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« La sortie d’Egypte dans les écritures musulmanes » 

Groupe Abraham de la Duchère -Lyon

Communication de l’intervention d’Hafid SEKHRI sur la sortie d’Egypte dans le coran. Par le Pasteur, responsable du Foyer Protestant de la Duchère

 A travers cette présentation nous allons essayer de cerner ce que représente la sortie d’Egypte dans les écritures musulmanes. Elle constitue un événement fondateur du chemin vers la liberté, de l’obscurité à la lumière avec ses impératifs d’émancipation de de responsabilité.

1 Moïse, son peuple et la liberté 

Moïse est le prophète le plus cité dans le Coran, plus de 120 fois, ce qui va lui conférer une place de choix avec des enseignements significatifs .On trouve plusieurs passages du texte coranique sur cette sortie d’Egypte, nous en reprendrons quelques-uns.

« Nous avons révélé à Moïse : « Pars de nuit avec mes serviteurs. Ouvre-leur dans la mer un chemin où ils marcheront à pied sec. Ne crains pas d’être poursuivi ; n’aie pas peur ! ». Pharaon les poursuivit avec son armée ; le flot les submergea. Pharaon avait égaré son peuple, il ne les avait pas dirigés ». Coran 20/77-79.

Comment ouvrir un chemin dans la mer et y faire marcher tout un peuple ? Cette mer symbolise aussi la mer de la connaissance que seuls les connaissants, comme Moïse, peuvent traverser sans danger. Pharaon, qui ne détenait pas la Véritable Connaissance, ne pouvait qu’égarer son peuple. L’eau exprime le caractère total et synthétique de la réalisation de Moïse, envisagé sus la modalité du « flot » parce qu’elle se rapporte plus spécialement aux sciences que l’envoyé acquiert en mode individuel au moyen de ses facultés corporelles et subtiles. Ces sciences lui permettent de « demeurer en vie » car elles véhiculent une Guidance avec laquelle il peut « marcher parmi les Hommes ». Cette indication permet de relier les différents aspects du symbolisme de l’Eau qui sont envisagés en rapport avec l’Amour divin qui est le « premier mouvement » dont procède la manifestation divine universelle « le mouvement est un attribut de l’Amour ».

Le conflit entre Pharaon et Moïse s’extériorise, ainsi Pharaon est comme le support « dans une forme mensongère » d’une théophanie véritable : par lui, c’est Dieu lui-même qui a éprouvé Moïse, jusqu’à la confession tardive de Pharaon : «Je crois qu’il n’y a d’autre Dieu que Celui en qui croient les fils d’Israël, et je suis parmi ceux qui s’en remettent en confiance »Coran 10/90-92. Ainsi, les spéculations exégétiques, notamment ésotériques, accorderont à Pharaon une certaine stature spirituelle, du fait de la prononciation de cette dernière parole et de son « engloutissement dans l’eau » envisagée comme une forme de « purification ».

2 Expériences similaires prophètes Moïse et Muhammad : Exode et Hégire

Les violentes diatribes entre Moïse et Pharaon sont rapportés dans une dizaine de passages distincts du texte coranique, ce qui souligne le caractère central de cet épisode dans la prédication de Muhammad. Ce qui n’est pas sans rappeler les mêmes statures de nos deux prophètes, Moïse et Muhammad, toutes choses étant égales par ailleurs. Cette similitude prendra toute sa profondeur et sa signification entre la sortie d’Egypte et l’Hégire. L’un et l’autre auront tout essayé pour trouver un « compromis », l’un et l’autre feront face à des hostilités devenues vitales. Il leur faudra s’exiler. Cet exil sera tout autant physique que spirituel, ainsi un jeûne sera observé en sa commémoration.  

3 Le jeûne de « Achoura » :

 Commémoration de la libération d’EGYPTE, de Moïse et de son peuple, ce jeûne sera institué à Médine, après l’HEGIRE. Depuis, on s’en sert de repère pour la « Zakat, impôt social purificateur», pilier de l’islam. Ce jeûne a lieu le 10 du mois de Muharram, premier mois du calendrier musulman. On peut noter ainsi l’universalité du jeûne qui est un rite présent dans toutes les traditions. Il convient d’envisager non seulement un jeûne du corps, mais aussi de l’âme et surtout du cœur. Les notions d’abstinence (imsâk) et d’élévation, exaltation (rif’a) sont inséparables et complémentaires. Ce dépouillement initial,  permet de recouvrer la « tradition originelle » désignée par le terme « fitra ». Le jeûne représente, en effet, « le rejet » de l’ensemble des conditions limitatives quelles qu’elles soient. Le jeûne est le seul rite qui « appartient à Dieu », de sorte que l’Homme qui réalise l’Attribut de « jeûne » qui, parmi les modes d’adoration, n’a pas de semblable, vit pleinement une conscience intime du divin (Taqwa).

 

Conclusion :

Nous avons vu comment la tradition musulmane va tirer de profonds enseignements de la sortie d’Egypte et en faire un lien avec la vie des prophètes, notamment Moïse et Muhammad. Encore aujourd’hui le jeûne de « Achoura » donne vie à cet épisode de nos traditions respectives en en universalisant les dimensions. Pour le croyant, Dieu est le but final d’une vie pleinement vécue en Sa présence et non une récompense promise pour la fin de sa vie. Ce qu’illustrent les trois étapes de mutation de l’être : nous venons du monde de la préexistence, pour passer dans celui de l’existence, avant d’aller vers l’éternité.