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Foudil Benabadji

BENABADJI a une formation d'éducateur spécialisé dans les Services de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ), dénommée auparavant "Education Surveillée" dépendant du Ministère de la Justice. Après l'acquisition du Diplôme de Directeur d'établissement de l'Enfance Inadaptée à l'Ecole Nationale de la Santé Publique de Rennes, il est promu Directeur d'établissement d'Education de jeunes caractériels délinquants, au "Centre Villeneuve" à Ecully, (Rhône), un établissement de filles qui était géré par une structure religieuse dépendant du CREAI du Rhône.

Depuis Strasbourg, la contre-offensive…

 …des opposants à la charte de l’islam de France

Rédigé par Lina Farelli 

Les trois fédérations non-signataires de la charte des principes pour l’islam de France ont signé, mardi 6 avril, une déclaration de principe dans laquelle elles réaffirment leur adhésion aux valeurs et aux principes fondamentaux de la République. Pour ces acteurs réunis à Strasbourg, il s’agit de faire œuvre de clarté quant à leur attachement aux principes républicains face aux multiples « amalgames » et attaques à leur encontre depuis janvier.

Depuis Strasbourg, la contre-offensive des opposants à la charte de l'islam de France
 
« Nous sommes prêts à reprendre les négociations mais nous dire de signer un texte en l’état ou rien, je dis clairement aujourd’hui, c’est rien et nous en assumons les conséquences. Nous ne sommes pas et ne serons jamais les otages des agendas des uns et des autres », a lancé Hamadi Hamami, président de Foi & Pratique. A ses côtés, se trouvaient les représentants du Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF) et de la Confédération islamique Milli Görüs (CIMG) depuis Strasbourg.

Ensemble, les trois fédérations, qui refusent de signer la charte des principes de l’islam de France, ont réaffirmé leur adhésion aux principes de la République et à la laïcité, de même que leur rejet de l’instrumentalisation de l’islam à des fins politiques et de l’influence des États étrangers dans une déclaration de principe (voir encadré) qui a été présentée, mardi 6 avril, lors d’une conférence de presse organisée en présence d’Eyüp Sahin, président de la mosquée Eyyub Sultan.

Depuis plusieurs jours, les responsables de ce lieu de culte en construction, affilié à la CIMG, sont en effet dans la tourmente en raison de la promesse de subvention à hauteur de 2,5 millions d’euros faite par la mairie de Strasbourg à laquelle s’oppose catégoriquement le ministère de l’Intérieur.

Dénonçant des accusations « infondées » et stigmatisantes à leur encontre, Eyüp Sahin a martelé que sa mosquée – de même que la CIMG – n’a pas à être « comptable de ce qui se passe dans (son) pays d’origine », en référence à la Turquie. Une décision sur l’octroi de la subvention ou non sera prise « courant avril », a fait savoir, de son côté, la mairie, qui s’est récemment accordée avec Europe Ecologie-Les Verts pour déposer plainte contre Gérald Darmanin.

Lire aussi : Exclure des assises de l’islam de France les non-signataires de la charte ? « Ce sera ingérable »
 
Déclaration de principe

Nous les fédérations CCMTF, CIMG France, Foi et Pratique, réaffirmons que notre foi et nos convictions religieuses nous amènent naturellement à honorer fidèlement nos obligations citoyennes. Nous proclamons solennellement notre adhésion aux valeurs et principes fondamentaux de la République.

A travers cette déclaration, nous souhaitons rappeler notre attachement à la Constitution Française, aux lois et valeurs de laïcité, instaurant des rapports apaisés et confiants au sein de la communauté nationale dans sa diversité et sa pluralité.

1) Adhésion aux principes de la République

La vie religieuse musulmane, façonnée autour de ses principes propres, se déroule dans le cadre de la Constitution, et de la société françaises.

Notre Constitution et notamment son préambule garantit aux musulmans vivant en France la possibilité de pratiquer librement leur religion, d’exercer leurs droits de citoyens ainsi que le vivre-ensemble des différentes religions et cultures.

Notre Constitution nous impose également des responsabilités pour la paix, le bien-être et la sérénité de la société.

Nous considérons toutes les responsabilités et tous les droits inscrits dans la Constitution comme garants de la coexistence pacifique et égalitaire de toutes les religions et cultures différentes en France.

Ce cadre constitutionnel, que nous défendons fermement, offre aux musulmans de France la possibilité de pratiquer librement leur religion dans le respect de la Constitution, des lois, et des principes républicains.

2) La Liberté et la Laïcité

Nous exerçons nos activités dans le cadre des principes et des lois de la République, qui fondent l’unité et la cohésion de notre pays et sont le garant du pacte social.

En tant que fédérations françaises, nous nous inscrivons dans les lois de la République qui protège la liberté de pensée, laquelle englobe la liberté de croyance.

Comme toutes les religions, nous savons distinguer clairement le droit interne des religions du droit positif. A cet égard nos pratiques n’ont jamais contrevenu et ne sauraient en aucun cas contrevenir aux libertés publiques et à l’ordre public, qui s’imposent à tous. Chacun est libre de croire ou de ne pas croire. L’un des principes majeurs de l’ordre constitutionnel français est la laïcité.

