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Des propositions chocs pour réformer l’islam de France, septembre 2018

Un rapport préconise plusieurs mesures pour la réorganisation de l’islam de France.

C’est un rapport bientôt remis au pouvoir et dont les propositions devraient faire du bruit. Europe 1 a pu consulter un rapport de plusieurs centaines de pages coordonné par Hakim El Karoui, un l’intellectuel spécialiste de l’histoire de l’islam pour l’Institut Montaigne, à propos de l’organisation de l’islam de France. Dans son discours devant les parlementaires réunis en Congrès, Emmanuel Macron l’avait promis : « À l’automne, l’islam de France sera organisé ». Un changement de paradigme qui pourrait s’appuyer sur plusieurs mesures chocs. Une surveillance accrue des flux financiers liés à l’islam.

La première proposition concerne le financement de l’islam : il préconise la mise en place d’une tour de contrôle des flux financiers et des dons, une sorte de « Tracfin islamique », en référence à la structure pilotée par Bercy pour lutter contre la fraude, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Cette structure rejoindrait la future Association pour le financement et le soutien du culte musulman (AFSCM) voulue par les grandes fédérations de mosquées et lancée début juillet 2018.

L’organisation des pèlerinages plus contrôlée. Ce document insiste également sur un contrôle et une régulation renforcés du système opaque des voyagistes qui organisent les pèlerinages à La Mecque. Aujourd’hui, le consulat d’Arabie Saoudite en France publie chaque année une liste officielle d’une quarantaine d’agences de voyages françaises agréées. Mais dans les faits, des structures se présentent comme des membres de cette liste en agissant plutôt comme des sous-traitants non contrôlés par le consulat. 

Une taxe sur le halal collectée par un nouvel organisme. Il pourrait s’agir de la mesure la plus difficile à mettre en oeuvre, selon nos informations, tant les résistances sont fortes. Le rapport préconise la taxation des produits halal, qui pèse cinq à six milliards d’euros de chiffre d’affaires chaque année en France. La mise en oeuvre de cette taxe serait pilotée par une institution nouvelle chargée d’organiser et de financer le culte musulman. Son nom : l’Association musulmane pour l’islam de France (AMIF).

Si l’institut Montaigne avance des mesures potentiellement explosives, c’est que le pouvoir a besoin que des choses soient dites pour pouvoir avancer et prendre des décisions. Et Hakim El Karoui ne prend pas de gants : « L’islam de France, contrairement à ce que l’on dit, n’est pas pauvre. Il faut juste que ceux qui l’appauvrissent s’écartent de la gestion des flux financiers. »