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Qu’est-ce qu’un coronavirus ?

Les spécialistes l’appellent « le virus de Wuhan », la ville foyer de l’épidémie en cours.

Le mot vient de passer dans le langage courant à la suite de l’épidémie qui frappe la Chine depuis quelques semaines. Mais c’est quoi, un coronavirus ? Par Gwendoline Dos Santos et Caroline Tourbe Publié le 24/01/2020 | Le Point.fr

Le coronavirus qui sévit depuis la mi-décembre 2019 en Chine était inconnu des scientifiques et des médecins jusqu’à aujourd’hui. Pour l’instant, il porte officiellement le nom un peu barbare de « 2019-nCoV », même si les spécialistes l’appellent déjà entre eux « le virus de Wuhan », la ville foyer de l’épidémie en cours.

 

Laboratoire en recherche sur le virus coronavirus.

Ce virus fait partie de la grande famille des coronavirus – « virus à couronne » en latin – nommés ainsi en raison de leur aspect à la lumière des microscopes : leur enveloppe présentant des protubérances qui ressemblent à une couronne.

Les coronavirus sont des virus de très grande taille qui possèdent, sur le plan génétique, l’ARN le plus long qu’on puisse observer chez les virus. Ce qui multiplie les risques d’erreurs lorsqu’ils se répliquent et amplifie les risques d’une mutation du virus, tant redoutée par la communauté scientifique.

Responsables des épidémies de Sras et de Mers :

La majeure partie des représentants de cette famille sont des virus qui circulent uniquement chez les animaux et n’infectent qu’eux. Néanmoins, il arrive que certains passent la barrière des espèces et finissent par devenir pathogènes pour les humains. Avant l’apparition de « 2019-nCoV », six coronavirus étaient déjà connus pour être transmissibles à l’homme.

Deux sont devenus tristement célèbres puisqu’ils peuvent entraîner des pneumonies sévères, parfois mortelles. Le plus connu des deux est sans nul doute le coronavirus du Sras, pour « syndrome respiratoire aigu sévère » (appelé Sras-CoV par les spécialistes). C’est lui qui a provoqué la première pandémie de XXIe siècle. Entre 2002-2003, le virus a touché tous les continents, infectant plus de 8 000 personnes et causant le décès d’environ 800 d’entre elles.

Le nouveau virus 2019-nCoV partage plus de 80 % de son matériel génétique avec celui du Sras. Plus récemment, un autre coronavirus a aussi inquiété la planète : le Mers-CoV, qui doit son nom à son lieu de découverte, le Moyen-Orient, en 2012. Ce dernier provoque également un syndrome respiratoire sévère, mortel dans 35 % des cas. Cependant, ce virus est moins contagieux que celui du Sras. Depuis 2012, il continue de circuler à bas bruit sur la péninsule arabique et en Afrique du Nord. Au total, depuis 2012, près de 2 500 personnes ont été touchées par le Mers-CoV et plus de 840 en sont mortes.

Ils peuvent aussi donner… un simple rhume !

En ce qui concerne les quatre autres coronavirus qui circulent régulièrement en France, ils passent le plus souvent inaperçus et ne sont même pas diagnostiqués en raison de leur caractère bénin et de leur guérison spontanée. Ces quatre coronavirus provoquent rhume, fièvre, toux, courbatures, maux de tête… Soit tous les symptômes classiques d’une infection respiratoire. En résumé, un bon rhume ! Leurs noms nous sont d’ailleurs parfaitement inconnus : HCoV-229E et HCoV-OC43, connus depuis les années 1960, ou encore HCoV-NL63 et HCoV-HKU1, découverts dans les années 2000 et qui entraînent principalement des symptômes bénins.

Les coronavirus se transmettent d’homme à homme par voie aérienne (postillon) principalement, par contact direct avec un malade ou à une distance de un mètre à un mètre cinquante. Mais ils peuvent être également manuportés, en touchant un objet contaminé, une poignée de porte ou une barre de métro, par exemple.

Roissy-Charles-de-Gaulle est l’aéroport le plus exposé au nouveau coronavirus en Occident, devant San Francisco, Los Angeles et Melbourne, et même certaines métropoles d’Asie comme Kuala Lumpur, Hô-Chi-Minh-Ville et Jakarta.

