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Archives mensuelles : mai 2020

Les vieux face au Covid-19

Un rappel énergique du secrétaire général de l’ONU

Une dépêche des Nations-Unies nous a récemment appris que le Secrétaire Général des Nations-Unies, M. Antonio GUTERRES, avait publié le 1er mai dernier une note d’orientation contenant des analyses et des recommandations pour faire face aux défis auxquels sont confrontées les personnes âgées, notamment le taux de mortalité élevé parmi elles en raison de la pandémie de COVID-19. Voici les quatre messages du Chef de l’ONU à cet égard :

1- Personne, jeune ou vieux, n’est sacrifiable. Les personnes âgées ont les mêmes droits à la vie et à la santé que tout le monde. Les décisions difficiles concernant les soins médicaux vitaux doivent respecter les droits de l’homme et la dignité de tous.

2- Bien que le détachement physique soit crucial, il ne faut pas oublier que le monde est une communauté et que tout le monde est connecté. Un meilleur soutien social et des efforts plus intelligents sont nécessaires pour atteindre les personnes âgées grâce à la technologie numérique. Cela est vital s’ils veulent faire face à la grande souffrance et à l’isolement créés par les blocages et autres restrictions.

3- Troisièmement, toutes les réponses sociales, économiques et humanitaires doivent prendre en compte les besoins des personnes âgées, de la couverture médicale universelle à la protection sociale, au travail décent et aux pensions. La plupart de ces personnes sont des femmes, qui sont plus susceptibles de vivre dans la pauvreté et n’ont pas accès aux soins de santé.

4- Le monde ne devrait pas “traiter les personnes âgées comme des êtres invisibles ou impuissants” voir 1. De nombreuses personnes âgées continuent à travailler, à mener une vie familiale active et à s’occuper de leurs proches. “Leur voix et leur leadership comptent”.

Cette admonestation simple, brève et complète sonne comme un rappel utile et pressant aux actifs, dont ceux qui nous gouvernent, à manifester plus de considération et d’empathie pour le sort des anciens qui, en EHPAD ou ailleurs, demeurent quand même – et tant qu’ils sont vivants – le plus souvent leurs pères et leurs mères. On aimerait qu’à l’instar de l’admirable discours de la Reine d’Angleterre du 5 avril dernier, ce sobre rappel fasse désormais partie des lectures favorites de notre Président comme de tous ses ministres et de nos hauts fonctionnaires et même – pourquoi pas ? – qu’ensemble ils donnent sans tarder au peuple l’impression qu’ils ont enfin compris le message. En effet, on a beaucoup de peine à croire que le scandale du “débranchement prolongé” cyniquement imposé pendant plusieurs semaines aux EHPAD sévèrement coupés de l’hôpital public (cf. notamment le site de Médiapart) et allant jusqu’à manquer des sédatifs appropriés respecte bien le serment d’Hippocrate et que son résultat désastreux ne relève pas – moralement au moins – de la non-assistance à personne en danger. Or,

– si on y ajoute les horreurs que les personnes âgées ont pu ces derniers temps et sans plus de circonspection entendre débiter sur leur compte à longueur d’émissions ou d’interviews par des gens pour qui l’espérance de vie des anciens se résumait à des statistiques impitoyables et à une longue liste de “comorbidités”. Et à vrai dire en passant d’un plateau à l’autre, où la plupart des sommités conviées déployaient tout autant leur ego que leurs contradictions, on n’a pas eu le sentiment que le sens de l’humain, ni l’impératif relationnel par rapport au malade et à sa famille, fassent bien partie des enseignements majeurs de la médecine moderne.

– si on dénonce le caractère scandaleux et intolérable de pratiques funéraires dévoyées qui infligeaient aux survivants des EHPADS enfermés à clef dans leurs chambres le miaulement sinistre de la visseuse fermant dans la chambre d’à côté la bière de leur ancien voisin (cf. l’édifiant témoignage de Léa, infirmière en EHPAD) et après lequel vous ne pourrez plus voir du tout cette crise comme la plupart des médias dominants ont osé vous la présenter) ;

– si enfin on conteste la présomption de culpabilité, dont on commence à vouloir un peu trop facilement charger par avance nos aînés en cas d’échec du déconfinement en cours,

on se dit que le rappel solennel du Secrétaire Général de l’ONU était devenu indispensable et qu’il avait directement à voir avec la grande déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen que nos pères ont écrite. Mais cette fois-ci, quelle honte : ce sont leurs fils, ceux qui à tout bout de champ n’ont de cesse de brandir leurs fameuses “valeurs”, qui bafouent sans vergogne les droits de l’Homme. Avec en plus la circonstance aggravante que la quasi-totalité des associations “droits de l’hommistes” avaient cette fois visiblement décidé de baisser le rideau, en espérant que ces droits s’éteindraient sans bruit avec leurs titulaires.

Indiscutablement, les quatre recommandations de M. GUTTERES sont donc opportunes et bienvenues. Après tous les mensonges qu’ils ont égrenés sur la prétendue disponibilité des masques, nos gouvernants pourraient même y saisir l’occasion de faire amende honorable au profit des prochains héros du confinement à durée indéterminée. Pourquoi donc ne pas opérer en faveur de nos anciens qui ne peuvent pas se déplacer, lourdement handicapés, et à raison de leur grande vulnérabilité, la distribution immédiate, gratuite, sans condition, au domicile et sans autre forme de procès de quelques masques bienvenus, dont malheureusement la plupart des pharmacies continuent à être dépourvues ? Mais, on le sait, il n’est évidemment pas question pour le pouvoir de prendre à la légère une initiative aussi lourde de conséquences, sans en débattre longuement avec les ineffables ARS (Agences Régionales de Santé), dont tout au long de cette crise tout le monde a pu – et jusque dans le soin méticuleux apporté au coloriage hésitant des premières cartes de France – apprécier le sérieux, la cohérence, la rigueur et l’agilité.

