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Archives mensuelles : janvier 2021

Le laïcisme, dérive de la laïcité

L’esprit de la laïcité d’aujourd’hui s’en est éloigné,

 

Pour Bernard Schürr, en hommage amical

Comment une société peut-elle, à la fois, se déclarer démocratique et vouloir rejeter l’une de ses composantes, en l’occurrence la frange des croyants ? En revanche, sur quel principe les croyants seraient-ils justifiés à passer outre les lois d’une société qui prévoit de surcroît la liberté de leur exercice religieux ?

La laïcité déduite de la Constitution 1905 s’inscrivait dans un cadre juridique destiné à préserver la liberté de conscience dans un État où coexistent plusieurs familles d’esprit ; l’esprit de la laïcité d’aujourd’hui s’en est éloigné, se revendiquant d’un système philosophique d’inspiration rationaliste qui professe une morale sans transcendance ni référence à aucun absolu. Exit l’approche de la laïcité d’A. Briand qui, de pacifique et tolérant, devient peu à peu hostile et sectaire. Aujourd’hui on range volontiers la laïcité dans le tiroir des solutions aux problèmes liés à la mise en cause de la liberté d’expression. Un préjugé veut rendre les croyances coupables de s’opposer radicalement à la République. Il ne reste plus qu’à éliminer les religions.

Il convient de commencer par distinguer deux types de laïcité : d’une part, la laïcité de l’État, qui se définit par l’abstention, et d’autre part, la laïcité dynamique, qui est celle de la société civile. L’Etat ne reconnaît, ni ne subventionne aucun culte, dit la Constitution. La liberté religieuse est au prix d’une abstention de l’État qui, lui, agnosticisme institutionnel, n’est ni religieux ni athée. La laïcité dynamique est celle de la société civile, où les opinions s’expriment et se publient librement, et permet le dialogue entre des personnes confessant des convictions difficilement conciliables, ce qui implique la reconnaissance mutuelle de la liberté d’expression. De sorte que la laïcité implique le respect d’autrui dans ses différences, et permet la liberté d’expression.

La liberté d’expression ouvrirait-elle tous les droits, y compris le droit au blasphème ? Dans les sociétés plu-riculturelles comme la nôtre, non seulement le sacré des uns n’est plus le sacré des autres mais le sacré a été « profané », i.e. il a été rendu profane. Du coup, le terme même de blasphème n’est pas compris. On est dans un cas typique d’asymétrie, de déphasage culturel. Or, parler, c’est dire quelque chose à quelqu’un. Nous en faisons tous les jours l’expérience : la forme de notre expression dépend de l’interlocuteur. Elle peut être affectueuse, diplomatique, impérative, blessante…  Tout se résume à la manière de parler. Le P. Valadier (1) distingue les manières « civilisées » ou « éduquées » de celles qui relèvent de la grossièreté, du mépris ou de l’ignorance. L’inculture religieuse ayant mis la religion dans l’angle mort du regard occidental (cf. le rapport de Régis Debray de 2002 sur l’enseignement du fait religieux dans l’école), une liberté « sauvage » se répand dans les caricatures débridées qui donnent lieu à tant de troubles et de conséquences désastreuses.

Le sot mépris libertaire pour les religions, l’inculture engendrée par la radicalisation de la sécularisation, traduisent la laïcité française d’aujourd’hui qui se manifeste avec véhémence en ridiculisant les religions pressées de rejoindre les sacristies dont l’obsolescence se décore de lambris désolés. « Dépassées »,  « obscurantistes», la caricature est facile, avec une bonne dose d’hypocrisie pour déclarer que le dessin s’en prend aux religions « mais pas aux personnes croyantes ! ». C’est ce que prétend Henry Peña-Ruiz, don Quichotte fougueux du laïcisme moderne. Vous l’avez compris : Moïse, Jésus ou Mahomet sont des vauriens toxiques, et les Textes qui témoignent de leur histoire sont des faux. Au nom de la liberté d’expression, absolue, l’on peut donc proclamer que les croyants sont des fils ou des filles de p…  Juifs, chrétiens ou musulmans sont-ils condamnables de n’être pas indifférents à de tels jugements ? S’en prendre par le ridicule et la dérision aux religions c’est, qu’on le veuille ou non, s’en prendre aux croyants eux-mêmes, conclut le P. Paul Valadier.

Vouloir, au nom de la laïcité, de la liberté d’expression, ou du prétendu droit au blasphème, afficher dans les écoles des caricatures, c’est ce que propose Zineb El Rhazoui, journaliste de Charlie Hebdo. Cette proposition blesse mais elle détourne le regard. La propagande antireligieuse cherche à se cacher derrière le paravent de la sacro-sainte liberté d’expression.