Du fait de ses nombreuses lignes directes avec la Chine, l’aéroport parisien se classe en 12e position, dans le peloton de tête des aéroports asiatiques, du classement établi par l’université américaine Johns-Hopkins. Les six aéroports internationaux les plus exposés, hors de Chine continentale, sont Hongkong, deux aéroports de Bangkok, Singapour, Taïpei et Séoul. Le dernier bilan des autorités chinoises fait état de 170 morts et 7 700 cas de personnes infectées par ce nouveau coronavirus qui sévit en Chine depuis décembre.

« Tandis que nombre des villes que nous identifions hors de Chine comme à haut risque ont déjà signalé des cas, ces villes devraient être prêtes à ce que des cas supplémentaires soient signalés dans les prochains jours, probablement de voyageurs ayant quitté Wuhan avant l’interdiction de voyager qui a été mise en place le 23 janvier », avertit l’article publié par les chercheurs. Un cinquième cas d’infection a été identifié en France mercredi.

Ce même jour, Air France a annoncé suspendre « jusqu’à nouvel ordre » ses vols vers Wuhan et réduire la fréquence de ses liaisons vers Pékin et Shanghai, deux métropoles également touchées par l’épidémie. En temps normal, Air France a 10 vols hebdomadaires pour Pékin et 13 pour Shanghai au départ de Paris, ville d’Europe la plus connectée avec la Chine. Dans son communiqué, la compagnie a justifié sa décision par « la baisse de la demande pour ces destinations ».

Une restriction du trafic plus limitée que celle mise en place par ses concurrentes dans les autres pays d’Europe. British Airways a, elle, choisi de suspendre tous ses vols vers la Chine, par « sécurité de ses clients ». Lufthansa a, quant à elle, décidé l’arrêt de tous ses vols vers et depuis la Chine jusqu’au 9 février. La compagnie néerlandaise KLM a pour sa part suspendu tous les vols vers Xiamen, Chengdu et Hangzhou, et réduit les vols vers Shanghai de 11 à 7 par semaine.

Le contraste entre la compagnie française et ses homologues européennes a amené certains responsables politiques à déplorer l’inaction du gouvernement. Dès mardi, sur Twitter, Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, a déclaré que « le nombre de cas confirmés de nCoV doit pousser le gouvernement à réfléchir à une suspension des vols en provenance des régions de Chine les plus touchées et à apporter à ce pays toute l’aide possible de la France afin de lutter contre cette épidémie ».

L’étude de l’université Johns*Hopkins évalue en outre l’impact, aux États-Unis, d’un retard dans la mise en place de mesures de contrôle sur le nombre d’individus infectés, « ce qui souligne la nécessité absolue de mettre en place les contrôles dès que le risque a été identifié ». La semaine passée, des passagers des derniers vols depuis Wuhan s’étaient étonnés de l’absence complète de contrôles à l’arrivée. Depuis, une équipe médicale d’accueil a été mise en place, mais pas de contrôles systématiques de température. « Cette mesure complexe et pas toujours efficace (autres causes de fièvre, fièvre masquée par des médicaments, délai d’incubation…) n’est pas recommandée par l’OMS à ce jour », se justifie le gouvernement sur son site.

L’OMS est cependant sous le feu des critiques pour ne pas avoir déclaré d’urgence de santé publique de portée internationale dès la semaine dernière, sous la pression de la Chine qui veut à tout prix éviter toute stigmatisation, selon des enquêtes du Monde et de l’agence Reuters.

Face au coronavirus, un sprint mondial est lancé pour trouver un vaccin. Plusieurs équipes de chercheurs mènent des expérimentations en s’appuyant sur des sérums déjà existants, comme celui contre la rougeole.
Lors de l’épidémie de Sras en 2003, il avait fallu vingt mois pour aboutir aux premiers essais cliniques. Pour Zika, en 2015, sept. « À chaque fois, on va plus vite », souligne au JDD Christiane Gerke, qui dirige l’action vaccin à l’Institut Pasteur. « Pour Ebola, on a même réussi à faire un vaccin en cours d’épidémie, renchérit le chercheur à l’Inserm Éric d’Ortenzio. La recherche vaccinale a connu une accélération fulgurante. »
Dès le 10  janvier, les Chinois ont publié des séquences du génome du virus sur Gisaid, une base Internet spécialisée. « Des équipes qui ne disposaient pas du virus, partout dans le monde, ont pu commencer à travailler », salue le directeur scientifique de l’Institut Pasteur, Christophe d’Enfert. L’Institut Pasteur espère, au mieux, disposer d’un vaccin dans vingt mois.

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