’est un beau sujet pourtant, la laïcité qui sous tend la liberté. Nous sommes tellement libre de ne pas être d’accord que ce serait dommage de ne pas l’user, cette liberté.

Elle fait de la France son originalité et même son exemplarité avec cette valeur issue des plus grands textes de notre Histoire.

C’est la base de notre contrat social, de notre démocratie: « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. » Et qui se poursuit avec bien sûr la séparation de l’Église et de l’État en 1905. En France, contrairement aux démocraties anglo-saxonnes, on n’accepte pas qu’un agent public ou un élève affiche ses convictions religieuses dans nos institutions. C’est le produit de notre histoire qui fait de la laïcité  « notre religion commune » , au sens étymologique. Elle « re-lie » les Français autour de mêmes textes sacrés de la République.

La République n’empêche pas de manger halal ou du poisson le vendredi, même à l’école. Parce qu’elle ne s’oppose pas aux convictions. Mais elle doit s’élever quand un agent public refuse de serrer la main d’une collègue parce que l’égalité homme-femme est une valeur républicaine, au-dessus de toutes les religions.

Ces dernières peuvent exprimer leurs opinions, comme l’opposition à l’avortement ou la PMA, mais ne peuvent empêcher sa pratique légalisée. La République n’interdit pas le voile ou la kippa dans ses rues, parce qu’elle ne s’occupe pas des pratiques tant qu’elles ne « troublent pas l’ordre public établi par la loi ».

Mais quand l’ordre public est lui-même troublé par des élus qui remettent en cause la loi de 2004 sur l’accompagnement en sortie scolaire, le débat lancé ainsi est biaisé parce que vicieux et vicié de raccourcis.

Dans une démocratie vigoureuse, fière et forte de ses différences, on pourrait pourtant l’avoir, ce débat. Mais il est impossible aujourd’hui sauf à vouloir stigmatiser pour mieux régner sur un champ de ruines.

C’est un beau sujet pourtant, la laïcité. Un trésor national même, agité aujourd’hui comme un vulgaire chiffon rouge.

Souffrant d’une définition précise, la laïcité fait l’objet de nombreuses interprétations d’autant qu’elle s’inspire de plusieurs textes, l’un des principaux, la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905.

La figure classique que l’on appelle « laïcité à la française » a connu trois moments importants :

1) La Révolution française : Il s’agit du mouvement qui, à partir de la fin du Moyen Âge, vise à limiter l’ingérence du pape dans la vie religieuse en France et à conforter l’autonomie de son Église vis-à-vis de Rome et son lien avec le souverain français. Ce mouvement est concrétisé par le Concordat de Bologne de 1516, signé par François Ier et le pape, par lequel le roi exerce un pouvoir temporel sur l’Église de France. Ce texte restera en vigueur jusqu’à la Révolution française. On peut distinguer huit guerres de Religion en France : la dernière se transformant en guerre classique contre le roi d’Espagne qui a soutenu la ligue. En fait, la France connaît 36 années de troubles avec seulement deux périodes d’accalmie relative.

2) La Troisième République: Les fondements de la laïcité apparaissent dès 1789 avec l’article 10 de la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen. La mise en œuvre du principe de laïcité est d’abord une conséquence directe de la Révolution française. Ainsi, dès 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen affirme l’égalité devant la loi de tous les citoyens. La loi du 9 décembre 1905 renforce considérablement ce principe en instaurant une séparation réciproque entre l’État et les institutions religieuses. La naissance de la IIIe.

République relance le combat en faveur d’une laïcisation des institutions. Le programme de Belleville,  prononcé par Gambetta alors qu’il est candidat aux élections législatives, en avait fait, dès 1869, l’un des axes majeurs du discours radical républicain. Si Gambetta fut le premier à donner le départ de la reconquête républicaine, c’est le nom de Ferry qui reste attaché à la confection, à partir de 1879, du socle sur lequel naîtra le système éducatif français. Tous les degrés d’enseignement furent concernés.

Déjà au XIXe siècle Ferdinand Buisson, premier théoricien de la laïcité, soulignait qu’elle résultait d’un « lent travail des siècles » (Dictionnaire de pédagogie, 1883-1887). Depuis, la laïcité continue d’évoluer. Ce n’est pas un concept figé dans son acception d’il y a cent ans. Elle se nourrit des transformations de la société. En cela, elle donne aussi lieu à des interprétations diverses.

