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Port du masque obligatoire contre le coronavirus.

Obligation de porter un masque dans les lieux publics clos entre en vigueur le 20 juillet 2020

Annoncée par Emmanuel Macron le 14 juillet, l’obligation de porter un masque dans les lieux publics clos entre en vigueur lundi 20 juillet 2020. La Direction générale de la Santé a publié dimanche soir les modalités de cette consigne qui concerne toute la France métropolitaine.

A l’entrée du musée du Louvre à Paris. Photo d’illustration. (AFP)

Alors que le gouver-nement achève la préparation d’un plan interministériel pour des reconfinements ciblés – à un territoire, une ville ou un quartier -, l’obligation de porter un masque dans tous les lieux publics clos entre en vigueur lundi. Les signaux d’une légère reprise de l’épidémie en France métropolitaine, notamment dans le département de la Mayenne, ont poussé les autorités à généraliser cette consigne déjà en vigueur dans les transports en commun des grandes villes. Emmanuel Macron en avait fait l’annonce le 14 juillet. D’abord prévue pour le 1er août par le chef de l’Etat, l’obligation a été finalement avancée au plus tôt.

La Direction générale de la santé (DGS) a détaillé, dans un texte consulté dimanche soir par l’AFP, les modalités de cette obligation, à commencer par le risque encourru en cas de non-respect. Une amende forfaitaire de 135 euros pourra être appliquée, ce qui correspond à une contravention de 4e classe.

Tous les magasins et marchés désormais concernés

La liste des lieux publics clos concernés :

  • Les magasins de vente ;
  • les centres commerciaux ;
  • les administrations ;
  • les banques ;
  • les marchés couverts ;
  • les lieux publics clos déjà concernés par l’obligation de port de masque, à savoir : les salles de réunions et de spectacle, les cinémas, les restaurants, les hôtels, les salles de jeux, les établissements d’enseignement, les centre de vacances, les bibliothèques, les lieux de culte, les établissements sportifs couverts, les musées, les gares et les aéroports.

Comme le rappelle la DGS, des « règles spécifiques » s’appliquent parfois. Par exemple, le port du masque est obligatoire lors des « déplacements » au sein des restaurants. Il est possible de le retirer une fois à table, à condition que d’un strict respect des consignes de distanciation sociale.

Avant d’évoquer toute hypothèse de reconfinement, le gouvernement a généralisé le port du masque dans les lieux publics clos. (AFP)

Une telle mesure est d’ores et déjà appliquée dans certaines communes de Mayenne et dans certains quartiers de Seine-Saint-Denis. Dans le Finistère, le préfet a également étendu l’obligation de port du masque à tous les lieux publics clos des îles de son département.

Faudra-t-il porter un masque sur son lieu de travail? Pour l’instant, le dispositif est obligatoire dans les seules entreprises « en situation d’impossibilité de respect ou de risque de rupture de la distanciation physique d’au moins un mètre », selon les indications du ministère du travail. Jeudi, devant les sénateurs à l’occasion de sa déclaration de politique générale, le Premier ministre, Jean Castex, a seulement précisé que « dans les locaux dits professionnels, cela suppose une évolution des protocoles sanitaires régissant les activités concernées ».

Plusieurs indicateurs épidémiologiques sont passés, ces derniers jours, du vert à l’orange.

Le président du Haut conseil de la santé publique, Franck Chauvin, fait le point sur l’épidémie de coronavirus. « De nos comportements dépendra l’état du pays à la rentrée », explique-t-il, en appelant chacun au respect des gestes barrière et au port du masque. 

Franck Chauvin préside le Haut conseil de la santé publique, c’est-à-dire l’organisme permanent chargé d’apporter une aide à la décision au ministre de la Santé. Ce professeur de santé publique à l’université Jean Monnet de Saint-Etienne, qui est également membre du conseil scientifique (une structure non pérenne, créée en mars) appelle la population à porter un masque dans les lieux clos et mal aérés. A respecter les gestes barrières. Et à se faire tester au moindre mal de gorge ou rhume débutant.

