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Prévention des extrémismes violents.

Engagement dans la prévention de l’embrigadement et du terrorisme de nature djihadiste (djihadiste)

L’ASPRA est à l’initiative de plusieurs actions ayant pour objectif de lutter contre les idéologies et/ou de comportements radicaux susceptibles de mener in fine à la perpétuation d’actes terroristes. L’objectif est de contrer, indistinctement, toutes les formes de terrorisme, quel qu’en soit l’origine idéologique ou les groupes qui en sont responsables (irrédentismes régionaux, apologie du terrorisme, djihadisme, extrême-gauche ou extrême-droite) conformément aux statuts de l’association qui garantissent le caractère apolitique et areligieux de son engagements.

Néanmoins, compte tenu de l’évolution des formes du terrorisme contemporain, l’association, s’est progressivement engagée dans la prévention de l’embrigadement et du terrorisme de nature djihadiste.

MALRAUX aurait dit « Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas… ». Il semble l’être, l’apparition du Pape attire les foules, l’Islam accueille de nombreux adeptes, les juifs ont un pays, le bouddhisme se porte bien. Mais, au lieu de la paix universelle que devrait apporter cette multi-expression de la foi, les guerres se succèdent sans interruption. Les menaces, les « incivilités » et les agressions sont des violences en hausse. La société contient une insécurité permanente.

Le fanatisme religieux n’a pas débuté le 11 septembre ; il y a une longue histoire d’affrontements cruels et interminables liés à la religion car si la foi nous aide à juguler nos peurs, elle n’apporte pas la paix pour autant. La foi peut même conduire à la mort.

La foi, tout le monde en parle, mais combien parmi nous seraient seulement capables d’en donner une définition. La foi est depuis toujours source d’élévation spirituelle, de dépassement de l’être humain, et source de conflits quand elle devrait être, pour toute l’humanité, ferment de paix. Notre époque si civilisée semble encore moins sage que les périodes antérieures et le spectre des guerres de religion s’étend partout sur terre, particulièrement là où sévit l’Islam radical. Mais cette radicalisation n’est pas une nouveauté religieuse. Elle nous dérange parce que nous la vivons et qu’ainsi, nous nous trouvons confrontés à la peur du terrorisme. Mais eussions-nous vécu au XVIe siècle, nous nous serions trouvés confrontés aux radicalismes catholique et protestant, et nous eussions pu mourir à tout moment d’une rixe entre protagonistes.

Comment, depuis les origines, la foi s’est développée, en amenant progressivement à des violences religieuses qui ont sévi, à de trop rares exceptions près, de tous temps et partout dans le monde. En un mot, comment en arrive-t-on au fanatisme, au terrorisme, et finalement à la foi qui tue ?

Dans une France sécularisée, le pourcentage des obsèques religieuses reste étonnamment élevé avec des enterrements accompagnés. Avec le paradoxe de la pratique religieuse qui décline, peut-on parler d’un retour du sacré qui s’opposerait à la modernité ?

L’État garantit la liberté de conscience et le pluralisme confessionnel. Le carré religieux dans les cimetières reste la seule exception au principe très fort de l’interdiction de l’expression religieuse dans l’espace public.

Dès les premiers hommes, la religion a été la défense contre la terreur de la mort, mort qui entre en conflit avec notre désir d’Éternité. La religion nous distingue ainsi des autres êtres vivants.

« On fait plus souvent appel à Dieu quand on va au combat ».

Depuis des millénaires, les hommes se battent pour différents prétextes, mais les dogmes religieux constituent un argument de poids pour « justifier » des comportements extrêmes, du rejet au meurtre, en passant par la torture. Bien sûr les religions savent aussi secourir la détresse de l’homme, la plus éminente étant sa confrontation à une mort… certaine. La dimension religieuse la plus intéressante est celle qui consiste étymologiquement à relier, à présenter des symboles qui unissent les groupes humains. Les religions donnent à penser et favorisent la spiritualité, elles inscrivent les femmes et les hommes dans une culture et proposent un sens à leur vie.

Las, ce qui est arrivé à l’équipe de Charlie Hebdo résultait-il vraiment d’un combat religieux ? Ne s’agissait-il pas plutôt d’un assassinat politique pour refus de la différence ? Le meurtre des personnes juives du supermarché casher montre bien que l’antisémitisme restait « sous-jacent » à la punition des « caricaturistes du prophète » et que cet amalgame est en fait une attaque des libertés et des différences. La religion se fait prétexte, mais elle est prise en otage par des personnalités qui, sans sa revendication, sont vides de but pour leur vie. Ils masquent ces difficultés par des revendications primaires, tout aussi primaires que celles qui consistent à entraver les libertés des citoyens et singulièrement des femmes.