Non, non, ne toussez pas. Actuellement, c’est mal vu !

1 – On remarquera que cette recommandation rejoint le combat que nous menons sans répit dans ces colonnes depuis plusieurs années, afin que les 17 millions de retraités accèdent enfin à une véritable représentation officielle au sein tant des diverses instances publiques dédiées aux retraites (notamment Conseil d’Orientation des Retraites, Comité de Suivi des Retraites et accessoirement aussi Conseil Économique, Social et Environnemental), que de toutes les Caisses de retraites qui calculent et gèrent leurs droits. S’il ne veut pas continuer indignement à “traiter les personnes âgées comme des êtres invisibles ou impuissants” en violation d’ailleurs de l’article 21 de la Charte Européenne des Droits de l’Homme, le pouvoir se doit en effet d’admettre les retraités comme le troisième partenaire social des retraites. Et il est tenu à ce titre de leur conférer les mêmes droits de représentation et de négociation qu’aux deux autres “partenaires” traditionnels, lesquels aujourd’hui se réservent abusivement le monopole d’une double représentation des seuls actifs, via les syndicats de salariés et les organisations d’employeurs. Mais si, lors du dernier débat sur la réforme des retraites, cette proposition de justice et de bon sens portée par le Mouvement National de Défense des Retraités a réussi à mobiliser les amendements de 68 députés convaincus, elle a laissé de marbre un Gouvernement, dont le courage en matière de démocratie sociale ne va pas jusqu’à risquer de froisser ses interlocuteurs attitrés !

Sans bruit, Daech ressurgit

Les djihadistes intensifient leurs attaques, profitant du retrait des forces de la coalition en raison de la pandémie.

Donald Trump a beau annoncer la fin de l’organisation État islamique (EI), le monde n’en a pas fini avec le groupe djihadiste. Près d’un an après la chute de Baghouz, le dernier réduit appartenant à l’EI en Syrie, les soldats du califat représentent toujours un « risque significatif » pour les 500 forces américaines encore présentes sur place. Voilà le constat dressé par Sean O’Donnel, inspecteur général du Pentagone, à l’occasion de la publication du rapport trimestriel de la coalition internationale antidjihadiste en Syrie et en Irak. D’après le responsable américain, la menace proviendrait avant tout des prisonniers djihadistes détenus dans des prisons du nord-est de la Syrie par les Forces démocratiques syriennes (SDF) à dominante kurde, ainsi que des familles de combattants rassemblées dans des camps de déplacés dans la même région.

Il y a une semaine à peine, le Centre d’analyse du terrorisme (CAT), révélait que 13 femmes djihadistes de nationalité française s’étaient évadées des camps d’al-Hol et d’Aïn Hissa, parmi lesquelles Hayat Boumeddienne, la femme d’Amedy Coulibaly, l’auteur de la prise d’otages de l’Hyper Cacher de Paris, en janvier 2015, qui avait fait cinq morts (trois clients, un employé, le terroriste). « Treize femmes, soit 10 % des djihadistes françaises, qui n’ont en rien renoncé à leur idéologie se retrouvent aujourd’hui dans la nature », souligne Jean-Charles-Brisard le président du CAT, qui dénombre au total 120 Françaises détenues en Syrie. « Ces évadées ne bénéficient pas de réseaux organisés d’exfiltration, mais individuels et familiaux, ajoute-t-il. Elles bénéficient du fait que les autorités kurdes se montrent incapables d’assurer la sécurité de ces camps, qui sont en réalité des enceintes à ciel ouvert où les prisonniers ne font qu’attendre. »

Au total, près de 100 000 déplacés sont regroupés dans une dizaine de camps situés dans le nord-est de la Syrie, dont 12 000 étrangers – 4 000 femmes et 8 000 enfants – membres de familles de djihadistes. Quant aux prisonniers, ils sont environ 12 000 djihadistes, dont 2 500 à 3 000 étrangers (parmi lesquels 60 Français), répartis dans une vingtaine de prisons. Dans un message vidéo rendu public en septembre 2019, soit un mois avant sa mort, Abou Bakr Al-Baghdadi, l’ex-leader de Daesh appelait ses partisans à « forcer les murailles des prisons » pour les libérer. Un mois plus tard, une centaine de détenus djihadistes profitaient du chaos provoqué par l’intervention de la Turquie contre les SDF pour s’évader. 

« Le risque de dispersion des détenus, dont certains souhaitent rentrer clandestinement en France, est aujourd’hui devenu une réalité », souligne Jean-Charles Brisard.

Pour l’heure, la France refuse de rapatrier ses prisonniers, n’acceptant le retour « au cas par cas » que de quelques enfants isolés ou orphelins (ils sont au total plus de 250 enfants français emprisonnés en Syrie, NDLR). Face à une opinion publique majoritairement hostile au retour des djihadistes français, Paris a opté en janvier 2019 pour le discret transfert de 11 combattants de l’EI en Irak, où ils ont été condamnés à mort par la justice irakienne. Depuis, Bagdad n’accepte plus aucun prisonnier français. Quant aux forces kurdes de Syrie, face au refus des chancelleries occidentales de prendre en charge leurs ressortissants, elles se sont résolues à l’idée de les juger sur place.