La « séparation »  implique le renvoi des religions dans le privé. Hors-jeu ! Nous expliquera-t-on pourquoi les contributions des croyants aux questions morales complexes, comme l’euthanasie ou les interventions prénatales dans le génotype, etc. doivent être empêchées, par principe, d’intégrer le processus démocratique (2). Sommes-nous invités à un repli sur soi, déversant dans le confluent de tous les fondamentalismes ?

Comment se targuer d’être ouvert au monde en jetant aux orties les traditions qui ont structuré notre présent, ainsi que l’ont réclamé les opposants au préambule du projet de la Constitution de l’Europe, qui ne voulaient surtout pas que soient évoqués l’héritage des trois monothéismes dans la construction de l’Europe. Vouloir introduire du neuf à la place d’un monde ancien, voilà une absurdité qu’a bien notée Hannah Arendt (3). L’oubli de ce principe, note le P. Valadier, conduit à la « production » d’adultes déracinés,  inconsistants, livrés aux propagandes les plus radicales.

Veillons à éviter les injures malveillantes, y compris dans des programmes scolaires(4). Où serait l’obscurantisme, sinon celui qui se masque derrière une fallacieuse liberté d’expression ? La laïcité agressive est un problème qui se prend pour la solution. Elle donne sa justification aux esprits malveillants, stupides et incultes. Les chrétiens ne sont-ils pas les meilleurs garants d’une laïcité qui, n’en déplaise à tous les Grincheux, est promue par Jésus lui-même ?

Gérard Leroy, le 24 janvier 2021

  1. Je renvoie à l’article stimulant de Paul Valadier, sj, du n° de janvier 2021 de la Revue Les Études, pp. 71-80.
  2. Raison et Religion, La dialectique de la sécularisation, Jürgen Habermas et Joseph Ratzinger, Éditions Salvator, 2010.
  3.  cf. The Crisis in Education, dans Between Past and Future, Penguin Books, 1968, pp. 173-196.
  4. « La courtoisie est la face individuelle de la civilité, qui en est la face sociale » Edgar Morin, Éthique, La méthode, 6, ed du Seuil, p. 116.

 

« Le complotisme nous offre une explication simple »

L’écrivain Pierre Bayard rappelle, dans son livre, notre besoin de croire.

 Alors que les faits alternatifs se propagent sur tous les sujets, l’écrivain rappelle, dans son dernier livre, notre besoin de croire.

L'essayiste Pierre Bayard.
L’essayiste Pierre Bayard.© PATRICE NORMAND/LEEXTRA VIA LEEMAGE
Propos recueillis par
 

Le Roi Mohammed VI opte pour…

…le vaccin chinois Sinopharm

Le roi Mohammed VI a opté pour le vaccin chinois Sinopharm, un geste à très forte charge symbolique destiné à rassurer les Marocains sur les vaccins et les sensibiliser sur l’importance de se faire vacciné.

En Europe, la Hongrie est devenue ce vendredi le premier pays de l’Union européenne (UE) à approuver le vaccin du laboratoire chinois Sinopharm dans lequel le Premier ministre Viktor Orban dit avoir “le plus confiance”.

Après réception de 2 millions de doses du vaccin développé par le laboratoire “Astrazeneca” et 500.000 vaccins du laboratoire chinois “Sinopharm”, le Maroc est est le premier pays africain à lancer la campagne de vaccination contre la Covid-19.

Conformément aux hautes instructions royales, cette campagne de vaccination est sera gratuite pour l’ensemble des citoyens et l’objectif visé consiste à immuniser Marocains et résidents au Maroc afin de réduire drastiquement, voire d’éliminer les cas de contamination et de décès et contenir la propagation du virus, dans la perspective d’un retour progressif à une vie normale.

 

Covid-19 – avec le Spoutnik V…

 …l’Algérie ouvre sa séquence vaccination

En attendant le chinois et l’indien, le pays a commencé à vacciner avec le vaccin russe avec l’objectif de toucher à terme 80 % de sa population.

De notre correspondant à Alger,

Covid-19 : comment les renseignements surveillent de près…

…le « fatalisme » des Français

Les services de renseignement territoriaux (RT) publient, chaque semaine, des «notes d’état d’esprit» confidentielles relatives aux effets des mesures sanitaires et leur impact dans la société.

Confinera ? Confinera pas ? Malgré l’annonce surprise d’un couvre-feu renforcé vendredi soir, la menace de nouvelles restrictions n’est pas à exclure dans les prochaines semaines en France, au vu des indicateurs épidémiologiques du Covid-19. C’est qu’au-delà des préconisations des scientifiques, Emmanuel Macron sait que ses choix seront lourds de conséquences, tant sur le plan économique que social et sécuritaire. Si le chef de l’État et le premier ministre, Jean Castex, ont juré de prioriser la santé des Français en freinant la propagation du virus, il s’agit aussi de surveiller leur santé mentale. Lors du Conseil de défense exceptionnel, vendredi soir, un dossier était sur la table : celui de l’état psychologique des concitoyens, et l’impact potentiel des futures mesures. Quelle sera leur réaction en cas de reconfinement ? La réponse à cette question est l’objet de toutes les attentions et de toutes les inquiétudes, au plus au niveau de l’État, et ce, depuis plusieurs semaines.