Toutes les croyances qui construisent une civilisation ont voix au chapitre. De même que toutes les non croyances. La liberté reste un fondement et, chez les intellectuels, la pensée et sa transmission par la parole et par l’écrit sont des droits et même un devoir, notre devoir, dans ces temps troublés.

L’expression de tout point de vue, lorsqu’il mène à la réflexion, l’échange et, avant tout à la culture, doit être soutenu. 

En tant qu’êtres humains, nous avons tous reçu le cadeau empoisonné de savoir par avance que nous mourrons. Cette conscience de notre future mort est à même de déclencher une terreur existentielle tout au long de notre vie. Dès lors, nous luttons désespérément pour éloigner ce sinistre savoir. Cette lutte passe par la mise en place de mécanismes spécifiques ; la religion, notamment, s’inscrit intuitivement comme un tampon efficace. Il s’agit désormais de questionner l’apport réel de la religion dans cette lutte contre notre anxiété vis à vis de la mort, mais également de comprendre comment se situe la religion par rapport à la rationalité humaine, ou encore l’utilisation qu’en fait la société.

La haine de soi et la haine de la vie représentent un des postulats fondamentaux. Certes la haine de soi que nous connaissons chez certains de nos malades mélancoliques peut pousser aux extrêmes. Mais lorsque quelques-uns, très rares, se livrent à un suicide dit « altruiste » en tuant leur famille c’est, dans leur idée, pour la sortir du malheur qui l’attend immanquablement. La fréquentation des suicidaires, des « suicidants » et des familles de suicidés incite à penser qu’ils sont beaucoup plus submergés par leur souffrance que par la haine de la vie. Ils ont certes en commun avec les mélancoliques le désespoir.

Mais ne serait-ce pas une erreur de considérer tous les kamikazes comme des désespérés. L’histoire des kamikazes japonais de la guerre du Pacifique n’incline pas en ce sens. Ces jeunes aviateurs étaient portés, au moins le plus grand nombre, par un idéal. N’en est-il pas de même dans le groupe, certainement hétérogène, des kamikazes actuels au proche Orient, au moins dans une certaine mesure ? N’est-ce pas Jésus qui a dit qu’il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ? Ces hommes bombes, habituellement jeunes, n’ont-ils pas le sentiment de donner leur vie, de se sacrifier dans le désir de faire avancer la cause des leurs et de leur permettre un meilleur avenir ? Aussi inqualifiable et répugnant qu’est le fait de tuer des innocents, l’auteur de l’attentat suicide donne un sens à son acte qui est habituellement compris comme tel par son entourage qui, d’ordinaire, l’admire et l’honore. Il est devenu un martyr et a ainsi élargi, post mortem, son existence. Il s’est donné une place éminente dans sa communauté et attend celle à laquelle il pense avoir droit dans le paradis d’Allah. D’ailleurs le plus grand nombre de ces kamikazes ne sont pas des prolétaires ; ils viennent plutôt des classes moyennes et sont souvent bien insérés.

Au bout du compte, le perdant radical se trompe : loin de faire avancer l’amélioration des conditions d’existence des siens, il ne fait qu’attiser la haine qui se retourne comme ceux qu’il pense promotionner. Ces violents, kamikazes ou terroristes, font plus de victimes chez leurs coreligionnaires que chez les « infidèles ».

L’islamisme doit-il être situé comme un extrémisme qui n’engage pas l’Islam ? Il a existé et il existe parfois encore des extrémistes violents dans toutes les religions, toutes les sociétés. Le bilan très négatif, autant sur le plan culturel qu’économique, des pays arabes musulmans, peut signifier que l’Islam est responsable de tous ces retards, alors que des pays en voie de développement existent dans bien d’autres régions du monde. Le but de ce constat est de soutenir l’hypothèse que les arabes, qui ont été jadis une très grande civilisation, il faut le reconnaitre, souffrent à la fois d’un complexe de supériorité en tant que peuple élu d’Allah et porteur d’une civilisation des plus élevées dans l’histoire humaine et de blessures narcissiques innombrables et insupportables du fait de leur décalage par rapport aux pays développés.

Les tentatives d’explication sont là : « même désespoir dû à l’échec, même recherche de boucs émissaires, même perte du sens des réalités, même soif de vengeance, même obsession de la virilité, même compensation par un sentiment de supériorité, la fusion des pulsions destructrices et autodestructrices, enfin le souhait, par l’escalade de la terreur, de devenir maître de la vie des autres et de sa propre mort. » Ces différents aspects se retrouvent certainement chez bon nombre des kamikazes actuels mais ils en laissent d’autres de côté, tels ceux de donner sens à sa vie et à sa mort, de se sacrifier à sa communauté, d’incarner son idéal dans son geste. Est-il nécessaire de rappeler qu’aussi positives que puissent paraître ces motivations pour ceux qui les vivent, elles n’apportent aucune justification objective à ces actes de la dernière barbarie.