Celle-ci se comprend d’une part comme la neutralité de l’Etat vis-à-vis des communautés religieuses, et d’autre part, par la neutralité de ces communautés envers l’Etat.

Les organes législatifs, exécutifs et judiciaires du gouvernement tirent leur légitimité de la nation qui s’exprime par le suffrage universel.

Les communautés religieuses ont le droit de vivre, de pratiquer et d’enseigner librement leur religion dans le cadre de la liberté de conscience dans un état de droit démocratique et laïc.

Cette norme constitutionnelle, que nous défendons fermement, offre aux musulmans de France la possibilité de pratiquer librement leur religion.

3) L’Egalité et La Fraternité

Les signataires de cette déclaration de principes s’inscrivent pleinement dans le respect de l’article 1 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : « Tous les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit. »

Agir avec le sentiment de fraternité est requis par notre religion. Notre religion rejette toutes discrimination.

Elle prescrit une approche égalitaire, sans distinction de religion, de langue, de sexe, d’appartenance ethnique, de différences sociales, physiques ou autres.

Les pensées et les opinions, quelles qu’elles soient, ne peuvent être imposées à autrui.

Les signataires s’inscrivent pleinement dans le respect des lois de la République et s’engagent à consolider la cohésion nationale, à œuvrer pour la paix civile, et à lutter contre toute forme de haine et de violence.

4) Rejet de l’instrumentalisation de l’islam à des fins politiques ainsi que de l’influence des États étrangers

Rappelant que l’ordre du politique demeure séparé de l’ordre du religieux, nous condamnons et dénonçons toute instrumentalisation de la religion à des fins politiques ou de la politique à des fins religieuses.

Nous refusons tout courant politique ou idéologique qui viserait à diffuser une doctrine politique au sein de nos mosquées contraire à la Constitution ou à la Loi et contestant directement ou indirectement les principes fondamentaux énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

Nous sommes contre toutes les tendances qui tentent de nuire à l’ordre constitutionnel français ou au pacte social. Dans la gestion de nos mosquées et les missions de nos imams, nous réaffirmons notre totale liberté et indépendance à l’égard des États et gouvernements étrangers, et notre volonté d’être, au service des musulmans de France dans leur ensemble.
 

 

Exclure des assises de l’islam de France…

 …les non-signataires de la charte ? « Ce sera ingérable »

Rédigé par  

La décision de Gérald Darmanin est ferme : les préfets ne devront pas inviter aux prochaines assises de l’islam de France les fédérations et associations qui n’auront pas signé la charte des imams. Ibrahim Alci, président de l’une des fédérations concernées par l’exclusion, réagit.

 

Ibrahim Alci, vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM), président du Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF). © DR/Ibrahim Alci
 
Ibrahim Alci, vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM), président du Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF). © DR/Ibrahim Alci
Il n’y a « rien à négocier » avec les fédérations et les associations qui refusent de signer la charte des principes pour l’islam de France. Gérald Darmanin, qui exclut la présence de ces acteurs musulmans aux assises territoriales de l’islam de France prévues d’ici à fin mai, affiche son intransigeance dans une interview accordée au Point.

Pour le ministre de l’Intérieur, les fédérations non-signataires de la charte « n’ont plus rien à faire dans l’islam institutionnel, on ne doit pas faciliter leur existence en France » car « les principes qui sont dans la charte, qui sont ceux de la République, ne sont pas négociables ».

« Nous mobiliserons tous les leviers de l’État pour empêcher l’installation de ceux qui n’ont pas signé la charte. Cela vaut aussi pour les associations éducatives religieuses ou les écoles hors contrat. Il serait inimaginable que ces dernières puissent prétendre à des agréments sans avoir ratifié la charte, les contrôles seront très intenses. Les gens qui se livrent à des ingérences étrangères ou qui encouragent l’islam politique auront de très gros problèmes, qu’ils s’attendent à avoir l’État sur leur dos matin, midi et soir », prévient-il.
 
Une mise à l’écart « problématique »
Une prise de position ferme qui n’est, sans surprise, pas du goût des trois fédérations musulmanes aujourd’hui frappées d’ostracisme. Pour Ibrahim Alci, président du Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF), « il faut écouter le terrain sans penser à étiqueter telle ou telle association » sur la seule foi d’une adhésion ou pas à la charte. « Nous avons exprimé sur le fond les raisons de notre désaccord sur la charte » en février, sans qu’un dialogue n’ait pu émerger dessus depuis, déplore-t-il auprès de Saphirnews jeudi 1er avril. Surtout, « nous n’avons jamais cessé de respecter les lois de la République. Si nous étions anti-républicains, il faudrait apporter la preuve de ces allégations ».

