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«Pourquoi Macron se trompe dans son analyse de l’islam et de l’islamisme»

L’islamisme n’est pas le dévoiement de l’islam mais sa mise en action.

Cela n’aura pas duré longtemps. Quelques jours seulement après le discours martial d’Emmanuel Macron sur le séparatisme islamiste, on apprenait que le mot séparatisme ne figurerait pas dans l’intitulé du projet de loi. Et que l’islamisme n’était pas la seule forme de séparatisme.

Éric Zemmour par Jean-Christophe MARMARA

On pourrait accuser le cynisme tacticien d’un président qui cherche sa réélection à droite tout en ménageant ses anciens soutiens de gauche. Ou le «en même temps» pathologique d’un président qui veut lutter contre les dérives islamistes sans «stigmatiser» toute une communauté.

Et si la question était encore plus profonde ? De nombreux observateurs ont reproché au discours du président de ne pas comporter un volet immigration. Après tout, si l’on en est à disserter sur «l’islamisme radical», c’est bien parce que la France a subi une énorme immigration depuis cinquante ans venue de pays arabo-musulmans.

C’est justement ce que contestent le Président, son ministre de la Justice, et même son ministre de l’Intérieur.Tous ces gens croient que chaque individu peut s’émanciper de ses racines, de sa culture, de sa religion et que c’est le rôle de la République française de l’y aider. Et que tous les immigrés musulmans le souhaitent par amour de la République. Qu’il suffit de leur donner des preuves d’amour. Tous nos hiérarques se veulent de farouches existentialistes et rejettent avec horreur toute trace d’essentialisme.

Vagues d’immigration

Les mêmes citeront à foison le général de Gaulle, profondément essentialiste pourtant. C’est-à-dire qu’il croyait aux peuples, aux nations, aux enracinements. Qu’il disait «les Russes» au temps de l’URSS ou qu’il faisait l’éloge de Dante l’Italien, de Goethe l’Allemand ou de Chateaubriand le Français, qui ne parlaient pas «le volapük intégré». En revanche, quand Simone de Beauvoir écrit «on ne naît pas femme, on le devient», elle est existentialiste. Bien sûr, tout cela mériterait d’être nuancé et supporte des exceptions individuelles. Mais les lignes de fond demeurent.

Pour Macron comme pour Darmanin, peu importe qu’on soit musulman pourvu qu’on soit républicain. Peu importe qu’on mette un voile dans la rue, qu’on ne donne pas à ses enfants de prénoms français, pourvu qu’on fasse allégeance à la République et qu’on soit de bons consommateurs. En vérité, nos éminences se trompent: une civilisation, disait Malraux, est «tout ce qui s’agrège à une religion». L’islamisme n’est pas le dévoiement de l’islam mais sa mise en action. Il n’y a pas de «crise fondamentaliste de l’islam», comme dit Macron, car, comme nous l’a appris Rémi Brague, l’islam est fondamentaliste depuis l’origine. Enfin, le nombre transforme les individus en peuple, et en nation étrangère sur le sol français. Voilà pourquoi les mots et les mesures d’Emmanuel Macron seront avalés par les prochaines vagues d’immigration comme le sable est recouvert par la mer.

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