3) Enfin, la période actuelle, à partir de 1980: la fin du XXe siècle et le début du XXIe siècle connaissent une réanimation de la pensée laïque du fait qu’elle est contestée et attaquée sur plusieurs fronts, par des visées politiques, conquérantes menées au nom d’une religion monothéiste : l’islam. La question laïque passe désormais au premier plan et relègue l’action revendicative.

Désormais, on est dans le temps de l’action. Significatif est le titre de l’article consacré aux commémorations de 1982 : “Fêtes du centenaire, fêtes de l’avenir”. La journée du 9 mai 1982, qui célèbre le centenaire des lois laïques, a quitté le terrain commémoratif pour s’inscrire dans une perspective d’ensemble où elle n’est plus qu’un élément –on retrouve ici le schéma familier qui place la grève au centre de l’action, mais en faisant d’elle un moyen et non une fin en soi. Un programme d’action est mis en œuvre afin de prolonger la mobilisation : rencontres avec les élus, colloques, fêtes, articles, expositions, etc., destinés à souligner les dangers du maintien du dualisme.

Ce flou en fait une notion qui cristallise bien des tensions. Menacée également aujourd’hui dans ses fonctionnements par la montée du communautarisme, elle semble fragilisée. Il s’agit de dégager une définition et de démontrer le caractère évolutif de ce principe. Et aussi de valoriser l’esprit fédérateur de la laïcité que l’on peut considérer, de ce fait, comme notre « bien public immatériel » le plus précieux.

Quels sont les 4 principes (piliers), de la laïcité ?

1 – la liberté de conscience et celle de manifester ses convictions dans les limites du respect de l’ordre public,

 2 – la séparation des institutions publiques et des organisations religieuses, séparation de l’État et des cultes,

 3 – l’égalité de tous devant la loi quelles que soient leurs croyances ou leurs convictions, égalité des cultes,

 4 – sécularisation, c’est à dire, faire passer des biens d’Église dans le domaine public, ou encore, à soustraire à l’influence des institutions religieuses des fonctions ou des biens qui lui appartenaient.

Définition de la laïcité

Le principe de laïcité est défini comme la séparation de l’Église et de l’État, qui implique l’indépendance et la neutralité des institutions publiques vis-à-vis de la religion. Il ne s’agit pas d’une forme d’athéisme d’Etat, mais au contraire d’un moyen de garantir à chacun la liberté de conscience et de culte, ainsi que l’égalité de chacun devant la loi, quelle que soit sa religion. La laïcité permet à tous les citoyens d’avoir ou non une religion, de l’exercer librement dans le cadre fixé par la loi. Attention, un État protégeant la liberté de culte n’est pas nécessairement laïc : il peut reconnaître une religion d’État.

Le principe de laïcité a des applications concrètes dans différents domaines, et en particulier à celui de l’enseignement. En France, la laïcité du système scolaire a été instaurée par la loi de 1905 sur la laïcité de l’État. Elle a été réaffirmée en 2013 par la Charte de la laïcité à l’École, qui rappelle en quinze articles les règles du vivre ensemble à l’école, ainsi que leurs objectifs. Il s’agit notamment d’encourager l’accès à une culture commune, ainsi que la tolérance et le libre arbitre.

Laïcité en France, un principe républicain

Inscrite dans la Constitution, la laïcité constitue aujourd’hui un des fondements de la République française. Elle repose sur deux principes : l’obligation de l’État de ne pas intervenir dans les convictions de chacun et l’égalité de tous devant la loi, quelle que soit leur religion. La laïcité française est régie par trois principes : la neutralité de l’État, la liberté de conscience et le pluralisme religieux.

La laïcité est un des principes définissant la République qui est « indivisible, laïque, démocratique et sociale » (art. 1 de la Constitution). Inscrite dans la constitution de 1946 et reprise par la Constitution de 1958,  reprise par la laïcité figure parmi les droits et libertés fondamentaux garantis par celle-ci, au même titre que l’égalité ou la liberté.

Selon le Conseil constitutionnel (décision du 21 février 2013),  résultent du principe de laïcité : le respect de toutes les croyances et l’égalité de tous les citoyens devant la loi.

La loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État est la clé de voûte de la laïcité en France. Elle est au fondement de notre société et de notre école qui doit préserver de tout prosélytisme idéologique, économique et religieux.

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