Rappelant que de très nombreuses associations, rattachées ou non à des fédérations, ne sont pas prêtes à signer la charte en l’état, il sera difficile pour les préfets, selon Ibrahim Alci, d’écarter des assises ces acteurs musulmans – pour certains connus à l’échelle nationale – avec qui ils ont jusqu’ici l’habitude de travailler. « Ce sera problématique et ingérable », estime-t-il. « Le terrain a cette expérience et connaît bien les problématiques de nos concitoyens français de confession musulmane. Mettre à l’écart, c’est ne pas écouter et ce (qui émergera des assises) sera moins représentatif des avis des musulmans sur le sol français. »

« Les quatre fédérations (dissidentes du CFCM) ne peuvent pas avancer seules. Mohammed Moussaoui (président du CFCM) non plus, pas plus que les trois fédérations qui n’ont pas signé la charte. Si tout le monde s’entête à rester sur ses positions, on ne verra aucune solution », déclare celui qui demeure encore officiellement le vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM). Il appelle les représentants de toutes les fédérations musulmanes à se remettre sérieusement autour de la table, à l’approche imminente du mois du Ramadan, qui devrait être un mois qui encourage à la concorde. « Il est temps de travailler réellement pour les musulmans et de bien les représenter. Il faut mettre de côté nos divergences pour retrouver un peu de sérénité et prendre de la hauteur. »

Lire aussi :
Ramadan 2021 : le CFCM prône le recours aux calculs et annonce les dates du jeûne en avance en France
Gérald Darmanin veut l’exclusion de trois fédérations musulmanes des assises de l’islam de France
Islam de France : le non à la charte réaffirmé par trois fédérations au CFCM, elles s’en expliquent
 

 

Le non à la charte réaffirmé par trois fédérations…

…elles s’en expliquent

Islam de France : le non à la charte réaffirmé par trois fédérations au CFCM, elles s’en expliquent

Rédigé par  

Les trois fédérations non-signataires de la charte des principes pour l’islam de France au sein du Conseil français du culte musulman (CFCM) persistent et signent leur refus d’adhérer à la charte des principes pour l’islam de France en l’état. Elles l’ont fait savoir lundi 1er février, exposant en détail leurs multiples points de désaccord. Ce faisant, elles prennent le leadership de la contestation de la charte parmi les musulmans de France. Gérald Darmanin n’entend pas baisser la pression. Le ministre de l’Intérieur a d’ores et déjà menacé les non-signataires.


Islam de France : le non à la charte réaffirmé par trois fédérations au CFCM, elles s'en expliquent
 
Le Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF), la Confédération islamique Milli Görüs (CIMG) et Foi & Pratique ont fait part de leur refus de signer en l’état la « charte des principes pour l’islam de France » présentée à l’Elysée dès le 18 janvier. Alors que l’échéance des 15 jours, fixée par l’Elysée au CFCM pour obtenir leur signature, est arrivée, elles campent sur leurs positions, regrettant une « gestion expéditive » de cette affaire.

Lire ici ce que proclame la charte des principes pour l’islam de France

« La signature précipitée de la charte et les différentes déclarations ont malheureusement conduit à la perception d’un projet imposé par le haut, sans l’approbation de la base et notamment des acteurs concernés qui sont les imams », ont-elles fait valoir dans un communiqué commun lundi 1er février, jour où les débats autour du projet de loi contre le séparatisme ont débuté dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.

Elles ont adressé, lundi 1er février, leurs observations et réserves, très nombreuses, à la présidence du Conseil français du culte musulman (CFCM) dont Saphirnews a dévoilé le contenu dans son intégralité ici et en appellent à des amendements afin d’envisager une quelconque signature.
 
De multiples désaccords exposés
« L’usage d’un discours marginalisant les musulmans et les imams, la généralisation de comportements inacceptables perpétrés par des individus isolés à la totalité de la communauté musulmane entameraient sérieusement le crédit de cette charte et donc celui du Conseil national des imams », ont estimé le CCMTF, Milli Görüs et Foi & Pratique, en préambule. « De la même manière, l’usage de propos abstraits pouvant jeter le doute sur les musulmans et ouvrant la voie à des interprétations différentes risque également de nuire à l’acceptation de cette charte et de ce Conseil par les musulmans. »

Certains articles de la charte sont jugés « infondés et outrepassant ses objectifs », à commencer par le titre de la charte, estimant que le concept d’« islam de France » induit « une distinction de l’islam au niveau national (qui) ne saurait être une dénomination correcte ».

Par ailleurs, « dans cette charte, la croyance religieuse et la Constitution sont mentionnées sur le même plan et présentées comme des systèmes contradictoires. Cette méthode n’est pas en accord avec la laïcité puisqu’elle mélange des domaines séparés par la loi et présume que toutes les organisations musulmanes, sans aucune distinction, sont opposées à la Constitution », ont-elles affirmé.

La mention de l’homosexualité dans la charte « contredit les principes de la foi musulmane », écrivent-elles aussi. « La religion musulmane considère l’homosexualité comme un péché. C’est une question sur laquelle l’individu sera jugé dans l’au-delà suivant sa responsabilité individuelle, sa conscience et sa foi. Ainsi, il n’appartient pas à une organisation musulmane ou un imam de punir, d’employer la violence, d’exclure ou d’insulter un individu qui commet un péché, quel qu’il soit », ont souligné les fédérations.
 

Islam de France : le non à la charte réaffirmé par trois fédérations au CFCM, elles s'en expliquent
 
« Certains peuvent considérer comme discriminatoire le fait qu’une religion désigne, en se référant à ses sources, l’homosexualité comme un péché. Pour autant, cela ne leur donne pas le droit de s’immiscer dans les affaires internes, les croyances, le culte et les pratiques de cette religion. La compréhension et le respect sont de mise. »

De même, la présence du terme « misogynie » « renvoie à un préjugé répandu à propos de l’islam et des musulmans, utilisé par les critiques de l’islam et les milieux islamophobes » et sa mention « signifierait l’acceptation d’un parti pris stéréotypé ».

