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Loi sur le « SÉPARATISME »

…Beaucoup de bruit pour rien ? 

Très attendu, le projet de loi contre le séparatisme arrive à l’Assemblée nationale ce lundi. Rebaptisé « Projet de loi confortant les principes de la République », il risque de décevoir. De nombreuses questions persistent, autour de son efficacité, de ses atteintes à certaines libertés et des sujets absents comme l’immigration.
@DR

Le 26 juillet dernier, Marlène Schiappa, tout juste nommée ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, chargée de la Citoyenneté, annonce que le projet de loi contre le séparatisme sera présenté en octobre suivant dans le but de « définir très clairement ce qui a pour projet de s’organiser en marge de la République contre la République et de lui porter atteinte. Plus que l’islam radical, c’est l’islam politique ». À peine trois mois plus tard, le président Emmanuel Macron dévoile les grandes lignes de ce projet lors d’un discours offensif aux Mureaux. « Le problème, c’est le séparatisme islamiste, affirme-t-il. Ce projet conscient, théorisé, politico-religieux, qui se concrétise par des écarts répétés avec les valeurs de la République (…) Le problème, c’est cette idéologie, qui affirme que ses lois propres sont supérieures à celles de la République ». Des mots forts qui offrent une lueur d’espoir à quelques acteurs de première ligne, comme Thibaut de Montbrial, avocat de Zineb El Rhazoui, cible favorite du CCIF et contrainte de vivre sous protection policière : « Le projet de loi sur le séparatisme va être un tournant. Lors de son discours, Emmanuel Macron a enfin nommé les choses », explique-t-il dans nos colonnes en novembre dernier.

Le 18 novembre, le projet de loi est transmis aux présidents des deux Assemblées mais son appellation a changé. Le mot « séparatisme » disparaît au profit d’un « confortant les principes de la République » et la cible visée, à savoir l’islam politique, semble moins précise. « Ce texte, qui se voulait une réponse aux violences terroristes, apporte peu de choses nouvelles sur la lutte directe », explique le politologue Christophe Boutin.