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Ce djihadiste avait annoncé des attentats trois mois avant le 13 novembre.

Il avait prédit le pire aux enquêteurs qui l’interrogeaient.

Ce djihadiste de 34 ans, recruté par Abdelhamid Abaaoud, le cerveau des attaques du 13 novembre, avait été arrêté par les services antiterroristes avant les attentats. Et avait prédit le pire aux enquêteurs qui l’interrogeaient.

A la question « tu serais prêt à tirer dans la foule? », il avait répondu oui, et l’Etat islamique l’avait envoyé en France pour commettre des attentats. Un djihadiste de 34 ans, formé en Syrie par le cerveau des attaques du 13 novembre Abdelhamid Abaaoud, est jugé devant la cour d’assises spéciale de Paris. Au moment de son arrestation, il avait averti les services

antiterroristes que la France allait être touchée par une campagne d’attentats, visant notamment des salles de concert. C’était trois mois avant le Bataclan.

Une rencontre que le juge Trévidic n’est pas près d’oublier, en août 2015 – sa dernière mise en examen de magistrat antiterroriste. Face à lui, Reda Hame, un Parisien d’une trentaine d’années parti faire le djihad en Syrie. Il n’y est resté qu’une dizaine de jours, juste le temps d’être formé au tir à la kalachnikov et au jet de grenades. Dans le bureau du juge comme en garde à vue à la DGSI, l’homme est intarissable et ses déclarations laissent présager le pire. Pire que les attentats du début d’année contre Charlie Hebdo et l’Hypercacher.

Reda Hame est un jeune informaticien originaire du 17e arrondissement de Paris, qui en juin 2015 se rend en Syrie, rejoint l’Etat islamique (EI), et qui a été missionné sur place quelques jours après son arrivée par Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur des attentats du 13 novembre à Paris », présente Jean-Charles Brisard, président du Centre d’Analyse du Terrorisme. « C’est Reda Hame qui qualifie la Syrie d’usine à attentats, qui indique aux enquêteurs qu’un certain nombre d’individus sont entraînés spécifiquement dans cette perspective de frapper les pays européens et particulièrement la France, donc il renforce la conviction des enquêteurs et de la justice française à ce moment-là d’une véritable stratégie des attentats qui est à l’oeuvre et en préparation en Syrie ». 

« C’est quelqu’un qui s’inscrit clairement dans la vague de projets d’attentats commandités depuis la Syrie par l’EI, avec la particularité, pour Reda Hame, d’un mode opératoire qui est similaire à celui qui sera utilisé au Bataclan, puisque Abaaoud préconise qu’il cible un endroit facile d’accès, une salle de concert, qui réunit un large public. Il précisait même qu’il fallait attendre les forces d’intervention sur place, et mourir en combattant avec des otages, exactement le mode opératoire des kamikazes du Bataclan ». Reda Hame n’était qu’un éclaireur, il ne savait pas quelle salle ou quel concert serait visé. Le juge Trévidic avait pensé à l’époque au festival Rock en Seine, fin août, dans le parc de St Cloud. Ce sera finalement le Bataclan, trois mois plus tard.