Or la situation à l’intérieur des camps est d’autant plus critique que les conditions sanitaires, déjà sommaires, s’y sont brutalement dégradées après que le principal axe d’acheminement de l’aide humanitaire à la frontière irako-syrienne a été coupé au mois de janvier, la Russie s’étant opposée au renouvellement d’une résolution de l’ONU l’autorisant. Depuis, au moins deux mutineries ont éclaté en mars et en mai dans la prison de Ghouiran, qui abrite 5 000 prisonniers dans la ville de Hassaké. D’après le rapport trimestriel de la coalition internationale anti-EI, il existe aujourd’hui un « risque d’évasion massive » des détenus djihadistes.

Mais la menace Daech s’exerce d’ores et déjà à l’extérieur des prisons. Profitant de la pandémie de Covid-19, l’organisation djihadiste a sensiblement accru ses attentats sur les territoires syrien et irakien, où elle avait autrefois proclamé son « califat ». En Syrie, le groupe, qui possède toujours des cellules dans le vaste désert situé entre les provinces de Homs (ouest) de Deir ez-Zor (est), serait responsable d’au moins 33 attaques à l’engin explosif improvisé (IED), selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme. Survenues dans le nord et l’est du pays, elles étaient principalement dirigées contre l’armée syrienne et les forces kurdes. Or ces dernières ont suspendu leurs opérations contre l’EI pour se concentrer sur la lutte contre le coronavirus, indique le rapport américain. Officiellement, le nord-est de la Syrie a été relativement épargné par le virus, qui n’aurait fait qu’une poignée de victimes. 

Les attaques de Daech se sont également multipliées depuis le mois d’avril dans l’Irak voisin. Explosions d’IED en bord de route, tirs contre des convois de police, de soldats irakiens ou de miliciens chiites, et assassinat de représentants de l’État, les djihadistes ont frappé dans les provinces de Salaheddine, de Kirkouk, et de Diyala, au nord de Bagdad. « Nous assistons à un changement au niveau qualitatif des attaques menées par l’EI en Irak », explique Sam Heller, analyste indépendant conseiller à l’International Crisis Group. « Alors que le groupe privilégiait auparavant le combat asymétrique, il est désormais également engagé dans des attaques plus soutenues et directes contre les forces de sécurité irakiennes. »

James Jeffrey, l’envoyé spécial des États-Unis pour la coalition internationale contre Daech, affirme que le groupe djihadiste reste une menace en tant qu’ organisation « terroriste insurgée, avec quelque 14 000 à 18 000 terroristes entre la Syrie et l’Irak ». Mais le commandement central américain l’assure : Daech n’est « pas de retour ». Réfugiés dans les vastes provinces désertiques d’Al-Anbar et de Ninive, à la frontière avec la Syrie, les soldats du califat profitent clairement du vide sécuritaire créé par la pandémie, qui a fait au moins 169 morts en Irak : les forces irakiennes sont davantage occupées à la mise en œuvre du confinement, et les troupes de la coalition internationale anti-Daech se sont tout bonnement retirées du pays.

« Le départ de formateurs de la coalition internationale n’aura pas d’effet à court terme sur la lutte contre l’EI », souligne toutefois Sam Heller. « Mais il n’est pas impossible que les djihadistes aient pris leur décision en se basant sur cette nouvelle donne. » Le 19 mars, dans un édito intitulé « Le pire cauchemar des Croisés » et publié dans sa newsletter hebdomadaire Al-Naba, Daech a invité ses partisans à profiter de la pandémie pour frapper l’ennemi.

Algérie : le casse-tête de l’Aïd el-Fitr durant la pandémie

Les autorités ont failli imposer un confinement total à l’occasion de la fête qui célèbre la fin du ramadan.

Ce n’est pas à proprement parler un marché, mais c’est tout comme. Dès la fin de la matinée, ce rond-point au quartier de Hussein-Dey bouchonne et des dizaines de véhicules s’agglutinent autour des vendeurs de fruits et légumes à la sauvette debout sur le plateau de leurs camionnettes.

Les prix sont moins chers car les pommes de terre et les nouvelles cerises proviennent directement des producteurs de ce qui reste de la ceinture verte d’Alger. « Trop, trop de monde, et la police qui regarde ça sans bouger », s’insurge Fadhéla, la soixantaine, qui a choisi un keffieh aux couleurs palestiniennes comme protection sur son visage. Cette femme au foyer, mère de quatre jeunes hommes, dit ne pas comprendre que les autorités laissent se rassembler une telle foule. La plupart des clients portent effectivement un masque, les vendeurs font semblant d’en porter un, rattaché aux oreilles mais pendant sous leur menton, mais n’ont pas l’impression d’avoir entendu parler de distanciation sociale.

Ainsi se profile l’ambiance de plusieurs rues et ruelles dans les quartiers populaires d’Alger et de sa proche périphérie. À l’approche de la fête de l’Aïd el-Fitr le 24 mai, marquant la fin du ramadan, le rythme des achats s’accélère. Traditionnellement, les familles préparent les gâteaux et se ruent sur les magasins de vêtements pour enfants qui arboreront leurs plus beaux habits pour la fête qui durera deux jours.

Surtout, c’est aussi l’occasion de se rendre visite, des embrassades et des pardons échangés ; la coutume impose aussi de se rendre le premier jour de l’Aïd au cimetière pour prier sur la tombe des proches défunts ou encore de célébrer les nouveaux enfants circoncis lors des derniers jours du mois sacré.

Une fête de convivialité boulimique en gâteaux très sucrés… et un cauchemar pour les autorités en ces temps de pandémie.

