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Une rue de Paris au nom d’Abdelkader Mesli…

Imam et résistant: le mot de Karen Taïeb, adjointe à la mairie de Paris. 
Le 11 mars dernier, le Conseil de Paris a voté à l’unanimité pour qu’une rue de Paris porte le nom d’Abdelkader Mesli, ancien recteur de la Grande Mosquée de Paris, qui sauva des Juifs pendant l’Occupation. Le mot de Karen Taïeb, adjointe à la Maire de Paris en charge du patrimoine, de l’histoire de Paris et des relations avec les cultes, à l’origine de cette proposition.

Le Crif : Karen Taïeb, le 11 mars dernier, grâce à votre proposition forte, une rue au nom d’Abdelkader Mesli a été votée. Qui est-il ?

Karen Taïeb : Abdelkader Mesli est un ancien recteur de la Grande Mosquée de Paris notamment durant l’Occupation et le régime de Vichy, qui a sauvé des Juifs pendant la guerre. Sous sa direction, la Mosquée de Paris est devenue, pendant l’Occupation, un refuge pour plusieurs familles juives sépharades parisiennes menacées. Elles s’y sont cachées et des tickets de rationnement leurs étaient distribués.

Abdelkader Mesli a également fabriqué de faux papiers, de faux certificats de confession musulmane pour sauver des Juifs.

Pour ses actes de résistance, Abdelkader Mesli a été déporté à Dachau et Mauthausen avant d’être libéré en mai 1945.

Le Crif : Comment avez-vous découvert son histoire ?

Karen Taïeb : Je l’ai découverte il y a quelques temps, à la lecture d’un article de presse. En découvrant qu’il avait caché beaucoup de Juifs pendant la guerre j’ai été très touchée. C’est après sa mort en 2010, que son fils a trouvé une vieille valise au fond de laquelle se trouvait des papiers qui ont permis de retracer ces événements.

Je me suis dit que c’était important, non seulement de raconter cette histoire, mais aussi d’honorer cette personne en donnant son nom à une rue de Paris.

Cette requête a été adoptée à l’unanimité par le Conseil de Paris car son histoire rassemble. Elle montre qu’il y a une fraternité, une humanité à laquelle nous devons nous raccrocher en ces temps difficiles.