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Marlène Schiappa dresse les contours de son ministère dédié à la Citoyenneté

« Un ministère de combat »

« Celui de la défense des valeurs républicaines contre tous les coups de canifs dans le pacte républicain ». C’est en ces termes que Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté, a présenté les contours de son nouveau portefeuille, inédit, place Beauvau, en présence de son ministre de tutelle, Gérald Darmanin.

Enjeu au « cœur des priorités » présidentielles pour les mois à venir, Marlène Schiappa a indiqué, en guise de préambule à son discours de présentation des objectifs de son nouveau ministère lundi 31 août, que la citoyenneté est « le creuset de nos libertés, de nos droits et de nos devoirs et, en cela, elle tisse un lien indéfectible entre les individus ». A ses yeux, cette valeur est devenue « une réalité incertaine » pour beaucoup de Français, notant par là la nécessité de lui donner un nouvel élan. Son portefeuille vise donc à « faire vivre les valeurs de la République » et à « incarner la République qui protège ».

Laïcité, lutte contre la radicalisation et les dérives sectaires, modernisation du droit d’asile… son ministère, crée en juillet lors du dernier remaniement ministériel, sera au centre de bon nombre d’enjeux, tous supervisés par Gérard Darmanin. Le ministre de l’Intérieur, qui a souligné le « sens politique » de Marlène Schiappa, était présent aux côtés de l’ex-secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes lors d’une conférence de presse visant à « montrer combien l’action qu’elle mène est d’une extrême importance pour le Premier ministre et le président de la République ».

Premier cheval de bataille du gouvernement, le respect d’une laïcité « sans qualificatif, ni essentialisation », correspondant à celle établie par la loi de 1905 et « qui garantit la liberté de conscience et la séparation des églises et de l’Etat », a fait savoir la ministre déléguée à la Citoyenneté, qui avait chapeauté une mission laïcité en 2019 au sein de La République en Marche (LREM).

En ce sens, elle entend présenter « prochainement » – « d’ici à la fin de l’année », a-t-elle précisé au JDD– un projet de loi destiné « à conforter la laïcité dans la République et à lutter contre les séparatismes ». En demeurant flou à ce stade sur les objectifs précis du texte tant attendu, Marlène Schiappa a tout de même affirmé la volonté du ministère de renforcer le contrôle à travers les cellules départementales de lutte contre l’islamisme et le repli communautaire.

La lutte contre la radicalisation en ligne de mire

Prévenir la radicalisation, en particulier chez les jeunes, est également l’une des priorités du ministère. De fait, Marlène Schiappa et Gérard Darmanin comptent travailler de concert pour « redynamiser » les cellules de prévention de la radicalisation et d’accompagnement des familles (CPRAF) qui, en 2019, ont accompagné 7 000 familles et pris en charge 2 500 personnes, dont 55 mineurs et 40 % de femmes. Elle peut, à ce titre, compter sur Frédéric Rose : celui qui fut jusque récemment secrétaire général du Comité interministériel pour la prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR) a été nommé en juillet directeur de cabinet de l’ex-secrétaire d’Etat.

Pour « aller vers les publics les plus fragiles et lutter contre l’emprise des déviances sectaires », il a en outre été rappelé par la nouvelle ministre que la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) est désormais rattachée au ministère de l’Intérieur. C’est en effet le cas par décret du 15 juillet qui lie l’organisme non plus à Matignon mais au CIPDR.

Marlène Schiappa a, par ailleurs, affirmé vouloir améliorer l’accompagnement des détenus radicalisés sortant de prison aussi bien sur les plans médical, social que professionnel. Les enfants revenant de Syrie, « pas coupables des crimes de leurs parents » mais soumis « à une violence extrême », bénéficieront eux aussi d’un suivi particulier afin de les intégrer au mieux dans la République.

Lutter contre « l’ensauvagement »

Lors de son allocution Place Beauvau, Marlène Schiappa a dit vouloir assurer « une cohésion nationale et lutter contre la délinquance en marchant sur deux jambes : une préventive et une répressive ». Elle souhaite ainsi empêcher les « initiatives antirépublicaines » en soutenant, entre autres, la prolongation de l’opération Quartiers d’été 2020, un dispositif du ministère de la Cohésion des territoires voué à consolider les activités et les services de proximité auprès des familles des quartiers prioritaires.

La lutte contre les « violences gratuites » figure aussi parmi les priorités. La ministre déléguée à la Citoyenneté a ainsi annoncé qu’elle présentera prochainement sa nouvelle « stratégie de prévention de la délinquance 2020-2024 » pour empêcher « l’ensauvagement de la société ». Un élément de langage très marqué à droite, prisé de son ministre de tutelle, et qu’elle reprend donc à son compte sans sourciller. « Je crois qu’il (Gérald Darmanin) a tout à fait raison de l’utiliser et ça ne me dérangerait pas de l’utiliser non plus », avait-elle déclaré plus tôt dans la matinée du lundi sur France Inter.

Le directeur général de la Police nationale, Frédéric Veaux, lui a emboîté le pas en annonçant une extension des Groupes de partenariats opérationnels (GPO) au sein de la police de proximité pour faire barrage notamment « aux trafics de stupéfiants et à une économie souterraine », précise le haut fonctionnaire.

Marlène Schiappa sera également en charge de la rénovation du droit d’asile, un enjeu important en matière d’intégration. A ce titre, elle entend « valoriser les modèles d’intégration », de même que « les modèles de réussite républicaine ». « Devenir Français ne doit plus être un simple bout de papier, mais un acte solennel qui marque leur entrée physique et symbolique dans notre République », a-t-elle signifié.

Enfin, la protection des femmes face aux violences mais aussi la lutte contre l’insécurité routière font aussi partie de ses attributions. D’aucuns diront qu’il s’agit d’un ministère fourre-tout. Mais ses proches l’ont assuré en juillet : de par les sujets régaliens dont elle est aussi officiellement en charge, sa nomination Place Beauvau est « une véritable promotion ».

La ligne de conduite générale de Marlène Schiappa ? « Redonner un souffle à la citoyenneté et en refaire le ciment de notre République », a-t-elle déclamé, faisant valoir sa détermination à incarner « un ministère de combat », « celui de la défense des valeurs républicaines contre tous les coups de canifs dans le pacte républicain ».