Le vendredi 15 mai, le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a révélé   que le Comité scientifique a recommandé au Premier ministre Abdelaziz Djerad de décréter un confinement total dans tout le pays, pour la fin du ramadan et la fête de l’Aïd. Selon le ministre de la Santé « l’Aïd el-Fitr est une occasion de regroupement familial et de possibilité de contagion, c’est aussi une occasion pour les visites familiales et aux cimetières (…) Je pense qu’il faut absolument qu’on mette tous les moyens pour éviter les rencontres et les regroupements. D’ailleurs, nous avons une expérience, tous les cas que nous avons eu à suivre, c’était à l’occasion des fêtes comme à Blida, Médéa ». L’officiel a aussi prévenu contre les circoncisions collectives qui « sont susceptibles d’aller à l’encontre du renforcement des mesures que nous souhaitons prendre pour protéger la population ».

C’est la même inquiétude qu’exprime le professeur Madjid Tabti, chef de service de pédopsychiatrie à l’EHS de psychiatrie Mahfoud Boucebci à Alger : « On devrait reporter la circoncision des enfants cette année, parce que même si elle se fait dans les normes dans un hôpital comme le recommande le Ministère de la Santé, le problème n’est pas dans la circoncision, mais dans la célébration qui suit au sein des familles. L’Algérie est vaste, ce n’est pas seulement Alger, et beaucoup parmi les leurs vont venir leur présenter leurs vœux et assister aux réjouissances. Cela ne peut donc pas être en accord avec le confinement. »

Les rumeurs sur un probable confinement total ont alerté l’opinion publique, car le confinement partiel avec un couvre-feu plus ou moins respecté à Alger à partir de 17 heures, permettait aux Algérois de vaquer presque normalement à leurs occupations, d’autant que plusieurs commerces avaient rouvert depuis le début du mois du ramadan insufflant un semblant de normalité. Certains commençaient à avancer leur date de départ vers leurs familles habitant d’autres villes pour fêter ensemble l’Aïd avant ce confinement général annoncé.

Mais l’avis du comité scientifique n’a finalement pas été suivi par les autorités. Le samedi 16 mai, le haut conseil de sécurité présidé par le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, a décidé de maintenir le confinement partiel, tout en rappelant que « les mesures déjà prises au niveau national ont prouvé leur efficacité ». « À la limite, les autorités limiteront les déplacements inter-wilayas (préfectures) très fréquents à l’approche de l’Aïd et facteurs aggravants de propagation du virus », confie au Point Afrique une source officielle. Dimanche 17 mai au soir, l’Algérie a enregistré six nouveaux décès du Covid-19, totalisant ainsi 548 le nombre de morts dans le pays depuis le début de la pandémie, alors que le nombre de contaminations a augmenté de 198 nouveaux cas en 24 heures pour un total de 7 019 cas confirmés répartis sur l’ensemble du territoire. La bonne nouvelle est que la courbe des guérisons reste positive avec 98 personnes guéries en 24 heures, avec un chiffre globale de 3 507 guérisons et 11 754 personnes sous traitement.

Ces chiffres ne cachent pas une réalité : le nombre des cas a sensiblement augmenté depuis la réouverture de certains commerces début ramadan, une décision justifiée, selon les autorités, par la crainte d’une catastrophe économique certaine. Cette reprise partielle des activités commerciales s’est, certes, accompagnée de mesures drastiques pour imposer port du masque et distanciation sociale aussi bien pour les commerçants que pour les clients, mais cela n’a pas suffi, apparemment, pour éviter les regroupements tant redoutés.

« Depuis le début du ramadan, les statistiques liées à la propagation de la Covid-19 connaissent une courbe ascendante inquiétante », alertait le quotidien El Watan, expliquant que « le nombre de contaminés par jour est passé d’une moyenne de 120 cas le 24 avril, premier jour du ramadan, à une moyenne quotidienne de plus 180 cas et de 5 à 6 décès ».

« Nous maintiendrons le confinement partiel, mais en parallèle nous renforcerons la vigilance tout en observant l’évolution de la situation pandémique », commente un officiel. « Le virus est de moins en moins virulent et nous n’avons pas de pression sur nos services, heureusement. La majorité des cas détectés sont asymptomatiques et les cas graves se font de plus en plus rares », indique un médecin de garde dans une unité spéciale Covid-19 à l’est d’Alger.

L’idée d’aller vers le port obligatoire du masque dans les lieux publics fait son chemin, à condition d’une disponibilité satisfaisante des masques, alors que sur le terrain, spéculations et détournements par certains grossistes imposent une guerre des prix des masques. Fadhéla, elle, préfère le keffieh pour se protéger. Dans ce marché informel qui s’improvise bruyamment sur ce rond-point près de la station métro Amircouhe, elle s’éloigne de la foule, murmurant d’antiques damnations contre « les inconscients ». Qu’a-t-elle prévu pour l’Aïd ? « Pas trop de gâteaux, même si mon mari s’en plaint », répond-elle en poursuivant, « car j’ai averti toute ma famille au téléphone, je ne veux voir personne durant l’Aïd, et si quelqu’un toque à ma porte, même ma propre sœur, eh bien, je ne lui ouvrirai pas » !

Arabie saoudite : MBS, la fin des illusions

Une ambition démesurée couplée à une brutalité sans frein.

La crise du coronavirus et la chute des prix du pétrole ont achevé les rêves pharaoniques du prince saoudien Mohammed ben Salmane. Par Armin Arefi

Arabie saoudite : MBS, la fin des illusions

C’est une oasis de technologie au milieu du désert. Peuplée de robots, de voitures volantes et de drones, cette cité futuriste de la superficie de la Belgique est censée supplanter la Silicon Valley.