Concernant la lutte « contre l’idéologie du takfir, (anathème), qui est souvent le prélude à la légitimation du meurtre » édictée dans l’article 5, elles assurent qu’il s’agit d’« une approche étrangère à la réalité de la vie religieuse et sociale des musulmans ». « Convaincus qu’il n’y a pas de contrainte en religion, nous considérons le rejet de la violence, qui est la forme la plus intense de coercition, comme une exigence de notre foi », déclarent-elles.

« Il n’existe pas de mécanisme d’enregistrement, de suivi et de sanction de ceux qui acceptent ou rejettent la foi musulmane. L’appel au respect des choix des personnes dans les lieux de culte et les familles, tel que mentionné dans cet article, sous-entend que nos organisations aient adopté une position différente jusqu’à présent. Or, nos organisations rejettent catégoriquement ce genre d’idéologie depuis toujours et rappelle, une fois de plus, qu’il appartient à la justice de notre pays de sanctionner ces dérives inacceptables. »
 
L’article 6 et 9 portant sur l’islam politique et le racisme d’Etat décriés
L’article 6 portant sur « le rejet de toutes les formes d’ingérence et de l’instrumentalisation de l’islam à des fins politiques » est appelé, sans surprise, à être fortement amendé. La définition de l’islam politique, désignant dans la charte « les courants politiques et/ou idéologiques appelés communément salafisme (wahhabisme), le Tabligh ainsi que ceux liés à la pensée des Frères musulmans et des courants nationalistes qui s’y rattachent », est clairement rejetée. Pour les non-signataires, elle « ne peut rester en l’état puisqu’il laisse un champ très large de possibilités aux amalgames entre les croyants notamment pratiquants et les extrémistes qui dévoient l’islam pour leurs propres objectifs ».

« Tout comme l’implication et l’activisme des croyants chrétiens, juifs ou bouddhistes ne sont pas considérés comme du communautarisme ou séparatisme, ni qualifié de « christianisme politique », de « judaïsme politique » ou de « bouddhisme politique », il devrait en être de même pour les musulmans. Toutes les pratiques religieuses devraient être protégées de la même manière dans le cadre de la liberté religieuse de notre Constitution », déclarent-elles, estimant le concept d’« islam politique » tel que stipulé dans la charte comme une restriction des « droits d’accès des musulmans ou des organisations musulmanes au débat social ou politique puisqu’ils pourront être accusés de faire de l' »islam politique » et empêchés d’exercer leurs droits démocratiques. Cela peut aussi les exposer à la discrimination et criminaliser leurs opinions ».

Condamnant « le détournement de notre religion par certains groupuscules ou organisations criminelles », les trois fédérations préfèrent l’usage de l’expression « extrémistes abusant de la religion contre l’ordre constitutionnel » contre lesquels il faut s’opposer. Une appellation « plus précise » qui « permet d’éviter les amalgames dont les musulmans pourraient être victimes, alors que ces derniers contribuent chaque jour au bon vivre ensemble ».

Quant à l’article 9 portant sur la « lutte contre la haine antimusulmane », les fédérations estiment que le futur CNI « n’a nullement compétence en la matière pour affirmer ou infirmer s’il y a un racisme d’Etat ou un racisme institutionnalisé, s’il y a diffamation ou pas ». « La diffamation publique est un délit encadré par la loi, et il revient aux parties ou institutions concernées de saisir la justice », indiquent-elles, rappelant que la liberté d’expression est « un droit fondamental ».

Par ailleurs, « aucune association religieuse ne peut se substituer aux organisations spécialisées dans le relevé des actes racistes, islamophobes, ou antisémites et qui sont les mieux placées pour affirmer ou infirmer un racisme institutionnel ».

L’ensemble de leurs critiques détaillées sont exposées ici.
 
Le ministre de l’Intérieur menace les non-signataires
Enfin, sur l’article 10 menaçant les fédérations qui ne respectent la charte d’« exclusion de toutes les instances représentatives de l’islam de France », les termes sont « d’abord antidémocratiques laissant la possibilité à deux fédérations qui se mettraient d’accord d’entamer une procédure d’exclusion en se donnant la possibilité d’en définir le contenu ».

En outre, « donner le rôle de pilotage de la procédure contradictoire à la partie accusatrice, c’est-à-dire au deux fédérations qui ouvrent l’enquête et déterminent le contenu, est également antidémocratique et contraire au principe le plus élémentaire du droit qui est le respect du principe de ne pas être juge et partie en même temps dans une affaire ». Une exclusion des instances musulmanes, si elle devait être prononcée, « représente un esprit totalitaire inacceptable ».

« Nous formons le vœu que nos observations contribuerons à l’amélioration de cette charte, afin qu’elle puisse être reconnue et adoptée par tous », ont signifié le CCMTF, Milli Görüs et Foi & Pratique. Encore faut-il que leurs « observations » puissent être prises en compte par l’ensemble des fédérations signataires.
 

