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Mosquée de Strasbourg…

 …la mairie sous le feu des critiques

La gestion par la municipalité écologiste de la construction de la mosquée est vivement attaquée.

Surpris par les mises en cause dont il a fait l’objet, l’ancien maire de Strasbourg, Roland Ries, se défend d’avoir soutenu le Millî Görüs. FREDERICK FLORIN/AFP

À Strasbourg, la subvention de 2,5 millions d’euros accordée par la municipalité écologiste à l’organisation islamiste turque Millî Görüs pour la construction d’une mosquée n’en finit pas de faire des vagues. Attaquée par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qui s’est inquiété du financement d’«une ingérence étrangère», la mairie a répondu par l’offensive.

«L’État n’a formulé aucune alerte sur ce projet, ni sur l’association», a écrit la maire de la ville Jeanne Barseghian, mercredi, dans un courrier au président de la République. Ce jeudi matin, c’est le premier adjoint Syamak Agha Babaei qui est monté au créneau, s’étonnant auprès des Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA) qu’il n’y ait eu «à aucun moment de notes de la part de la préfète ou de ses collaborateurs». «S’il y a un danger, il faut que l’État intervienne. Faites votre job!» a-t-il riposté.

«C’est indigne de vouloir se défausser sur l’État», réagi la préfète de la région Grand Est, Josiane Chevalier, ce jeudi, auprès du Figaro. Elle indique que depuis son arrivée à Strasbourg, elle a toujours établi «des relations de confiance avec les élus». Et, depuis son élection en juin dernier, avec la maire écologiste Jeanne Barseghian. «Nous avons abordé tous les dossiers, y compris celui de l’influence turque. On ne peut pas ignorer l’actualité, ni le refus de signer la charte des valeurs républicaines par le Millî Görüs, ni le retrait de la Turquie de la Convention d’Istanbul sur les violences faites aux femmes», s’étonne la préfète.«Pourquoi ne m’a-t-elle pas interrogée, elle, avant de proposer cette délibération? J’étais à cent lieues d’imaginer cette décision», déclare la préfète. Elle relève que la délibération de la municipalité «ne conditionne pas l’attribution de la subvention au Millî Görüs au respect par l’association des valeurs de la République» et précise qu’elle va déférer cette dernière au tribunal administratif dès qu’elle l’aura.

«Un jeu dangereux»

Surpris par les mises en cause dont il a fait l’objet, l’ancien maire de Strasbourg, Roland Ries, se défend d’avoir soutenu le Millî Görüs en assistant à la pose de la première pierre. «J’ai toujours soutenu le dialogue entre les différentes communautés religieuses», appuie-t-il, en précisant que la délibération sur le financement des cultes non concordataires avait été prise lorsqu’il était maire. L’objectif était «de discuter du projet avant que la construction démarre…»

«Lorsque le projet de la mosquée Eyyub-Sultan m’a été présenté, j’ai fait vérifier qu’il était conforme aux règles d’urbanisme. Mais j’ai toujours indiqué, vu l’importance du projet, qu’il n’y aurait pas de subvention pour ce bâtiment», affirme Roland Ries, qui l’a «répété aux porteurs du projet, lorsqu’ils ont eu des difficultés avec Ankara». Et c’est l’adjoint écologiste Alain Jund qui avait signé le permis de construire. «Barseghian et sa majorité jouent un jeu dangereux. Ce sont d’autres qui pourraient récolter les bénéfices», observe encore Roland Ries. Ainsi Laurent Jacobelli, candidat RN à l’élection régionale dans le Grand Est, qui a lancé une pétition contre la subvention, prévoit de se rendre sur le chantier de la mosquée.

Lors de sa conférence de presse, jeudi, Emmanuel Macron a soutenu son ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qui a accusé la mairie de Strasbourg de «financer une ingérence étrangère en France», déplorant des «collectivités peut-être un peu trop complaisantes». «Il y a l’existence de groupes constitués, l’existence de groupes politiques sur le continent européen, qui sont eux, aujourd’hui, activés par des organes de propagande officielle», a affirmé le président en réponse à une question sur des ingérences de la Turquie lors d’une prise de parole depuis l’Élysée. «Parfois ils se mêlent de nos élections, d’autres fois ils se mêlent de financement d’associations. Nous l’avons encore vu ces derniers jours avec les alertes légitimes faites par le ministre de l’Intérieur à l’égard de quelques collectivités territoriales, peut-être un peu trop complaisantes», a-t-il déclaré à l’issue d’un Conseil européen.

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