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Le PS doit «s’emparer de l’écologie»

 et ne pas se rallier à Jean-Luc Mélenchon, dit François Hollande

«Je peux être utile à mon pays, par mes idées et mon expérience, dans la crise qu’il traverse», dit l’ancien président tout en assurant «ne rien chercher pour lui-même».  Par Le Figaro avec AFP

François Hollande dans son bureau en février 2020.

François Hollande dans son bureau en février 2020. AFP

François Hollande estime que le Parti socialiste «a le devoir» d’être «la force centrale» à gauche, et ne doit «se rallier» ni à une candidature écologiste, ni à Jean-Luc Mélenchon pour 2022.

Selon l’ancien président de la République, qui a dirigé le PS pendant 11 ans, «il ne peut y avoir d’alternative à gauche sans une grande force centrale». «Et le PS a le devoir de jouer ce rôle de nouveau». «Le PS ne peut pas rester dans l’état où il est. Il a un espace considérable à occuper face à la République en marche, qui a glissé à droite» et «n’est pas un vrai parti», ajoute François Hollande. «Il doit s’emparer de l’écologie et la relier à deux dimensions: sociale, sans laquelle il ne peut y avoir de transition réussie ; économique car la mutation en cours, provoquée par la crise sanitaire et le réchauffement climatique, doit conduire à une croissance différente du passé».

Interrogé sur la stratégie de rassemblement défendue par l’actuel premier secrétaire Olivier Faure, François Hollande exclut un rassemblement qui se réaliserait «sur la disparition d’une composante majeure de la gauche, celle qui a permis les victoires de François Mitterrand et de (lui-)même à la présidentielle».

En 2022, le PS, réuni ce week-end à Blois, ne doit «se rallier» ni au candidat écologiste ni à Jean-Luc Mélenchon. «Beaucoup de nos concitoyens sont convaincus de l’impératif écologique mais pas des réponses des Verts. Beaucoup aussi aspirent à une profonde transformation de notre pays, mais ne partagent pas les positions souverainistes et anti-européennes des Insoumis», analyse-t-il.

Interrogé sur une nouvelle candidature en 2022, François Hollande assure «ne rien chercher pour lui-même». «En revanche, je peux être utile à mon pays, par mes idées et mon expérience, dans la crise qu’il traverse aujourd’hui. Une candidature suppose des conditions et pas simplement une ambition», ajoute-il toutefois.

Pour le choix du candidat, François Hollande ne plaide pas pour une primaire qui «crée toujours une division». «C’est la réalité qui va décider et non une procédure». Car, pour la prochaine présidentielle, «le jeu est ouvert pour la gauche si elle porte un projet audacieux et crédible», dit-il. Interrogé sur l’hypothèse d’un nouveau duel Macron-Le Pen en 2022, l’ancien chef de l’Etat est formel : «tous les pronostics faits à deux ans d’une présidentielle ne se sont jamais vérifiés. Les favoris annoncés n’ont jamais été au rendez-vous».

Olivier Faure veut un candidat commun pour toute la gauche en 2022

Lors de son discours de clôture de l’université d’été du PS, Olivier Faure a appelé les autres formations de gauche à bâtir ensemble un «programme de gouvernement» pour la présidentielle de 2022. Par

Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste.

Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste. GUILLAUME SOUVANT / AFP

Rassemblement, rassemblement, rassemblement. Tel est le mot encore et encore répété par Olivier Faure samedi, lors de son discours de clôture de l’université d’été du Parti Socialiste à Blois. Le premier secrétaire du PS veut unir la gauche à la présidentielle de 2022 pour empêcher le match retour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen au second tour. «Sommes-nous capables, les uns comme les autres, de faire le constat lucide qu’aucune aventure personnelle ne triomphera de l’élection présidentielle?», a-t-il interrogé, se tournant à la fois vers les autres formations de gauche – à commencer par Jean-Luc Mélenchon, quasi déjà candidat – mais aussi vers certains cadres socialistes. «Quand je vois refleurir les ambitions personnelles avant même l’élaboration d’un projet collectif, je m’inquiète de notre capacité à sortir de la logique jupitérienne», a-t-il raillé.

«Il s’agit de se mettre d’accord»

Bien qu’il soit le chef du PS, Olivier Faure n’exclut pas un ralliement derrière une candidature issue d’une autre famille politique, si elle permet la victoire de la gauche. De quoi faire grincer des dents en interne. Certains craignent en effet que la stratégie du premier secrétaire risque, à terme, de faire disparaître le parti… «Il ne s’agit pas de fusionner les formations existantes, ni même de simuler une fausse unanimité. Il s’agit de se mettre d’accord sur un programme de gouvernement pour les cinq années qui viennent», a répliqué Olivier Faure.

Quant à l’origine politique du potentiel candidat unitaire, le premier secrétaire a souhaité qu’il ne soit «pas écologiste, pas socialiste, pas communiste, pas insoumis». «Il portera tout cela à la fois, sinon, il ne sera pas le candidat commun, et surtout, il ne gagnera pas», a-t-il assuré. «Je ne nie pas la difficulté. Les cicatrices, les rancœurs, les méfiances, les ambitions, les désaccords réels ou surjoués…», a poursuivi Olivier Faure. «Mais nous avons une responsabilité d’abord vis-à-vis des femmes et des hommes qui attendent de nous des réponses et une espérance nouvelle», a-t-il enchaîné.

Les régionales comme «un premier test»

Selon lui, les régionales et départementales, prévues au printemps 2021, représenteront «un premier test». «Comment espérer un candidat unique à la présidentielle quand on n’est même pas capables d’avoir des candidats communs aux régionales et départementales? Inversement, chaque victoire commune servira de point d’appui pour gagner les élections présidentielles et législatives», a-t-il certifié.

Dans ce cadre, Olivier Faure a proposé de lancer «le printemps de la gauche et de l’écologie» pour préparer avec l’ensemble des formations de gauche et «l’ensemble du mouvement social» les prochaines échéances électorales. «Je n’ai jamais considéré que le PS devait primer sur l’ensemble de la gauche», a-t-il souligné, en réponse à François Rebsamen, le président de la fédération des élus socialistes. Devant ces derniers, vendredi, le maire de Dijon avait affirmé «il n’y avait pas de victoire à gauche si le rassemblement ne se fait pas autour [du PS]».