Islam de France : le non à la charte réaffirmé par trois fédérations au CFCM, elles s'en expliquent
 
La fracture au sein du CFCM est nette. En attendant une réaction officielle de la présidence de l’instance, Gérald Darmanin ne s’est pas privé d’avertir les non-signataires s’ils persistent dans leur refus de signer la charte. « Nous allons regarder particulièrement ce qui va se passer dans les lieux de culte qu’ils gèrent car nous n’aurons pas la main qui tremblent lorsque ceux-ci auront ici ou là des actions ou des paroles qui sont contre les valeurs de la République », a-t-il affirmé sur France Inter lundi 1er février.

Les fédérations devraient-elles être exclues du CFCM à terme ? Oui, pour le ministre. Il estime que l’Etat ne pourra « plus discuter » avec les fédérations « qui ne peuvent pas écrire sur un papier qu’ils sont parfaitement compatibles avec les lois de la République, que les lois de la République sont supérieures à la loi de Dieu ».

Or, ces fédérations ne sont pas les seules à s’opposer à la charte en France. Plusieurs mosquées de la région parisienne ont signé leur communiqué du jour signé par le trio. Ailleurs, en France, des responsables musulmans ont aussi fait savoir leur opposition à la signature de la charte, à l’instar du Conseil des mosquées du Rhône, présidé par la Grande Mosquée de Lyon.

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Avec « Frères de l’ombre », lumière…

LIVRES

 …sur l’histoire méconnue des tirailleurs sénégalais

Rédigé par  
 
Explorer l’histoire méconnue des tirailleurs sénégalais et mettre au jour, par extension, une des faces cachées de l’histoire coloniale française, voilà l’objectif du roman Frères de l’ombreécrit par la journaliste et rédactrice en chef du Courrier de l’Atlas Nadia Hatroubi-Safsaf. Cette fiction, ancrée dans un contexte historique bien réel, relate l’expérience de guerre de trois hommes : Issa, Ousmane et Djibril.

Le premier, arraché à son village natal du Sénégal et enrôlé de force par l’armée française pendant la Grande Guerre, sera victime d’une terrible injustice. Sa mort, entourée de mystères et de mensonges, poussera son fils, Ousmane, à se mettre en quête de la vérité qui l’amènera à rejoindre à son tour, mais volontairement, les rangs de l’armée française pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce qu’il découvrira marquera profondément le jeune homme ainsi que toute sa lignée.

A travers son roman, Nadia Hathroubi-Safsaf met en lumière le sort de milliers de soldats africains partis se battre, de gré mais aussi souvent de force, dans les rangs de l’armée française. Du centre-ville de Dakar jusqu’au fort de Douaumont à Verdun, l’ouvrage nous transporte au gré des soubresauts de l’Histoire.
 

Avec « Frères de l’ombre », lumière sur l'histoire méconnue des tirailleurs sénégalais
 
Mais ces voyages ne sont pas écrits pour inviter le lecteur à l’évasion. Au contraire, ils lui dévoilent une réalité enfouie, passée sous silence. Ainsi, en suivant les traces d’Issa, on découvre le drame des tirailleurs sénégalais « fusillés pour l’exemple » pendant « la Der des Ders » (ce que devait être la Première Guerre mondiale), ou encore le traitement injuste dont sont victimes ces soldats dans les coulisses de l’Empire colonial. C’est au travers d’Ousmane que l’on entrevoit par la suite, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, les affres de la discrimination puis, au moment de la Libération, l’épisode terrible du blanchiment des troupes coloniales malgré leur indéniable apport à la victoire contre le nazisme.

Soixante-deux ans plus tard, en 2007, le lecteur rencontre Djibril, son petit-fils. C’est précisément l’année où, lors de son discours à Dakar, Nicolas Sarkozy, alors chef de l’Etat, dira que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire ». Des mots qui sonneront comme un déni du sacrifice consenti par les tirailleurs sénégalais et de tous les indigènes morts pour la France.

A l’aune de cet évènement, Djibril, fervent partisan de la méritocratie, loin de s’intéresser aux blessures de son passé familial, devra s’y plonger et interroger son rôle dans la restauration d’une mémoire occultée. « Nous devons écrire nos histoires. (…) Tant que les lions n’auront pas leur propre histoire, l’histoire glorifie toujours le chasseur. Il me semble donc légitime que les enfants issues de l’immigration investissent le champ universitaire, les médias, les arts, pour porter plus loin leurs voix. (…) Il est important de se souvenir de l’effort et du sacrifice de ces hommes, venus de tout l’Empire colonial, afin de combattre pour l’amère patrie », lui lancera son amie universitaire Aissa, cherchant à créer dans l’esprit de son ami un sursaut de conscience.

Impossible de ne pas comprendre le message de l’écrivaine à la lecture de ce passage qui ne semble pas s’adresser qu’à Djibril. Par ces mots, Nadia Hathroubi-Safsaf invite le lecteur à mieux connaître et s’approprier l’histoire de France dans toutes ses facettes pour rétablir l’honneur de ceux qui sont trop longtemps restés les « frères de l’ombre ».
 
Présentation de l’éditeur
1917 – Fort de Douaumont. Dans une cellule sombre et humide, Issa, tirailleur sénégalais, attend la mort. Il fait partie de ceux que l’on a appelés « les fusillés pour l’exemple ».