Dieu seul le sait

Pour sonder l’état d’esprit des Français et être au plus proche de la réalité, le gouvernement prend en compte l’intégralité des indicateurs. Un équilibre si difficile à tenir qu’il fait «forcément des mécontents dans de nombreux secteurs», indique une source bien informée. Les sondages sont utiles, mais pas autant que le travail des renseignements territoriaux (RT). Les 79 antennes départementales et 14 services régionaux sont sur le pied de guerre, partout en France, pour donner des informations complètes aux autorités, véritable aide indirecte à la prise de décision du gouvernement. Chaque semaine, ils fournissent ainsi au ministère de l’Intérieur des «notes d’état d’esprit» relatives aux effets des mesures sanitaires, leur impact dans la société et les risques sociaux qui en découlent.

Lassitude et fatalisme

Ces dernières semaines, la tonalité de ces notes hebdomadaires s’est particulièrement dégradée. Celles-ci font état d’une inquiétude quant à l’état psychologique des Français, d’une lassitude et d’un fatalisme de ces derniers. Comme si le confinement prochain était inévitable, et que l’avenir allait s’assombrir de toute façon. Au ministère de l’Intérieur, on suit avec attention l’évolution de ces fiches récapitulatives. Celles-ci font également état des professions particulièrement impactées, permettant ensuite d’ajuster l’accompagnement économique dont elles bénéficieront.

Ces fiches permettent aussi d’en savoir plus sur le désir de rébellion des Français. Ces derniers jours, la situation aux Pays-Bas, où trois nuits de violentes émeutes ont eu lieu dans les grandes métropoles du pays, a alerté les services. Et s’il y avait un effet boule de neige ? Pour l’heure, pas de remontée de terrain ou de signal d’alerte très important, assure-t-on. Les Français restent pour l’instant plus disciplinés que leurs voisins. Mais la vigilance est de rigueur, alors que se profilent de nouveaux rassemblements samedi à travers le pays pour protester contre la loi «sécurité globale». «Ces manifestations s’annoncent un peu difficiles, on a un peu tous les ingrédients d’un cocktail qui peut être difficile à contrôler», confiait Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint sur syndicat Alliance police nationale, au Figaro en milieu de semaine.

Beauvau a également en ligne de mire les initiatives de désobéissance civile, qui commencent à essaimer sur le territoire. Celle initiée par un restaurateur niçois, qui a ouvert son établissement malgré les restrictions sanitaires, n’a pas du tout amusé en haut lieu. Selon une source proche du dossier, ce cas n’est pas tant représentatif du sentiment des Français car l’homme était connu des services préfectoraux pour être un militant actif, particulièrement engagé. Malgré tout, on reste vigilant à ces «étincelles» qui pourraient provoquer l’explosion, comme à l’époque des «gilets jaunes». «Les dérives de quelques-uns ne sauraient ruiner les efforts de tous», a d’ailleurs rappelé Jean Castex vendredi soir. Lequel a annoncé un renforcement des contrôles du couvre-feu par les policiers et gendarmes.

Diffusion restreinte

Si les «notes d’état d’esprit» restent un procédé très classique pour les renseignements territoriaux, elles demeurent confidentielles, diffusées à un nombre extrêmement restreint de personnes. «Informer sur l’état de l’opinion, c’était le rôle des missi dominici (ces inspecteurs royaux qui visitaient dans toute la France les autorités locales, NDLR), des préfets, pour sortir de l’esprit partisan, et essayer de coller au plus près à la réalité de terrain. Éviter, en somme du “tout se passe bien”, celui que l’on pouvait observer autrefois dans les élites, en s’appuyant sur des agents officiels de l’État, mais aussi sur d’autres agents plus infiltrés», retrace une source sécuritaire, interrogée par Le Figaro.

Depuis le début de la crise, le procédé a déjà été éprouvé à plusieurs reprises, sur des sujets aussi divers que sensibles. En novembre, la direction du Service central de renseignement territorial (SCRT) avait demandé à ses équipes de se renseigner sur l’«état d’esprit des personnels soignants». En cause, les «difficultés rencontrées» par ces praticiens, la «persistance du manque de moyens humains et matériels» dont ils disposaient, ainsi que le danger lié à la priorisation de certains patients, en cas de saturation hospitalière. En France, la tension hospitalière restait forte vendredi, avec plus de 11.000 hospitalisations sur les sept derniers jours, dont près de 1800 en réanimation.

 
Le confinement impacte-t-il notre santé mentale ?