Le Haut conseil de la santé publique vient de publier un nouvel avis sur la rentrée. Pensez-vous que l’école pourra reprendre en septembre comme avant ?

L’école doit reprendre bien sûr. Et elle doit adapter son niveau de protection à l’épidémie. Nous venons de faire des recommandations pour le niveau de risque le plus faible en période épidémique c’est-à-dire lorsque nous avons des preuves que le virus circule même faiblement. De cette « doctrine sanitaire » dépendront, je pense, les instructions qui pourront être données aux écoles. Quelles mesures seront en vigueur à la rentrée? Cela dépendra essentiellement de nos comportements pendant les vacances.

Pourquoi le Conseil scientifique a-t-il multiplié les appels à la prudence en fin de semaine dernière ? Faut-il s’inquiéter d’une reprise de l’épidémie ?

Nous avons décidé de prendre la parole d’abord pour des raisons conjoncturelles : nous sortons formellement de l’état d’urgence ; le pont du 14 juillet et les vacances vont conduire à des brassages importants de populations. Or on sait que c’est toujours un facteur de risque dans les épidémies.

Les consultations chez SOS Médecins pour des suspicions de Covid-19 ont augmenté de plus de 40% la semaine dernière en métropole

Depuis le déconfinement, le niveau de risque semblait faible. Quels signaux vous conduisent à inviter les Français à la prudence?

Plusieurs indicateurs épidémiologiques sont passés, ces derniers jours, du vert à l’orange. Le désormais fameux R0, c’est-à-dire le nombre de personnes contaminées par un malade, n’est pas le meilleur indicateur en ce moment car le nombre de cas positifs reste faible. Du coup, il suffit d’une petite variation du nombre de cas pour voir s’envoler ce pourcentage. Mais il a augmenté ces derniers jours et a dépassé 1. Le taux de positivité (proportion de tests positifs sur le total de tests réalisés) croît lui aussi. Et si les hospitalisations restent stables, les consultations chez SOS Médecins pour des suspicions de Covid-19 ont augmenté de plus de 40% la semaine dernière en métropole. Ce n’est forcément inquiétant en soi car certains biais de comportement peuvent inciter à appeler un médecin – désir de se faire tester avant un départ en vacances par exemple – mais ces chiffres doivent conduire à une certaine vigilance. Certes pour l’instant, on ne peut pas parler d’une circulation intense du virus et on reste dans le scénario 1 sur les quatre décrits par le Conseil scientifique, c’est-à-dire dans l’hypothèse la plus favorable d’une épidémie maîtrisée, mais ça s’accélère dans certaines zones, comme en Mayenne. 

Ce département connaît-il une flambée épidémique?

Depuis le déconfinement, 350 foyers épidémiques ont été repérés. En fin de semaine, 80 donnaient toujours lieu à des investigations. Rien que vendredi, 11 nouveaux clusters sont apparus sous les radars. Des contaminations de groupe ont été repérées ces dernières semaines dans des Ehpad, des foyers d’hébergement, des lieux de vie collectifs ce qui est logique mais on commence à revoir, comme en mars, des infections à l’intérieur de foyers familiaux et de groupes amicaux, à la faveur d’un mariage ou d’un baptême. Ça signifie que le virus circule et donc qu’il faut être prudent. En Mayenne, où 7 clusters ont été mis en évidence, il y a un risque d’évoluer vers des clusters dits critiques. Le virus semble y circuler à bas bruit, il se répand sans qu’on s’en aperçoive, ce qui est l’un des « cauchemars » que nous avions envisagé comme notre troisième scénario. On n’arrive plus à savoir qui a contaminé qui ; on ne parvient plus à remonter la chaîne des cas contacts. Le contrôle de la situation pourrait nous échapper.

En Mayenne, c’est une course contre la montre qui s’engage

Comment reprendre le contrôle?