1939 – Dakar. Ousmane, s’enrôle à son tour. Il espère en même temps en savoir davantage sur la mort de son père, Issa. Mais il est immédiatement entraîné dans la tourmente de la guerre où il s’illustrera à plusieurs reprises. Détenu dans un fronstalag, il réussit à s’évader avec deux autres tirailleurs pour trouver refuge chez des paysans où une idylle va naître, avant qu’ils ne rejoignent la Résistance. Après la prise du Vercors par les Allemands, Ousmane doit à nouveau fuir. Sans oublier sa quête : pourquoi son père a-t-il été fusillé ? Ce n’est que plus tard qu’il apprendra la vérité, loin de la version officielle.

2007 – Paris. Djibril parcourt la ville, d’hôpital en hôpital, à la recherche de son grand-père Ousmane, disparu. Une piste à laquelle il n’aurait jamais pensé va s’ouvrir. Et c’est tout un pan méconnu de l’histoire familiale qui va se dévoiler. Il aura alors à cœur de rétablir l’honneur de son arrière-grand-père comme de corriger les erreurs du passé.
 
L’auteure
Après Ce sont nos frères et leurs enfants sont nos enfants (Prix Les voix de la Paix 2017), consacré à ces résistants algériens qui ont sauvé des enfants juifs lors de la rafle du Vél’ d’Hiv’, l’auteure continue d’explorer les pages méconnues de l’Histoire. Rédactrice en chef du Courrier de l’Atlas, Nadia Hathroubi-Safsaf publie ici son cinquième ouvrage.
 

Nadia Hathroubi-Safsaf, Frères de l’ombre, Zellige, juillet 2020, 176 pages, 20 €

Ramadan 2021 face au Covid-19…

 …ce qu’il faut savoir sur le mois de jeûne en 12 questions

Rédigé par Lina Farelli 

Le mois du Ramadan, constitutif des cinq piliers de l’islam, fait son retour, à l’heure où la pandémie de la Covid-19 demeure toujours une source de grandes préoccupations en France et dans le monde. Que savoir de ce mois béni, de ses dates, de ses obligations et de ses interdits ? Qu’est-ce que la crise sanitaire implique pour les musulmans ? La contamination au nouveau coronavirus et la vaccination sont-elles compatibles avec le jeûne ? Nos réponses en 12 questions pour connaître l’essentiel.

1/ Qu’est-ce-que le Ramadan ?

Le Ramadan, neuvième mois du calendrier hégirien (musulman), est un mois béni – et non sacré – durant lequel le Coran a été révélé au Prophète Muhammad par l’archange Gabriel. Le jeûne de ce mois est ordonné aux musulmans en ces termes dans le livre sacré : « Ô vous qui croyez ! Le jeûne vous est prescrit comme il a été prescrit à ceux qui vous ont précédés. Peut-être serez-vous pieux ? » (Sourate 2, verset 183)

Le jeûne vient remémorer aux musulmans cette révélation mais aussi purifier son corps et son âme. Le Ramadan est une également occasion de se rapprocher de Dieu et de se soucier du sort des plus démunis.

Lire aussi : Ces mois sacrés du calendrier islamique dont le Ramadan ne fait pas partie
 
2/ Pourquoi les dates du Ramadan changent-ils d’une année sur l’autre ?
Le calendrier islamique est un calendrier lunaire, fondé sur les rotations de la Lune autour de la Terre. Le calendrier chrétien (ou grégorien) est fondé sur la révolution de la Terre autour du Soleil. Ainsi, l’année chrétienne compte 365 jours et un quart de jour tandis que l’année musulmane compte 12 mois, dont chacun varie entre 29 et 30 jours. De ce fait, chaque année, le mois de Ramadan commence 11 jours plus tôt que l’année précédente, par rapport au calendrier chrétien qui est d’usage en France. Cette année, l’année 1442 de l’Hégire a débuté le 20 août 2020.
 
3/ Comment sont déterminées les dates du jeûne ?
Suivant le calendrier musulman, le mois du Ramadan est précédé du mois de Chaabane et est suivi du mois de Chawwal. Traditionnellement, le début du Ramadan est déterminé par l’apparition du croissant lunaire le 29e jour au soir de Chaabane.

Il est toutefois possible que des conditions météorologiques empêchent l’apparition du croissant lunaire. Dans ce cas, le Prophète recommande de compléter le mois de sorte à ce qu’il compte 30 jours : « Jeûnez dès que vous voyez le croissant et rompez le jeûne dès que vous le revoyez. Mais s’il se cache à vos regards, que Chaabane soit de 30 jours. » Le jour qui suit est considéré de facto le premier jour du Ramadan. Il en va de même pour la détermination du dernier jour du jeûne et, en conséquence, de l’Aïd al-Fitr.

Les connaissances en astronomie ayant considérablement évolué depuis l’avènement de l’islam, il est scientifiquement possible de connaître le début et la fin de chaque mois lunaire quel que soit l’état du ciel en avance, et ce même pour les prochaines années.

Lire aussi : Début et fin du mois du Ramadan : vers un inévitable calendrier unificateur ?
 
4/ A quelles dates débute et finit le mois du Ramadan cette année ?
Le calendrier musulman unifié fondé sur les calculs annonce un mois de jeûne étalé sur 30 jours avec un début du Ramadan 1442/2021 fixé au mardi 13 avril et une fin fixée au mercredi 12 mai. L’Aïd al-Fitr, correspondant au 1er jour de Chawwal, est prévu pour jeudi 13 mai.

