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« Regards croisés sur la laïcité…

 …et la religion à l’hôpital »

L’islam est étranger à la laïcité et cela nécessite un point d’information. Il s’agit, en quelques instants, de parler, un peu d’Histoire. En 2ème partie, j’aborderai l’aumônerie à l’hôpital.

 1- Un peu d’Histoire : La France connaissait l’Islam bien avant 1905. L’autorité française, instaure en Algérie, un « service civil » sur le culte musulman avec des décrets et circulaires. Tant d’imams pour assurer la religion musulmane, etc. 

En 1880, Jules FERRY, un des pères fondateurs de la loi de séparation, se rend à Alger. Il prend connaissance de la situation…sans pour autant, proposer la laïcité aux musulmans : quatre cultes sont retenus : le catholicisme, le judaïsme et les deux églises protestantes : réformée et luthérienne. Ensuite 1870, le décret Crémieux…Les musulmans sont restés des indigènes, avec cette idée d’un islam incompatible.

2 – Mais l’idée de la séparation existait dans le monde musulman, avec les Mutazilites au 8e siècle. Elle est reprise au 11e siècle avec Averroès : le concept de la « Raison et la Foi ». Rappelons-nous aussi, l’Empire Ottoman, dès 1840, Ata Turc, en imposant la laïcité à son peuple… il va bénéficier d’une soudaine modernité. On ne peut plus évoquer une quelconque incompatibilité de l’islam avec la laïcité, avec la civilisation occidentale. 

3 – Mal comprise par les Musulmans, la laïcité est apparentée à l’athéisme. Les Ayatollahs, Frères Musulmans, Tabligh, Wahhabites en profitent et brandissent, alors, l’islam comme une arme.

4 – Des études récentes en France ont souligné que le quart des musulmans refusent la laïcité. Les médias ne s’intéressent pas à cette majorité silencieuse de musulmans laïques en France. Toutefois, des professeurs, des médecins, des chefs d’entreprises, etc. près de 4 à 5 millions de musulmans, sont respectueux des lois de la République. Le saint Siège établit des relations avec de nombreux états musulmans. Au Concile œcuménique Vatican II, l’Eglise catholique se prononce, officiellement,pour le dialogue interreligieux en 1965.

5 – Enfin des circulaires relatives à la laïcité voient le jour dans les établissements de santé. Celle du 2.02.2005 est intéressante. Il s’agit de liberté religieuse, de la neutralité de l’Etat et du principe de la non discrimination. Tous les patients sont traités de la même façon, quelles que puissent être leurs croyances religieuses.

On ne doit pas douter de la neutralité du personnel hospitalier. Le malade ne peut pas récuser un praticien ou un agent public en fonction de sa propre religion.

Chrétiens, musulmans, juifs, les citoyens du monde, libres penseurs, etc. s’emploient à retrouver les points de convergence.Vivre ensemble à l’hôpital suppose un socle commun de valeurs partagées. « Quand on est à l’hôpital, toutes les religions sont accueillies et on doit se conduire comme un invité », me disent parfois des professeurs de culture musulmane. Si on rappelle l’article 2 de la loi de séparation : « La République ne reconnaît ni ne garantitaucun culte », on oublie souvent le premier article :« La République garantit le libre exercice des cultes ».

6 – Nous disposons à l’hôpital d’un espace culte inter-religieux. Notre équipe est composée d’une dizaine d’aumôniers mixtes. Elle assure une permanence journalière à Chambéry et Aix les Bains auprès des patients. Les demandes de  sont honorées. Les familles endeuillées, dans la peine, sont bien entourées. Les toilettes  des défunts, etc. sont assurées. Toutes les visites et toutes les réunions font l’objet de comptes rendus minutieux. 

Notre mission en tant qu’aumôniers d’hôpitaux est placée sous le double signe :

–     Celui de la fraternité et de la confidentialité,

  • Et celui de l’accompagnement psychologique et spirituel, à partir de l’écoute et de l’attention à l’égard de la personne en souffrance. Sur cette base l’aumônier s’engage à exclure tout geste ou parole ne relevant pas de l’aumônerie, tout ce qui pourrait être ressenti comme pression ou prosélytisme.

Nos relations avec la direction de l’hôpital, M. Martin et M. Percot, avec l’aumônerie catholiqueet l’aumônerie juive… sont en parfaite harmonie. Nous sommes heureux de participer aux travaux du groupe de « réflexion éthique » dirigée par le Dr Pierre Basset.

7 – Il ne peut y avoir de vrai dialogue entre les religions sans un minimum de connaissance en commun. Je veux ici soulever le problème de la formation. Les religions du bassin méditerranéen doivent se relier entre-elles et donc nous rapprocher les uns des autres. N’oublions pas que nous sommes tous issus du même Patriarche Abraham, du monothéisme sémitique, juifs, chrétiens.Les musulmans veulent participer aux débats, au sein de la société française, sur la question des valeurs, de l’éducation et de l’éthique.

La formation des aumôniers et la mise en place de l’étude de l’Islam dans les instituts catholiques et les Universités, sont une nécessité !

Il est donc très important que notre équipe de bénévoles acquière une formation lui permettant de travailler avec le personnel de santé. Son efficacité est d’être en contact avec tous les Cadres de santé des 2 hôpitaux.

Nous avons instauré, en 2017, trois formations qui permettront à nos bénévoles l’obtention d’une attestation d’aumôniers, justifiant du suivi d’enseignements que nous proposons. Nous faisons appel à M. Martin, à Irène Bachler, à Mg Ballot, car les instituts catholiques sont une priorité pour la formation de nos aumôniers. 

Remerciements pour la direction d’avoir donné les moyens de représenter le culte musulman dans les hôpitaux de Chambéry-Aix les Bains, mais aussi Bassens avec  une direction différente.

Je veux dire aussi bravo aux aumôniers musulmans présents dans la salle. Je voudrais les féliciter de se mobiliser ainsi dans cette mission qu’ils ont accepté d’honorer. L’imam Mustapha, Madani pour la toilette des défunts, bien sur Insaf, Salima, Soulef, Jahida, Fatima, Mohamed, Ali, Ibrahim, les femmes d’Aix les Bains dont Zohor, sans oublier Annick Hermance, sans elle, le secrétariat ne serait pas ce qu’il est. 

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