Folie des grandeurs. Neom, la mégalopole rêvée par Mohammed ben Salmane dans le nord-ouest du royaume pour en faire un pôle de la tech.

Baptisée Neom (du grec neo, « nouveau », et de l’arabe mostaqbal, « futur »), la mégalopole, composée d’une douzaine de villes, baignant dans un océan de panneaux solaires et d’éoliennes, doit voir le jour dès 2025 dans le nord-ouest de l’Arabie Saoudite, sur la côte occidentale du royaume. Bénéficiant de règles moins strictes que dans le reste de la monarchie ultraconservatrice – le voile ne sera pas obligatoire et l’alcool, autorisé -, elle espère attirer les « plus grands talents du monde » pour en faire un nouveau pôle de la tech.

Cette « Arabie du futur » est le joyau du prince héritier Mohammed ben Salmane, surnommé MBS. Le projet phare de son plan Vision 2030, destiné à diversifier les sources de revenus du pays pour le sortir de sa dépendance au pétrole. « Seuls les rêveurs sont les bienvenus », affirme de sa voix rauque l’imposant prince de 35 ans aux 3 500 chefs d’entreprise venus du monde entier pour l’écouter dévoiler ce projet pharaonique en ce jour d’octobre 2017. Keffieh rouge tombant sur son traditionnel thoub blanc, ce féru de jeux vidéo sort de sa poche un téléphone portable de première génération ainsi qu’un smartphone dernier cri. « La différence entre maintenant et ce à quoi nous aspirons pour Neom est comparable à la différence entre ces deux appareils », annonce-t-il en arabe. L’homme a placé la barre haut : il table sur un investissement étranger de 500 milliards de dollars.

Folie des grandeurs. Neom, la mégalopole rêvée par Mohammed ben Salmane dans le nord-ouest du royaume pour en faire un pôle de la tech.

Martyr.« C’était un beau rêve », ironise aujourd’hui un participant occidental. Près de trois ans plus tard, la cité futuriste n’est toujours pas sortie de terre. Pourtant, le temps presse. Mohammed ben Salmane exige que les premières constructions soient achevées dans moins de deux ans. Plongées dans les vents chauds et humides du golfe d’Aqaba, les bâtisses délabrées du village d’Al-Khurayba doivent être saisies par les autorités pour laisser place aux 25 000 kilomètres carrés du mégaprojet. Plus de 20 000 Bédouins seront déplacés, moyennant un nouvel habitat et des bourses d’études à l’étranger.

Expulsions. Sur la côte occidentale du royaume, plus de 20 000 Bédouins seront déplacés pour laisser place aux 25 000 kilomètres carrés du mégaprojet Neom.

Certains irréductibles refusent de quitter la terre de leurs ancêtres. « Les gens sont expulsés de leur maison », affirme le 12 avril dans une vidéo le militant Abdel Rahmane al-Houwaiti, membre de la tribu des Howeïtat, rendue célèbre par le film Lawrence d’Arabie. « Je ne serais pas surpris qu’ils viennent chez moi et me tuent », ajoute-t-il, du toit de sa maison, alors que les forces d’élite de la police encerclent les lieux. Funeste prémonition.
L’homme sera tué pour s’être opposé, les armes à la main, à son arrestation, devenant le « martyr » de Neom, associant à jamais son nom à celui de la cité rêvée par le prince héritier.

Voici la méthode MBS : une ambition démesurée couplée à une brutalité sans frein. Les moyens d’un État richissime au service d’un souverain inexpérimenté. Le prince héritier, également ministre de la Défense, a lancé son pays dans une guerre sans fin au Yémen, un gouffre financier qui a entraîné l’une des plus graves crises humanitaires au monde. Il n’a pas hésité à prendre en otage l’ancien Premier ministre du Liban Saad Hariri provoquant une rare union dans le pays du Cèdre. Il a séquestré des dizaines d’hommes d’affaires et membres de la famille royale au Ritz-Carlton de Riyad, faisant fuir les investisseurs saoudiens. Il a imposé un triple blocus terrestre, maritime et aérien au Qatar, poussant l’émirat dans les bras de la Turquie et de l’Iran.

À marche forcée. Neom pourrait bientôt s’ajouter à cette longue liste d’échecs. Les milliards d’investissements espérés ne sont toujours pas arrivés, forçant l’État saoudien à puiser dans son puissant fonds souverain pour financer les premières phases du projet. « Nous avons reçu un certain nombre d’investissements intéressants, même s’ils ne sont pas encore importants,rectifie Ali Shihabi, membre du Conseil consultatif de Neom. De toute façon, ce projet s’inscrit sur le long terme, c’est-à-dire vingt ans. »L’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, qui collaborait avec le quotidien américain Washington Post, ainsi que les arrestations massives ordonnées par le prince héritier jusqu’au cœur de la famille régnante avaient déjà effrayé les investisseurs. La crise liée au Covid-19ba fini de les dissuader. « Ce n’est pas maintenant que les Occidentaux vont placer de l’argent dans Neom »,souligne l’homme d’affaires précité. Sans argent étranger, les rêves de modernisation à marche forcée de MBS risquent de virer au cauchemar. Et son ambitieux programme de réformes, pierre angulaire de son pouvoir absolu, d’être repoussé aux calendes grecques.

Donald Trump et Mohammed ben Salmane au sommet du G20, à Osaka, le 29 juin 2019.



Bras de fer. Ni le prince héritier ni Vladimir Poutine, ici en octobre 2019, n’ont voulu céder leurs parts de marché pendant la crise pétrolière.