Cette année, le Conseil français du culte musulman (CFCM), en pleine crise, a décidé d’annoncer les dates en avance, voici pourquoi. La Grande Mosquée de Paris, avec d’autres fédérations musulmanes, a fait le choix de faire une annonce solennelle lors de la Nuit de la doutedimanche 11 avril.

Tout savoir sur les dates de début et de fin du Ramadan ici
 

5/ Qui peut être exempté de jeûne ?
L’observance du mois du Ramadan est obligatoire pour toute personne, hommes et femmes pubères en pleine possession de leurs moyens physiques. Ce jeûne n’est ainsi pas obligatoire pour les enfants de même que pour les personnes en mauvaise santé et souffrantes de maladies chroniques. Il leur est même recommandé de ne pas jeûner, la préservation de la santé étant une obligation en islam.

En ce sens, le Ramadan n’est pas non plus obligatoire pour les femmes enceintes et celles qui allaitent. Celles qui ont les menstrues et les lochies (les saignements après l’accouchement) en sont aussi dispensées. Les voyageurs peuvent aussi s’autoriser à ne pas jeûner.

Toutefois, les jours non effectués doivent être rattrapés, idéalement dans l’année. Pour ceux et celles qui sont dans l’incapacité de le faire, il conviendra de nourrir un pauvre par jour non jeûné ou de donner l’équivalent en argent.
 
6/ La dispense peut-elle s’appliquer aux personnes contaminées par le Covid-19 ?
La crise sanitaire liée au nouveau coronavirus n’implique pas en soi la possibilité pour les musulmans de reporter le jeûne du mois du Ramadan, estiment les autorités religieuses musulmanes.

Quid des personnes atteintes du Covid-19 ? Sur la base du principe édicté plus haut, la dispense s’applique à toute personne qui n’a pas les capacités physiques de jeûner ou pour qui le jeûne peut avoir des conséquences néfastes sur la santé. Le Covid-19 est une maladie qui renferme encore bien des mystères, bien que les progrès scientifiques ont été réalisés en un an. Aller consulter un médecin est primordial ; c’est lui qui saura le mieux conseiller ses patients.

Le jeûne du Ramadan, une pratique compatible avec le Covid-19 ? Une médecin répond à vos questions

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7/ Quelles sont les principales obligations et interdits du Ramadan ?
Chaque musulman est appelé à ne pas boire ni manger de l’aube (et non du lever du soleil)jusqu’au coucher du soleil. Il ne lui est pas non plus permis de fumer et d’avoir des relations sexuelles durant ce laps de temps. Comme le reste de l’année, il doit adopter un bon comportement et multiplier les bonnes actions.

Pour parachever le mois du Ramadan, il lui faudra s’acquitter de la zakat al-fitr, une aumône due par le chef de famille pour chaque personne qui compose son foyer, dès lors qu’il en a les moyens.
 
8/ Peut-on se faire vacciner en pleine période de jeûne ?
Le mois du Ramadan fait son retour à l’heure où les campagnes vaccinales battent leur plein à travers le monde. Face aux inquiétudes, les autorités musulmanes sont unanimes : il est possible de se faire vacciner pendant le jeûne. A noter toutefois que s’il s’avère nécessaire de rompre son jeûne après l’injection, il ne faut pas hésiter à le faire pour éviter tout malaise.

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9/ Quelles sont les obligations liées à la crise sanitaire à respecter en France ?
Le gouvernement français a décrété depuis le 3 avril, et pendant quatre semaines minimum, une série de mesures restrictives à la population, impliquant, entre autres, une forte limitation des déplacements et des rassemblements religieux et familiaux. En France métropolitaine, le confinement s’applique de 6h à 19h, et le couvre-feu de 19h et 6h du matin.

Les lieux de culte sont ouverts en journée selon les protocoles sanitaires en vigueur mais, couvre-feu oblige, les prières du soir ainsi que les prières nocturnes du tarawih, spécifiques au mois du Ramadan, sont impossibles à organiser dans les mosquées. Les musulmans sont appelés, par une large majorité des responsables musulmans, à prier chez eux et à rompre le jeûne uniquement avec les membres de leur foyer.

Des rites et des habitudes sont bouleversés mais le confinement n’empêche les fidèles de vivre avec sérénité, voire même avec intensité, le mois du jeûne. Des mosquées et des associations mettent en place un service en ligne afin de maintenir le lien avec leurs fidèles durant la période de confinement.

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10/ Qu’est-ce-que la nuit du Destin ?

La nuit du Destin (ou Laylat-Al-Qadr) est, selon la tradition musulmane, la nuit du décret Divin : c’est au cours de cette nuit que Dieu décrétera tout ce qui arrivera l’année suivante.

Cette nuit, durant laquelle le Coran a été révélé, survient au cours d’une des nuits impaires des dix derniers jours du mois de Ramadan, à savoir la nuit dont le lendemain correspond au 21, 23, 25, 27 ou 29 du Ramadan. Des savants musulmans affirment que la nuit du Destin se situe plus précisément la nuit du 26 au 27e jour du mois du Ramadan.

