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3 – La radicalisation violente et son processus

Une abjection islamiste au XXIe siècle.

3ème chapitre du prochain ouvrage qui devrait être édité

A près l’AVANT-PROPOS, l’INTRODUCTIONNAISSANCE DE DAESH

NAISSANCE DE DAESH

Daesh est l’acronyme arabe signifiant  « Etat Islamique ». Terme réfuté, en fait, car il ne s’agit pas d’un état en tant que tel, mais d’un groupe né en 2003 suite à l’intervention des américains en Irak.

Le monde découvre, avec effroi, le terrorisme. Le 11 septembre 2001, les Etats Unis sont la proie d’attaques aériennes. Le Pentagone et la Maison Blanche sont visés. Les tours jumelles, « World Trade Center », se désagrègent. Les troupes américains chassent, à l’époque, Oussama Ben Laden, Al Qaïda et s’attaquent à Saddam Hussein … puis il quitte le pays, l’Irak, en décembre 2011. Les chiites sont à la tête du pays et la minorité sunnite subit la pression. La colère gronde et des hommes exploitent cette oppression d’une partie du peuple irakien. En particulier, les officiers de l’armée irakienne, fidèles à l’ancien chef d’état et de tous les opposants.

Dans les prisons, celui qui a pris le nom d’Abou Bakr Al-Baghdadi, se radicalise. Proche des frères musulmans, il glisse vers le salafisme et la radicalisation quand il entre en contact, en prison, avec les officiers de Saddam. Il déclare la guerre aux américains, aux chiites qui l’ont enfermé et prête allégeance à Al Qaïda dès sa sortie. Lorsque les forces américaines quittent le territoire américain, en décembre 2011, les armées irakiennes prennent le relai et utilisent le matériel de guerre laissé par les Etats Unis. Al Qaïda est, à l’époque, rayé de la carte et Ben Laden est mort. Profitant de l’oppression que subissent les sunnites d’Irak, forts de quelques milliers de sympathisants, les fondateurs de l’état islamique (E.I.) avec 17 des 25 dignitaires, rencontrés dans les prisons américaines en Irak, fondent Daesh.

La guerre sainte est lancée. La ville de Raqqa, en Syrie devient le quartier général de Daesh. Brutalement Daesh s’est imposé à nous dans l’actualité. Cette organisation, dite djihadiste[1], a été créée en 2006, mais ce n’est que le 2 juin 2014 qu’elle proclame le califat sur le territoire à cheval entre l’Irak et la Syrie.

Les guerres, en Irak et en Syrie, sur un territoire de 7.000.000 d’habitants, ont déstabilisé les gouvernements locaux et ont permis à ces groupes rebelles de se former sans être réprimés. On impute à l’E.I. des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et même des génocides.

Très organisé, âgé de 45 ans, Al Baghdadi est un homme érudit et très secret. Le chef est entouré de deux bras droits, l’un pour la Syrie, l’autre pour l’Irak, anciens officiers qui prennent, ici, leur revanche. S’ils sont originaires du Moyen-Orient, une partie de l’armée est constituée d’étrangers, notamment de jeunes occidentaux, (britanniques, français, belges … ), des personnes jeunes. Les plus fragiles et les plus susceptibles d’être recrutés sont ceux qui ne trouvent pas leur place dans la société dans laquelle ils vivent du fait de leur jeunesse, de leurs origines.

Nos populations souffrent probablement d’une forme de routinite aiguë, une forme de fixisme aiguë nous dit le psychanalyste français Boris Cyrulnik. Qu’est-ce que la routinite ou le fixisme aiguë ? C’est une affection de l’âme qui touche de plus en plus de gens dans le monde, surtout en Occident. Les symptômes sont presque toujours les mêmes : baisse de motivation, morosité chronique, perte de repères et de sens, difficulté à être heureux malgré une opulence de biens matériels, désenchantement, lassitude… Alors pourquoi ont-ils l’impression d’être tombé dans une névrose ?

Les Etats Unis estiment, aujourd’hui à 25 000 les djihadistes. Il semblerait que l’état islamique dispose suffisamment de soldats, il préfère, cependant former des étrangers puis les renvoyer dans leur pays d’origine, en cellule dormante dans le monde puis mener des opérations spéciales comme les attentats de Paris et de Nice, etc.

Daesh est une entité bien organisée. Les djihadistes se battent pour faire régner le califat, pour conquérir les terres saintes, pour instaurer la charia, la loi islamique. Puissamment armé et doté de moyens financiers considérables, c’est une véritable troupe d’invasion que doivent contrer les forces de la coalition internationale engagées en Syrie. Regroupant six organisations terroristes dont la branche irakienne d’Al-Qaïda, Daesh prend racine sur les restes du régime de Bagdad. Aux origines, les tensions entre chiites et sunnites[2], ces derniers persécutés et exécutés par centaines, se tournent vers Daesh qui attaque les prisons du régime chiite irakien. La population soutient, désormais, le groupe commandé par Al Baghdadi.

D’abord, simple branche d’Al Qaïda, Daesh a, peu à peu, gagné son indépendance et renforcé ses positions jusqu’à proclamer son califat. Cette appellation puise ses sources dans l’histoire de la domination abbasside et sous-tend une volonté de renouer avec le puissant d’un état religieux « pur ».

Le califat a été une vraie organisation politique et religieuse instituée à la mort du prophète Muhammed. Il a connu son apogée sur les règnes des abbassides entre 750 et 1258. Le pouvoir califal était chargé de protéger les territoires musulmans, de préserver la religion telle que fixée par le prophète Muhammed. Or, depuis 1258 et la prise de Bagdad par les mongols, les arabes sunnites subissent une déchéance aussi bien politique que religieuse. On parle même d’humiliation et c’est justement cette humiliation que Daesh cherche à venger en retrouvant la grandeur passée du Califat.

[1] Djihadiste : appellation non appropriée. La Racine djihad correspond à l’effort fait sur sois même.

[2] Chiites et Sunnites : 46%/54%