Au départ, c’est pourtant l’Occident qui rêve d’une révolution en Arabie en observant ce jeune prince, à peine trentenaire, au moment où son père monte sur le trône en janvier 2015. Fils préféré du souverain, Mohammed est inconnu des chancelleries. Il n’a pas étudié à l’étranger, ne maîtrise pas bien l’anglais et ne possède qu’une licence de droit islamique de l’université King Faisal de Riyad. À l’instar d’une grande partie de la jeunesse saoudienne (70 % de la population a moins de 30 ans), il est passionné de nouvelles technologies. « MBS a vite compris l’importance de l’image d’un pays dans un monde globalisé,confie un diplomate qui le côtoie. Il savait que l’Arabie souffrait d’une image catastrophique à l’étranger, notamment parce que le pays était le dernier à interdire aux femmes de conduire. »Le roi Salmane étant âgé (85 ans) et malade, c’est son fils qui préside aux destinées du pays.

À peine propulsé au sommet, MBS est déjà confronté à une crise qui menace l’avenir de la pétromonarchie. L’arrivée massive sur le marché pétrolier des producteurs américains de gaz de schiste inonde l’offre et provoque la chute des cours du baril à 35 dollars. Or les recettes pétrolières fournissent plus de 70 % du budget de l’État, qui permettait jusqu’ici aux 33 millions d’habitants de vivre confortablement de la rente. « MBS et son père ont compris que les cours ne remonteraient pas à leur niveau précédent et que c’en était fini du bon vieux temps,explique le diplomate. Ils n’ont alors pas eu d’autre choix que de bouleverser le modèle économique et social du pays. ».

Entouré d’une armée de consultants étrangers et d’une escouade de jeunes conseillers saoudiens, MBS s’enferme, parfois seize heures par jour, dans le monumental palais d’Al-Yamamah, résidence officielle du roi à Riyad, dévoué corps et âme à sa nouvelle mission : la mise sur pied de Vision 2030, dévoilée en avril 2016. « Il s’agit d’un plan très abouti qui peut très bien fonctionner, avec des objectifs clairs à atteindre »,rappelle Joseph Westphal, ancien ambassadeur des États-Unis à Riyad, qui a accompagné le prince dans la mise en place de ses réformes. Fin des subventions gouvernementales sur le gaz, l’essence et l’électricité, création d’une TVA et introduction en Bourse d’un faible pourcentage de Saudi Aramco, la compagnie nationale saoudienne de pétrole, cette « révolution thatchérienne » prônée par le FMI s’appuie surtout sur une participation accrue du secteur privé. Problème, les principaux intéressés n’ont pas été consultés. « MBS a préféré s’adresser aux meilleurs cabinets américains plutôt que de traiter avec les milieux d’affaires en Arabie saoudite , regrette le diplomate. Le souci est qu’il est impulsif. Quand il a une idée, il fonce et n’en fait qu’à sa tête, sans réfléchir aux conséquences. »

Combattante. La militante féministe Loujain al-Hathloul, qui a notamment participé aux campagnes pour le droit des femmes à conduire et pour l’abolition du système de tutelle masculine, est emprisonnée depuis deux ans et victime d’actes de torture.

Les réformes du prince héritier sont accueillies à bras ouverts par la jeunesse saoudienne, car, en contrepartie des efforts financiers demandés, Mohammed ben Salmane consent à une certaine libéralisation des mœurs. Prônant un « islam modéré » au pays du wahhabisme (version ultrarigoriste de l’islam sunnite), il accorde le droit de conduire aux femmes, facilite leur accès au marché du travail, allège le Code pénal, et met au pas la police religieuse. Pendant que les oulémas conservateurs sont embastillés, le rappeur 50 Cent se produit devant un public mixte à Djedda ! Applaudie en Occident, l’ouverture cache en réalité une répression féroce. Journalistes critiques ainsi que militants des droits de l’homme, la moindre voix discordante est bâillonnée. Parmi les dizaines d’activistes toujours emprisonnés figure Loujain al-Hathloul, éminente défenseuse du droit des femmes, dont MBS se veut pourtant le champion. « Le but de ces arrestations est de signifier à la population que le changement doit venir d’en haut, pas d’en bas,explique sa sœur, Lina al-Hathloul.

Contre toute attente, c’est un virus qui est venu contrarier les ambitions du prince tout-puissant. En à peine quelques jours, la combinaison explosive de l’épidémie de Covid-19 et de la chute sans précédent des prix du pétrole a grevé les comptes de la pétromonarchie. Déjà déficitaire, le budget de l’État enregistre pour l’heure 9 milliards de dollars de manque à gagner en 2020. Un déficit qui pourrait atteindre 112 milliards de dollars d’ici à la fin de l’année. Le couperet est tombé le 11 mai : le ministre saoudien des Finances, Mohammed al-Jadaan, a officiellement annoncé « l’annulation, l’étalement ou le report »de certains grands projets de Vision 2030.

27 milliards de dollars d’actifs étrangers injectés par la banque centrale saoudienne pour faire face à la crise.

Ce n’est pas tout. Pour pallier la diminution des recettes pétrolières, le royaume triple le montant de la TVA, introduite en 2018, et supprime l’allocation mensuelle de 250 euros réservée aux fonctionnaires. La cure d’austérité est de nature à remettre en question le pacte implicite noué entre les Saoud et la population depuis un demi-siècle : un pouvoir sans partage de la famille royale en échange de la redistribution au peuple de la rente pétrolière. « Cela va être très difficile pour une grande partie de la population, mais nous avons jusqu’à présent été bien gâtés », confie Hoda al-Helaissi, membre du Majlis al-Choura, l’assemblée consultative du royaume. Les experts sont sceptiques. Les 24 milliards d’économie attendue sont insuffisants pour enrayer la chute des prix du pétrole et l’État va devoir emprunter 60 milliards de dollars pour combler son déficit.

