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L’hommage de Jean-Marie Rouart à Jean d’Ormesson.

Un dictionnaire donc, en forme d’hommage à celui qui a été son « professeur de vie ».

Ils avaient 18 ans d’écart et pourtant Jean d’Ormesson et Jean-Marie Rouart étaient unis par une amitié indéfectible. Que vient perpétuer un « Dictionnaire amoureux ». Il avait déjà beaucoup écrit sur Jean d’Ormesson, son ami de 50 ans. Par exemple le livre, « Ne pars pas avant moi » (éd. Gallimard, 2014) doit son titre à une formule que d’Ormesson lui avait adressée alors que Jean-Marie avait eu un problème de santé. Jean-Marie Rouart avait donc hésité avant de se lancer dans son « Dictionnaire amoureux de Jean d’Ormesson 
Jean-Marie Rouart
 éd. Plon (2019)« , qui vient de paraître. Mais il a trouvé que c’était là « l’occasion de poursuivre un dialogue ».

L’hommage de Jean-Marie Rouart à Jean d’Ormesson

Le 5 décembre 2017, Jean d’Ormesson nous quittait, à l’âge de 92 ans, pour passer de l’autre côté du miroir de la vie et peut-être trouver enfin des réponses aux nombreuses questions métaphysiques qu’il se posait, qu’il nous posait, au travers de ses livres. Comme son ami, Jean-Marie Rouart est écrivain, journaliste, académicien. 18 ans les séparent et pourtant une amitié indéfectible les unissait. Ils ne se parlaient pas tous les jours, « mais tous les deux jours »… « Nous avons beaucoup ri ensemble » et beaucoup parlé littérature, « on était deux fous de littérature ».

Un dictionnaire donc, en forme d’hommage à celui qui a été son « professeur de vie ». Jean-Marie Rouart raconte comment son ami, son aîné en littérature, l’a « soutenu » et « aidé au moment où [il désespérait] dans tous les sens du terme ». S’il l’a toujours encouragé à écrire, Jean d’Ormesson avait la délicatesse de ne jamais ordonner ou imposer. Ce que retiendra Jean-Marie Rouart de Jean d’Ormesson, c’est « le goût de la vie et la courtoisie extrême ».

 Pourtant, le Jean d’Ormesson que Rouart a connu à 18 ans était un homme « assez tendu », « attaqué » et « mis en cause », notamment par « la bande des Hussards », du nom du mouvement littéraire des années 1950 et 1960. Et pourtant, il y a une chose qui n’a pas changé chez Jean d’O, comme on l’appelle, « c’est un regard adolescent », non pas d’enfant mais bien d’un adolescent, de « quelqu’un qui rêve sa vie, qui rêve de l’amour, qui rêve des choses extraordinaires qui peut lui arriver ». 

Homme de médias, Jean d’Ormesson était devenu l’un des invités préférés des émissions de télévision, ce qui peut étonné pour homme de droite, aristocrate, de droite et âgé. C’est qu’il était « très très brillant, explique Jean-Marie Rouart, sur tous les terrains capable de parler de Spinoza et des Pieds nickelés ».

En 2016, il est lauréat du prix Jean Jacques-Rousseau de l’autobiographie et du prix Saint-Simon, après la parution de Je dirai malgré tout que cette vie fut belle.

« Jean d’Ormesson représentait à la fois l’Ancien Régime, et son raffinement, et la méritocratie car il était agrégé de philo. » Et aussi, il répondait à ce « besoin » qu’ont « les Français » d’avoir « leur grand écrivain » : avant lui, selon Rouart, il y a eu Mauriac, Barrès et Hugo. Pour autant, d’Ormesson n’était pas de ceux qui se prennent pour un grand écrivain – « ce sont les médiocres qui se prennent pour des grands écrivains » – il était de ceux qui, comme les « mystiques », « cherchent à s’exprimer et à rejoindre l’universel ». (Présentée par Thierry Lyonnet).

Jean d’Ormesson meurt d’une crise cardiaque dans la nuit du 4 au 5 décembre 2017, à son domicile, à Neuilly-sur-Seine, à l’âge de 92 ans. Sa mort précède d’environ 24 heures celle d’une autre figure culturelle, Johnny Hallyday. Les médias rappellent à cette occasion une déclaration faite quelques années auparavant par Jean d’Ormesson qui estimait — citant en exemple les décès quasi-simultanés, en 1963, d’Edith Piaf et de Jean Cocteau — qu’il est préférable pour un écrivain de ne pas mourir en même temps qu’une vedette de la chanson, sous peine de voir sa disparition éclipsée. 

Il obtient en 1971 le grand prix du roman de l’Académie française pour son roman La Gloire de l’Empire ; en 1975, le prix Balzac pour son roman Au plaisir de Dieu ; en 1990, le prix du Mémorial, grand prix littérature d’Ajaccio pour son roman Garçon de quoi écrire ; en 1994 le prix Chateaubriand pour l’ensemble de son œuvre ; en 1994 le Grand prix RTL- Lire et en 1995 le prix Hassan II des quatre jurys pour son roman la Douane de mer ; en 1999, le grand prix Jean-Giono pour son roman Le Rapport Gabriel ; en 2001, le prix Combourg pour son roman Voyez comme on danse et pour l’ensemble de son œuvre ; en 2002, le prix Luca de Tena décerné par le quotidien espagnol ABC ; en 2003, le grand prix littéraire Jacques-Audiberti de la ville d’Antibes ; en 2007, le prix Ulysse décerné au Festival Arte Mare pour l’ensemble de son œuvre.

En 2016, il est lauréat du prix Jean Jacques-Rousseau de l’autobiographie et du prix Saint-Simon, après la parution de Je dirai malgré tout que cette vie fut belle.