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C’est dur d’être aimé par des lâches

Officiellement, tout le monde aime Charlie.
 
« La rituelle minute de silence et les discours compassés sur la tolérance ne sont plus de saison. Il faut briser l’isolement et la peur qui paralysent les enseignants, il faut leur rendre leur dignité de hussards noirs de la République », écrit Guy Konopnicki.
 
C’est dur d’être aimé par des lâches
              Bertrand GUAY / AFP
 
 
Officiellement, tout le monde aime Charlie. Et plus encore la République, dont tous nos politiques désormais se réclament, même ceux qui, il y a peu, eussent volontiers renvoyé au passé les Lumières et la laïcité. Il n’empêche que, depuis plus de vingt ans, les professeurs des collèges et des lycées alertent en vain les ministres de l’Éducation nationale. Ils subissent la pression des élèves, soutenus par les parents et, en bien des cas, par des collègues gagnés par les thèses indigénistes. Ainsi aura-t-on vu, en Seine-Saint-Denis, une réunion « syndicale » où l’on se proposait de mettre en pratique la séparation raciale. Côté parents, une ancienne fédération laïque, rien de moins que la FCPE, plaçait, il y a un an, une femme voilée sur son affiche électorale, revendiquant, au nom de l’égalité, le droit d’afficher son appartenance religieuse lors des sorties scolaires.

Plusieurs professeurs ont été contraints de changer d’établissement pour avoir enseigné l’histoire de la Shoah et, pis encore, organisé des voyages à Auschwitz. On ne compte plus les collèges où l’on doit renoncer à sanctionner les filles qui, sous la pression des parents et des grands frères, refusent les cours d’EPS et, bien sûr, la piscine. Les professeurs de sciences se voient contester, au nom des croyances les plus obscures, quand on ne leur demande pas de présenter des connaissances alternatives niant l’évolution des espèces ou la gravitation universelle.

VIOLENCE, INTIMIDATION, CHANTAGE, DÉLATION

L’Université donne l’exemple. Une vice-présidente de l’Unef se présente voilée devant une commission parlementaire. Quand la droite et LREM protestent, c’était le moins, la gauche crie au racisme. Sur le campus universitaire de Lille, les islamistes, alliés aux organisations d’extrême gauche, ont fait interdire une lecture théâtrale du magnifique texte de Charb, Lettre ouverte aux escrocs de l’islamophobie. Dans nombre d’universités, dont la Sorbonne n’est pas la moindre, la pression indigéniste et islamiste est quotidienne.

La compagnie des blanchisseurs de l’islamisme domine ce qui reste de la gauche.

Plus assidus sur les réseaux sociaux que dans les salles de cours, les étudiants engagés n’ont de cesse de dénoncer les professeurs qui osent contester la nouvelle doxa. Des manifestations culturelles, des réunions et des conférences sont interdites par la violence, l’intimidation, le chantage et la délation publique. Les « nous ne sommes pas Charlie » imposent leur loi. Qui défend le droit à la caricature se voit traité de fasciste et ne peut s’exprimer dans nombre d’établissements d’enseignement supérieur. Abandonnés par les politiques, les enseignants n’ont pas les moyens de résister à la pression.

DEVOIR CIVIQUE

La compagnie des blanchisseurs de l’islamisme domine ce qui reste de la gauche. Certes, le député LFI Alexis Corbière se souvient d’avoir été professeur d’histoire et demande le deuil national pour son collègue de Conflans-Sainte-Honorine. Mais Jean-Luc Mélenchon a participé, en compagnie d’élus rouges et verts, à la manifestation des escrocs de l’islamophobie, qui se termina par un appel à la prière. Le maire EELV de Grenoble ne demande qu’à entendre les revendications des manifestantes islamistes venues réclamer l’abrogation des règles d’hygiène vestimentaire des piscines municipales. La Mairie de Paris présente une exposition de dessins de Cabu sans souffler mot de l’assassinat du dessinateur, abattu par des islamistes à Charlie le 7 janvier 2015.

Il suffit. Nous venons d’assister, aux portes d’un collège, à une exécution capitale, dans les règles de la charia. Dans ces conditions, l’expression du droit à la critique de l’islam et à la caricature de Mahomet devient un devoir civique. Pour répondre au crime, pour écraser l’infâme, en dignes enfants de Voltaire et des Lumières, nous devons montrer partout les caricatures du prétendu prophète. C’est pourquoi j’ose demander à Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, de rendre hommage au professeur assassiné en montrant des caricatures de Mahomet dans toutes les classes des collèges et des lycées, le jour de la rentrée scolaire.

La rituelle minute de silence et les discours compassés sur la tolérance ne sont plus de saison. Il faut briser l’isolement et la peur qui paralysent les enseignants, il faut leur rendre leur dignité de hussards noirs de la République. Aucun parent, aucune organisation ne pourra empêcher les enseignants d’exprimer, ensemble, le même jour, l’attachement de la République française, une et indivisible, à la liberté d’expression, au droit à la critique des religions.