Un dépistage massif est lancé cette semaine en Mayenne. Il faut tester, tester et tester encore. Dans ce département, c’est une course contre la montre qui s’engage. On a désormais les capacités de tests suffisantes mais il peut y avoir un obstacle si les personnes ayant des symptômes ou en contact avec des gens positifs ne vont pas faire suffisamment se faire diagnostiquer. On ne peut pas forcer les gens à le faire. La suite ne dépend que de nous, et de nos comportements dépendra l’état du pays à la rentrée ou même pendant les vacances. Quand on a un signe, il faut aller se faire tester. Au moindre rhume, mal de gorge ou fièvre mais aussi si on rencontre des troubles digestifs. Le système de surveillance ne peut fonctionner que si tous les Français comprennent que se faire tester est la meilleure manière de lutter contre l’épidémie.

Un reconfinement localisé comme en Catalogne ou à Berlin est-il nécessaire en Mayenne?

Si les comportements de la population ne permettent pas de casser les chaînes de contamination, si le dépistage et les tests ne sont pas assez nombreux, il faudra sans doute à nouveau réduire les déplacements. C’est l’unique autre moyen de casser les chaînes. C’est surtout une méthode ancestrale, archaïque, celle du cordon sanitaire, à laquelle je préfère de beaucoup les tests et la mise en quarantaine des personnes positives.

Un reconfinement général est-il envisageable?

Il y a fort peu de chance. Le territoire est désormais quadrillé ; les capacités de tester sont importantes. Toutes les autorités sanitaires veillent.

Dans une pièce confinée, les gouttelettes perdent leur eau à cause de la ventilation et la particule virale continue de flotter dans l’atmosphère

Le Conseil scientifique a rappelé l’importance des gestes barrière, êtes-vous favorable à l’extension de l’obligation du port du masque à tous les lieux clos réclamé par de nombreux médecins?

Moi qui suis stéphanois et lyonnais, je prends souvent le TGV et je constate que tous les voyageurs portent un masque. Dans le métro, les gens le mettent aussi. Mais nous sommes tous gênés de voir des personnes circuler sans dans des lieux fermés, dans lesquels la densité de population est importante et la ventilation insuffisante. Certains commerces, certains bureaux sont des lieux à risque. Pour le moment, on préfère essayer de convaincre les gens de se protéger dans ces lieux-là plutôt que de prôner la contrainte. Mais si l’épidémie reprend, la question se posera.

Certains doutent encore de l’utilité du masque. Y-a-t-il des études scientifiques prouvant son efficacité?

Aucune étude contrôlée ou épidémiologique n’a encore jamais prouvé qu’une population masquée était mieux protégée qu’un groupe identique sans masque mais les indices sur son utilité s’accumulent. Nous venons d’apprendre que les gouttelettes émises en toussant et en parlant ne constituent pas le seul moyen de contamination. L’air ambiant pourrait lui aussi être contaminant, comme pour la rougeole. Dans une pièce confinée, les gouttelettes perdent leur eau à cause de la ventilation et la particule virale continue de flotter dans l’atmosphère. Même si le Haut conseil à la santé publique avait alerté dès le mois d’avril sur les risques liés à la climatisation, en mars, au début de l’épidémie, cette transmission aérienne n’était pas du tout établie. La recherche a fait des pas gigantesques. Nous savons aussi désormais qu’environ 30% des personnes contaminées ne présentent aucun symptôme tout en ayant une charge virale à peu près équivalente à celle des malades. Ceci conduit aussi à prôner le port du masque.

La possibilité d’une transmission aérienne explique-t-elle la volte-face des autorités de santé, qui, au début de l’épidémie, ne prônaient pas l’usage du masque?

Comme l’hygiène des mains et la distanciation sociale, le masque est désormais au cœur de la stratégie de prévention. En le portant, on se protège un peu mais surtout on protège les autres. Et si tout le monde s’y met, nous serons tous protégés.