Lire aussi : Ramadan : ce qu’il faut savoir sur la nuit du Destin (Laylat al-Qadr) en sept questions
 
11/ A combien s’élève la zakat al-fitr ?
La zakat al-fitr est fixée par les organisations musulmanes en France à 7 € par personne depuis 2018, une aumône due par le chef de famille pour chaque personne qui compose son foyer, dès lors qu’il en a les moyens.

En parallèle de la zakat al-fitr, les personnes n’ayant pu effectuer le jeûne pour des raisons considérées comme valables en islam et qui ne peuvent rattraper les jours par la suite sont appelés à payer la fidya, un don compensatoire (nourrir un pauvre ou l’équivalent en argent par jour manqué).

Les personnes ayant choisi de ne pas jeûner ou de rompre délibérément leur jeûne devront, en plus de rattraper les jours de jeûne ratés, s’acquitter de la kaffara, un don expiatoire (nourrir 60 pauvres ou l’équivalent en argent par jour manqué). A défaut, elles devront jeûner durant deux mois consécutifs.
 
12/ Quand et à qui faut-il verser la zakat al-fitr ?
L’aumône du Ramadan doit être versée avant la prière de l’Aïd al-Fitr. Elle peut être payée dès le premier jour du mois afin de faciliter son acheminement et sa redistribution. La zakat al-fitr est destinée par ordre de priorité aux pauvres à proximité, puis aux plus éloignés. Pour cela, elle peut être confiée à une mosquée qui se charge ensuite de la redistribuer ou être versée à une association humanitaire de son choix.

Le confinement ayant entraîné la fermeture des mosquées, plusieurs d’entre elles ont mis en place des solutions en ligne pour permettre la collecte de fonds. Les fidèles habitués à donner leur zakat al-fitr aux mosquées devront donc se renseigner auprès de leur lieu de culte ou bien rediriger leur aumône vers des ONG.

Savoie : La justice oblige un maire à…

 …autoriser une école musulmane de l’association Millî Görüs

EDUCATION La mairie d’Alvertville a deux semaines pour délivrer le permis de construire d’une école primaire privée musulmane

 
Un palais de justice. (illustration)
Un palais de justice. (illustration) — SEBASTIEN BOZON / AFP

Le tribunal administratif de Grenoble a obligé le maire d’Albertville (Savoie) à autoriser la construction d’une école primaire privée à l’initiative de la Confédération islamique Millî Görüs (CIMG), proche de la Turquie, a-t-on appris vendredi.

La décision rendue mardi annule le refus du permis de construire, qui avait été déposé en 2019 par l’association pour implanter une école de 400 élèves dans cette ville d’environ 20.000 habitants.

Deux mois pour délivrer le permis de construire

Le tribunal a estimé que les motifs avancés par la mairie, portant notamment sur les places de stationnement, n’étaient pas recevables. Il donne deux mois à cette dernière pour délivrer le permis de construire.

Dans une tribune publiée vendredi par Le Figaro, le maire (sans étiquette) Frédéric Burnier-Framboret, regrette vivement cette décision, dont il pense faire appel. Il se dit « démuni » pour « contrer l’installation d’associations ou d’entreprises pilotées par des puissances étrangères, qui favorisent une cristallisation identitaire au cœur de nos territoires ». Le recours au Code de l’urbanisme était « le seul moyen législatif » à sa disposition pour s’opposer à la construction de cette école, a-t-il fait valoir auprès de l’AFP.

L’association également à l’origine du projet de mosquée à Strasbourg

Avec le projet d’accueillir 400 élèves, l’établissement serait « de nature à mettre en péril les classes, voire les écoles » d’Albertville, qui en accueillent aujourd’hui environ 1.200. Un projet de moindre envergure « aurait pu être discuté » mais l’édile dit avoir reçu « une fin de non-recevoir » de la CIMG.

Cette association est aussi à l’origine d’un projet de mosquée à Strasbourg, pour laquelle la municipalité écologiste a voté le 22 mars le « principe » d’une subvention de plus de 2,5 millions d’euros, s’attirant de très vives critiques du gouvernement. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait dénoncé « une fédération qui a refusé de signer la charte des principes de l’islam de France et qui défend un islam politique ».

Jeudi, lors de l’examen du projet de loi sur le séparatisme, le Sénat a voté un amendement du gouvernement qui prévoit d’obliger les collectivités à informer le préfet, trois mois au préalable, avant toute subvention pour la construction d’un lieu de culte. L’école en projet à Albertville « ne peut qu’inciter au communautarisme », estime le maire. Il précise qu’elle s’installerait à côté d’une mosquée gérée par l’antenne locale de CIMG, avec laquelle il assure avoir « de bonnes relations ».

Les propos du maire sont « aussi tendancieux qu’inexacts », a rétorqué Fatih Sarikir, président de CIMG France, dans un communiqué transmis vendredi soir. L’école qu’il souhaite construire « ne sera ni « islamiste » ni « turque » » mais « une école confessionnelle hors contrat comme il y en a déjà tant en France, la plupart catholiques ou juives », ajoute-t-il en espérant que son établissement pourra passer sous contrat après le délai légal de cinq ans. Le responsable balaie l’argument de la concurrence scolaire, sauf à vouloir « fermer toutes les écoles privées », et dénonce, derrière le « prétexte » du stationnement pour bloquer son projet, « l’hypocrisie » de Frédéric Burnier-Framboret et « son obsession avec nos origines ».