« La popularité de Mohammed ben Salmane est liée à ses promesses d’un avenir meilleur pour la jeunesse, explique un diplomate occidental familier du pays. Pour l’heure, la population ne va pas descendre dans la rue. Mais si la crise perdurait, ajoute-t-il, le prince héritier pourrait se retrouver en difficulté, d’autant qu’il s’est attiré beaucoup d’ennemis dans les milieux d’affaires et au sein de la famille royale. »MBS n’est pas à blâmer pour l’effondrement de la demande due à la pandémie, qu’il a d’ailleurs gérée avec efficacité (un peu plus de 300 décès). Mais on retrouve la marque du prince héritier dans la chute brutale des prix du brut en mars. Sur son ordre, l’Arabie saoudite a ouvert le robinet à pétrole et inondé le marché pour tordre le bras à la Russie, qui refusait de baisser sa production, et conserver ses parts de marché. En agissant de la sorte, Mohammed ben Salmane a précipité la dégringolade des cours. « MBS a joué son va-tout et a montré sa capacité de nuisance sur la scène pétrolière, mais, ce faisant, il a scié la branche sur laquelle son pays est installé », décrypte le diplomate occidental. Si le prince a fait plier Vladimir Poutine un mois plus tard, les prix n’ont pas retrouvé leur niveau d’antan.

Par ricochet, l’imprévisible héritier a ébranlé son allié américain. Le coup de force de MBS a étranglé un grand nombre de producteurs de gaz et pétrole de schiste – soutiens indispensables à Donald Trump pour la prochaine présidentielle -, dont les coûts d’extractions élevés nécessitent un prix du baril élevé. « Les actions entreprises par l’Arabie saoudite ont fait des ravages sur le marché de l’énergie avec la perte de milliers d’emplois pour les travailleurs américains, et pour beaucoup de compagnies indépendantes contraintes de fermer boutique »,s’insurge le sénateur de l’Alaska Dan Sullivan. Excédé, l’élu républicain a introduit au Sénat une proposition de loi visant à retirer les forces armées américaines d’Arabie saoudite, mettant un terme au pacte du Quincy – pétrole contre sécurité – qui lie les deux pays depuis soixante-quinze ans.

Jusqu’ici, Donald Trump avait toujours couvert les agissements du prince héritier. Mais le 2 avril, sa patience a atteint ses limites. Le président américain a mis en balance le retrait des troupes américaines d’Arabie si celle-ci ne réduisait pas sa production de pétrole. « Les Américains étaient très en colère »,se souvient un responsable du Golfe. Mohammed ben Salmane se plie à l’injonction américaine. Cependant, les prix ne remontant pas, Donald Trump met sa menace à exécution. Le 7 mai, en plein pic de tension avec l’Iran, rival régional de Riyad, les États-Unis retirent d’Arabie saoudite deux batteries antimissiles Patriot. « Le président Trump n’a jamais été partisan de laisser les troupes américaines au Moyen-Orient », rappelle l’ambassadeur Joseph Westphal. À Riyad, on regrette le « mauvais signal » ainsi envoyé à l’Iran. Mais le message passe. Quatre jours plus tard, l’Arabie coupe de nouveau sa production quotidienne de 1 million de barils supplémentaires. L’impétueux prince a déjà vu ses rêves s’effondrer. Il ne s’agirait pas non plus de se mettre à dos le grand protecteur américain.

L’endoctrinement salafiste Wahhabite

Alors quand est-ce que on va se réveiller ?

Durant les quarante dernières années, au nom de la religion musulmane, l’Arabie saoudite a financé tous les mouvements salafistes dans le monde qui ont entraîné la majorité des pays Arabo-musulmans dans un obscurantisme et un endoctrinement salafiste Wahabite sans précédent. Cela a bouleversé le mode de vie de la quasi-totalité des pays musulmans comme la modification de leurs tenues vestimentaires ou le voile islamique a été imposé à quasi-majorité des femmes musulmanes et l’interdiction de toutes forme de spectacles ou d’expression artistiques etc.

Sans la résistance des forces progressistes et républicaines, cette doctrine salafiste aurait renvoyé ces pays musulmans au moyen-âge. 

Depuis l’arrivée de Mohamed Benselmane 32 ans, prince héritier, l’Arabie Saoudite semble faire un revirement à 180° : M.B.S engage de vastes réformes, dans le cadre d’un plan appelé « Vision 2030 » visant la modernisation de la société saoudienne radicale et archaïque et de diversifier l’économie encore trop dépendante du pétrole, il décide alors d’investir la bagatelle de 64 milliards de dollars pour l’accès aux arts.

À la surprise générale, les premieres décisions tombent: le mufti officiel du royaume, décrète que le voile islamique n’est plus obligatoire pour les femmes saoudiennes et l’habit moderne est compatible avec la religion musulmane.
Dans la semaine qui a suivi, le ministère de l’éducation a pris la décision de retirer des écoles tous les fascicules scolaires et les remplacer par d’autres plus modérés et moins religieux et l’ouverture du secteur de l’éducation aux écoles internationales.

Depuis le 5 mai 2018, l’Arabie Saoudite a inauguré plusieurs multiplexes cinématographiques et une école de formation des métiers du cinéma est cours de création avec la collaboration de la Femis (Paris), la plus grande école de cinéma en Europe.
Après le confinement, lié au Coronavirus, l’Arabie Saoudite compte organiser un très grand festival de cinéma présidé par Oliver Stone avec la présence de plusieurs vedettes et stars américaines.

