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Nominations de femmes : l’Arabie Saoudite en quête d’une nouvelle image.

Comment comprendre la nomination de 10 femmes à des postes de responsabilité

Cela dans des lieux sacrés de l’Islam par l’Arabie Saoudite, deux ans après l’arrestation de féministes ? Décryptage. par Marie-Lucile Kubacki

Une femme passe devant une affiche du roi Salman et du prince Mohammed bin Salman, Arabie Saoudite, 15 juin 2020. Amr Nabil/AP/SIPA

L’annonce faite le 16 août par l’Arabie Saoudite de la nomination de 10 femmes à des postes de responsabilité dans les deux sites les plus sacrés de l’islam, La Mecque et Médine, a de quoi interpeller. Le choix des lieux, hautement symbolique, témoigne d’une volonté de marquer les esprits de la part du prince héritier Mohammed ben Salmane – dit « MBS », qui a promis une Arabie « modérée et tolérante », et s’inscrit dans une stratégie politique bien établie.

Instigateur d’un plan de réformes « Vision 2030 », ce dernier veut développer l’économie et réduire la dépendance de son pays aux ressources pétrolières. Et il sait que cela passe aussi par une meilleure image. Il a notamment déclaré vouloir développer l’emploi des femmes, longtemps tenues…

Mohammed Ben Salmane, un autre autocrate modernisateur

Mohammed Ben Salmane, un autre autocrate modernisateur Xing Guangli/XINHUA-REA

L’héritier du trône saou-dien a promis une nouvelle Arabie saoudite « modérée et ouverte » lors d’un discours étonnant mardi 24 octobre. Portrait d’un prince réformateur à l’orgueil démesuré.

Il est le chamboule-tout de l’Arabie saoudite. En marge d’une conférence écono-mique donnée mardi 24 octobre à Riyad, Mohammed Ben Salmane, le prince héritier saoudien et vice-Premier ministre a annoncé l’avènement d’une « Arabie saoudite modérée et ouverte », débarrassée des extrémismes. Il a promis que son pays allait renouer avec un islam « modéré » et « tolérant ». En tenant de tels propos, Mohammed Ben Salmane semble étonnamment remettre en cause le wahhabisme, ce courant politico-religieux qui fut à l’origine même du développement de l’Arabie saoudite et de l’avénement des Seoud. Ce n’est pas la première fois que ce trentenaire (il est né en 1985) bouscule les us et coutume de la famille régnante. La marche vers le pouvoir d’un des fils du Roi Salmane, sur le trône depuis 2015, n’a ainsi pas suivi les codes en vigueur dans le royaume où le trône se transmet d’habitude de frère en frère. Son CV ne le prédisposait pas…