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La radicalisation en France.

Les experts datent la montée du djihadisme, en France, à l’intervention américaine en Irak en 2014.

Ils sont 10 000 en France à être considérés comme dangereux, 3 000 à pouvoir passer à l’acte, la plupart, fichés par les services de renseignement. Beaucoup n’en sont qu’au stade d’admirateurs de l’état islamique qui, enfin, leur donne des raisons d’être fiers.

Fiers de leurs racines, fiers de leur religion, fier d’en vouloir à la France, terre de mécréants, ancienne puissance coloniale, mère de tous les maux, mère nourricière.

Dans le phénomène djihadiste, la manifestation d’un malaise vis à vis de l’Occident, d’un malaise civilisationnel existe. Le 11 septembre n’est que la face cachée de l’iceberg. Cette culture revendicative , violente, ultra identitaire et mâtinée d’islam authentique et, à bien des égard, la même que celle de Daesh. En France, elle puise son inspiration dans la victimisation, la volonté de faire payer au pays d’accueil ses souffrances, souvent réelles, parfois supposées. C’est devenu un point final : Dieu est plus grand que ta république, que tes flics, que ta justice, que ton école, que tes prisons !

Les experts datent la montée du djihadisme, en France, à l’intervention américaine en Irak en 2014. Les réactions de joie à la vue World Trade Center s’écroulant en cendre et en colonnes de fumée à Manhattan préfiguraient qu’enfin, on allait passer aux choses sérieuses.

Le coran n’était pas qu’une série de sourates, c’est aussi un manuel de combat.

On ne peut pas nier le fait que le conflit israélo-palestinien ait été catalyseur des ressentiments à l’égard de l’Occident. La concomitance, à quelques années près de l’invasion américaine de l’Irak et de la deuxième intifada a été, surtout, le catalyseur et prétextes, pour la jeunesse musulmane d’occident qui découvrait, progressivement dans les mosquées, sa haine de la France, son désir identitaire, sa haine d’Israël, ensuite des Etats Unis et celle, finalement de la France.

Les nombreuses polémiques relatives au port du voile, après 15 ans de tergiversation, d’une loi l’interdisant à l’école en 2004, étaient autant d’occasions de s’afficher comme victimes d’un système oppressant les musulmans. Quand on est victime, c’est qu’il y a un coupable. Le coupable c’est Israël, ce sont les Etats-Unis et la France. C’est la France laïque cousine de la France coloniale. Quand on est victime, on peut, aussi, être martyr de la haine des mécréants à l’application de la charia.

Derrière les émeutes se profilaient le choc des civilisations. Le salafisme, presque inconnu en France jusqu’au début des années 1990 n’avait plus qu’un soufflet sur les braises. Dans ce foutoir, Tarik Ramadan émerge doucement, sorte d’hybride improbable entre Malcom X et Hassan el-Banna, son grand-père fondateur du mouvement des frères musulmans en Egypte. Le renouveau musulman, c’est lui. La fierté arabe, c’est lui. L’unité, c’est lui.

Les musulmans maghrébins, pourtant traditionnellement de l’école malékite, découvraient un islam pur et dur d’inspiration wahhabite, à des milliers de kms de celui que pratiquaient leurs parents. La mondialisation des islams donnaient naissance à l’Oumma, la communauté des croyants. Il n’y avait de Français beurs ; ils n’y avait plus que des musulmans. Ils n’étaient plus quelques millions en France parmi les 60 millions de mécréants, ils étaient les frères de plus d’un milliard de fidèles.

L’islam était devenue une nationalité, une identité ! C’est l’époque où les jeunes de quartiers commencent à se rendre en Bosnie, en Afghanistan et au Pakistan où ils apprennent le maniement des armes. Une sorte de grosse colo pour le bien de l’Oumma. A  la Courneuve, on venait s’enquérir : es-tu un bon musulman mon frère ? Qu’as tu fait pour l’Oumma ? Ne te demande pas ce que l’Oumma peut faire pour toi mais demandes toi ce que tu peux faire pour l’Oumma !

On a vu débarquer, en 1990, Olivier Corel (de son vrai nom Al-Dandachi, syrien persécuté par Assad père) plus connu sous le sobriquet d’émir blanc. C’est lui qui envoya les premiers bataillons de français en Irak parmi lesquels les frères Klain, dont l’aîné Fabien a revendiqué les attentats du 11 novembre. C’est lui qui a servi de montant à Mohamed Merha. C’est lui qui créa une communauté salafiste en Ariège appelée par les villageois, le clan de Belphégor en raison des femmes portant le nikab. Olivier Corel a élaboré le terreau idéologie de la France djihadiste. De son expérience d’opposant syrien, sous Hafez El-Assad, l’émir blanc a développé un véritable savoir faire, celui d’un homme discret, vivant avec ses nombreux adepte sans jamais se faire pincer. Comme dans toutes les mafias, le parrain, à l’écart, est rarement coincé. Bernard Cazeneuve l’a dit lui-même : ce n’est pas un délit de prôner le djihad, ce n’est, pénalement, pas répréhensible. Personne ne peut être condamné parce qu’il est la France.

La démocratie : c’est un concept de mécréants. Une innovation vise les salafistes qui n’existaient pas du temps du prophète. Une règle pour mécréants, toute entière écrasée par la charia. La démocratie c’est bon pour les mécréants.

Nous aurions du voir de partout où il y a des victime, il y aura de la vengeance. Qu’on le veuille, ou non, la haine du djihadiste est finalement notre produit. Nous sommes contaminés par le mal qui, justement, a produit des monstres. Nous ne pouvons nous empêcher de présenter le djihadiste comme un semi débile, une cible idéale pour mouvement sectaire. Ce que n’est absolument pas Daesh qui jouit des attributs d’un état théocratique, certes, mais dont l’administration fonctionne avec sa justice, sa monnaie, sa loi divine et sa justice. Ces éléments battent en brèche l’idée de la perméabilité à la propagande salafiste découlerait, avant tout, d’une forme de misère intellectuelle et d’un manquement éducatif.

Nous voudrions tant que les djihadistes ne soient pas des personnes ordinaires et qu’ils soient tous fous. Il n’y a pas, depuis le service militaire supprimé par Jacques Chirac, de plus grand brassage social que sous les tentes de l’état islamique.