Et dans les semaines à venir, en partenariat avec l’opéra de Paris l’Arabie Saoudite inaugurera un opéra conformément aux normes internationales construit par des Français avec un orchestre philharmonique formé en France.
Aujourd’hui, une autre décision inédite a été prise : le ministère de l’Intérieur dans une note, a autorisé le non-jeûne en Arabie Saoudite et interdit sa punition.

Mais des conséquences sont décriées dans le monde et en particulier par l’Algérie. Après plus d’un demi-siècle d’indépendance et de production cinématographique, et malgré les annonces faîtes pars tous les ministre de la Culture qui se sont succédés, aucun Multiplex n’a été construit ni en cours de construction. Récemment, l’état s’est entièrement désengagé de l’investissement dans les infrastructures culturelles et le budget de la culture a été réduit de 90 %, alors qu’on augmente les budgets des ministères des affaires religieuses et celui des Moudjahidines. 

Quant à l’éducation, c’est pire : pendant que l’Arabie Saoudite reforme et modernise son système, les islamistes algériens ont mené une guerre sans précèdent à tous les ministres de l’éducation et notamment Mme Nouria BENGHEBRIT qui voulait reformer à minimum garanti le système éducatif algérien et qui ont demandé d’islamiser encore d’avantage le système éducatif et les fascicules scolaires.

Les maghrébins fulminent. « Nous sommes les plus grandes victimes, nous avons subi la plus grande escroquerie de l’histoire, à cause de l’Arabie saoudite, nos sociétés ont été aliénées et massacrées à la tronçonneuse nous avons presque tout perdu: notre identité, notre langue, notre Méditerranéité, notre civilisation, notre patrimoine, nos modes vestimentaires. 

Alors quand est-ce que on va se réveiller ?

Une apocalypse des insectes plus nuancée que prévue

Etudes démontrant une baisse spectaculaire de la population d’insectes.
Une compilation de centaines d’études internationales confirme que la population des insectes terrestres est en déclin, avec une diminution de biomasse de l’ordre de 24 % au cours des trente dernières années. Toutefois, dans le même laps de temps, le nombre d’insectes vivant sous l’eau (au moins en partie) a augmenté de 36 %.
Insectes Coccinelles
Ces résultats sont issus de la plus grande méta-analyse sur les changements de population d’insectes réalisée à ce jour, et publiée dans Science fin avril,. Elle englobe 1 670 sites d’analyses à travers le monde. Les chercheurs du centre allemand de recherche sur la biodiversité intégrative (iDiv), de l’université de Leipzig (UL) et de l’université Martin Luther de Halle-Wittenberg (MLU) s’attachent, avec cette gigantesque base de données, à combler les lacunes dans les connaissances concernant le « déclin des insectes ». Nombreuses sont les études publiées au cours des années récentes, démontrant une baisse spectaculaire de la population d’insectes. La plus percutante fut celle réalisée dans les réserves naturelles d’Allemagne de l’ouest, annonçant en 2017 une véritable hécatombe : une diminution de la biomasse de 75 % en 27 ans. L’étude a alors fait l’objet d’un important traitement médiatique suggérant une « apocalypse généralisée » pour les insectes.

D’autres études faites dans différents endroits de la planète ont également été publiées avant et après, montrant tantôt des baisses (plus ou moins fortes) et tantôt des hausses de la biomasse des insectes. Mais, jusqu’à présent, personne n’avait combiné l’ensemble des données disponibles. C’est aujourd’hui chose faite avec cette méta-analyse !
Des résultats plus variés et complexes qu’annoncés
Les résultats, qui intègrent 166 enquêtes réalisées dans une quarantaine de pays de 1925 à 2018, dressent un tableau plus complexe et nuancé que prévu, illustrant, certes, un déclin évident des insectes terrestres, mais aussi une augmentation nette des insectes d’eau douce. L’analyse révèle une très forte variation des tendances, y compris dans des sites très rapprochés.

Par exemple, dans les pays où de multiples enquêtes sur les insectes ont eu lieu (Allemagne, États-Unis, et Royaume-Uni), certains endroits ont connu de forts déclins tandis que d’autres, assez proches, n’ont indiqué aucun changement, enregistrant même une augmentation du nombre d’individus.

Une fois toutes les tendances du monde combinées, une estimation de l’abondance moyenne des insectes au fil du temps a pu être faite. Dans l’ensemble, la population d’insectes terrestres (papillons, sauterelles, ou fourmis) diminue d’environ 0,92 % par an, alors que celle des insectes d’eau douce (moucherons ou éphémères) s’accroît de 1,08 % par an. En d’autres termes, cela suppose une baisse de 24 % pour les premiers à l’échelle de trois décennies, et une hausse simultanée de 36 % pour les seconds.
Pour tenter d’expliquer cette bonne fortune surprenante des insectes d’eau douce, les chercheurs allemands ont établi plusieurs hypothèses : une meilleure protection des cours d’eau (avec le vote de lois en ce sens dans de nombreux pays), un possible effet de la crise climatique (la hausse des température rendant les conditions de vie plus favorables à ces espèces), ou une hausse des nutriments ruisselant dans les cours d’eau (du fait des rejets agricoles) pourraient avoir contribué à ce phénomène.

Les scientifiques montrent aussi dans leur méta-analyse que les populations d’insectes terrestres dans les aires protégées diminuent de la même manière que celles vivant dans les zones urbanisées, mais un peu plus lentement. Sur cette base, ils estiment qu’une meilleure protection ou restauration de leur habitat serait une stratégie efficace pour préserver leur population.

Spécialiste environnement Aymeric Pontier