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Le film « Salafistes » est une brèche dans le déni de l’islamisme;

Il ne s’agit pas, du reste, d’une tendance majoritaire au sein de l’islam.

Ce film document-vérité sur les salafistes est une plongée terrifiante dans la vie et la mort quotidiennes entre les amputations, les exécutions et les prêches, est enfin visible par tous les publics.

Il faut oser montrer ce que sont réellement le salafisme, le djihadisme et le terrorisme. Non, il ne s’agit pas de loups solitaires, d’échappés d’hôpitaux psychiatriques et de petits délinquants qui dérapent soudain. A chaque tragédie, on s’aperçoit que les premiers commentaires officiels, déclenchés comme par réflexe, se révèlent faux : les attentats, contre des individus, des institutions, ou des rassemblements de masse, ne sont pas le fruit d’une réaction impulsive. En réalité, tout cela est organisé, pensé. Les enquêteurs le savent très vite mais, actualité oblige, on n’en parle plus car on est passé à autre chose.

Salafistes montre le réel, il le filme dans les bibliothèques où des cheikhs théorisent l’horreur en souriant, puis dans les rues où circulent les milices chargées d’appliquer une charia de sang. Mais il ne fallait surtout pas que ceci soit montré. C’est toute l’ampleur du déni qui se révélait donc à travers le sort fait à ce documentaire…

C’est la conséquence logique de la politique adoptée par les différents gouvernements depuis une quinzaine d’années. Il s’agit de faire passer les assassins pour des individus isolés. Et si l’on peut marteler que cela « n’a rien à voir avec l’islam », selon la célèbre formule, c’est encore mieux. Il ne s’agit pas, du reste, d’une tendance majoritaire au sein de l’islam. Mais d’une tendance minoritaire, mortifère, contre laquelle se battent de nombreux musulmans. Cette tendance barbare a fait couler le sang de nos compatriotes mais cette réalité-là non plus, le discours ambiant du déni la repousse. « Nos gouvernements successifs veulent faire passer les assassins pour des individus isolés »

Ce film a été diffusé dans de nombreux festivals à travers le monde et en prime time à la télévision tunisienne, en plein ramadan. En Irak aussi, et au Kurdistan ! Ce qui en dit long sur la volonté de certaines sociétés musulmanes de regarder le réel en face alors qu’ici, on multiplie les efforts et les procédures pour le voiler ! En février dernier, il est sorti au cinéma à New York et à Los Angeles, grâce à un distributeur américain enthousiasmé. Cela a suscité une presse considérable et, bien évidemment, personne n’a dit que le film devait être interdit ! Cela a juste été utile au distributeur qui a fait une affiche où était inscrit en lettres énormes : « Censored in France ! », « censuré en France »…

Ils avaient vu le film, et pensaient qu’organiser des projections suivies de débats, dans leurs établissements ou leurs quartiers, était la meilleure façon, pour eux, d’aborder la question du salafisme et de lutter contre la fascination que peuvent exercer des vidéos, visibles en toute liberté sur Internet, sur certains jeunes gens. Salafistes apportait plus au débat que de doctes professeurs de sciences politiques en costume cravate – je n’ai rien contre eux ! – qui commentent, d’ordinaire, toute image sur le salafisme. Bref, le contraire exactement de ce qu’avait déclaré notre ministre de l’époque, Fleur Pellerin : elle s’était même fendue d’un communiqué pour nous expliquer comment nous aurions dû faire le film !

« Salafistes apportait plus au débat que de doctes professeurs ». Il faut prendre les citoyens pour des gens intelligents. Quel que soit l’endroit où ils habitent, et même s’ils n’ont que treize ou quatorze ans, car c’est à cet âge que la pensée se construit.

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